‹ Introduction comptable à la science socialeChapitre 34 sur 48 · XLIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLIV INTRODUCTION

leur fonction d'ordre dans les conjonctions du travail et du capital: elle profiterait surtout au commerce français. Aussi, Croyons-nous que les commerçants comprendront l'intérêt qn’ils ont à voir se constituer cette hiérarchie du savoir comptable, que nous préconisOns ICI de toutes nos forces.

Les fondateurs de la «Société académique de Comptabilité » ont de bonne heure compris qu’il fallait relever le niveau du savoir prolessionnel; les premiers ils suivirent les conseils que. j'ai donnés dans la préface des Questions actuelles de Comptabilité, et ils ont crée un diplôme de fin d’études des cours fondés par leurs soins, diplôme auquel, malheureusement, la sanction officielle fait défaut.

Dernièrement, M. Savigny, publiciste comptable, parlait de l'utilité de fonder chez nous une Chambre d’experts comptables du genre de celles des Chartered accountants anglais, et l’on ne peut qu'approuver son idée. Des précurseurs ont jalonné le terrain, il faut maintenant les devancer. C’est la loi du progrès. Mais, pour iormer une Chambre d'experts, il faut des experts.

— La n'est pas l'embarras, répondra-t-on, nous en comptons beaucoup. Tout teneur de livres se dit comptable et, à part les modestes. tout comptable se prétend expert. On le croit sur parole. C’est d’ailleurs la seule manière de prendre le grade. Mème les experts comptables près les Tribunaux ne passent pas d’examen. Si bien que de grands intérêts, se sont trouvés aux mains d'hommes, à ce point ignorants, qu'ils étaient obligés de faire faire leurs recherches et leurs rapports par des commis, non assermentés et non responsables, pouvant se tromper et d’ailleurs trahir des secrets fort importants.

De toute évidence, il est temps d'introduire un commencement d'ordre dans ce désordre hiérarchique, qui s’oppose à ce que notre corporation obtienne de la société la considération à laquelle elle pourrait Cependant aspirer. Que penserait-on, en effet, d’une armée dont les chefs se nommeraient eux-mêmes ? Les comptables sont une armée. Rien qu’à Paris, on en compte environ cent mille. C'est l’armée de l’ordre. Elle a ses soldats : les teneurs de livres : ses sous-officiers : les comptables ; ses officiers : les experts. Ou plutôt, elle contient tout cela dans ses rangs, actuellement désordonnés, où chacun intrigue et se donne du galon, pour faire croire à ses mérites et attraper quelque bonne place. — Les commerçants ratifient, dira-t-on, et ils sont intéressés à ne pas se tromper dans

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