‹ Introduction comptable à la science socialeChapitre 45 sur 48 · LEE · texte numérisé non relu

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chaque jour, — et les experts, les liquidateurs, les agréés, les syndics, les Juges, le constatent comme nous, — sont la rare, la très rare exception. Cet état des choses ne peut qu'amener là ruine finale de notre commerce, s'il est vrai que Sa prospérité est liée, en principe, non pas tant au savoir-faire qu'aux qualités d'ordre et d'honorabilité de ceux qui le pratiquent, qualités qui inspirent la confiance et conquièrent la renommée.

On a constaté que la proportion des faillites et des liquidations Judiciaires augmente chaque année. Autant de faillites, autant de comptabilités désordonnées, peut-on dire, sans crainte de se tromper. Le plus ordinairement, les livres des faillis sont incomplets, ou même ils font entièrement défaut, ou bien ils ont été arrangés, sophistiqués et refaits après coup par quelque comptable ambulant dont c'est le triste métier. Chose grave : on voit les syndics conclure à la banqueroute dans leurs rapports au Parquet et celui-ci ne pas suivre, sans doute parce que l'irrégularité des comp'abilités élant la règle 1l faudrait poursuivre neuf faillis sur dix comme banqueroutiers. Le Parquet ne se soucie pas de montrer cette rigueur, en présence surtout de la tolérance traditionnelle des juges des Tribunaux de commerce et de la désuétude dans laquelle ces juges ont laissé tomber la loi de 1807 sur les livres des commerçantis.

Nous le demandons, la réputation de la justice consulaire n’estelle pas en cause ici ? Peut-elle continuer à couvrir, soit par tolérance répréhensible des juges, soit par insuffisance des termes d'une loi d’un autre temps, les manœuvres des exploiteurs du commerce, de l'industrie et de la finance ?

Il nest pas possible de tarder plus longtemps à protéger le public contre les agissements des commercants malhonnètes, et le meilleur moyen est d’obliger ceux-ci à une comptabilité intégrale de leurs opérations, à des inventaires véridiques, à des bilans exacts. C’est une condition de relèvement moral et matériel de notre commerce qu'il s'appuie d’une comptabilité honnête,

On accuse journellement les Français d'être réfractaires à l'esprit d'entreprise et de placer biea plus volontiers leurs capitaux en titres de tout repos, ou en achats d'immeubles, ou en prêts hypothécaires, que dans les affaires aléatoires mais bien autrement lucrativés du commerce, de la fabricetion, de la banque ou de la

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culture. Cette accusation, il faut lé dire bien haut, n’est fondée qu'en apparence. Nous sommes gens plus pratiques et plus avisés qu'on le croit et surtout qu'on feint de le croire, et si nous exagérons aujourd hui la prudence, c’est que nous avons de bonnes raisons pour préserver le peu qui nous reste.

Il e£ 4 aisé, dans les parlottes, ou la plume à la main, de reprocher aux gens d'être timorés en affaires. Si le militarisme et le fonctionnarisme de Napoléon I*, ainsi que l'influence de l’enseignement universitaire, nous ont éloignés, à notre préjudice, du commerce, au grand profit de la nation anglaise et plus tard des Allemands, nous ne sommes pas pour cela si dénués de l'esprit d'entreprise qu'on le prétend.

Le nombre de nos commerçants ne le cède pas, bien au contraire, à celui des commerçants des autres nations, et, d’une manière générale, nous ne demandons qu’à placer nos fonds fructueusement, c'est-à-dire qu'à gagner de l'argent et qu à en gagner beaucoup. Ce qui nous fait surtout défaut, c’est la confiance. Et cela parce que nous ne nous sentons pas garantis, Comme nous devrions l'être, contre les manœuvres du désordre et de la duplicité comptables. Las d'être dupés par les faiseurs de faux bilans de toute religion, ou plutôt sans religion nous gardons de plus en plus prudemment nos Capitaux, préférant de petits revenus à l’appât, si souvent trompeur, des affaires mirifiques qu’on fait miroiter à nos yeux.

Avant donc de reproduire ce vieux cliché « que nous ne sommes pas entreprenants en affaires », il conviendrait que nos publicistes se-demandassent s'ils placeraient volontiers, eux-mêmes, leur argent dans les entreprises où l'on ne veut pas tenir une compta: bilité en ordre; ou s'ils commanditeraient un commerçant puisant sans mesure dans Sa caisse pour Ses besoins personnels ; ou s'ils s’associeraient à un inventeur qu‘ ne veut pas compter et à un fabricant contestant la nécessité de bien établir ses prix de revient ; où s1ls seraient disposés à souscrire à l'augmentation du capital d'une Société dont les bilans sont louches ; ou bien s'ils souscriraient à des obligations d'une entreprise dont l’actif se composerait de valeurs fictives; ou encore s'ils achèteraient, soit le fonds de commerce d'un négociant qui, comme tant d’autres, majore ses inventaires, soit celui d un industriel dans l’incapacité, comme tant d'autres également, de prouver, au moyen de livres régulièrement tenus, son chiffre d'affaires et les bénéfices qu’il annonce; enfin, et d’une manière générale pour clore cetté énumération qui n’en

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finirait pas, s'ils risqueraient de gaieté de cœur leur avoir dans des affaires nouvelles sur les conclusions de prospectus menteurs, ou dans des affaires fonctionnant déjà, mais dont la comptabilité est absente, ou insuffisante, ou irrégulière, ou fausse, ce qui est l'ordinaire.

Il est trop aisé de reprocher à autrui de ne pas faire ce que, le cas échéant, l’on ne ferait probablement pas soi-même. Le nerf de

l’entreprise n’est pas seulement l'argent, c’est la confiance. Or, celle-ci s’en est allée avec nos illusions et à force d'être trompée

par les annonces mirobolantes, par les réclames mensongères, par les inventaires majorés, par les bilans fallacieux, par les dividendes pris sur le capitai, etc.

S'il y a lieu de s'étonner, après tant de déceptions et tant de kracks, c’est de constater qu’il se trouve encore tant de gens pour oublier les lecons du passé, pour espérer dans un meilleur avenir et pour entreprendre.

Que serait-ce, nous le demandons, si par quelque miracle, qui n’est peut-être pas impossible, la confiance pouvait nous revenir ?

Mais, objectera-t-on, cette absence de sécurité, — due à une loi qui n’est plus en harmonie avec les besoins actuels, — ce désordre et cette duplicité comptables, — auxquels on peut adresser de si graves reproches, — n’existent-ils pas ailleurs que chez nous, par exemple chez les Allemands, chez les Anglais, chez les Belges, etc., et ne voit-on pas le commerce de ces pays progresser alors que le nôtre décline *

Nous répondrons tout d'abord que la plupart des Codes étrangers, — nous l’avons montré plus haut en citant MM. Lyon-Caen et Renault, — donnent au public plus de sécurité que le nôtre en matière de Comptabilité, d'Inventaires et de Bilans. D autre part, que l’essor commercial de l'Allemagne, par exemple, ne date que de 1870 et que, selon toutes probabilités, le relâchement des mœurs commerciales qui se manifeste outre-Rhin produira infailhblement et très rapidement les mêmes resultats de défiance générale que chez nous. C'est ce qui s’est également produit chez les Belges, comme on en peut juger d'après les considérations du Rapport de la Commission extra-parlementaire publié plus haut, et par le fait même de la nomination, par ordonnance royale, de celte Commission, dont la mission est de refréner les scandales comptables

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qui ont lieu chez nos voisins. Quant à l'Angleterre, c’est autre chose. Habitué de longue date à la liberté et à la discussion, le public anglais sait se protéger Jui même, tout d’abord en étudiant davantage que nous le faisons les affaires qu’on lui propose et en contrebalancant les efforts du puffisme par ceux d'une publicité, fort bien faite, d'informations commerciales, industrielles et financières, dont il sait tirer parti pour s'éclairer. En outre, les commerçants anglais ne sont-ils pas en queique sorte soumis à un contrôle auquel ils ne pourraient échapper sans s’accuser pour ainsi dire de forfaiture comptable, € dont ils n’ont garde. Je veux

parler du contrôle des Chartered-A ccountants, (experts-comptables

officiellement reconnus), contrôle que, moyennant un droit pas"

à leur association, l’on peut faire exercer sur les livres et rcmptes de tout commerçant ou industriel, de toute#frquepu compagnie, et cela sans que la loi s’en mêle : !: imnistère de l'Aëcountant s'imposant de ce fait que toute affaire où l'on refuserait de le laisser pénétrer, passerait pour suspecte et perdrait son crédit.

Nous avons déjà parlé des public Accountants dans notre Introduction, en même temps que de la création, €hez nous, d’une Chambre de comptables et d'une hiérarchie comptable diplômée, qui garantirait les capacités et l’honorabilité de nos teneurs de livres, comptables et experts. Cette création, au moyen de laquelle on pourrait doter prochainement notre pays d'un personnel comptable possédant les capacités professionnelles nécessaires, serait alors complétée de celle d'une ou de plusieurs associations de comptables-experts, dont les membres rempliraient chez nous la même mission de contrôle que les Chartered Accountants en Angleterre. À moins quon ne préférat confier tout simplement cette mission à la Chambre des comptables elle-même, qui, à cet effet, aurait la faculté de constituer des délégations dans les orands centres, tels que Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Lille, etc.

Mais où il appartient surtout à la France de devancer les autres nations, c'est dans la promulgation d’une loi de justice et d'équité en harmonie avec les besoins économiques actuels et avec les progrès de la science des comptes. Une telle Joi, si son application était assurée, ramènerait bien vite, avec la confiance qui nous manque actuellement, le crédit et les capitaux à l'entreprise; et l'on assiserait certainement alors à un mouvement d'affaires comme il ne S'en est jamais vu chez nous.

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D'ailleurs, imposer l’ordre comptable aux commercants, aux industriels et aux financiers, à tous ceux enfin qui ont en mains les intérêts des tiers, c'est faire acte de gardien vigilant de la moralité publique, c'est réprimer ce piratisme comptable qui atteint l'épargne de tous, et tel est le devoir du Législateur.

Nous croirions avoir rempli le nôtre, si nous réussissions à convaincre nos lecteurs qu'il appartient à la France de ne pas se laisser distancer plus longtemps en matière de législation comptable, et de donner au monde l'exemple d'une réforme des Comptes, qui dépassera, certainement, en heureuses conséquences économiques et sociales, la réforme elle-même des Monnaies, Poids __ erMesures, accomplie naguère par la Convention.

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Un dernier argument pour terminer :

En 1886, je publiai un livre qui eut le retentissement d'un cri d'alarme. Daus ce livre, intitulé l'Enseignement commercial et les Ecoles de commerce, en France et dans le monde entier, je monirais que notre infériorité économique, qui s'accuse chaque année davantage, provenait surtout de l'infériorité de notre savoir commercial. Qu'en conséquence, il fallait, de toute nécessité, développer ce savoir, dont manquait notre armée commerciale, comme le Savoir militaire nous avait fait défaut précédemment, en 1870. Et j'établissais que l’unique moyen d’y parvenir était de fortifier et de répandre l'enseignement commercial : en améliorant ses méthodes et Sa pédagogie et en multipliant ses Écoles des différents degrés. Il s'agissait de conquérir à ces Écoles le prestige d’un enseignement plus scientifique et plus pratiqué qu'il ne l'avait été jusqu'alors et d'ajouter à ce prestige celui du patronage officiel. On les sauverait ainsi de l'hostilité universitaire, de l'indifférence des pères dé famille, de l'isolement dans lequel elles demeuraient depuis 1871, époque de leur création, et l’on verrait bientôt leurs classes se remplir d'élèves. |

Le cri d'alarme que je poussais par cette publication fut entendu du ministre du commerce d'alors, et je fus bien étonné d'apprendre, au bout de quelques jours, par un mot de lui, qu’il avait trouvé le temps de lire mon livre tout au long. Ce ministre m’annoncait bientôt après, dans un entretien que j'ai rapporté et qui est une des pages intéressantes de l’histoire de notre enseignement commer-

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Cial (1), qu'il était résolu à poursuivre les réformes urgehtes que je réclamais. J'ai la conviction qu’il eut finalement doté le pays de l’Université des carrières techniques, à la fondation de laquelle je concluais (2;, si l'instabilité ministérielle n’était pas, en France, un empêchement majeur aux réformes qui veulent du temps et de l’esprit de suite pour s'effectuer.

Comme mesure de transition, j'avais proposé la création, au ministère du commerce, d'une Direction de l'enseignement technique (industriel et commercial) qui prendrait de suite en mains les intérêts de cet enseignement, dont beaucoup de patriotes perspicaces, comme les frères Siegfried, les Bamberger; les Roy, les Chauchard, les Félix Faure, les Aynard, les Penot, les Pairriar. les Lourdelet, les Jacquemart, les Lejeune, les Manèseéèurdan, etc., etc., déploraient le misérable état.-M-E. Lockroy m'apprit, dans la mémorable audience dont je parle plus haut, qu'il venait de décider la création immédiate de la Direction que je réclamais dans mon livre, et il me présenta le directeur qu'il avait choisi.

C'était le regretté Ollendorf, homme doué de grands moyens et qui prit sa tâche à cœur. En effet, admirablement secondé par lés chefs de bureau et les inspecteurs dont il sut s'entourer; Ollendorf imprima à la nouvelle Direction une activité qui fit rapidement merveille. Les Écoles supérieures de commerce, admises au patronage de l'État, recurent des subsides, des bourses furent créées, une rég.ementation intérieure leur fut donnée concernant les examens d'entrée et de sortié, etc., etc. (3), leurs programmes, jus: qu'alors divergents et fortement entachés d’empirisme, furent entièrement refaits et unifiés, pour ainsi dire, par des commissions composées de savants spécialistes; enfin, leur diplôme de fin d'études, donné au concours, à la suite d'examens où le ministère est représenté, comporte la dispense de deux années de service militaire.

Depuis lors, ces Écoles, aussi prospères qu’elles l'étaient peu précédemment, forment, chaque année, un grand nombre de futurs négociants et industriels préparés à leur profession par l’étude des

(1) Voir Revue de la Comptabilité du 16 novembre 1891.

(2) Constituée parallèlement à l'Université des carrières libérales, une Université des carrières techniques lui ferait équilibre; elle élèverait la France au premier ran£g des nations industrielles, commerçantes et agricoles. de même que l'Université des carrières libérales l’a placée au premier rang des nations littéraires et savantes.

(8) Voir Annuaires de l'Enseignement commercial, Berger, Lévrault et Ce.

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ï. 3 244 CONCLUSION ne sciences qui confinent au commerce. D'autre part, pour seconder sh cette sorte d'état-major commercial dans ses luttes futures, la ni Direction de l’enseignement technique a créé de nombreuses écoles hL pratiques de commerce et d'industrie, établissements du degré N secondaire qui forment le cadre des sous-officiers, pendant que les LES premiers soldats sont préparés par les Écoles primaires supé- À : rieures ressortissant du ministère de l'instruction publique, Écoles {4 dont les programmes de commerce et de comptabilité sont une [3 réduction de ceux des Écoles supérieures âe commerce. 4 Tout semble donc marcher à souhait maintenant, surtout si l’on | à | considère le point de départ, et n'était que l'argent n’est plus aussi LEE — À __2bondant qu'aux premiers jours pour soutenir cet enseignement 1174 commer*s+naissant, — qui a non moins besoin de la foi et de F l’énergie dirigeañtes-dont furent animés Ollendorf et Paulet, et qui inspire leurs successeurs Bouquet et Lagrave, — l'on pourrait entrevoir le moment où nous n’aurons plus rien à envier à 11 l'Allemagne elle-même, surtout comme qualité d'enseignement.

1F li est certain, en effet, qu’on est allé de l’avant depuis la réfection des programmes d’antan, et que les professeurs de notre enseigne ment commercial, d’abord quelque peu dérangés de leurs anciennes habitudes, se sont mis à perfectionner leurs cours et leurs méthodes dans le sens des nouveaux programmes. Ils sont maintenant sur la

Æ voie dans laquelle l’enseignement commercial, serrant de plus er { È plus près la vérité théorique et la vérité pratique, devenant à la fois 1e plus analytique et plus synthétique, parviendra à constituer la

science commerciale. Même on peut dire qu’une nctable partie de cette SCience, aux rameaux multiples, est déjà faite et que nos Écoles ont acquis, de ce fait, une supériorité incontestable sur celles de létranger.

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Si nous précisons, si nous faisons, en quelques mots, l'inventaire succinct de cette vaste science du commerce, sans nous

14 perdre dans l’éparpillement des particularités, nous sommes amenés b: à le diviser en quatre parties principales, qui sont : F f 1° La science d'organiser et de diriger une maison de commerce, L ou théorie généraie de l'organisation et de l'administration des P entreprises, ou économie industrielle et commerciale, science qui Hs: se réfère à l’économie politique et à la législation, à la connais- # sance des principes d'administration, à celle des besoins auxquels n LT a té

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on veut satisfaire, à celle des moyens d’action nécessaires pour parvenir le plus fructueusement à ce but, etc., etc. ;

2° La science d'acheter et de vendre, ou théorie générale des achats et des ventes, ou Polégraphie (1), qui se réfère aux sciences physiques et naturelles, à la géographie économique, à la statistique, à la législation, à la connaissance des usages commerciaux, des poids et mesures des différents pays, des moyens de transport et de leurs tarifs, à l’arithmétique, à la géométrie, etc., toutes sciences qui enseignent les propriétés des marchandises, leurs provenances, leurs mercuriales, lcurs fluctuations de prix et de stock, ainsi que les procédés de l'échange national et international et que le mécanisme des transactions qui assurent la petite et la grace circulation des marchandises de toute nature dans 12 %"%5 de la production, de la distribution, de la consom:inâation et de l’administration des capitaux ;

3° La science de payer et de recevoir, ou théorie des rapports des monnaies, ou Métrologie (2), science qui se réfère à l'arithmétique, à l’algèbre, à la géométrie descriptive, à la connaissance des cotes des changes et valeurs mobilières des divers pays, ainsi qu'à celle du mécanisme des divers modes de réglement des transactions nationales et internationales, résultant des faits de la production, de l’échange, de la consommation et de l'administration des capi-

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4 La science de comptabiliser les opérations industrielles, commerciales et agricoles, où théorie des comptes qu'occasionnent les transactions de la production, de l’échange, de la consommation et de l'administration des capitaux, science qui se réfère à l'arithmétique, à la législation, à l'économie industrielle et commerciale, à la Polégraphie et à la Métrologie, en un mot, à la connaissance des opérations économiques à comptabiliser.

Cette dernière partie de l’immense faisceau de connaissances que forme la science du commerce est actuellement la seule dont Ia Théorie soit complètement faite. La science de comptabiliser, ou « Digraphie », est constituée, en effet, de principes bien déterminés,

(1) De Pôle, vente, trafic, l’un des radicaux de monopole,

(2) Ce mot et le mot Polégraphie ont été créés par M, H, Lefèvre, auteur d'ouvrages sur le Commerce et sur le Change et la Banque.

de lois fixes, de règles précises, de procédés rationnels, enseignables en dehors de la profession, et que les professeurs de l’Université des carrières libérales, eùx-mêmes, peuvent démontrer sans être nécessairement comptables.

En possession de cette Théorie, qui figure à ses programmes depuis 1891, l’enseignement de nos Écoles de commerce a pris, de ce fait, une supériorité marquée sur celui des Écoles de commerce de l'étranger. Or, ainsi que l'a justement observé M. H. Lefèvre : ‘en Commerce, en industrie, comme en art militaire, la science «est une arme de précision; quand elle est faite, elle s'impose, (et, dans les luttes pacifiques ou meurtrières, la victoire appar- € tient au premier qui s'en empare. »

La Comptabilité est aujourd’hui l'arme de précision dont nos industriels et n1s Commerçants, — formés aux Écoles supérieures de commerce, — sauron.se servir avec avantage dans la lutte économique qu'ils ont à soutenir, lutte aussi pacifique pour les forts qu elle est meurtrière pour les faibles et les Ignorants.

PS

Eh bien, nous le demandons aux hommes de sens qui nous lisent, — et nous avons l'espoir, cette fois encore, d'être compris d'un ministre clairvoyant, — n’est ce pas ici un dernier et décisif argument et n'est-ce pas une raison déterminante de réformer la loi comptable de 1807 ?

Aujourd'hui done, comme en 1886, je viens, un livre à la main. pousser, de nouveau, le cri d’alärme et faire retentir le « caveant consules » | |

La loi de 1807 est caduque, elle est contredite par la jurisprudence de chaque jour, elle est imapplicable et inappliquée, elle couvre la fraude et le dol, elle encourage les ignorants et les incapables dans leurs errements routiniers, elle est en contradiction avec la science, elle sanctionne une pratique malhonnête et irrationnelle, enfin elle est en désaccord avec l'enseignement que donnent nos Écoles supérieures de commerce, nos- Écoles pra tiques de commerce et d'industrie et nos Écoles primaires supérieures.

Elle doit donc être revisée.

C'aveant consules !

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