‹ Introduction comptable à la science socialeChapitre 44 sur 48 · CS · texte numérisé non relu

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En ce qui touche les édictions de l’article 9, n'est-ce pas une vérité axiomatique que l’Inventaire comptable, de fin d'année, doit être contrôlé par un Inventaire extra-comptable, en vue de conformer les soldes des livres et des comptes aux existants réels ?

N'est-ce pas, de même, une vérité axiomatique qu'il faut, en industrie et en commerce, déterminer exactement, et par les comptes, le prix de revient des productions et des marchandises, si l'on veut déterminer exactement la marge de perte ou de profit que donne l'échange de ces productions ou de ces marchandises ?

N'est-ce pas aussi une vérité axiomatique que les objets quelconques doivent figurer dans l'Inventaire comptable à leur prix de revient, de même que les pièces de vingt francs y figurent pour vingt francs ?

N'est-ce pas, conséquemment, une vérité axiomatique qu il ne faut pas, sous peine de confusion, faire entrer les choses au prix de revient dans un compte et les faire sortir du même compte au prix de vente ?

Et n'est-ce pas également une vérité axiomatique que les valeurs de l'Inventaire qui ont subi une dépréciation ou une déperdition quelconque doivent être ramenées à leur valeur réelle dans cet Inventaire, au moyen d’amortissements ou de réserves?

N'est-ce pas encore une vérité axiomatique qu'à défaut de la connaissance permanente de leur Inventaire exact, l'industriel et l’échangiste marchent à l’aventure, comme le ferait un capitaine de navire qui ne saurait pas relever le point.

Enfin, n'est-ce pas une vérité axiomatique qu'il y a intérêt majeur, au point de vue moral, économique, social et juridique, à ce que les Bilans soient véridiques et clairs, conséquemment à ce qu'ils soient dressés d’une manière rationnelle et uniforme, et à ce qu'ils soient accompagnés de leurs annexes explicatives et probantes ?

Cet ouvrage contient un grand nombre d'autres vérités, non moins axiomatiques, dont l’ensemble constitue ce que l'on peut appeler aujourd’hui, le rationalisme comptable. Eh bien, c'est précisément ce corps de principes et de règles indiscutables, qui forme une doctrine d'ensemble permettant de faire une loi durable, par cela même que cette loi reposerait sur la vérité, issue de la raison et de l'expérience acquise, sur la vérité scientifiqué en un mot, vérité qui, une fois qu’elle est faite sur un point du SaVOIT humain, n’est plus sujette à changements.

On le voit, le reproche que l’on ne manquera d’adresser à nos

propositions d'être doctrinales n’est pas sérieux, car nous pouvons prouver que nous ne poursuivons pas le ‘triomphe d’une méthode routinière à substituer à d’autres méthodes routinières, mais bien celui du Rationalisme sur l'Empirisme, celui de la Méthode sur l'absence de méthode. (1).

Au lieu donc de redouter les arguments des adversaires de l'ordre comptable nous engageons ces derniers à les reproduire au grand Jour de la discussion. Il sera curieux de les entendre pliider ouvertement la cause du désordre.

Il est toutefois permis de croire qu'ils n’auront plus, comme jadis, ce triste courage. La cause de l'incurie, de l'ignorance et de la mauvaise foi, collaborant à l'établissement des Inventaires menteurs et des faux Bilans, ne trouvera pas aisément des avocats. Cest une cause perdue,

Pour gagner la nôtre, nous comptons sur l'aide des comptables instruits, sur celle de nos confrères de la presse et sur celle des commerçants honnêtes et clairvoyants. Nous adressons aussi un suprême appel au patriotisme des membres de nos Chambres de commerce, des juges de nos Tribunaux de commerce et de nos Législateurs. Il ne faudrait pas que le siècle se terminât sans que la réforme du Titre IT du Code de commerce ait été accomplie. L'enseignement scientifique, comme la pratique comptable honnête, attendent cette sanction, à défaut de laquelle ils demeurent en contradiction avec une loi d'un autre temps, dont, aujourd’hui, les juges ne tiennent pas plus compte que les commerçants, si bien qu il ne reste debout que la liberté de comptabiliser à sa guise et que cette liberté, — qui n’est autre que celle de tromper les gens, — a reçu la consécraion de l'usage.

Nous le répétons, il y a ici une question d'honneur autant que d'intérêt commercial. L’honneur comme l'intérêt commandent l'ordre. Or, actuellement, le désordre comptable est à son comble. Les livres de commerce régulièrement tenus, nous lé constatons

(1) On m'a prêté, ainsi qu'à mon ami Guilbault, des prétentions que nous n'avons pas. Nous nous sommes simplement eflorcés d'introduire la Méthode là où elle faisait défaut et de dégager les Lois, Principes et Règles théoriques et pratiques qui, de l’art empirique de tenir les livres, ont fait la science des comptes. On sera fixé sur l’œuvre d'ordre et de vérité scientifiques que nous avons poursuivie, en comparant nos ouvrages aux nombreux livres qui ont été publiés sur la matiere, depuis Pacciolo jusqu'à H. Vannier, et à ceux tout récemment parus, de M. J. Soillot, et de M. J. Andoyer,

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