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d'incomplet , je résolus de pousser plus loin mes lectures , et, avec le secours de Hugo cl de Haubold, je parvins peu à peu à m'orienter dans la litléralure juridique de l'Allemagne.
Plus j'avançais , plus je sentais que celle époque contcniporaine de la jurisprudence en Allemagne , si brillante et si féconde , ne s'expliquait pas suffisamment par elle-même ; que pour la comprendre il fallait en sortir, en remontant à ce qui la précédait. Je parvins alors à la révolution opérée par Kant. Là, même pensée et même procédé. De Kant je remontai à Leibnitz j de Leibnitz au seizième siècle, si glorieux pour la France. Alors je n'étais plus séparé que par quatre siècles de la rénovation scientifique de la jurisprudence européenne, dont l'Italie fut le théâtre , et dont M. de Savigny s'est fait rhislbricu.
Ce me fut au milieu de mes études un soulagement et un progrès d'embrasser à peu près l'histoire entière de la science dans ses époques essentielles. Alors je pus me servir avec plus d'in-
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telligence et d'efficacité des richesses et des productions contemporaines. Aussi , après m'être efforcé d'embrasser le système entier de la science , en m'attachant toutefois plus particulièrement à la philosophie du droit , au droit romain et à l'histoire du droit, je me résolus de porter devant le public avec ingénuité et franchise mes efforts et mes études.
Mais par où commencer? Jeune, sans caractère officiel, avec une mission que je "hie donnais moimême , au milieu d'une préoccupation presque exclusive pour la jurisprudence pratique, comment dès les premiers pas réveiller pour la science théorique l'attention , et lui concilier l'intérêt dont elle est digne? Entrer brusquement dans une des parties de la science , soit dans l'histoire , soit dans la philosophie du droit , dans l'exégèse, ou la dogmatique, n'était pas sans inconvénient et sans danger. Après y avoir beaucoup songé , je m'arrêtai au parti de recommencer sous les yeux mêmes du public la route que j'avais suivie moi-même, d'exposer devant lui un tableau critique de la science , de sa marche, de ses phases et de ses progrès ; espérant que cette
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rcvac rjpide du passé serait à elle seule le meillear des enseignements , qu'elle éveillerait , comme elle avait fait chez moi, une curiosité studieuse , que les cliose s parleraient assez d'elles-mêmes , et que les noms et les doctrines évoqués par ma jeunesse la protégeraient, et lui donneraient créance et autorité. Je ne me trompai point : les jeunes gens qui avaient répondu avec une cordialité toute fraternelle à l'appel d'un de leur condisciple écoulèrent avec un bienveillant intérêt le'simple récrt des travaux des temps passés , soutinrent par leur inépuisable et affectueuse attention l'inexpérience d'un ca''marade qui n'avait pas craint de se faire leur professeur, et semblèrent plus disposés à accueillir des assertions et des conclusions dogmatiques qui paraissaient sortir à leurs yeux du récit des faits. C'est ce cours préliminaire , cette introduction générale, que je présente aujourd'hui au public.
Celte introduction n'est point une histoire littéraire proprement dite : on y trouvera trop d'opinions dogmatiques, trop peu de détails biographiques et bibliographiques,' pour lui doni>cr ee nom.
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Ce n'est pas non plus une encyclopédie du droit : car j'ai suivi non pas l'ordre des matières , mais la suite chronologique des hommes et des époques. D'ailleurs, bien que je présente une théorie du droit positif, et que presque toutes les parties de la jurisprudence se trouvent mentionnées, cependant j'ai du omettre beaucoup de classifications et de matières , voulant surtout être fidèle à la suite des temps et des grandes écoles. Si le public accueille avec indulgence ce premier essai , je publierai plus tard une véritable encyclopédie de la jurisprudence , à la fois historique et dogmatique. Alors je réimprimerai le texte entier de la Nova methodus de Leibnilz (i) , qui est le point de départ de cette partie de la science.
Qu'est-ce donc que cette introduction, et quel dessein m'y suis-je proposé ? Réveiller le sentiment du droit, le distinguer nettement de la législation, pré-
Ci) Voyez, chapitre X, Leibnitz considère' comme jurisconsulte.