CLTT OEUVRES DE ^I. DE BIRAN
discussion des idées chrétiennes d'une chute qui a brisé la nature et d'une grâce qui la rétablit. Ces idées s'offrent à l'examen de la science comme une solution des mystères de notre état présent.
C'est ainsi que l'histoire des pensées de l'humanité et l'observation de la nature de l'homme se réunissent pour poser, à l'esprit qui pense, cette question capitale : Y a-t-il un ordre surnaturel?
La question devait se poser à M. de Biran par ces deux voies successivement, et avec des résultats divers ; c'est là ce qui explique et justifie la digression qu'on vient de lire.
Ce fut par la lecture des Recherches philosophi- (jues de M. de Bonald que l'auteur de V Essai fut conduit à aboider le problème religieux, sous sa face historique. Son âme pieuse avait déjà soif de Dieu et penchait visiblement vers le christianisme; mais tous les aspects sous lesquels on peut faire envisager la foi n'étaient pas également propres à l'attirer et à le satisfaire. Tout engagé dans sa voie de réflexion pure et d'observation intérieure, il ne pouvait éprouver que de l'éloignement pour le point de vue tout extérieur de M. de Bonald (1). Il éprouva en effet ce sentiment, et avec assez de vivacité pour prendre la plume à diverses reprises dans le but de combattre les doctrines de l'éloquent pair de France. Il voulut, en particulier, venger la philosophie de
(1) Voir, dans le troisionip volume de cette édition, PAvantpropos de l'éditeur à V Examen ciit'Kjuc des opinions de M. de Donald,