I.XTKODUCTIO.N DE I/ÉDITELK. CLXXXi
« un certain point, s'identitier avec ])ieu, en absor- « bant son moi par l'exercice d'une faculté supé- <^ rieure. Il résulte de là, que le dernier degré d'a- « baissenient, comme le plus haut point d'élévation, « peuvent également se lier à deux états de l'âme, « où elle perd également sa personnalité; maisdans « l'un, c'est pour se perdre en Dieu; dans l'autre, « c'est pour s'anéantir dans la créature. »
Telles sont les vues générales de M. de Biran sur la vie de l'esprit. Si l'on s'arrêtait aux dernières paroles que je viens de citer, on serait conduit à penser que ce philosophe, après avoir si hautement proclamé, contre l'école de Condillac, les droits de la personnalité humaine, a sacrifié cette personnalité aux extases du quiétisme. Mais on n'a pas le droit de prendre au pied de la lettre les termes d'ébauches renfermant le premier jet de la pensée d'un écrivain. La plus simple équité demande qu'on les interprète, en les rapprochant des autres déclarations qui peuvent en éclairer le sens. Or, M. de Biran ne renie point sa doctrine antérieure. Pour que l'homme renonce à lui-même et s'abandonne à l'influence de l'esprit de Dieu, il Aiut d'abord que l'homme soit, et il n'est que par l'activité libre. « Pour faire abnéga- « tion du moi, il faut d'abord qu'il y ait un moi. » Puis la volonté, l'effort, la liberté ne sont ni des illusions, ni des puissances trompeuses. Tout au contraire, la seconde vie a pour mission de préj)arer la troisième. Agir, méditer, prier^ sont des actes de l'âme; et ces actes sont le chemin pour aller à Dieu. Il faut que l'effort lève les obstacles qui retiennent