‹ Introduction générale aux œuvres inédites de Maine de BiranChapitre 58 sur 66 · CLXXX OEUVRES DE M. DE BIRAN · texte numérisé non relu

CLXXX OEUVRES DE M. DE BIRAN

l'esclavage des sens, voilent la lumière intérieure, et font taire la voix secrète qui nous rappelle à notre destination.

Cet état n'est pas primitif puisqu'il est un désordre, et que tout ce qui est primitif remonte à Dieu dont nul désordre ne saurait procéder. La chute de l'espèce humaine nous a ainsi enlacés dans les liens d'une vie inférieure, de telle sorte que l'idéal s'éteint en nous, et que lorsqu'il brille à nos regards comme une lueur fugitive, la force nous fait défaut, et nous désespérons de l'atteindre. Mais cet idéal obscurci, Jésus-Christ l'a montré au monde dans toute la splendeur de son premier éclat; mais cette force qui nous manque, Jésus-Christ la promet et l'accorde à ceux qui ont foi en sa promesse. La vie de l'esprit, déposée à l'origine dans l'àme humaine et détruite par le péché, resplendit de nouveau dans l'économie de la grâce qui est une économie de restauration.

L'union de l'àme avec Dieu s'opère au moyen d'une faculté, ou plutôt d'une réceptivité supérieure, qui est le fait le plus élevé de l'existence. Le développement de la force personnelle qui constitue la vie humaine s'accomplit donc entre deux états passifs, Tun dont elle doit sortir par son effort : la sensibilité animale ; l'autre oia elle doit parvenir : la vie en Dieu. « L'homme est intermédiaire entre Dieu et « la nature. l\ tient à Dieu par son esprit, et à la « nature par ses sens. Il peut s'identifier avec celle-ci « et y absorber son moi, sa personnalité, sa liberté. « en s'abandonnant à tous les appétits , à toutes « les impulsions de la chair. Il peut aussi, jusqu'à

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