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lent hors de Dieu , suivanl Platon, et puisqtie Platon n’adinel pas que Dieu puisse faire quelque chose autrement qu’avec une matière préexistante, de quoi Dieu auroil-il fait éterneileinenl les idées? 11 meparoît évident que Platon les croyoil nécessaires comme Dieu même, et que c’éioil ainsi qu’il s’expliquoil leur existence éternelle. »
A’otc 9, pag. 100.
Platon et Aristote font de l’avortement et de l’infanticide des règles de conduite, qu’ils auroient imposées comme, un devoir s’ils avoient réalisé leur république chimérique. Tout le monde sait quelle espèce d’outrage à la pudeur le premier de ces deux philosophes proposoit de convertir en loi.
JVbte 10, pag. 103.
On peut consulter, à ce sujet, l’excellent ouvrage de M. Troplong : De l'influence du Christianisme sur les lois civiles des Romains.
a De ce que les empereurs et les jurisconsultes » étoient païens, dit avec raison M. Jacques Bal- » mes, il ne s’ensuit pas que les idées chrétiennes » n’aient exercé aucune influence sur leurs œu- » vres. Le nombre des chrétiens étoit immense )) en tous lieux. La cruauté avec laquelle on les » avoit persécutés, le courage héroïque qu’ils )) avoient déployé en face des lourmens et de la )) mort, avoit dù attirer l’attention de tout le » inonde. Il est impossible que cela^n’ait pas ex- » cité, chez les hommes doués de quelque ré- » flexion, la curiosité d’examiner quel étoit l’en- » seignement que cette religion communiquoit à » ses prosélytes. La lecture des apologies du Chris- » tianisme, déjà écrites dans les premiers siècles » avec une si grande force de logique et d’élo- » quencc, les ouvrages de dilfércns genres pii-
» bliés par les premiers Pères , les liomélies des » évêques adressées aux peuples, renferment iani » de sagesse , respirent un tel amour pour la vé- » rilé et la justice, et proclament si haut les éter- » nels principes de la morale, qu’il étoit impos- » sible que leur influence ne se lit pas sentir » même chez ceux qui condanmoient la religion » du crucilié.
» Lorsque des doctrines ayant pour objet les » plus grandes questions qui intéressent l’homme » vont s’étendant partout, propagées avec un zèle » fervent , accueillies avec amour par un grand » nombre de disciples, et soutenues par le talent » et le savoir d’hommes illustres; ces doctrines » laissent dans tout^ les directions des traces » profondes, et afl'eclent ceux-là même qui les » combattent avec chaleur. Leur influence est ira- » perceptible
» Il devoit en être ainsi d’une doctrine qui étoit » prêchéc d’une manière si extraordinaire , pro- » pagée avec tant de rapidité, scellée par des tor- » rens de sang, défendue par des écrivains tels » que Justin, Clément d’Alexandrie, Irénée et » Tertullien. La profonde sagesse, la ravissante » beauté des doctrines expliquées par les docteurs » chrétiens, dévoient appeler l’attention vers les » sources mêmes où ils les puisoient : il étoit na- » turel que cette piquante curiosité mît aux mains » de plusieurs philosophes et jurisconsultes les » livres de l’Ecriture sainte. Qu’y auroit-il d’é- » trange qu’Èpictète eût long-temps savouré la » doctrine du sermon sur la montagne, et que les » oracles de' la jurisprudence eussent reçu, sans » y penser, l’inspiration d’une religion dont la » puissance s’étendant d'une manière admirable , » s’emparoit de tous les rangs de la société ? Le » zèle ardent pour la vérité et la justice, l’esprit
n (le fralernitiî , les grandes id(ies sur la dignit(; n de l'homme, thèmes perpétuels de l’enseignen ment chrétien , ne pouvoieni rester circonscrits n au seul cercle des enCaiis de l’Eglise. Avec plus » ou moins de lenteur, elles s’infiltroient dans » toutes les classes; et lorsque, par la conversion » de Constantin, elles acquirent l’influence politi- » que et l’empire public, il n’y eut là qu’un évé- » nement devenu inévitable. Lorsqu’un système » est devenu très-puissant dans l’ordre social, il » linit par exercer son influence dans l’ordre po- » litique.»
{Du Calholicismc comparé au Proleslanlisme dans ses rapports avec la civüi^ sation. lom. 1, p. 220-223.)
Note 11, pag. 149.
Le mot hébreu ( bara ) traduit dans la Vulgate par creavit , présente invariablement ce sens dans la forme où il est employé au premier verset de la Génèse, la forme kal. Il n’y a pas dans la* Bible un seul exemple du contraire. Aussi les plus savans Rabbins , Maimonide et Kimchi l’ont reconnu de la manière la plus expresse
Mais pour fixer le sens du célèbre verset de la Bible , nous avons quelque chose de plus que les opinions rabbiniques. Nous pouvons invoquer la tradition constante et invariable de la Synagogue. Je ne vous citerai pas d’autre témoignage, eu faveur de cette tradition, que les admirables paroles de la mère des Macbabées, exhortant au martyre son plus jeune fils : a Elève tes yeux vers le » ciel; porte-les sur la terre; considère tout ce » que renferment le ciel et la terre, et comprends » que Dieu a tout fait du néant ; » quia ex nihito fecH illos Deus.
{Théodicée chrétienne , par M. Maret , pag. 522, 325.)
Note 12, pag. 149.
Dieu appelle ce qui n’est pas comme ce qui est , dus. Paul, iRom. iv, 17.) Et maintenant, dil Jésus-Christ, (S. Jkan,xvh, 5) glorifiez-moi envousméme de la gloire que j'ai eue en vous , avant que le monde fût.
Ces paroles, ainsi que celles de saint Paul , expriment l’acte créateur, c’est-à-dire la production de substances qui n’existoicnt pas.
Note 15, pag. 151.
Qu’opposoit l’Eglise aux panthéistes , aux partisans de l’éinanalion? Les mêmes raisonnemens que nous avons faits sur la théodicée de Platon et des Stoïciens. Elle les accusoit de diviniser le monde, de détruire l’unité de Dieu, de renverser toutes les idées qu’une raison éclairée peut se faire des perfections infinies de cet Être nécessaire et éternel.
Elle disoit aux Dualistes, partisans de l’éternité de la matière, qu’une matière éternelle, incrcée, est infinie, est un Dieu , et qu’il ne peut y avoir deux dieux, deux infinis.
Note 14, pag. 151.
Le dogme de la création a été défini , pour la première fois , par le concile général de Latran , sous Innocent III. Voici en quels termes cette assemblée condamna l’erreurdes Albigeois et des Vaudois qui renouveloient l'antique dualisme et la doctrine de l’éternité de la matière.
«Unum esse creatorem omnium..., qui simiil ab » initio temporis ulrainque de nihilo condidit crea- » turam, spiritualem et corporalem, angelicam » videlicetet mundanam. n
[Concü. Latcran. iv. de Eide Calhol. cap. 1 .)
Mais avant cette époque, le dogme étoit non-
seulement universellement cru, mais la eroyauce en étoit populaire.
Nous avons vu comment cette croyance une fois admise, l’idolâtrie étoit impossible, de la part même des hommes les plus iguorans. Ils ont appris dans leur catéchisme, (|u’ils sont des créatures, et qu’il y a un créateur. Pour être idolâtre, il faut adorer la créature: or, il y a ici deux teiines contradictoires; qui dit adorer dit rendre un culte à Dieu, comme à la source infinie de l’être, ce qui ne peut convenir qu’au Créateur. Qui dit créature, dit un être auquel on ne peut attribuer qu’une existence et des vertus dont il ne possède pas la source: ce quiexclutmanifestement l’adoration. Si donc on rend à la créature des honneurs, un culte, ces honneurs et ce culte doivent remonter nécessairement au-dessus d’elle, et arriver au principe duquel elle a tout reçu; et il n’y a plus d’adoration que pour ce principe, pour cet Etre tout-puissant.
Noie 15, pag. 152.
« In principio, inquit. Quam bonus ordo, ut » illud primum assereret, quod negare consueve- » runl (philosophi pagani), et cognoscerent prin- »> cipium esse mundi, nec sine principio mundum » esse hornines arhitrarentur. »
(S. Ambros. Hexaem. lih. i, c. iii, n. 8.)
« Principium igitur esse docet, qui dicit : In principio fecil Deus cœlum et lerram. »
[Ibid, n. 12.)
« Pulchrè quoque ait : In principio fecil, ut in- » comprehensibilem celeritalem operis exprime- » ret, cùm effeclum priùs operationis impletæ, n quàm indicium cœplæ explicuisset... Nec artis » igitur usum, nec virtutis expendit, qui mo- R mento suæ voluntatis majestatein tantæ di>e-
» rationis imptevii; ut ea quœ non erant esse fa- » ceret lam velociler, ut neque voluntas operaiioni » præcurrerel, neque operatio volunlali. »
[Ibid, n. 5 et 8.)
« In principio fecit Deus cœlum et lerram. Non » ille (Moyses), ulatonioruin coucursione inundus » coiret, sérum atque otiosum expeclavit nego- » lium; neque disciplinam quamdam maleriæ,
» quain conlemplando mnndum possel cffingere,
» sed auclorem Deum exprimendum pulavit. »
(Ibid, c. Il, n. 7.)
« Diciint antea fuisse subjeciam maleriam...
» Quid hâc amentià pejus? Audis Deum in prin- » cipio fccisse cœlum et terram,- et ex nihilo quæ » sunt facta fuisse, et dicis priùs extitisse mate- M riam? Quis eerum qui inenlem habent tantam » ferrel insaniam? »
(S. J. Ghrysost. in Genes. Honiil. iii, n. 2.)
« Beatus itaque Propbeta, oblurando insipien- » lium ora, auspicaturus librum sic cœpit : In » principio fecit, etc.»
[Ibid, HomiK ii, n. 2.)
« In principio fecit, hoc est , in eo temporis » principio. » (S. Basil, ubi suprà, n. S.)
Note 16, pag. 159.
« Si nous imposons silence à nos sens , et que nous nous renfermions pour un peu de temps au fond de notre ame, c’est-â-dire, dans cette partie où la vérité se fait entendre, nous y verrons quelque image de la Trinité que nousadorons. La pensée que nous sentons naître comme le germe de notre esprit, comme le fds de notre intelligence, nous donne , selon Bossuet , quelque idée du Fils de Dieu conçu éternellement dans rinlelligence du
^igiuzco
Père céleste. C'est pourquoi ce Fils de Dieu prend le nom de Yei'bCy afin que nous entendions qu'il naît dans le sein du Père, non comme naissent les corps, mais comme naît dans notre ame cette parole intérieure que nous y sentons, quand nous contemplons la vérité.
» Mais la fécondité de notre esprit ne se termine pas à celte parole intérieure, à celle pensée intellectuelle , à cette image de la vérité qui se forme en nous. Nous aimons, et cette parole intérieure, et l'esprit où elle naît; et eu l'aimant, nous sentons en nous quelque chose qui ne nous est pas moins précieux que notre esprit et notre pensée , qui est le fruit de l'un et de l'autre , qui les unit, qui s'unit à eux, et ne fait avec eux qu'une même vie.
» Ainsi, autant qu'il se peut trouver de rapport entre Dieu et l’homme , ainsi , dis-je , se produit en Dieu l’amour éternel, qui sort du Pere qui
f )ense, et du Fils qui est sa pensée, pour faire avec ui et sa pensée une même nature, également heureuse et parfaite.
» En un mot. Dieu est parfait, etson Verbe, image vivante d’une vérilé inünie, n’est pas moins parfait que lui; et son amour, qui, sortant de la source inépuisable du bien , en a toute la plénitude , ne peut manquer d’avoir une perfection infinie ; et puisque nous n’avons point d’autre idée de Dieu, que celle de la perfection, chacune de ces trois choses considérée en elle-même, mérite d’être appelée Dieu ; mais, parce que ces trois choses conviennent nécessairement à une même nature , ces trois choses' ne sont qu’un seul Dieu.
» Il ne faut donc rien concevoir d'inégal, ni de séparé dans celte Trinité adorable; et quelque incompréhensible que soit cette égalité, notre ame. si nous l’écoutons, nous en dira quelque chose.
De vrai, dit Bossuet, « nous somtaes quelque chose d’intelligent, quelque chose qui s’entend et , s’aime soi-même, qui n’aime que ce qu’il entend ; mais qui peut connoître et entendre ce qu’il n’aime pas: toutefois en ne l’aimant pas, il sait et entend qu’ilne l’aimcpas; et cela même il veut le savoir, et il ne veut pas l’aimer, parcequ’il saitouqu’il croit qu’il lui est nuisible; mais au contraire il veut ne l’aimer pas... Ainsi entendre et vouloir, connoître et aimer sont actes très-distingués ; mais le sontils tellement, que ce soient choses entièrement et substantiellement dilférentes? Cela ne peut être : la connoissance n’est autre chose que la substance de l’ame affectée d’une certaine façon ; et la volonté n'est autre chose que la substance de l’ame affectée d’une autre. 0»and je change ou de pensée et de volonté , ai-je cette volonté et cette pensée, sans jque ma substance y entre? Sans doute elle y entre; et tout cela au fond n’est autre chose que ma substance affectée, diversifiée, modifiée de différentes manières, mais dans son fond toujours la même. Car, en changeant de pensée , je ne change pas de substance et ma substance de- , meure une, pendant que mes pensées vont et viennent, et pendant que ma volonté va se distinguant de mon ame, d’où elle ne cesse de sortir ; de même que ma connoissance va sc distinguant de mon être, d’où elle sort pareillement; et pendant que tous les deux, je veux dire ma connoissance et ma volonté, se distinguent en tant de manières, et se portent successivement à tant de divers objets^ ma substance est toujours la même dans son fond, quoiqu’elle entre tout entière dans toutes ces manières d’être si différentes.
» Voilà déjà en moi un prodige inconcevable; mais ce prodige s’étend dans toute la nature. Le mouvement et le repos , choses si distinctes , ne
sont dans le fond que la substance (|ui se meut et qui se repose ; qui change k la vérité , mais non dans son fond, quand elle passe du mouvement au repos, et du repos au mouvement. Car ce qui se meut maintenant, c’est la même chose qui se reposera bientôt, et ce qui se repose en ce moment, est la meme chose qui bientôt sera mise en mouvement ; et le mouvement droit,'et l'oblique, et le circulaire, sont des mouvemens divers entre eux, mais qui n’ont qu'une seule et même substance; et cent circulations successives d’un même corps ne sont au fond que ce même corps agité en cercle. Et tout cela est distinct et un : un en substance , distinct en manières. El ces manières, quoique différentes, n’ont toutes qu’un même sujet, un même fond, une seule et même substance.
» Je ne sais qui se peut vanter d’entendre cela parfaitement; ni qui pourra se bien expliquer à soi-même ce que les manières d’être ajoutent à l’être ; ni d’où vient leur distinction dans l’unité et identité qu’elles ont avec l’être même; ni comment elles sont des choses, ni comment elles n’en sont pas. Ce sont des choses;* puisque si c’étoit un pur néant, on ne pourroit véritablement ni les assurer ni les nier : ce n’en sont point, puisqu’on elles-mêmes, elles ne subsistent pas. Tout cela ne s'entend pas bien, tout cela est pourtant chose véritable , et tout cela nous est une preuve que , ineme dans les choses naturelles, l’iinUé est un principe de multiplicité en elle-même...
» Si je ne voulois et n’entendois éternellement <[ue la même chose, comme je n’ai qu’un seul être, je n’aurois aussi ([u’une seule connoissance et une .seule volonté : ou, si l’on veut, un seul entendre et un seul vouloir. Cependant ma connoissance cl mon amour ou ma volonté, n’en seroient [tas pour
cela inoitis distingues entre eux, ni moins identifiés, c’est-à-dire, n’en seroient pas moins un avec le fond de mon être, avec ma substance. Et mon amour, ou ma volonté ne pourroil pas ne pas venir de ma connoissance; et mon amour seroil toujours une chose que je produirois en moi-même , et je ne produirois pas moins ma connoissance; et toujours il y auroit en moi trois choses, l’être produisant la connoissance, la connoissance produite, et l’amour aussi produit par l’un et par l’autre. Et si j’étois une nature incapable de tout accident survenu à sa substance, et en qui il fallût que tout fût substantiel, ma connoissance et mon amour seroient quelque chose de substantiel et de subsistant; et je serois trois personnes subsistantes dans une seule substance. » *
« Cette nature que l’homme n’a pas. Dieu l’a, dit M. de Pressy, et parce qu’éternellement il se contemple, se" connoît, s’aime soi-même, et qu’ainsi affecté de manières distinctes, il conserve toujours un seul et même fonds d’être , un seul et même principe de vie, d’intelligence, d’amour : il y a en lui unité de substance, avec trinité de personnes, dont l’une est toujours engendrante , l’autre toujours engendrée , l’autre toujours produite , sans commencement, sans lin, sans rien d'accidentel.
» C’est donc avec raison que l’Ecriture sainte représente la Sagesse éternelle comme une personne, qu’elle fait ainsi parler : Les abîmes n’étoienl pas encoi'e, elj’élois déjà conf ue :j'élois engendréeavanl les collines. Dieum’apossédée., avant qu’il eiH rien créé. Mais Dieu ne possède-t-il; n’al-il de sagesse que celle qu’il engendre? Gardons-
" Ë/cv. sur les yfj sl.
édit, dr Vrrs.
U' Sein.
MC Elév.
loni. VIII,
nous de le penser; car notis-inéines, nous nepoui'rions pas produire en nous notre*^ verbe , notre parole intérieure, s'il n'y avoit en nous un fonds d’intelligence, dont notre verbe est le fruit. A plus forte raison y a-t-il en Dieu un fonds d’intelligence, un principe actif de sagesse, qui étant primitivement et originairement dans le Père, le rend fécond pour produire dans son sein cette sagesse, qui est son Verbe et son Fils. 11 faut raisonner de même à l'égard de la production du Saint-Esprit, qui, étant l’amour essentiel, éternel, parfait, du Père et du Fils, a la même nature divine.
- » Or cette nature de Dieu se contemplant, se connoissant, s'aimant toujours soi-même, est incapable de tout accident. Car tout accident est séparable de la substance à laquelle il est inhérent, et qui peut exister sans lui; au lieu que lui ne peut exister sans elle, du moins naturellement; mais les actes par lesquels Dieu se contemple, se connoît, s’aime soi-même , sont absolument inséparables de sa substance, qui ne peut pas plus exister sans eux, qu’eux sans elle. Chacun d’eux est donc quelque chose (non d’accidentel), mais d’essentiel, qui, uni à celle même substance, forme un tout entièrement complet, qu’on nomme à juste litre : Personne divine. La seconde , ainsi que la troisième estde même nature, de même substance, de même être, de même durée, de même éternité que la première. Cette seconde personne s’appelle le Verbe, ou la Parole par laquelle un Dieu éternel et parfait se dit, en pensant h lui-même , tout ce qu’il est, et conçoit et engendre tout ce qu’il dit; et par conséquent conçoit et engendre un parfait, un coessentiel, un consubstantiel, un Dieu comme lui. Il ne produit pas hors de lui-même cet autre
lui-iiième; car rien de ce qui est hors de Dieu, n'eslDieu. »
M. de Pressy, évêq. de Boulogne, InsC. Pasl, sur l’accord de la foi et de la raison dans le mystère de la Trinité, in-4°. 1786, pag. et suiv.
Note 17, pag. 197.
Le principe de Leibnitz fut réellement un mystère pour lui-même et pour tous ceux qui l'ont adopté depuis. Ce n’est que tout récemment qu’il a été expliqué de la manière suivante : nous allons laisser parler M. le baron Cauchy, quia bien voulu rédiger pour nous celle explication ; nous lui en exprimons ici notre sincère gratitude.
« Lorsqu’une grandeur n’est pas du nombre de » celles qui peuvent se mesurer facilement, alors, » pour en déterminer la valeur, on a oi-dinaire- » ment recours h des approximations successives. )) Dans chacune de ces approximations , on sup- » pose la grandeur décomposée en élémens eboL- » sis de telle manière que l’erreur commise de- » vienne de plus en plus insensible, tandis que le » nombre des élémens croît sans cesse , et qu’ils B deviennent de plus en plus petits. On exprime » celle idée, en disant que l'erreur commise de- » vient infiniment petite, quand le nombre des » élémens devient în^niment grand, chacun d’eux » étant iniinimeiu petit; et Yanaiyse infinilésimade, » envisagée au point de vue de Leibnitz, consiste » simplement à confondre les grandeursavec leurs » valeurs approchées, en se iransporiant par la w pensée au moment où le degré d’approximation » devient infini. Celle confusion , établie d’abonl » entre les grandeurs dont on cherche la mesure » et leurs valeurs approchées, a clé la source de
» loules les objections et difficultés opposées par » divers géomètres à la méthode infinitésimale.
/ » Mais ces difficultés dispraroissent, avec l’espèce » de mystère qui sembloit rendre la méthode im- » pénélrable, quand on donne pour base au calcul » infinitésimal, ce principe incontestable, que les » relations (|ui subsistent entre les valeurs apprt»- » chées de diverses grandeurs, quel que soit le de- » gré auquel on pousse l'approximation, subsistent » entre les grandeurs elles-mêmes. »