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LA FONCTION DE L'ORIENTATION

a. Diverses sources d'orientation .

Le but de la fonction d'orientation est de nous fixer : 1° sur l'état et la situation des diverses parties de notre corps, les unes par rapport aux autres (sens des attitudes, des positions, des mouvements); 2° sur l'état et la situation de notre corps par rapport aux objets différents de nous, qui nous environnent (sens de l'espace). Ace dernier groupe il faut joindre l'orienta-

limi des objets environnants entre eux el par rapport à notre corps orientation objective de Pierre Bonnier). — Je ne parle pas de l'orientation lointaine (pigeons voyageurs), C'est une partie de l'orientation objective sens du retour) qui n'intéresse pas la physiopathologie humaine.

Les sources de l'orientation sont extrinsèques ou intrinsèques. Les extrinsèques sont tous les sens et spécialement l'ouïe, la vue et le toucher; les intrinsèques sont l'appareil kinesthésique général et l'appareil kinesthésique spécial de la tête et des yeux.

La kinesthésie va être étudiée à part dans le paragraphe suivant (b).

L'ouïe permet de constater l'existence, la direction, la distance des objets sonores. — Par la vision, on juge l'existence, la forme, les dimensions, dans certains cas la distance, des objets. En étudiant l'ataxie (p. 298) nous verrons que ces malades, privés de la kinesthésie, perdent l'équilibre et s'effondrent quand ils ferment les yeux; la vue leur sert de béquilles (Àlthaus). Le très grand rôle du tact (sensibilité générale superficielle) dans l'orientation se conçoit d'elle-même : ce sens nous permet de nous orienter vis-à-vis de tous les objets qui nous touchent.

Certains cas pathologiques obligent à joindre, comme sources, au moins accidentelles, d'orientation, les nerfs viscéraux appareil vagosympathique que nous étudierons dans le chapitre xvn). Les impressions parties de l'estomac par exemple peuvent agir sur l'orientation (vertige stomacal, désoriéntation du mal de mer ou de l'escarpolette).

b. La kinesthésie (sens musculaire, des attitudes...).

A cette fonction Charles Bell avait donné, en 1826, le nom de sens musculaire. On peut, dans le langage courant, continuel' à employer ce dernier mot à la condition formelle de lui enlever toute signification étymologique; car cela ne parait pas être un sens spécial et l'origine de ces impressions n'est pas exclusivement musculaire. On trouvera aussi dans les livres les désignations suivantes : conscience musculaire (Duchenne, 1834), sensation ou sentiment d'activité musculaire (Gerdy, 1887, Landry, 1852), sens i\(^ altitudes (Pierre Honnier, 1897), sens dn mouyemenl (Bain, 1855, Bastian, 1869), sens stéréognostique (Hoffmann, INNH), sens de la force (Weber, l<s;ii), sens de lin-

nervation (Wundt, 1862), faculté locomotrice ou sens de l'énergie mentale motrice (Hamilton, 1870), toucher actif (Dana, 189-4)...

La kinesthésie se ramène à la sensibilité profonde : sensibilité des muscles, des articulations, des plans souscutanés profonds... qui nous permet de nous rendre compte de la position des diverses parties de notre corps, des mouvements exécutés... et par suite d'orienter les divers segments de notre corps, les uns par rapport aux autres et l'ensemble de notre corps par rapport à un grand nombre d'objets environnants.

Cette sensibilité est différente de la sensation tactile : la maladie peut la frapper isolément. Certains hémiplégiques ont la sensation tactile de ma main qui touche leur membre paralysé, mais ne peuvent pas orienter leur propre main : ils ne savent pas où elle est (quand ils ont les yeux fermés) quoiqu'ils sentent le contact de mes doigts; ils localisent la sensation sur leur corps, mais ne peuvent pas la localiser dans l'espace.

C'est par les impressions kinesthésiques que nous nous rendons compte de la position de nos membres et de nos segments de membres, des déplacements qui leur sont communiqués, du poids, de la résistance, du volume et de la forme des objets que nous touchons. Ce sont donc, au premier chef, des sensations d'orientation.

Les sensations kinesthésiques simples sont résumées dans le tableau suivant :

TABLEAU VI Sensations kinesthésiques simples.

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