‹ Introduction physiologique à l'étude de la philosophieChapitre 107 sur 143 · I. Cou-dt'-pieil · texte numérisé non relu

I. Cou-dt'-pieil

l'orientation et l'équilibre

rieurs, mais par le faisceau cérébelleux ascendant (lig. 37), suivenl les voies sensitiyes indirectes (p. 252), s'entrecroisent,

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Fig. 37. — Schéma de l'appareil nerveux de l'orientation el de l'équilibre.

Mini par le pédoncule cérébelleux inférieur au cervelel qui forme le deuxième neurone de relais; de là, par le pédoncule

cérébelleux supérieur, à un troisième neurone de relais (noyau ronge1). Une parlie va ensuite directement à l'écorce par le faisceau rubrocortical; une autre partie parla couche optique

Fig. 38. — Le noyau rouge.

qui constitue un quatrième neurone de relais va à l'écorce par le faisceau tlialamocortical.

A l'écorce et clans la partie du centre ovale immédiatement souscorticale, la dissociation reparaît entre les voies kinesthésiques et les voies sensitives générales. Car on observe des cérébraux chez lesquels, la sensibilité générale étant conservée, la sensibilité kinesthésique est profondément troublée. Néanmoins, c'est la zone périrolandique sensitivomotrice générale (p. 254) peut-être un peu étendue, qui comprend les centres kinesthésiques corticaux.

i. Voies kinesthésiques labyrinthiqucs.

Le nerf de la huitième paire crânienne, dit nerf auditif, que nous retrouverons au chapitre xv, est en réalité formé de deux

I. Le noyau rouge est un centre important de l'équilibration situé (ûg. 38), dans li' cerveau moyen (mésencéphale) près des tubercules quadrijumeaux (voir chap. xiv).

286 L'ORIENTATION BT L'ÉQUILIBRE

nerfs centripètes, qui prennent tous les deux naissance dans Foreille, mais sont très différents comme fonction et comme centres. C'est d'un côté le nerf sensoriel de l'ouïe (nerfeocWéaire) et, de l'autre, le nerf vestibulaire qui est kinesthésique.

Ce dernier nerf part du vestibule et des ampoules des canaux semicirculaires.

Dans le labyrinthe (ensemble des cavités qui forment Y oreille interne) est une partie moyenne (vestibule) communiquant avec deux autres séries de cavités [canaux semicirculaires d'une part, limaçon de l'autre). Les canaux demicirculaires sont au nombre de trois « orientés dans trois plans qui rappellent les trois directions de l'espace » (Morat); ils sont, deux à deux, perpendiculaires entre eux. Remplis de liquide (endolymphe), ces canaux communiquent avec le vestibule par les ampoules. C'est de ces dilatations ampullaircs et du vestibule que partent les lilets périphériques du nerf kinesthésique de la tête1.

De ces terminaisons périphériques, ce nerf va au ganglion de Scarpa ou vestibulaire (au fond du conduit auditif interne) qui constitue son protoneurone sensitif (l'analogue du ganglion rachidien pour la sensibilité générale); de là, le nerf vestibulaire s'accole au nerf cochléaire (nerf de l'ouïe) pour former la huitième paire (nerf auditif); il s'en détache bientôt (c'était un pur rapprochement géographique), forme la racine antérieure, interne ou vestibulaire et rencontre des neurones de relais (analogues à la substance grise postérieure de la moelle) : noyau dorsal externe ou de Deiters, noyau dorsal interne ou triangulaire et noyau de Bechterew (tig. 37, p. 2S{ .

•;. Foies kinesthésiques oculaires.

On discute sur les communications des voies optiques avec h' s centres de l'orientation. — Les voies kinesthésiques oculaires doivent suivre les voies oculomotrices.

h. Centres.

Le moins discuté des centres de l'équilibration est certainement le cervelet ». Ses connexions a\ec les voies d'orientation et d'équilibre sont établies par les trois pédoncules cérébelleux

I. C'esl (mil/ qui a montré que « les changements de position de la tête influent sor la répartition du liquide dans les canaux ci deviennent taoause de sensations qui règlent l'équilibre ». (Morat.)

li. ■• Centre réflexe <\c l'équilibration - (Thomas).

(inférieur, moyen et supérieur). Dans chacun de ces pédoncules, les fibres ont une direction principale qui est celle indiquée sur la figure 37 (p. 284). — Par le pédoncule cérébelleux inférieur arrivent la plupart des impressions d'orientation. Le pédoncule cérébelleux supérieur, surtout efférent, contient les fibres qui unissent les noyaux centraux du cervelet1 au noyau rouge. Par le pédoncule cérébelleux moyen, l'écorce du cervelet reçoit, par l'intermédiaire des noyaux du pont du côté opposé, les incitations venues de l'écorce cérébrale par le faisceau pyramidal. Ainsi s'établissent des relations croisées entre chaque hémisphère cérébral et l'hémisphère cérébelleux opposé.

Au cervelet il faut joindre les noyaux (de Deiters et deBechterew) de l'appareil labyrintbique, les noyaux du pont et de l'écorce cérébrale et enfin le noyau rouge (p. 285).

Ce noyau rouge « représente, dit Pavlow, un centre réflexe pour transmettre les impressions de lumière aux muscles de notre corps et pour maintenir nos muscles en une contraction constante, laquelle concourt à l'équilibre du corps sans l'intermédiaire de la volonté ». Van Gebuchten en fait le centre des réflexes tendineux.

c. Voies centrifuges.

D'un mot, ce sont toutes les voies centrifuges, déjà décrites, qui vont, de l'écorce cérébrale on des centres de la base aux cellules des cornes antérieures du bulbe et de la moelle; et, de là, aux muscles des diverses parties du corps.

Ce sont surtout : 1° le faisceau pyramidal (p. 239); 2° le faisceau cérébelleux descendant (fig. 37, p. 284) qui vient des noyaux centraux du cervelet, passe partiellement par les noyaux de Deiters et de Bechterew et aboutit aux cellules antérieures de la moelle; il est croisé entre le cerveau d'une part, le cervelet, la moelle et la périphérie de l'autre; 3° le faisceau rubrospinal de Monakow ou prépyramidal, faisceau croisé qui va du noyau rouge aux cornes antérieures de la substance grise médullaire.

1. Le cervelet est formé de deux groupes principaux de neurones : l'écorce cérébelleuse el les noyaux centraux (noyau dentelé nu olive cérébelleuse et noyau du toit ou de Stilling).

"(!. — FONCTIONNEMENT GÉNÉRAL DE L'APPAREIL d'ÉQI [LIBRATION.

a. Solidarité et suppléance mutuelle des diverses noies de V équilibration.

A l'état normal, toutes les sources d'orientation se supèrposenl ci s'associent, intriquent leurs effets. Ainsi la vue elle i mu lier, la kinesthésie des membres et la kineslhésie de la tête collaborent pour nous orienter à l'état physiologique. La connexion et la solidarité des diverses voies sont telles qu'on les voit se suppléer mutuellement quand une ou plusieurs d'entre elles sont altérées isolément parla maladie.

Ewald (1895) chez le chien, Lange chez le pigeon, Thomas, Roncali (LS99) montrent expérimentalement que l'écorce cérébrale et le labyrinthe se compensent et se suppléent. Les troubles résultant des destructions labyrinthiques isolées s'atténuent progressivement, mais reparaissent intenses si on détruit l'écorce cérébrale (région périrolandique). L'un et l'autre de ces centres et le cervelet peuvent, à leur tour, être compensés et suppléés par les sensations visuelles : l'animal, privé de ses centres labyrinthiques et de son écorce cérébrale ou de son cervelet, ne s'améliore pas dans une chambre obscure comme à la pleine, lumière. Le labyrinthe et le cervelet se suppléent aussi : les l roubles labyrinthiques améliorés, presque disparus, reparaissent par la destruction du cervelet; les troubles par lésion simultanée des labyrinthes et du cervelet n'ont aucune tendance à s'améliorer. Enfin Bickel (1900) a montré la suppléance de l'orientation médullaire par les divers autres centres de l'équilibration. Le chien, ataxique par section des racines postérieures, s'améliore; si alors on extirpe le labyrinthe, il survient une nouvelle ataxie incurable. La même suppléance peut être exercée par l'œil, les parties sensorielles du cerveau, la zone sensitivomotrice de l'écorce et probablement aussi (ajoute l'auteur) la couche optique, les tubercules quadrijumeaux et le cervelet.

Cliniquement, j'ai déjà dit que Schultze a publié (4882) l'observation et l'autopsie d'un tabétique, guéri douze ans avant par Erb, chez lequel il trouva cependant la lésion des cordons pos térieurs de la moelle; donc, le tabès guérit cliniquement sans guérir analomiquemenl ; donc, les cordons postérieurs, restes altérés, ont élé suppléés. (C'est là-dessus qu'est hase le traitement des ataxiques par la rééducation motrice.)

b. Centres automatiques inconscients et centres volontaires conscients de V équilibre .

1° Le plus souvent l'appareil de l'équilibration fonctionne automatiquement . Nous ne nous occupons pas en général de notre équilibre, quand nous parlons, écrivons, pensons. Dans ce cas, les centres qui entrent seuls en jeu sont les centres inférieurs (noyaux du pont, noyau rouge, cervelet) : l'orientation est alors inconsciente et l'équilibre automatique.

2° Les centres psychiques polygonaux interviennent dans les états de désagrégation suspolygonale. Un somnambule, un hypnotisé, voire même un distrait, surveillent et rectifient parfois leur équilibre avec leur psychisme inférieur. Dans ces cas même, l'équilibre apparaît plus parfait, plus facile, n'étant pas troublé par 0. Le somnambule marche sans vertige sur les gouttières parce que 0 ne vient pas troubler l'instinct et l'automatisme ; c'est pour cela qu'il est parfois dangereux, d'éveiller brutalement un somnambule quand il est dans une position d'équilibre difficile. C'est aussi par leurs centres polygonaux que s'orientent et s'équilibrent ces malades qui ne savent pas consciemment et volontairement leur chemin, mais le retrouvent très bien quand ils sont distraits et se meuvent automatiquement.

C'est encore une action analogue qu'on retrouve à l'état physiologique dans les faits suivants que signale Claparède : « lorsque nous sommes mis en rapport avec un objet extérieur, que ce soit par la vue ou par un autre sens... notre corps tout entier prend une certaine attitude qui n'est pas la même selon l'objet auquel nous avons affaire. Nous ne nous comportons pas du tout de même vis-à-vis d'un animal qu'en face d'une plante ou d'une pierre, etc. Les divers objets provoquent chez nous des réactions diverses, selon leur nature. Notre attitude est différente lorsque nous entrons dans une chambre, selon que celle-ci est grande ou petite, meublée, élégante ou non; lorsque nous parlons à une personne, selon qu'il s'agit d'un supérieur, d'un ami, d'un enfant... Chez les enfants, on remarque bien ces diverses attitudes qui, lorsqu'on leur montre des images, par exemple, se modifient selon ce que celles-ci représentent. »

3° Enfin dans d'autres cas la volonté consciente intervient, par exemple chez l'équilihriste, chez le novice qui apprend à monter à bicyclette ou chez chacun quand on veut délibérément faire un acte donné d'équilibre plus ou moins compliqué. Dans

grasset. — Introduction. 19

ces cas, les centres réflexes restent 1rs mêmes, mais ils sont influencés par les centres supérieurs qui interviennent et collaborent. L'orientation est alors consciente el l'équilibre volontaire.

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