Ataxie du tonus, hémichorée posthémiplégique
10, Parai} sie i Hémiparalysie agitante posthémiplégique
1. Ce qui est nécessaire pour montrer la base clinique de l'exposé anatornophysiologique ci-dessus.
a. Les désorientations.
a. Par kinanesthésie où hypokinesthésie.
Il y a des troubles de ce groupe par altération de chaque parlie des voies d'orientation (fig. 37, p. 284).
1° Nerfs. — Babinski signale des névritiques qui n'ont pas ou n'ont qu'imparfaitement la notion de l'attitude dans laquelle se trouvent les parties du corps qui sont le siège de l'affection. D'après Déjerine, dans les traumatismes graves des troncs nerveux ou de leurs plexus, dans la névrite infectieuse ou toxique des membres supérieurs, on constate souvent la perle de la perception stéréognostique.
2° Cordons postérieurs de la moelle. — C'est le siège de la lésion du tabès ou ataxie locomotrice progressive.
Les plus atteints, parmi les tabétiques, orientent si mal les diverses parties de leur corps, les unes par rapport aux autres, qu'ils perdent leurs membres. A un degré moindre, ils ne peuvent pas se tenir debout les deux pieds collés sur toute leur longueur, marchent mal, descendent mal un escalier, tournent brusquement avec difficulté... en s'orientant laborieusement par le cerveau. L'occlusion des yeux aggrave le symptôme (signe de Romberg) et amène parfois l'effondrement.
Frenkel a signalé (1<S93) la diminution de la sensation de fatigue chez ces malades : un tabé tique tenait ses bras horizontalement, sans éprouver de sensation de fatigue, pendant vingt-cinq minutes, alors qu'un homme sain éprouve de la fatigue après une demi-minute ou une minute et laisse retomber ses liras après six à sept minutes.
3° Partie supérieure de la moelle et bulbe. — Bouchaud et Dercum ont constaté l'astéréognose dans des lésions de ces régions.
4° Région capsulothalamique. — Dans l'hémianesthésie par lésion de cette région (p. 268) on observe la désorientation par kinanesthésie.
Verger a signalé le défaut de localisation des sensations (déjà indiqué par Veyssière dans ses expériences) et le défaut de sens musculaire dans les lésions expérimentales ou cliniques de la capsule.
5° Ecorce cérébrale. — Expérimentalement, Fritsch et Hitzig,
plus tard Gollz et Munk, constatent qu'après certaines lésions de la zone périrolaudique « le chien ne remue pas les membres que l'on a mis dans une position 1res fatigante ». Pour Lisso (élève de Munk) les centres corticaux du sens musculaire sciaient plutôt dans les couches moyennes (entre les supcrlicielles et les profondes) de l'écorce dans cette région. Pour Bechterew, ces centres seraient dans la région « qui surmonte le début de la scissure de Sylvius ». Les physiologistes en général admettent (Luciani et Seppilli, Baslian) que la zone corticale du sens musculaire se superpose, comme la zone sensitive générale, à la zone motrice, en la débordant en arrière dans le lobe pariétal.
La clinique est arrivée aux mêmes conclusions. Verger fait de « l'akinesthésie la caractéristique clinique des tiémianesthésies d'origine corticale ». Le siège de ces centres est discuté. Peutêtre peut-on dire, avec Luciani et Seppilli, que le centre cortical du sens musculaire est probablement dans le lobe pariétal (voir lig. 29, p. 254) ou mieux dans la zone périrolandique sensitivomotrice avec des limites antérieure et postérieure plus éloignées de la scissure de Roland o.
6° Centres psychiques supérieurs. — On peut parfois préciser davantage et savoir si le trouble kineslhésique est d'origine polygonale ou suspolygonale.
J'ai dit (p. 278) que dans l'exploration de cette fonction on peut faire décrire ou faire imiter par le sujet la position ou le mouvement étudiés. Quand le sujet décrit la position, son centre O intervient; quand il l'imite, l'acte peut être purement polygonal. Donc, un sujet, qui pourra imiter une position donnée et ne pourra pas la décrire, aura une lésion suspolygonale. Si la lésion est intra ou souspolygonale, l'imitation sera aussi difficile que la description.
On peut appliquer aussi ici ce que j'ai dit plus haut (p. "27:2 sur l'agnosie primaire et l'asymbolie.
:. Désorientation par Itypcrkinesthcsie.
1° Hyperalgésies /cinétiques. Crampes. — La contraction musculaire, habituellement sentie mais indolore, devient douloureuse quand le sens musculaire est hyperesthésié à un certain degré. Le type de ce symptôme est la crampe, qui est une contracture douloureuse.
23 Augmentation de la sensation de fatigue. — Ce symptôme s'observe au début du tabès (lésion irritative des cordons postérieurs). Dans la paralysie agitante (maladie de Parkinson) on observe l'exagération de la fatigue au repos (fatigue du tonus) : le sujet, assis, éprouve rapidement le besoin de changer ou d'être changé de place, de modifier sa position; ce besoin devient impérieux : on doit soulever le malade, lui étirer les bras, lui étendre une jambe, la replier...
3° Akinesia (et dyskinesia) algera. — Môbius a donné ce nom (1891) à un état caractérisé par des douleurs kinétiques (musculaires, articulaires) qui naissent et s'exaspèrent par les mouvements au point de rendre tout mouvement impossible; ce qui entraîne une phobie du mouvement et de tout ce qui pourrait nécessiter un mouvement.
y. Désorientation par parakinesthésie.
1° Paresthésies de V orientation seule. — Les erreurs dans la localisation des sensations (allachaesthésie de Grainger Stewart) s'observent dans le tabès et aussi dans certaines lésions cérébrales : une piqûre faite au mollet sera sentie à la cuisse; l'erreur peut varier de quelques centimètres à la longueur de tout un segment de membre ou même plus.
Vallochirie (Obersteiner, 1881) est l'impossibilité pour un sujet de savoir si un objet qui le touche est à droite ou à gauche ou l'attribution à gauche d'un objet qui touche à droite ou réciproquement. Obersteiner et Hammond ont montré ce symptôme dans la lésion des cordons postérieurs de la moelle; Bosc, dans l'hystérie et les maladies cérébrales...
Dans les polyesthesies (Fischer, Brown-Séquard, Enlenburg) le sujet oriente en plusieurs endroits une piqûre unième.
Les douleurs échotives (Gubler), synesthésies douloureuses ou synalgies, sont des désorienlations douloureuses polyesthésiques : une excitation douloureuse en un point s'accompagne d'une autre sensation douloureuse en un autre point.
Enfin dans ces parakinesthésies pures (sans trouble de l'équilibre) on peut encore placer : les sujets qui croient marcher en l'air, ceux qui après avoir été en bateau ou en chemin de fer ont l'illusion de la continuation du mouvement, les amputés qui ont dans leur membre absent des illusions (bien étudiées par Pitres et Ahbatucci), même ceux chez lesquels « les bruits, bien que nettement perçus, semblent avoir perdu toute extériorisation
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et sonl entendus par le sujet eo lui-môme plutôl qu'en dehors de lui ■>.
g° Paresthésie de l'orientation et de l'équilibre. I eriige*. — Tout d'abord le vertige estime sensation, un phénomène subjectif de conscience. Il ne faut pas le confondre avec le déséquilibre qui peut en être, mais n'en esl pas nécessairement, la conséquence. En second lieu, le vertige es! une sensation finisse Une sensation v l'aie de déplacement effectif ne constitue pas le vertige; celui-ci ne naît qu'à l'apparition d'une sensation fausse, quand, en valsant par exemple, on voit les objets tourner plus vite ou autrement que dans la réalité, continuer à tourner quand on s'arrête. Cette sensation fausse, constitutive du vertige, est une sensation de désarientation : c'est un trouble d'orientation, une erreur d'orientation. En somme, il y a dans tout vertige u\w sensation de désoricnlation, sensation fausse de déplacement relatif du corps ou des objets environnants. Voilà le premier ('dément constitutif.
Le second élément constitutif est la sensation de déséquilibre, "qui s'ajoute à la sensation de désorientation; il faut que le sujet sente la faillite de ses centres d'équilibration et par suite le déséquilibre imminent. Dans le vertige, 0 a conscience que la régulation automatique de l'équilibration est forcée. Le vertige est donc symptôme de l'insuflisance fonctionnelle (claudication intermittente) des centres automatiques de l'équilibration.
D'où celte définition : le vertige esl un phénomène psychique subjectif, constitué par la transmission au centre 0 d'une double sensation basilaire (mésocéphalique et cérébelleuse), sensation fausse venant de l'appareil d'orientation et sensation de l'insuffisance des centres automatiques à assurer l'équilibre.
Aux éléments accessoires et inconstants du vertige appartiennent : 1° l'angoisse, la terreur, souvent la litubation, parfois la chute; 2° les bourdonnements d'oreilles, les troubles de la vue, les nausées, les vomissements, voire même la syncope et la perte de connaissance.
Il y a des vertiges soulagés et des vertiges aggravés par l'occlusion da<- yeux, par le repOS ou par le mouvement. Ceci estime application de la loi clinique suivante : la mise au repos du sens générateur d'un vertige atténuera ou supprimera ce