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LES FONCTIONS l'SYCUIQL'ES RELATIVES A LA CONSERVATION

ET a l'accroissement de l'espèce.

La conservation cl l'accroissement de la vie de l'espèce humaine ne comprennent pas uniquement la fonction sexuelle

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de génération. Le développement et ['éducation sont aussi importants que la mise au monde pour le nouvel être, incapable do vivre et de s'élever seul. L'espèce humaine ne se maintient et m' s'accroît dans sa vie totale (physique et psychique)- que si

tous les individus remplissent non seulement leurs devoirs sexuels, mais aussi leurs devoirs de famille. Contre l'opinion de Spencer, Mercier. Morselli, Seglas, la famille doit donc être mise à part des autres collectivités parce qu'elle est heaucoup plus naturelle dans son point de départ et a un objectif et une raison <l'rtrc bien supérieurs : l'espèce.

On donne généralement le nom d'amour à toutes les affections qui se rapportent à l'ensemble des actes psychiques concernant l'espèce : l'amour (sans épithète) visant l'affection mutuelle des deux sexes en vue de la génération, les amours familiaux visant l'affection mutuelle des divers membres d'une famille. Cela me paraît suffisant pour séparer l'amour et les amours des autres affections, comme l'amitié.

a. Actes psychiques relatifs à la vie sexuelle.

Quoi qu'en aient dit Sauvages1, J. Franck, Féré, Pierre Janet et Maurice de Fleury, l'amour n'est pas une maladie; c'est un acte psychique normal, une passion physiologique si on veut; il n'enlève pas sa responsabilité au sujet qui en est atteint. C'est même une passion utile (Blocq) et, comme dit Banville, « une dernière différenciation physiologique de l'instinct de reproduction et même un véritable produit progressiste et de perfection, puisqu'il ne se manifeste pas chez tous les hommes ».

Simplifiant la laborieuse définition de Danville, on peut dire que l'amour est une idée, avec émotion spécifique de l'ordre esthétique et affectueux, avec attirance sexuelle.

J'insiste sur les deux éléments : l'idée, le processus intellectuel (Dauville) et la spécificité (Hartmann) de l'émotion constitutive et je repousse ainsi les conceptions trop étroites de Bain (appétit et charme personnel), Sergi (stimuli de la reproduction et sens du toucher joint à celui de la température), Sehopenhauer (manifestation de l'instinct sexuel). Delbeuf (besoin inconscient d'engendrer un enfant), Roux (faim sexuelle)...

A l'amour se rattachent des éléments physiologiques t très bien étudiés dans le livre de ,1. Roux. Ces éléments (spécialement les

l. Voir : /.'■ médecin de l'amour au temps de Marivaux. Etude sur Boissier de Sauvages. Montpellier, Coulel 1898,

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troubles vasomoteurs) jouent un grand rôle dans les manifestations de la pudeur. Ce sentiment, connexe à l'amour, me paraît être un acte psychique protecteur de l'amour contre les entreprises génératrices qui ne sont pas accompagnées d'amour mutuel.

L'amour vrai et complet est un acte conscient du psychisme entier. Mais il comprend aussi un important élément d'automatisme polygonal dont certains auteurs (Schopenhauer, Hartmann) ont exagéré l'importance, mais dont il serait puéril de nier l'existence. Plus l'amour est passion, plus il est polygonal et plus il est aveugle. C'est par cet élément polygonal qu'on peut expliquer le dualisme ou la multiplicité dans l'amour et beaucoup des complications sentimentales si bien analysées par Paul Bourget.

p. Actes psychiques relatifs à la vie familiale.

J'énumère les amours familiaux : l'amour conjugal, amour mutuel des fondateurs d'une famille ; l'amour paternel (ou maternel), filial et fraternel, amour mutuel des chefs d'une famille et de leurs enfants, normalement incompatible avec le premier et en général avec tout amour sexuel.

L'instinct et l'hérédité (innéité, voix du sangj sont certainement le point de départ principal de ces amours. Mais les services rendus dans la vie commune, dans l'éducation et la direction de la vie (tuteur, beau- père) peuvent, dans certains cas, intervenir puissamment dans leur production.

b. Tempéraments.

a. Suivant la force de l'amour, le type fort a une systématisation absolument unique (c'est Roméo ou Werther plutôt que don Juan) et une équilibration complète des éléments constitutifs de l'amour normal : il aime corps et âme, de tête et de cœur, « fort comme la mort » ou « plus fort que la mort ».

Les types faibles comprennent les sujets qui n'aiment pas, ne savent pas ou ne peuvent pas aimer (frigides), n'aiment pas à aimer et aussi ceux dont l'amour est déséquilibré, exagéré dans un de ses éléments et diminué dans les autres. Ainsi chez l'un prédomine l'élément physique (sensuel), chez un autre l'élément psychique supérieur (amour de tête, amour platonique) ou l'élément psychique inférieur (capricieux, impulsif, passionné).

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Suivant la prédominance plus ou moins grande de l'élément volitif, on est timide ou entreprenant, (les derniers peuvenl arriver à commettre des crimes passionnels.

Il j a aussi des types chastes. Les chastes, qu'il ne faut pas confondre avec les continents ou les abstinents, ne donnent pas satisfaction à leur instinct sexuel sans amour.

Enlin il y a des types physiologiques déviés, soit par la qualité de l'objet aimé (prêtre, médecin) soit par l'association de sentiments qui paraissent contradictoires comme la cruauté ou la haine. Ceci est déjà de la pathologie.

p. Suivant la force des amours familiaux, dans les types forts il faut classer les femmes, les mères-, et aussi les hommes à vocation d'éducateurs, ceux qui consacrent leur vie à gagner le pain et à assurer l'avenir de leurs enfants, à nourrir leurs vieux parents..., dans les types faibles sont les nomades, les déracinés qui fuient le foyer, individualistes, égoïstes.

c. Patliologie.

y.. Troubles des actes psychiques relatifs à la vie sexuelle.

1° Troubles hypo. Hypophilisme Anaphrodisie. Horreur sexuelle. — (le groupe comprend Fhypesthésie et l'anesthésie sexuelle, la misogynie, l'androphobie.

L'anesthésie génitale est dite frigidité quand elle est congénitale et étendue à la fois à l'acte sexuel et à l'acte psychique, impuissance quand elle est acquise (abus sexuels, maladies nerveuses organiques) et surtout quand elle est limitée à l'acte sexuel. L'horreur sexuelle est au contraire plutôt psychique, mais s'accompagne d'anesthésie sexuelle.

A ce même groupe on doit rattacher certains cas d'érotomanie ou amour platonique morbide. Ce sont bien des hypo : cérébraux antérieurs de Magnan.

Inversement le trouble hypo peut porter sur les phénomènes psychiques de l'amour, les diminuer ou les supprimer en exaltant les réflexes inférieurs de la sexualité. Ce sont les spinaux de Magnan.

2° Troubles para. Ffy pères thésie sexuelle, perversions sexuelles, inversion sexuelle. — Dans ce groupe on comprend : la précocité el la permanence morbides de l'instinct sexuel, iepriapisme,

le satyriasis, la nymphomanie, l'exhibitionnisme..., à un degré inférieur, l'obsession amoureuse.

Les pervertis {paraphili&me), dans lesquels nous retrouvons les exhibitionnistes, comprennent (Kral'ft Ebing) : les fétichistes qui ont besoin d'un objet étranger à la sphère génitale, les masochistes l qui ont besoin d'être humiliés et maltraités par l'objet aimé2, les sadiques2 qui ont besoin de torturer l'objet aimé.

On peut encore nommer ici la bestialité et la nécrophilie. Ces derniers types conduisent aux homosexuels ou invertis (Contrâre Sexualempfindung , uranisme, pédérastie, saphisme, androu \ nie — )

i. Troubles des actes psychiques relatifs à la vie familiale.

Seglas énumère ainsi les actes morbides concernant les relations affectives de l'individu avec la famille : 1° misogamie, misopédie, inadaptation aux obligations réciproques de la vie de famille ; 2° isolement, fugues et vagabondage, diminution ou perte des sentiments familiaux, exagération de ces mêmes sentiments, jalousie morbide, uxoricide, libéricide, suicide collectif.

1. Du nom de Sacher Masoch, le grand romancier galicien, qui était atteint île cette névrose. L'histoire médicale de cette maladie peut être bien établie aujourd'hui chez Fauteur par la Vénus en fourrure (Sacher Masoch était en même temps fétichiste) et par les mémoires de Mme Sacher Masoch que vient de publier le Mercure de France.

2. Au masochisme il faut rattacher la phobophilie de J. Roux.

3. Du nom du marquis (Comte) de Sade, Fauteur de Justine ou les malheurs </'■ /" verts.

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