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Résumé général et conclusions

il. — GÉNÉRALITÉS ET POSITION Dl' PROBLÈME.

Je déclare lout d'abord que ce chapitre ne se terminera pas par des conclusions fermes et définitives. C'est un chapitre d'attente destiné à indiquer un cadre et une méthode pour le remplir ultérieurement.

Une première question se pose; la réponse négative rendrai! inutile et impossible tout ce chapitre. Cette question es! la suivante :

a. Le psychisme est-il localisable dans le cerveau?

J'ai déjà dit (p. 7) qu'il ne s'agit nullement de savoir si on peut localiser V esprit ou Y âme. Il s'agit uniquement de savoir si on peut localiser quelque part les neurones qui, dans toutes les doctrines, servent au fonctionnement du psychisme, soit supérieur, soit inférieur. C'est une pure question de physiologie et de physiopalhologie, que l'on peut formuler ainsi : les neurones, dont l'intégrité est nécessaire pour le fonctionnement psychique, sont-ils localisés dans une région quelconque des centres nerveux ou sont-ils diffusés un peu partout?

A cette question la réponse actuelle pourra être oui ou non. Mais en tous cas on a le droit de la poser. Il ne faut pas dire avec Surbled que la localisation du psychisme est philosophiquement impossible, ni qualifier, avec Munk, ces recherches de Gedankenspiel... Scientifiquement, la question de la localisation des psychismes peut être posée et doit être étudiée. Les psychismes sont localisables. Reste à savoir s'ils sont localisés.

h. Comment doit être posé le problème; méthode anatomocl inique.

Un premier point est démontré : tous les neurones psychiques sont dans le cerveau et plus spécialement dans la substance grise qui forme Yécorce du cerveau (voir plus haut, p. 19). L'écorce cérébrale, tout entière, est psychique : on peut même définir les phénomènes psychiques par leur siège cortical.

Ceci, tout le monde l'admet. Munk lui-même, l'adversaire des localisations psychiques dit (excellemment d'après Brissaud et Souques) : « l'intelligence a son siège partout dans l'écorce cérébrale et nulle part en particulier ».

Flourens, dans ses expériences historiques sur le pigeon (expériences renouvelées chez les oiseaux par Schrader et par Munki et surtout Gollz, sur son chien décérébré et conservé pendant dix-huit mois, ont bien démontré expérimentalement le rôle de l'écorce dans le psychisme. « Après l'ablation de l'écorce, dit Moral, ce qui est à jamais perdu pour (l'animal), c'est le bénéfice des excitations antérieures, lentement emmagasinées et conservées par le cerveau, sous forme de ce qu'on appelle les images cérébrales, images persistantes des objets qui, en se superposant à leurs images présentes ou actuelles et s'associanl

entre elles de diverses façons dans diverses circonstances, finissent par leur attribuer une valeur symbolique c'est-à-dire synthétique. In coup df fouel arrachera tirs cris à l'animal, provoquera des réactions de défense; la vue du fouet ne lui fera aucune impression, parce qu'elle ne réveille plus l'image, le souvenir des sensations antérieures éprouvées du fait de ce môme objet. Non seulement la provision des excitations coordonnées sous forme de connaissances ou images complexes se trouve anéantie, mais l'aptitude à réacquérir des connaissances du même genre ne subsiste sensiblement plus. Pendant des mois, l'animal décérébré est retiré de sa cage au moment des repas et pendant des mois celte manipulation provoque sa fureur, parce qu'il est incapable d'établir une relation entre elle et le repas qu'il désire ou la faim qu'il subit. »

Mieux encore que toutes les expérimentations les plus perfectionnées, la clinique humaine de tous les jours démontre nettement que les neurones psychiques doivent être localisés dans Vécorce cérébrale.

Pour aller plus loin et préciser le détail de la localisation du psychisme dans l'écorce, il faut faire l'analyse psychologique de chaque cas clinique.

Celte analyse ne doit pas seulement porter sur les anciennes facultés et aboutir à décomposer le cas en troubles de la mémoire, troubles de l'attention, troubles de l'imagination, etc. Tous les neurones corticaux ont de la mémoire, font attention, imaginent. II ne faut donc pas chercher à localiser chacune des fonctions psychiques comme la mémoire, l'attention ou l'imagination.

Il faut prendre la question par un autre côté et diviser les fonctions psychiques en trois groupes :

1° Les fondions psychiques sensoriomotrices, fonctions de perception sensilive et sensorielle (sensations, images avec ou sans extension à des neurones plus éloignés émotions), fonctions de mémoire et d'association élémentaires de ces sensations et de ces images, fonctions d'expression volitive et de manifestation extérieure par la mimique, le langage el la molilité; fonctions psychiques de relations extérieures, soil de dehors en dedans, soil de

dedans en deliors:

i." Les fonctions psychiques Inconscientes et automatiques, qui constituent la plus grande partie du psychisme inférieur ou poly-

gonal (l'autre partie, moins importante, étant formée par les fonctions psychiques sensoriomotrices de notre 1°);

3° Les fonctions psychiques supérieures du centre 0, intelligence supérieure et faculté de penser abstraitement de Hitzig, Apperceptionscentrum de Wundt...

En partant de cette division, bien différente de celle en facultés d'autrefois, il est rationnel et possible de chercher à localiser dans une région corticale différente les centres de chacun de ces groupes de fonctions psychiques.

Au début de l'exposé de cette question il faut résumer d'abord les idées de Flechsig sur les centres d'association et les centres de projection.

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