‹ Introduction physiologique à l'étude de la philosophieChapitre 82 sur 143 · L'E.icéphale, 1907, mai. n · texte numérisé non relu

L'E.icéphale, 1907, mai. n

lesquelles par conséquent les limites de la lésion sont très exactement établies. Dans ces deux cas, au tableau de l'aphasie motrice pure correspondait nettement une lésion limitée du centre de Broca, avec intégrité de toute la zone de Wernicke, de la région lenticulaire et même des centres corticaux de l'articulation des mots (opercule rolandique). « Ces deux autopsies démontrent, dit-il, que l'aphasie motrice dite corticale ou de Broca peut être produite par une lésion limitée à la partie antérieure de la zone du langage, c'est-à-dire de la zone de Broca, sans participation aucune à la lésion primitive (ni à la surface ni dans la profondeur) de l'opercule .rolandique, des circonvolutions motrices, de la zone de Wernicke (corticalité temporale et substance blanche sousjacentc), des noyaux gris centraux. Elles démontrent qu'il existe dans le lobe frontal gauche une zone, la zone de Broca, dont la lésion détermine l'aphasie motrice et cela en dehors de toute altération du lobe temporal, des capsules interne et externe, des noyaux gris centraux et des circonvolutions motrices. »

y. De tout cela il résulte que les travaux de Pierre Marie ne renversent ni la doctrine des localisations cérébrales en général ni plus spécialement la doctrine de la localisation des centres du langage; ils complètent la manière de voir classique sur les aphasies psychosensorielles, en montrant leur fréquence plus grande dans toutes les aphasies et leur caractère très franchement et très nettement psychique ou intellectuel; ils montrent que pour le rôle du centre de Broca il ne faut pas considérer l'ère de la démonstration documentaire comme close, qu'il faut encore, avec tous les perfectionnements de la technique moderne, observer et publier les cas de nature à éclairer le débat, comme les deux dernières observations de Déjerine.

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