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FONCTIONNEMENT DE L'APPAREIL SEXSITIVOMOTEUR

a. Action de mobilisation : contraction du muscle agissant, allongement actif de l'antagoniste.

Le fonctionnement le plus simple de cet appareil nerveux est représenté par la contraction volontaire d'un muscle, comme le biceps, qui fléchit l'avant-bras sur le bras. De la région périrolandique de l'écorce cérébrale part l'ordre de flexion de l'avant-bras. Cette excitation centrifuge suit les voies indiquées, arrive au biceps du côté opposé et le fait contracter; le muscle se raccourcit et ses points d'attache se rapprochent : l'avantbras se lléchit sur le bras.

Ce n'est pas tout. En même temps que les muscles fléchisseurs se contractent et se raccourcissent, les antagonistes, muscles extenseurs, s'allongent et 5'' relâchent. Cet allongement de l'antagoniste .n'est pas mécanique et passif, mais bien véritablement actif. En même temps, du centre cortical, partent un ordre de raccourcissement de certains muscles et un ordre d'allongement d'autres muscles.

La chose a été bien démontrée cliniquement et expérimenta-

lement. Un malade a une paralysie complète du muscle droit interne qui, en se contractant, amène l'œil vers le nez; vous lui donne/, l'ordre d'amener volontairement cel œil vers le nez; il n'y parvient pas, mais, par ses efforts volontaires, il fait faire un certain mouvement à son œil et, de l'angle externe où il était fixé, il l'ainène jusqu'à la ligne médiane. Cel effet est obtenu par l'allongement, volontaire et actif, du muscle droit externe, antagoniste du muscle paralysé. Sherrington a fait la même démonstration chez le chien en remplaçant la volonté par l'excitation électrique d'un point de l'écorce.

Donc de chaque centre cortical part pour l'articulation correspondante une double action nerveuse, excitatrice et inhibitrice (Moral). Pour un même muscle le centre excitateur et le centre inhibiteur sont différents. Ici encore l'unité est faite, non par le muscle ni par le nerf, mais uniquement par la fonction (articulomotrice) et par le centre (cortical).

b. Action de stabilisation.

Pour analyser le phénomène complet du mouvement articulaire il faut prendre un exemple plus compliqué : le mouvement de flexion des cuisses sur le bassin ou de flexion du bassin sur les cuisses. Ces deux mouvements paraissent produits par le même mécanisme moteur : contraction avec raccourcissement des muscles lléchisseurs (psoas), relâchement avec allongement des muscles extenseurs (grand fessier).

En fait, le mouvement est cependant très différent, suivant que le sujet, couché, relève les cuisses sur le bassin ou se met sur son séant. Ces deux mouvements peuvent être cliniquement dissociés et différemment modifiés par la maladie. Un malade soulèvera bien les cuisses et ne pourra pas s'asseoir sur son lit; pour un autre, ce sera l'inverse. Il y a donc, en dehors du mécanisme commun aux deux mouvements, un autre élément qui varie suivant que le sujet soulève les cuisses ou soulève le bassin.

Cet élément de différenciation, c'est ['action motrice de stabilisation qui s'exerce sur l'un ou l'autre segment, suivant que l'on veut mobiliser l'autre ou l'un. Pour s'asseoir sur son lit, il ne sullil pas de raccourcir le psoas et d'allonger le grand fessier, il faut encore, et d'abord, fixer fortement l'entier membre inférieur sur le lit pour que le tronc se mobilise. Inversement,

si on veut soulever les membres inférieurs, il faut fixer le tronc et alors le même raccourcissement du psoasavec le même allongement du grand fessier soulèvera les deux cuisses au lieu de soulever le tronc.

Cette action de stabilisation s'exerce toujours sur un troisième groupe de muscles qui ne sont ni les muscles à contracter ni leurs antagonistes à allonger. Ce sont des muscles qui agissent sur des articulations autres que celle qu'on veut mouvoir.

Ainsi, si un sujet a de la peine à s'asseoir, on l'y aide en appuyant fortement sur ses genoux ou sur ses pieds, en fixant artificiellement ce membre inférieur que le sujet ne parvient pas à fixer volontairement. Gariel avait déjà remarqué que, dans ces cas de faiblesse, le sujet réussit à s'asseoir quand il peut, avec ses pieds, prendre un point d'appui contre les couvertures.

Donc, je pose comme une loi générale : pour chaque mouvement se passant dans une articulation A, en outre des innervations actives de raccourcissement et d'allongement sur les muscles qui meuvent cette articulation A, il y a une innervation de stabilisation ou de fixation qui s'exerce sur les muscles mouvant d'autres articulations voisines B, G 1...

c. Contraction stérile et force de situation fixe.

Cette action nerveuse de stabilisation diffère de l'autre action nerveuse motrice à un autre point de vue : par la nature et les résultats de cette contraction même. Tandis que les premières actions motrices (de mobilisation) amènent des changements dans la longueur du muscle (raccourcissement ou allongement) et par suite le déplacement de certains segments du corps, l'action motrice de stabilisation apparaît comme stérile au point de vue de l'effet visible et n'entraîne aucun déplacement des segments du corps, ne produisant ni raccourcissement ni allonment des muscles.

Voilà une nouvelle notion physiologique importante : l'action nerveuse motrice produit dausles muscles deux espèces de contraction : contraction avec déplacement, du segment sur lequel ces muscles agissent ; contraction sans déplacement du segment sur lequel ils agissent. Le tableau suivant applique celle loi à l'acte de s'asseoir.

1. Et par suite relâchemenl corrélatif des muscles fixateurs du segmenta

mobiliser.

TABLEAU V Les diverses actions motrices dans l'acte de s'asseoir.

CONTIIAC.I IIIN i HEM1 NT

Kxtenseurs de la cuisse sur Le bassin

Avec changement dans la lon-fFléchisseurs de la( > gêneur du muscle action de] cuisse sur le bas-] 1 mobilisation . ( sin. '

j.S(ins cbangemenl dans la Lon-fMuscles du genouf Extenseurs du thorax gueur du muscle (action de] et du cou-de-pied.] sur le bassin.

stabilisation). ( (

Cette action de contraction stérile, cette fixation active, peut être le luit même de l'impulsion corticale : on peut volontairement immobiliser un muscle à tous ses degrés de longueur; et cela avec une certaine force. C'est cette action qu'exerçait énergiquement Milon de Crotone quand, sans écraser une orange ou une grenade qu'il tenait dans une main, il immobilisait ses doigts sur le fruit avec une force telle que plusieurs hommes réunis ne pouvaient lui ouvrir la main. C'est ce que Barthez a appelé : force de situation fixe '.

d. Action motrice automatique. Tonus.

Il parait contradictoire dans les termes de dire qu'il y a une action motrice dans le muscle à Vétat de repos. C'est cependant la vérité : dans le muscle au repos il y a un certain degré d'activité motrice automatique qui constitue le tonus.

C'est par le tonus que le muscle au repos diffère du muscle paralysé. L'équilibre au repos (comme nous le venons au chapitre suivant) est la résultante du tonus des différents muscles. Quand un muscle est paralysé, le tonus de l'antagoniste, qui n'est plus équilibré et compensé, déplace le segment du corps et crée une attitude. Dans le mouvement les muscles qui ne participent pas à la production du mouvement sont en étal de tonus.

Le tonus est automatique ou réflexe. On l'a considéré comme un réflexe médullaire. Ceci est exact, mais trop étroit. De môme, Crocq a considéré comme exclusivement cortical le centre du tonus; c'est également trop étroit. En réalité9, l'appareil ner veux du tonus est formé de trois étages de centres, relies entre eux et avec la périphérie par des voies centripètes et des voies

centrifuges : 1° \\\\ élace inédullobiilbaiie (cellules des cornes

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