NAPOLEON
TouJoiTBS lai ! lai partoat ; — oa brûlante ou glacée.
Son image sans cesse ébranle ma penséa
Il yerse à mon esprit le souffle créatear I Je tremble, et dans ma boache abondent les paroles, 5 Qaand son nom gigantesque, entouré d^auréoles. Se dresse dans mon vers de toute sa hauteur.
lia, je le vois guidant l'obus aux bonds rapides ; Là, massacrant le peuple au nom des r^icides ; Là, soldat, aux tribuns arrachant leurs pouvoirs ; lo Là, consul jeune et fier, amaigri par les veilles. Pâle sous ses longs cheveux noirs.
Pais empereur paissant, dont la tête s'incline. Gouvernant un combat du haut de la colline.
Promettant une étoile à ses soldats joyeux, 15 Faisant signe aux canons qui vomissent des flammes. De son âme à la guerre armant six cent mille âmes.
Grave et serein, avec un éclair dans les yeux.
Pais pauvre prisonnier, qu'on raille et qu'on tourmente, Croisant ses bras oisifs sur son sein qui fermente, 90 En proie aux geôliers vils comme un vil criminel. Vaincu, chauve, courbant son front noir de nuages. Promenant sur un roc où passent les orages Sa pensée, orage éternel.
178 LECTUBES EBANÇ AISES.
Qa^l est grand à cette heure ou^ prêt à voir Dieu
môme.
Son œil qni s'éteint roule une larme suprême I
Il évoque à sa mort sa vieille armée en deuil^ 8e plaint ft ses guerriers d'expirer solitaire. Et, prenant pour linceul son manteau militaire, 5
Du lit du camp passe au cercueil I
Tu domines notre âge ; ange ou démon, qu'importe I Ton aigle dans son vol, haletante, nous emporte.
L'œil même qui te fuit te retrouve partent.
Toujours dans nos tableaux tu jettes ta grande om- lo
bre.
Toujours Napoléon, éblonissant ou sombre.
Sur le seuil du siècle est debout.