L'Annonce faite à Marie, acte IV. scène v
Mara et Violaine! C'est la Tragédie intérieure de nos âmes que développe Claudel en mettant aux prises cette douceur et cette révolte, car la diversité qui les oppose est une apparence qui les déguise, et l'une et l'autre incarnent ou les plans différents ou les moments transformables d'une même et riche dialectique. Superficielle ou profonde, l'attitude de l'ironiste ou celle de l'enthousiaste révèle toujours un même désir et libère toujours une même passion. Celle qui tue dans la haine parce que la douceur lui a volé l'amour réalisera, mieux instruite par son crime, l'amour dans la douceur qui doit abolir jusqu'à la mémoire de la haine'. Kl nous fûmes injustes envers l'ironie lorsque nous la reléguions à la surface de l'être et du désir, car elle est mieux qu'un masque, et son destin n'est pas de transposer en comédie le tragique de l'existence. Elle-même est source de tragique, parce qu'elle est principe de révolte, et qu'elle réside au cœur de l'être, immanente à la passio^n, identique à 1 enthousiasme, qui nous fait vivre. Quelle naïveté sincère et quelle flamme ardente eu cctlo ironie enfanliiic, doul la candeur nous bravt^ et nous blesse! VA (pielle ingénuité, si parfaite (ju'clle en esl iiiconsciente, mais aussi (jiiel mépris des résistances iuerles dans celle intuie de la