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VIII. — Citons enfin les INVAGINATIONS PROLABÉES

I s’agit là plus d’un prolapsus total que d’une invagination proprement dite.

Le diagnostic de l’invagination est particulièrement difficile chez l’adulte; sa symptomatologie, comme nous l’avons vu ,est extrêmement variable et aucun signe bien net, sauf la tumeur lorsqu’elle se présente avec ses caractères particuliers, ne met bien souvent sur la voie du diagnostic. L'apparition d’une douleur abdominale vive, accompagnée de vomissements, fait tout d’abord penser, vu son extrême fréquence, à :

L’appendicite, d'autant plus que bien souvent le maximum de la douleur siège à droite. Mais fait capital, dans l’invagination, la douleur est intermittente, et pendant les rémissions le ventre est parfaitement souple. En outre, il n’y a pas d’élévation thermique, pas de signes infectieux. L’erreur de diagnostic est peu grave toutefois, puisque dans les deux cas, il faut intervenir d’urgence et la correction de visu suivra, Si On à soin d’explorer l’iléon; cette exploration est d’autant plus à conseiller que l’appendice paraît sain. Nombreux ont été ainsi les diagnostics rectifiés. C’est pour avoir exploré « systématiquement » la terminaison de l’iléon, comme il le fait toujours, que

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Boppe a pu reconnaître, opérer et guérir une invagination alors que les signes cliniques l’avaient orienté vers le diagnostic d’appendicite.

— Lorsque le siège de la douleur est assez haut placé, on pense bien souvent chez l’adulte à une perforation d’ulcus, la perforation pouvant apparaître comme premier signe de l’ulcère.

Au bout de quelques heures, et après plusieurs examens, le diagnostic d’occlusion intestinale s’impose dans la majorité des cas. Reste à en connaître la

cause |

On pense avant tout au voivulus d’autant plus facilement qu’on perçoit une tumeur siégeant en un point quelconque de l’abdomen, soit volvulus cœcal ou sigmoïdien, soit encore volvulus du grêle si la tumeur est para-ombilicale.

Etant assuré qu'il ne s’agit ni de volvulus, ni de torsion d’une anse, ni de brides, ni de coudure, il ne faudra pas refermer sans avoir bien vérifié tout l'intestin grêle portion par portion.

— Le diagnostic avec la pancréatite hémorragique peut soulever de grandes difficultés. Mais là, l’état général est plus rapidement atteint, les douleurs vives sont continues, non entrecoupées de rémissions ; enfin, fait capital, ces douleurs ne sont nullement calmées par la morphine.

— Une tumeur bas située, perceptible par le toucher vaginal, pourrait faire penser à un kyste de l’ovaire tordu.

Toutes ces erreurs de diagnostic ne comportent en

général qu’une faible gravité, ear le seul traitement

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qui s’impose est l'intervention chirurgicale imimédiate, qui viendra souvent relever un diagnostic parfois porté après un examen trop superficiel.

Mais où le doute comporte de plus grands risques, c’est lorsqu'il s’agit de discerner une affection pour laquelle on doit temporiser de celle pue laquelle on doit intervenir.

Ainsi ont été portés après un premier et rapide examen des diagnostics de colique hépatique, néphrétique, de péritonite tuberculeuse, voir même de dysenteries pour des troubles déterminés par une invagination intestinale.

— Chez un malade antérieurement gastro-entérostomisé, 1l ne faudra pas porter le diagnostic d’ulcus peptique, ou d’occlusion par brides cicatricielles, sans avoir songé à l’invagination, que la tumeur perçue à l’épigastre viendra confirmer.

— De nombreuses discussions se sont élevées au sujet de la localisation du siège de l’invagination. De toutes celles-ci il semble que l’on puisse retenir que les vomissements précoces, les vomissements teintés de sang révèlent une invagination haut située.

En outre, les vomissements sanglants seraient consécutifs 12 plus souvent à une invagination de la partie initiale du jejunum.

La perception d’une tumeur plaiderait en faveur d’une invagination portant sur le gros intestin :

— soit tumeur transversale correspondant au côlon transverse ;

— soit tumeur coudée, correspondant à l’angle splénique, ou sous-hépatique.

Les signes fournis par le toucher rectai ne seront évidents que dans les invaginations basses ou à longue progression.

— Tant qu’à différencier une forme iléo-colique d’une forme iléo-cœcale ou colo-colique, cette recherche serait illusoire, car à l'intervention il sera parfois bien difficile de faire cette localisation d’une façon précise.

Le diagnostic de l’invagination est donc, comme on le voit, particulièrement difficile. Il faut savoir y penser. On devra toujours répéter les examens à intervalles rapprochés, particulièrement si un doute persiste.

Certains auteurs, devant la difficulté du diagnostic, ont voulu s’aider des résultats fournis par la radiographie faite après lavement baryté.

EXAMEN RADIOLOGIQUE APRES LAVEMENT BARYTE

Les premières radiographies pour invagination ont été faites par Lehmann, en 1914, chez des adultes. A cette date, ces examens étaient pratiqués comme moyens de contrôle de réduction par les quelques défenseurs des méthodes dites « médicales ». On a été conduit plus tard à voir cet examen sous écran qui n'était tout d’abord qu’un moyen de contrôle d’une

méthode thérapeutique devenir un véritable moyen de diagnostic.

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