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PRISE DE MONTRÉAL

Quelques jours après que M. Montgomery eût fait passer les troupes qu'il avoit fait prisonniers à St. Jean en la Nouvelle-Angleterre, il vint camper avec sa petite armée au fort de Laprairie de la Magdelaine, — Le Général Guy Garleton alors fit enclouer les canons qui étoient sur la citadelle de la ville de Montréal, renvoya les habitants de la campagne chacun chez eux, ainsi que les Sauvages, fit bûcher les bateaux et fit charger à bord des vaisseaux toutes les munitions, vivres, bagage, &c.

Le lie novembre, sur les dix heures du matin, les Bas- n novembre, tonnois commencèrent à traverser dans l'ile St. Paul,- à la distance d'une lieue de Montréal— et, le même jour, sur les cinq heures du soir, le Général s'embarqua, avec environ 130 hommes de troupes et plusieurs officiers, dans les navires — il y en avoit trois d'armés en guerre — et partirent pour Québec — Plusieurs personnes furent accompagner le Général jusqu'au bord de l'eau. Go départ avoit l'air d'un enterrement des plus tristes — Alors la ville resta avec ses citoyens sans aucune ressource, et, pour comble de malheur, les Bastonnois qui étoient dans la ville se montrèrent ouvertement et laissèrent leurs fusils en disant, qu'il y avoit assez longtemps qu'ils faisoient la grimace. Les habitants des faubourgs ne voulurent point entrer dans la ville, l'on f(3rnia his portes, et tous les

bons sujets restèrent sons les armes. Le soir même, Haywood, associé cle James Priée, avec nn nommé Minson sortirent de la ville pai une embrâsnre où Bindon étoit en faction, pour aller trouver les Bastonnois dans l'île St. Paul et leur apprendre la position où étoit la ville. 12 novembre. Le lendemain, qul étoit le Dimanche, à neuf heures du matin, on vit les Bastonnois traverser de l'Ile St Paul à la Pointe St. Charles, à deux milles de Montréal, — Les citoyens de la ville s'assemblèrent incontinent, et envoyèrent quatre députés audevant de M. Montgomery, qui étoit à la tète d'environ trois à quatre cents hommes, pour lui demander quel étoit son dessein de venir armé comme il étoit, — Il fit réponse qu'il venoit en ami et donnoit quatre heures pour dresser les articles de la capitulation—Les députés luy répondirent de ne point approcher de la ville ; il répliqua que son monde avoit beaucoup de froid, et il envoya à lïnstant 50 hommes dans le faubourg des Récollets. La capitulation fut dressée et les députés de la ville la portèrent à M. Montgomery, qui dit qu'il l'examineroit et que, sous peu, il enverroit la réponse. A quatre heures après-midi, les Bastonnois s'avancèrent jusque dans le faubourg des Récollets et se cantonnèrent dans les maisons. Toute la ville fut en agitation : quelques-uns vouloient tirer sur les Bastonnois, mais les plus prudents en empêchèrent. D'ailleurs, les habitants des faubourgs avoient été audevant d'eux à la Pointe St. Charles et on les savoit mal disposés. Il ne restoit dans la ville qu'environ trois à quatre cents citoyens, sans vivres ni munitions. A sept heures du soir M. Montgomery envoya trois députés en ville, dont James Price étoit du nombre. Quoique citoyen de la ville et que sa femme y fût encore, il fit tous ses efforts pour empêcher l'effet de la capitulation et la rendre la plus dure qu'il lui étoit possible. Le débat dura jusqu'à minuit, sans s'arranger, et les députés de la ville furent obligés d'aller trouver M. ]Vk)ntgomery, qui étoit dans le faubourg des Récollets, qui signa le traité : mais, avant

de le signer, il dit aux députés que M. St. Luc Lacorne n'étoit point compris dans cette capitulation ; car après avoir fait la paix avec lui il l'avoit trahi.

" Articles de Capitulation faits et accordés entre Ri- p;,^,";'''^*"'" chard Montgomery, Ecuyer, Brigadier-Général de l'armée du continent, et les Citoyens et Habitants de la Ville de Montréal, représentés par les soussignés John Porteous, Pierre Panet, John Blake, Pierre Mezière, James Finlay, St. George Dupré, James McGill, Louis Carignant, Richard Huntly, François Malhiot, Edward "Wm. Gray et Pierre Guy, dûment élus à cet effet.

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