oclobre
20 octobre.
Le six s'est passé sans qu'il y eut rien d'extraordinaire.
Le neuf d'octobre, M. Makaye fut envoyé avec M. Monnin et vingt volontaires canadiens à la découverte au camp de M. Montgomery, pour faire quelques prisonniers — Ils rencontrèrent une découverte de huit hommes ennemis — Il y eut un petit combat dans lequel quelques Bastonnois furent tués et un fait prisonnier, lequel rapporta que les déserteurs sortis de nos forts le 27 septembre et le 7 du présent mois étoient prisonniers au camp de l'ennemi — Il assura qu'il [n']y avoit en tout que mille Bastonnois dans leurs différents camps — y compris ceux qui étoient répandus dans les campagnes du sud — avec quelques Canadiens — et aux retranchements près la maison de M. Hazen. Le Major Preston fit sortir du fort dans la nuit M. Richerville et le S^ Leduc, pour aller à Montréal chargés d'une lettre pour donner avis au Général Guy Carie ton de la position où étoit le fort S^ Jean.
L'ennemi — le dix — canonna beaucoup et fit partir dixueuf bateaux — chargés de malades au nombie de deux cents avec un colonel, pour la Grande-Pointe.
Depuis le dix jusqu'au quatorze, il ne se passa rien d'extraordinaire — sinon beaucoup de feu d'artillerie tiré de part et d'autre, — M. Freeman, lieutenant du septième régiment, reçut un boulet de canon dans le dos — qui retendit mort par terre au milieu de la cour.
Depuis le quatorze jusqu'au dix-sept, le feu continua de part et d'autre et les maisons de notre fort furent beaucoup endommagées. Messieurs Robertson, Rainville et Antoine Dupré partirent le dix-sept dans la nuit, pour porter des lettres au Général Guy Carleton.
Le vingt, M. Montgomery envoya au fort un officier accompagné d'un tambour — pour apprendre au Major Preston que. le dix-huit du présent mois, le fort Chambly s'étoit rendu à l'ennemi après un jour et demy de siège, et qu'il a voit été assiégé le premier jour avec un seul canon et la demy journée avec deux et qu'ils avoient pris dans le fort treize mille trois cents livres de poudre,
cent cinquante quarts de farine et les drapeaux des régiments qui étoient à St. Jean, sans qu'il y eût personne de tué ny blessé de part ny d'autre — ce qui est bien extraordinaire — d'autant plus que le fort n'avoit point été endommagé — Le commandant du fort Chambly fit prier le Major Preston de laisser passer devant le fort 10 bateaux pour le transport ^ de la garnison et des femmes et enfants qui étoient prisonniers, ce qui luy fut accordé à condition que ces bateaux côtoyeroient la côte du sud. Il y avoit dans le fort de Chambly lorsqu'il s'est rendu dix pierriers, cinq mortiers, deux canons.de quatre, trois cents bombes, — On ne sçait pourquoi le commandant s'est rendu sans faire une plus grande résistance ^
Ce môme jour, M. Lacorne — officier canadien — mourut à quatre heures et demie '. On diminua nos rations à une demie livre de pain et un quartron de lard par jour.
Le vingt-neuf octobre, Messieurs Makaye et Monnin 29 octobr avec vingt volontaires sortirent du fort, au petit jour pour aller à la découverte au camp de l'ennemi. Ils firent un prisonnier qui rapporta que le Général Guy Carloton avoit voulu faire une descente à Longueuil,
I du bagage {Ms. N" I.)
i Voir Notes et pièces juslificalives, LXXVIII.
."} Voir Noies et pièces juslifiradves, LXXIX.
Oct. 29. I woiil in tho evening with 200 men, and completed a battcry williiri 250 yards of tlu; fort. The fort kept a continuai fire \ilion us ail niglit.
Oct. 30. Four guns and six mortars were mounted in the baltery.
Oct. 31. The army busily eniployed in preparing for a cannonade, and an assauU if nocessary. This rlay \vo rocoivpil nows thaï 700 of our mon, m-ar Longue ricci, aboul riglitoon niili's froni hcncc, Iiad rcpnlsod Govcniur Carlctoii, wlio intcndcd to raisp llie sirgp of St. Jolin's, with HOO men. Our Green Mountain Boys did this i)usinoss. Tho Govcmor losl 25 men killed, and 50 wounded, bcsides soveral prisotiors, among whom aro two Indians. Carloton retrcatcd to Montréal.
mais qu'il avoit été repoussé et que M. Montgomeiy espéroit — par le moyeu des secours des vivres, munitions et artillerie qu"il avoit trouvés dans le fort Chambly — prendre les forts de St. Jôan sons peu. 1er novembre. . Le feu coulinua toujours de part et d'autre à l'ordinaire, mais le 1«" novembre à 9 heures du matin, l'enuemi découvrit une nouvelle batterie qui avoit été masquée jusqu'alors — faite en bas de nos forts — et commencèrent un feu des plus violents, lequel dura sans relâche jusqu'à quatre heures après-midy. Il fut tiré par l'ennemi huit cent quarante coups de canon et cent vingt bombes — Pendant ce feu, il y eut plusieurs personnes de blessés, après quoi M. Montgomery envoya aux forts un parlementaire, avec le nommé Lacoste — perruquier à Montréal qui fut fait prisonnier dans l'affaire de Longueuil — avec une lettre adressée au Major Preston conçue ei: ces termes :
" Monsieur,
" C'est avec le plus grand regret du monde que je vois une troupe aussy vaillante et de si bons patriotes si obstinés à répandre leur sang et à défendre une place qui n'est point soutenable par aucun endroit. J'ai appris par un de vos déserteurs que vous perdiez vos munitions et vos instruments de guerre, — une telle conduite pourroit me forcer dans la suite à jurer devant mon armée que je serois excusable des extrémités auxquelles se pour-
Nov. I. Our giin and iiiortar battery on tliis side, and the four gun batlerios on the East side, kepl an incessant fire ail day on the garrison, Ihe garrison kept up a very brisk fire. In the evening General Montgomery sent a fin g into thè fort, with a lettcr to Major Pre?lon, by one of the jM-isoners taken at Longue Geel, infurniing liim of Carleton"s defeat, and Ihal he had now no longer any reason to flatter himself willi relief froni Ihat (-[uarler, and that thereibre to prevent the farther elTusion of blood, which a fraitless and obstinate defence would cause, he recommended to him a surrender of the fort. Major Preston, in return to General Montgomury's letter, sent Capt. Stuart of the 20th, with a druni into our camp, that the General shonld hâve a full answer to his letter in the morning, that in the mean time hostililies should cease on both sides.
DES BASTONNOIS ExN CANADA. 77
roienl porter mes soldats — Faites je vous prie vos réflexions à ce sujet."
' Le capitaine Stron retourna avec le parlementaire, pour demander une suspension d'armes jusqu'au lendemain à midy.
Le deux de novembre, le capitaine William — de l'artil- 2 novemure. lerie, — fut au camp ennemi avec des propositions de capitulation et revint trois heures après, — M. André — Lieutenant du 7e régiment, — fut à la barque de l'ennemi, avec la permission de M. Monlgomery — accompagné d'un tambour — pour savoir du S'' J. B'e Despins — qui avoit été fait prisonnier aussy à Longueuil — si ce que Lacoste avoit dit au Major Preston étoit vray, & la suspension d'armes fut continuée toute la journée, et le soir, le Major Preston signa la capitulation avec M. Montgomery ^ Il fut accordé que quelques officiers iroientà Montréal pour chercher quelques hardes et linges pour les prisonniers, — En conséquence quelques officiers des troupes avec Messieurs J. B. Hervieux et la Magdelaine partirent pour cet elfe t.
Le trois, à dix heures du matin, on fit rendre les armes 3 novenjUre aux, troupes et aux Canadiens qui avoient été pris dans les deux lorts, devant deux compagnies de Bastonnois, —
1 Voir Noies ri pires Juslificalives, LXXX.
Nov. 1. Capl. Slewarl ainl Capt. Williams, of llio Train, came ahout eighl o'clock iii lliij mor^Mn^^ wiUi a dai;' iiiUi onr cr.inp, willi an answor from MajDi' Pi'islon lo GiMioral Munlgoni'.'ry's loUcr of yi'slenlay, rof[uo5Uiig of Uio General to wail four ilays, lo see wln-llier no irlicf could oonie lo llifi garrison in Uiat linin, if nol, liial llien tiii-y wonifl riKike |)roj)osals for a sinriMulor. Tlie General relurnod in answer, Ihat fi'oMi llie ailvanced season of llie year, lie could not pfive Un? garrison llii! lime il n;iiuesled, ami ttial lliey unisl iuunediately surn-mler prisoni'rs of war, ollierwise llial if any falal couse(|uences i-lionld ensue, from llieir m ediess defcnce in llu^ weak stalo lliey wcro in, lliey nuisl cliar;^'!' UiiMUselves willi il.
Tlie Gi'urral also rcfi'rred lln'm for llio Iriilli of Carleliin's defeal, to anollier |)risoner on hoard ofonrsloo|i, wliom lliey niiglil liavn access lo examin(! ; and liiat wlieuever tln-y eliose lo rcnew iinslililies, lliey sliould give a signal, hy liriiig a oannon willioiil liall. In Ihe evening llie ubove genllenifin reUirned inlu uur camp, from llio forl, willi llio arliclos of capilulalioii.
cependant le Général Montgomery laissa les épées aux officiers.
Pendant le siège de St. Jean, qui a duré quarante-cinq' jours, il n'y a eu que quatorze hommes de tués et morts de leurs blessures, dix-sept ou dix-huit d'estropiés et bras coupés et environ soixante de blessés légèrement.