AU PEUPLE DU CANADA
'•'• Amis et Frèt-es,
" La conteste dénaturée entre la colonie américaine et " la Grande Bretagne est arrivée au point que les armes "seules peuvent la décider — Les colonies se fiant à la " justice de leur cause et à la pureté de leurs intentions — '■'■ sont obligées de s'adresser à cet Etre qui règle tous les '' événements humains — Jusques ici, il a béni leurs ver- " tueux efforts, la main de la tyrannie est arrêtée dans le " cours de ses ravages, et les armes britanniques qui ont " brillé avec tant d'éclat dans toutes les parties du monde " sont ternies, disgraciées et frustrées, des généraux de " de lapins haute expérience et qui se sont vantés de '' subjuguer ce grand continent se trouvent resserrés en- " trc les murailles d'une seule ville et de ses faubourgs, '' souflVent toute la honte et la détresse d'un siégo, tandis '' que les enfants de l'Américiue animés par l'amour de " la patrie et le principe de la liberté générale s'unissent " de plus en plus chaque jour — se perfectionnent en dis-
'• cipline, repoussent avec courage les attaques et mépri " sent tous les dangers, — Nous nous réjouissons surtout '' que nos ennemis [se] sont trompés à votre égard, — '' Ils se sont flattés — ils ont osé dire que les peuples du '' Canada ne furent nullement capables de distinguer en- " tre les douceurs de la liberté et les misères de la servi- "• tude,— qu'on n'auroit qu'à flatter la vanité d'un petit "• nombre de votre noblesse pour éblouir les yeux des " Canadiens. Ils ont cru par cet artifice, vous rendre '■'• faciles à toutes leurs vues. — Mais ils se sont heureuse- ^ ment trompés, — Au lieu de trouver en vous cette bas- '• sesse d'âme, et pauvreté d'esprit, ils voyent avec un ^ chagrin égal à notre joie que vous êtes hommes éclai- *•' rés, généreux, et vertueux, que vous ne voulez ny re- " noncer à vos propres droits, uy servir en instrument '•'■ pour en priver les autj'es.
"• Venez donc, mes chers confrères, unissons-nous dans "• un nœud indissoluble, courons ensemble au même but "• — Nous avons pris les armes en défense de nos biens, '■'• de notre liberté, de nos femmes et de nos enfants — " Nous sommes déterminés de les conserver ou de mou- " rir — Nous regardons avec plaisir ce jour peu éloigné '■• (comme nous l'espérons) quand tous les habitants de " l'Amérique auront le même sentiment et goûteront les " douceurs d'un gouvernement libre.
'• Incité par ce motif et encouragé par l'avis de plu- "• sieurs amis de la liberté chez vous — le grand Congrès '•• américain a fait entrer dans votre province un corps de " troupes sous les ordres du Général Schuyler, non à '' piller mais à protéger, pour animer et mettre en action " les sentiments libéraux que vous avez fait voir et que " les agents du despotisme s'efforcent d'éteindre par tout " le monde — Pour aider à ce dessein et pour renverser '■'■ le projet horrible d'ensanglanter nos frontières par le *•' carnage des femmes et des enfants — ^j'ai fait marcher le " Sieur Arnold Colonel avec un corps de l'armée sous "• mes ordres pour le Canada — Il [lui] est enjoint — et je
" suis certain qu'il se conformera à ses instructions — de '' se considérer et agir en tout comme dans le pays de ses " patrons et meilleurs amis. Les nécessaires et muni- " lions de toutes sortes que vous luy fournirez, il recevra '•• avec reconnoissance et en payera la pleine valeur, — Je '•' vous supplie donc — comme amis et frères — de pourvoir "• à tous ses besoins, et je vous garantis ma foy et mou '■'• honneur pour une bonne et ample récompense — aussy " bien que votre sûreté et repos.
'' Que personne n'abandonne sa maison à son approche '' — que personne ne s'enfuye — la cause de la liberté et de " l'Amérique est la cause de tous vertueux citoyens améri- " cains — quelle que soit sa religion, quel que soit le sang " dont il lire son origine,— Les colonies unies ignorent " ce que c'est que la distinction hors celle-là que corrup- " tion et l'esclavage peuvent produire.
" Allons donc, chers et généreux citoyens — rangez-vous "■ sous l'étendard de la liberté générale que toute la force " et l'artifice de la tyrannie ne soient jamais capables "• d'ébranler.
G. Washington.
Cette lettre ne produisit point l'effet que les Baslonnois Lettre sh.is eten altendoient, car les habitants du Canada restèrent dTens^murîmi'-"' tranquilles, au contraire, il leur déplaisoil fort de voir relîene*^;"'*'"'*''''' les Baslonnois dans leur province — ce qui les faisoit murmurer,— Cependant il s'en trouvoit quelques-uns dans le nombre qui paraissoiont affectionnés aux Baslonnois, surtout ceux qui avoient de mauvaises affaires et qui étoient menacés par leurs créanciers — qui espéroientque le chan- .gement de gouvernement raccommoderoit icuis affaires. Cependant les B;istonnois— rjui connoissoieut his uiauvais(?s dispositions (les habitants à ItMir l'gai'd, clK^rchoitMit les moyens par leurs {liscussions de les cnlrctenii' dans la nnutralité, de crainte (]ue les Canadiens vinssent à prendre les armes contre eux — et mr'ine le 22 du mois le dé- 22 (i««.ciiii,re. <'embre le S"" David Wooster — (|ui coinniandoitles Baston-
AValker et les habitants de l'Assomption.
Canadien:
persécutés.
nois à Montréal — envoya chercher les chefs des Sauvages iroquois du Sault S^ Louis pour les prier de tenir la neutralité qu'ils leur avoient promise et môme payée, et leur dit— que s'il arrivoit que les Bastonnois voulussent s'en retourner — de ne point leur barrer le chemin, — Les Sau* vages luy promirent tout ce qu'il voulut, car alors les Bastonnois désespéroient de pouvoir prendre la ville de Québec et ils pensoient qu'ils seroient obligés de retourner chez eux.
Quelque temps après que Thomas Walker fût de retour à Montréal — ayant été mis en liberté par la prise des onze navires — quelques habitants de l'Assomption envoyèrent des députés pour le complimenter sur sa délivrance, et l'inviter à les aller voir. Walker leur promit et leur fixa le jour. — Aussitôt les habitants firent couper un may et le planter à l'endroit où Walker devoit arriver dans leur paroisse — et mirent au pied une quantité de bois pour faire un feu de joie, — Le jour et l'heure fixés que Thomas Walker devoit arriver — ils mirent le feu au bûcher et commencèrent à boire, — Etant yvres ils virent un ruban qu'ils avoient mis au bout ^ du may qui n'a voit point brûlé, ils crièrent miracle^ coupèrent le may et portèrent le ruban dans l'église de l'Assomption — au grand scandale de toute la paroisse,— Mais Walker n'y fut pas ce jour-là, il n'y fut que quelques jours après — avec quelques Bastonnois pour engager les pai'tisans de Walker à prendre les armes pour aller à Québec secourir les Bastonnois qui ne faisoient aucun progrès, mais aucun des habitants ne voulut marcher — au contraire ils restèrent chez eux tranquillement.
Les Bastonnois persécutèrent plusieurs citoyens de Montréal— et envoyèrent plusieurs personnes affectionnées au service du Roy prisonniers dans les colonies. Walker retourna à l'Assomption avec Jacques Price pour désarmer les habitants parce qu'ils ne vouloient point
1 Au haut. {Ms. N" I.
prendre les armes pour les Bastonnois, mais ils n'ûtèrent les fusils qu'à trois ou quatre personnes, les autres les ayant cachés.
Les habitants de la Pointe-Glaire, S'e Geneviève, du Sault-au-Récollet et de quelques autres paroisses portèrent des plaintes au Sieur Wooster — qui commandoit les Bastonnois à Montréal — contre leurs capitaines de milice qui furent casés avec injustice — parce que les capitaines vouloient les tenir dans les bornes de la subordination.
Après que les Bastonnois qui avoient voulu entrera .lauviermB.
^ \ ,, .,, ,, ,oi Woosler fait ilé-
Quebec par la b;isse-ville eurent manque leur coup le 3le siumcr quelques
r-v ' 1 1 t-ii-rr i il f» ■< citOVeilS.
Décembre 1775, et que la nouvelle en tut parvenue a Montréal — le Sieur Wooster envoya à l'instant le major de la place de Montréal avec vingt cinq ou trente soldats bastonnois pour désarmer MM. Pierre Panet, Simon Sanguinet, Edward William Gray, Christophe Sanguinet, S' Disier' Joseph Sanguinet, Laurent Ermatinger, S^ George Dupré et deux autres personnes qui étoient reconnues pour de bons royalistes, à qui les Bastonnois ne cherchoient que les moyens de les trouver en faute pour les envoyer prisonniers dans leurs colonies. Les Bastonnois nommoient les royalistes Torys — comme soutenant avez zèle le parti du Roy, et les Bastonnois s'appeloiont Whigs comme défendant avec zèle la liberté, — les doux partis étoient entièrement opposés l'un à l'autre — et môme dans les familles où. les sentiments étoient partagés, il y avoit une auimosité extraordinaire qui leur causoit souvent de grandes disputes — au point de se battre entre eux, — L'on voyoit les pères et les enfants en divorce.
Le seize de janvier 1776 — le Sieur Wooster envoya le janvier, chercher MM. Hertel de Rouville et Edward William Gray pour les envoyer prisonniers dans la Nouvelle-An- Ddmnrphesiies glelerre. Les citoyens de Montréal s'assemblèrent et Mon,7t<ni''couire furent chez le Sieur Wooster pour luy représenter que I" {'vf,'^gJer°"* <'ette démarche étoit contre le traite fait avec M'" Mont-
I Dixior (Ms. N" I). 11 si^juait .S7. Dizier.
gomery. Alors il promit qu'il laisseroit les citoyens tranquilles, quoiqu'il eût fait faire une liste de soixante-quatre citoyens pour les envoyer prisonniers dans les colonies, — Le même jour, il envoya désarmer les trois faubourgs de Montréal qui se repentoient des démarches indiscrètes qu'ils avoient faites en faveur des Bastonnois et de la lettre qu'ils avoient écrite.
Les Bastonnois perdant tout espoir de prendre Québec et craignant que les habitants des campagnes prirent les armes contre eux — ainsy qu'ils en étoient menacés,— d'ailleurs leur bled étant tombé à un prix très-modique, et les marchandises renchéries — les Bastonnois commencèrent à faire courir le bruit que si les canadiens ne se joignoient point à eux pour prendre Québec — qu'ils étoient tous perdus — que leurs maisons seroient brûlées par les troupes du Roy, — Mais ces raisonnements ne firent aucun effet sur l'esprit des canadiens — au contraire ils restèrent toujours tranquilles à l'exception de quelques coquins qui s'^^nvolèrent avec les Bastonnois, — Le plus grand nombre étoient des soldats françois qui avoient resté dans le Canada à la conquête.
Effort» des Edouard Antil qui étoit avocat, et Moyse Hazen ofïi-
pariisaiis<jiiC(.n- ^j^^. réformé partirent de Montréal pour le Congrès pour porter la nouvelle de la défaite des Bastonnois à Québec, et Jacques Price partit à l'instant pour se rendre à Québec avec l'espoir de lever des habitants de campagne pour réparer leurs pertes et secourir les Bastonnois qui étoient aux abois d'avoir manqué leur coup — Mais sa démarche fut en vain, car aucun ne voulut prendre les armes— ils se contentèrent de rester dans la neutralité.
Plusieurs marchands anglois à Montréal s'empressèrent de fournir des marchandises aux Bastonnois pour habiller leurs troupes et une (juantité de .hum qu'ils envoyèrent à l'armée près de Québec, et quelques-uns se donnèrent du mouvement pour leur fournir des munitions.
Les Bastonnais firent désenclouer les canons que le Général Guv Carleton avoit laissés sur la citadelle à
Montréal, et les firent descendre à Québec — joints à cenx qui avoient été pris dans les onze navires — [ilsj formoient une certaine quantité.
Le Sieur Wooster recommençant encore à vouloir trou- J» janvier.
* Wooster conti-
bler les citoyens de Montréal, il donna ordre le dix-huit ""es-^sp-^rséeu-
'' lions.
k M. Hertel de Rouville de se préparer à partir pour les colonies. Les citoyens s'assemblèrent encore de nouveau et furent le trouver pour luy faire des représentations à ce sujet. — Il répondit qu'il regardoit tous ceux qui étoient présents comme des ennemis et des coquins ^ et que dans quelque temps les choses iroient autrement.
Les habitants des campagnes commencèrent à porter oomiuite.iu
cleraré.
des plaintes au Sieur Wooster contre leurs curés de ce qu'ils leur refusoient l'absolution parce que quelques-uns d'eux avoieni voulu prendre les armes pour les Bastonnois. — Il en fut deux avec James Price qui se trouvoit partout, au Séminaire pour parler à M. Montgolfier, supérieur ecclésiastique du district de Montréal, lequel fut envoyé chercher par le Sieur Wooster qui avoit dessein de l'envoyer prisonnier avec plusieurs prêtres dans la colonie, — Mais l'épouse de James Price fut demander leur grâce, — Il est certain que le clergé du Canada s'est distingué et que les prêtres ont rendu de grands services au Roy de la Grande Bretagne dans cette circonstance — ce qui leur attira beaucoup de persécutions de la part des Bastonnois. — Car plusieurs furent envoyés chercher avec des gardes, et menés au camp des Bastonnois — et au moment d'être envoyés prisonniei'sdans les colonies, — Il est vray aussy que l'Evêque de la province de Québec avoit envoyé un mandement à tous les curés de la province au commencement des troubles d'exhorter les habitants de prendre les armes pour le Roy et de se montrer bons et fidèles sujets à Sa Majesté ^
1 Vnir Notes el pièces juslificative.i, LXXXVI.
2 Voir Nuirs cl jnrcr.s Jusiificcilivcs, LVXXll.
amlul'^'Ba-. Comme les Bastonnois commencèrent à être fatigués loiniois. f]g faire la guerre dans une saison aussi rude et que le
peu de succès les décourageoit beaucoup — ils commencèient à déserter. En conséquence, le Sieur Wooster fut obligé d'envoyer une forte garde à S^ Jean pour arrêter les déserteurs qui se sauvoient de toutes parts. Alors le Sieur Wooster qui commandoit à Montréal fit publier une espèce de proclamation pour empêcher le public de parler de leurs affaires, et de tenir le silence— sous peine d'être envoyé prisonnier dans les colonies, — Effectivement elles étoient si mauvaises qu'il étoit impossible qu'ils puissent rester en Canada sans le consentement tacite des habitants qui commençoient à revenir de leur erreur, et de voir que sept à huit cents hommes bastonnois qui étoient dans tout le Canada leur faisoient la loi. Nouveaux ef- Le Sleur Wooster qui ne se trouvoit point en sûreté
torts lie W oos- ^ i
'*=•■• commença à chercher les moyens de mettre la division
entre les canadiens afin de les faire quereller entre eux, pour qu'ils fermassent les yeux — comme ils disoient * — sur les affaires des Bastonnois, — 11 leur ordonna que tous les officiers de milice de la ville luy remettroient leur commission, — Ils refusèrent dans le moment en luy disant que s'ils étoient obligés de se retirer du Canada — qu'ils les laisseroient partir avec son monde, sans le poursuivre ny faire aucune démarche au préjudice des Bastonnois, — Alors le Sieur Wooster leur répondit qu'il étoit content du sentiment pacifique de la ville — que cependant plusieurs officiers des campagnes luy avoient rendu leurs commissions, — Ils répliquèrent à cela que c'étoit la ville qui donnoit le ton à la campagne.
rêté8"^conduh'^^ Quelques jours après, M^ Dufy Desaunier, colonel des des citoyens. milice, Ncveu Sevestre— lieutenant colonel. S* George Dupré, major Edward William Gray aussy major des milices angloises furent arrêtés — avec ordre d'aller prisonniers au fort Chambly — Alors plusieurs personnes
1 II faut lire sans doute: comme il disait.
convoquèrent une assemblée ponr chercher les moyens de trouver la tranquillité pour les citoyens de la ville de Montréal, — L'assemblée se fît le premier février 1776 dans i février, l'église des Récollets à trois heures après-midy, — James Price qui se trouvoit partout avec plusieurs Bastonnois s'y rendirent— et pour empêcher qu'il n'y fût rien proposé ny délibéré —il commença à parler, et dit qu'il falloil que les officiers de milice rendirent leurs commissions — Il s'éleva plusieurs disputes à cette occasion et l'assemblée se sépara sans avoir lien fait ny voulu, — Le lendemain les officiers de milice anglois et canadiens s'assemblèrent chez le S^ McGill pour délibérer entre eux sur le parti qu'il y avoit à prendre à l'occasion de leurs commissions, — Ils furent d'avis de les aller rendre au S"" Wooster — ce qu'ils firent incontinent— Mais il y en eut plusieurs qui gardèrent la leur dans leur poche — en disant aux autres qu'ils l'avoient rendue, et se trichèrent entre eux — En sortant de chez le Sieur Wooster plusieurs officiers bastonnois qui étoient présents à cette cérémonie se moquèrent d'eux et leur crièrent à la hou^ et leur firent huée, confusion qu'ils méritoient d'autant plus que plusieurs officiers de milice de la campagne à qui ils dévoient donner le ton — ainsy qu'ils l'avoient dit — a voient refusé de rendre la leur et préféré d'être envoyés prisonniers dans les colonies.
Le cinq de février 1776 — les marchands voyageurs erévner. firent une autre assemblée dans l'église des Récollets commis-voya-" pour obtenir des permis pour monter dans les pays d'en ^*"'''" haut de bon printemps — Leur dessein étoit de nommer douze députés moitié anglois et canadiens pour les envoyer au congrès pour cet effet, mais les meilleurs sujets en empêchèrent.
Le sixde février, Messieurs Dufy-Desauniers, Neveu-Se- cîlôyenTeiivestre, S' Georgc-Dupré, Edwaixl William Gray partirent ^ilerfàcTàmbiy prisonniers pour Ghambly — à (]ui le S''. David Wooster
1 C'est sans doute le mot anglais hic, en français huée, comme l'auteur semble le traduire ici mémo, el non pas le mot français lion employé pour parler aux chiens de chasse.
demanda devant leur départ leurs commissions d'officiers de milice, mais qu'ils ne voulurent point donner, — Jusqu'alors les Bastonnois avoient agi avec précaution, et il sembloit qu'ils ne vouloient point s'écarter du traité fait avec M.Montgomery, mais ils commencèrent à violer tout, malgré qu'ils n'avoient pas plus de mille hommes dans tout le Canada — y compris ceux qui étoient devant Québec — sur lesquels il y avoit dIus de deux cents malades;— Quoiqu'il n'y eût qu'environ cinq cents hommes devant Québec, ils tinrent la ville bloquée tout l'hiver jusqu'au six de May — dans laquelle il y avoit près de deux mille hommes * sous les ordres du Général Guy Garleton, qui y restèrent "^ renfermés sans oser sortir de la ville. Mensonges des Daus ce temps, Ics Bastounois s'exercoient à faire courir
Bastonnois. . , "" .
mille mensonges, on ne pouvoit plus sçavoir un mot de
vérité,— Ils annonçoient qu'il alloit leur arriver vingt mille
hommes de renfort ; les royalistes furent obligés de sortir
de leurs maisons le moins qu'il leur étoit possible, — ils
n'osoient parler. — Les habitants des campagnes étoient
Corvées. commaudés — à tour de rôle, pour faire des corvées, — Le
Sr. Wooster envoya à Québec plusieurs traînes chargées
de vivres, ainsi que les canons qui avoienl été pris sur la
MM. Papineau citadelle de Montréal, — Les Sieurs Lamotte ^ et Papineau
ren^m^à Vue- partirent de Montréal pour Québec où ils arrivèrent heu-
''*°- reusement *.
28février. Le viugt-huit de février 1776 — Moïse Hazen— qui étoit
veufkvefm. un ofïicier réformé — revint des Colonies avec une com-
cSa? *" mission de Colonel pour les Bastonnois, et Edward Antill
— Lieutenant-Colonel — avec ordre de former un régiment
Lettre aux ^u Canada, ris apportèrent une lettre du Congrès adressée
Canadiens. ^^^^ Canadiens ainsy qu'il suit :
1 moles et pièces justificatives, LXXXVIII.
2 restoient. (Ms. N' 2.)
3 Lamothe.
4 Noies el pièces justificalives, LXXXIX.