MEMOIRE UE BERTHELOT
le Cap"* Tice et les deux Lorimier, qui servoient comme ms. volontaires, à la tète de GO sauvages, pour reconnoîlre l'ennemi. Ils avancèrent vers la pointe nord-ouest de la rivière Si Jean, où ils l'apperçurent occupé à faire son débarquement et ses retranchemens, et découvrirent 600 hommes en embuscade, à environ 200 pas de distance, qui tirèrent sur eux, blessèrent le Gap°* Tice à la cuisse et tuèrent deux sauvages. Aussitôt les deux Lorimier, avec leur petit détachement, les attaquèrent vivement, firent mordre la poussière à deux de leurs officiers et les repoussèrent jusqu'à leurs retranchemens. Les Américains s'y étant renforcés revinrent au combat Un sauvage du Sault S' Louis leur tua 3 hommes et en attaquait un 4* quand il reçut une balle à la cuisse. Les autres sauvages animés par son exemple les obligèrent d'abandonner le champ de bataille, où ils laissèrent plusieurs de leurs morts. Cependant, se confiant en leur grand nombre, ils revinrent à la charge : mais les sauvages encouragés par leurs succès, les chargèrent de nouveau si vigoureusement, qu'ils les forcèrent à se renfermer dans leurs retranchemens. Cette chaude réception découragea ces républicains, qui jugèrent à propos de s'en retournera l'Ile aux Noix. {G. Q. 14 Sept). ^
Le Gén' S. attaqué d'une maladie dangereuse se relire si^'^e du Fort bientôt à Ticonderoga, laissant le commandement de mêacl^' *^""^" l'armée américaine à Montgomery. Ce général, ayant reçu un renfort de 1000 hommes avec des munitions de guerre de toute espèce, revint à S' Jean, le 17 Sept, et Le n. s'occupa à élever une batterie au Nord du Fort de cette place, dont la garnison se composait de 500 h. du 26* Régi sous le Major Preston et de 100 volontaires Canadiens sous les ordres de Mes" De Longucuil et Mackay. *
Le lendemain, le Cap"' Strong sortit du Fort ù la tète l» is. de 100 soldats et 100 volontaires Canadiens avec une pièce
1 Cf. Journal de Lorimior: Mrs Services.
2 Bcleslro, J. V.
ms. de campagne, pour s'opposer aux travaux de l'ennemi. Il y eut une escarmouche assez vive où les assiégés perdirent 2 soldats et M' Beauiieu Des Ruisseaux dit Desauniers et firent qiielques prisonniers.
Le 24. Le Col. Allen traverse dans la nuit, au dessous de
Montréal.
^« 2s- Combat d'Allen.
16 octobre. j^gg Maïors Brown et Liviugston, à la tète de 200 h. se
Prise de Cham- J ° '
•^'y. présentent devant le Fort Chambly, où commandoit le
Major Sfepford, du 7* Rég'.
i-e 18. Reddition du Fort Chambly, sans coup férir.
Le siège de S' Jean se continue par Montgomery. Teiiiaiivcs in- Le GouV Carletou dans le dessein de secourir le fort S'
fructueuses île ^ . , . , i •- ■ * •. n • i
MacLeau. Jean, qui etoit la barrière qui arretoit lennemi, ordonna au Col. McClean de rassembler autant de monde qu'il pourroit et de se rendre à Sorel, où lui-même iroit le rejoindre avec toutes les forces qu'il pourroit rassembler. Le Col. McGlean ayant assemblé 350 Canad. se mit en marche et Le, 14. le 14 oct. arriva aux 3 Riv. avec ses troupes, qu'il renforça 1-e 15. de Miliciens de cet endroit, et le lendemain les fit partir ' pour Sorel sous le commandement de M' Godefroy Tonnancour. Pour lui il partit avec M' De Lanaudière, Mr Chevalier Tonnancour et quelques-uns de ses soldats émigrants^, et traversa à Nicolet, où il fit tout en son pouvoir pour engager des miliciens à le suivre. 11 menaça même de mettre le feu à une maison, pour obliger une femme à dire où était son mari ; mais ce fut en vain : les habitans se cachèrent dans les bois. De là il se rendit à Sorel avec le reste de son parti. Dans le même tems le Cap°^ Chabot, avec sa goélette armée et deux bateaux chargés de fusils et de munitions, se rendoit au même endroit. Mais le Colonel fut cruellement trompé dans ses espérances : plusieurs habitants des paroisses de la Rivière Chambly feignant de vouloir servir le Roi, allèrent à son camp, y reçurent des armes et allèrent joindre les troupes du Congrès : ses propres troupes commencèrent à en faire
l Royal Emigranl.
MÉMOIRE DE BERTIIELOT. 23 1
autant. Pendant qu'il attendoit avec impatience l'arrivée ms. du Gouv"" Carlelon, celui-ci partit en effet de Montréal avec 800 miliciens et se rendit à l'Ile S" Hélène, vis-àvis cette ville, et y resta environ 3 jours ; mais enfin cédant à l'impatience des Canadiens, il se détermina, le 2G se octobre.
, , ../-, .1 i-i. Affaire de Lon
au matm, a traverser a Longueuil. Gomme il approchait gueuii. de terre, il apperçut que l'ennemi se donnoit beaucoup de mouvement, sans doute dans le dessein de s'opposera son débarquement. G'étoit en effet le Gol. Warner qui étoit à la tète de 300 Vermontois. Quelques Canad. ayant eu la témérité d'aller à terre, entendirent de toutes parts siffler les balles de l'ennemi et se réfugièrent derrière les rochers, espérant que le Gouv^ viendroit à leur secours. 11 n'en fut rien, et ils furent faits prisonniers: de leur nombre éloient un M' J. B' Despins et Lacoste, perruquier de Montréal.
Gordon, Yol. 3 V. 427 met cette petite affaire au 31 oct, 1775, tandis que des anciens Canadiens, du tems, la mettent au 26. — Voici le récit qu'en fait l'Auteur cité.
" Oct. 31— Govr Garleton, with a view of rising the siège (of the fort S' John) coUected a body of about 800 forces, consisting of the inilitia of Montréal, anumber of Gana. diaiis w^hom he had maintained for some time.afew troops, not a hundred, and some Indians. They left Montréal in high spirits, and atlempted to cross the River S^. Lawrence and landat Longueuil; but CoL Warner, with 300 green Mountain boys and a four pounder which kept pouring grape shot inlo the boats, prevented their making gooda landing. They were suffered to come very near the shore, and the fire was so hot and destructive, that they were thrown into great confusion and retired with the utmost précipitation."
Le GouV au lieu d'aller joindre le Gol. McGlean à
c, 1 . M -^ ■ y-i ^ ■ -. ^^ Conduite diffrf-
Dorei, ou 11 auroit pu mieux juger s il devoit aller secou- remède mcLouu rirS' Jean, ou retourner à Québec, prit le parti de retourner à Montréal, où il n'avoit plus évidemment rien à faire, puisqu'il n'enlroit pas dans ses vues de rencontrer
et de Carletoii.
ni INVASION DU CANADA.
«15. l'ennemi sur le champ de bataille. Le Col. McGtean ne perdit point courage. Il se mit en chemin pour aller à S' Jean ; mais à S' Denis il trouva tous les ponts rompus. La saison étoit avancée. Depuis le 18, les ennemis étoient en possession du Fort Chamhly et des paroisses circonvoisines. Il n'eut donc rien de mieux à faire que de regagner ' Sorel. La désertion augmentant dans son camp en pro- Le 28. portion des succès des ennemis, vers le 28 il se hâta de faire embarquer, à bord de ses vaisseaux, tous les canons et les munitions de guerre qu'il put, fit détruire ce qu'il ne pouvoit emporter, et lui-même avec ses troupes s'embarqua pour descendre. Le 8 Novembre il arriva aux 3 Riv. dans le bâtiment d'Etienne Papillon, y fit enlever les provisions du gouvernement, les fournitures des casernes et même la poudre qui étoit chez les marchands. 1 novembre Moutgomery fait annoncer au Major Preston, la tentative infructueuse du Gén* G. devant Longueuil, et lui envoie en même tems le prisonnier Lacoste, qu'il fait le porteur de la lettre dont suit copie ?
" Ml" c'est avec le plus grand regret du monde que je *' vois une troupe aussi vaillante et de si bons patriotes si " obstinés à répandre leur sang et à défendre une place "qui n'est plus défendable par aucun endroit. J'ai appris " par un de vos déserteurs que vous perdiez vos muni- " lions et vos instruments de guerre. Une telle conduite "me rendrait excusable des extrémités auxquelles pour- " roient se porter mes soldats." Cette lettre fut suivie d'une cessation d'hostilité et de pourparlers relatifs à la reddition de la place.
Le 3 Le Fort Lo 3, la gamisou de S' Jean, aux termes de sa capitu- St. Jean se rend, jatiou, sortlt dc SCS forts, les armes à la main, avec deux pièces de canon, tambour battant, mèche allumée, en fit le tour et, au commandement du Major Preston, mit bas les armes. Le Major Américain qui étoit venu avec un détachement pour être présent à la reddition de la place, dit aux officiers anglois et aux volontaires Canadiens que d'aussi braves gens méritoient une exception en leur