MÉMOIRE DE BERTHELOT
faveur, et leur permit de reprendre leur sabres et leurs ms. épées ; ce qu'ils acceptèrent comme un témoignage honorable de leur courage.
Le 12.
Le 13.
Capitulation de Montréal.
Montgomery en prend possession. Il envoyé le Col. Easton à la poursuite du Gén' Carleton et de la flotille dans laquelle il se rendoit à Québec, avec soldats, munitions de guerre kc.
Les éléments semblèrent conspirer contre le Gouv. A la Valtrie le vent changea et soufflant avec violence du côté du Nord Est le força de mouiller devant cette paroisse.
Cet obstacle ayant continué jusqu'au 16 et le Gouv i-eie voyage
J J M de Oarleloii de
appercevant des chaloupes canonnières parmi les îles qui MomréaiàQuésont du côté opposé et des ennemis qui le poursuivoient par terre, éprouva les plus vives alarmes pour sa personne. Les bruits couroient que les Améric : avoient dressé de fortes batteries à Sorel et dans différentes parties des îles qui sont au Nord, quand il n'en étoit rien. Il fit tirer un coup de canon pour appeler tous les Capit""' de ses vaisseaux à son propre bord, leur exposa sa position et leur demanda quel étoit leur avis. Tous furent d'accord qu'il fallut tenter tous les moyens possibles pour le conduire à Québec, qui étoit alors le seul endroit capable d'arrêter les progrès de l'ennemi et où sa présence étoit de la plus grande importance. Le Gap"" Belette, qui étoit un ancien marin d'un courage à toute épreuve, à qui on avoit confié les poudres enlevées de Montréal, et qui avoit fait bastinguer sa goélette armée, pour se garantir des boulets que pouvoient tirer les chaloupes de l'ennemi, ouvrit le premier son avis : il dit qu'il ne voyoit pas un danger bien émi nent et qu'il répondoit sur sa tête de sauver le Gouv et toute la flotte qu'il s'engageoit à lui seul de donner tant d'occupation aux chaloupes américaines, si toutefois il ne les couloit pas toutes à fond, qu'il lui donneroil le tems de se rendre en toute sûreté à Québec avec tout son monde. Le Cap" Bouchelte que l'on snrnommoit la
Le 19.
1775. Tourte, h cause de la céléiitô de ses voyages, s'offrit de conduire le Gouv en berge, et cet avis prévalut. Le n- La nuit du IG au 17, le Gouv"' confia sa personne au
Cap"'' Bouchette. La partie des rames qui portoit sur le bois étoit enveloppée de drap, afin d'éviter le bruit. En pa.ssant par le chenail de llsle Du Pas, les bommes ne nageoient qu'avec les mains. Pendant cette nuit le Gouv"" ne rencontra aucun ennemi. Lorsque la berge fut sur le lac S' Pierre, les rameurs firent toute la diligence possible, et le GouV arriva le 17, vers midi, au port des 3 Rivières. Il débar(jua avec son Aide-de-camp ^L De Lanaudière, M. le Chevalier de Niverville et le Gap"* Bouchette. La première personne qu'il lencontra fut W Malcolm Fraser, ancien Royaliste, qui lui assura qu'il n'y avoit point d'Américains dans la ville, mais qu'il y en avoit à la P'" aux 'J'rembles piès de Québec. — Il ne ponvoit le croire, mais M. le chev. Tonnancour, qui en arrivoit, le lui confirma. 11 alla diner chez M. Toiniancour père. M. Maillet, père, en allant lui faire visit<î, lui dit qu'il avoit appris qu'il y avoit GOO Aniéric : à Machiche, qui ne dévoient point tarder d'arriver. A 3 h : après-midi, il rembarqua dans sa berge, lit toute la diligence possible, rencontra au pied du Richelieu le Sénaut Feil, ai'mé, commandé parle Cap""" Napier, au bord duquel il embarqua, passa sans danger devant la P''' aux Trembles où étoit Arnold et arriva à Québec dimanche le 11) après-midi, accompagné de son Aide-de-Gamp, M. De Lanaudière, du Gaj)°*0\ven, du Lient' Teiwyn du 7'^ Rég' et de quelques-uns de ses soldais.
Voilà ce qu'après bien des recherches j'ai trouvé de plus certain sur le retour du GouV. qui fut d'une si grande impoi'tance pour la défense de Quéhec et qui a été rapporté par plusieurs personnes avec des circonstances dilfé rentes.
Quant à la flotte que le Gouv Garlelon avoit laissée à la Valtrie, voici quel fut son sort.
Le vent contraire la retenant toujours, le Col. Eastoii
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en faisant montre de qnelques chaloupes canonnières vint à bout d'intimider le Col. Richard Prescott, qui en avoit alors le commandement. Suivant les ordres qu'il avoit reçus du Gouv avant son départ, il fit jeter h^'s poudres et les boulelsà l'eau. Le 19 malin, le Col. E.iston l'ayant sommé par le Major Rrown de se rendre, il dit qu'il éloit prêt à livrer la flotte, à condition qu'il lui fut permis de se rendre à Québec avec sa troupe. Le Col Easton rejetta la proposition, en lui faisant diiefjue,sisous quatre heures, les bâtiments ne se rendoient, il les feroit prendre à l'ciboidage. Ce fut ainsi que le Col. anglois livra 11 vaisseaux et se rendit prisonnier de guerre avec plusieurs officiers et 120 soldats, quand plusieurs de ces vaisseaux étoient bien armés et bien équippés. Pour combler les désastres du Gouv cette flotte fut conduite à Montréal où Montgomery en fit usage pour aller rejoindre Arnold.
Heureusement pour Québec que Ton apprit l'arrivée de celui-ci à 2 lieues de la Pointe Lévy ce qui donna le tems au Lieut-Gouv (Cramahé) de faire éloigner les bateaux et canaux de la P'« Lévy et de l'Ile d'Orléans, sans quoi, dans l'état de surprise où se trouva la ville, il est probable qu'il s'en fût emparé. Dos traditions môme nous apprennent qu'un M. Williams monta dans la chaire de la chapelle de l'Evéché et y tint un long discours, pour persuader aux citoyens de Q. que le plus sur parti pour eux éloit de livrer la ville; aux armées du Congrès : plusieurs Canadiens s'y opposèrent. Mais le Col. McClean, qui arrivoit le l^ nov. à Q. en montant à la Haute-Ville, entra dans cette assemblée, le fit descendre et dissuada les Québccquois de se rendre à un aussi lâche conseil. H est aussi constant que plusieurs Citoyens anglois avoient signé avec le Lient. Gouvi une capitulation.
1776. Le Capl''^ Foster, du 8e Rég* eut ordre de partir
Cèdres!! d'Oswegatcliie pour aller avec deux subalternes, 126
soldats et 120 sauvages, chasser un parti de 300 Américains établis aux Cèdres. Pendant qu'il étoit en marche, il apprit, le 17, que les ennemis ignoroient Fattaqiie méditée contre eux et qu'en faisant diligence il pourroit les surprendre. Le lendemain il débarqua à la P'* au Diable, à six milles de l'Eglise des Cèdres. De là il continua sa route à l'abri d'une épaisse forêt. Lorsqu'il fut à un mille du fort il arrêta son détachement et s'occupa des préparatifs de l'attaque et détacha un parti pour occuper le bois et s'approcher des ennemis autant que possible, et un autre parti de sauvages aux rapides, à l'entrée de la Cascade, afin de couper toute communication avec l'île de Montréal. Ce dernier parti rencontra un détachement de la garnison qui revenoit des Cascades avec des provisions et qui se sauva au fort, y porter la nouvelle de l'approche du Cap. Foster. Celui-ci fit sommer leMajorButterfield,quiycommandoit, de rendre la place. Le Commande Américain demanda 4 jours pour délibérer; mais le Cap. Foster qui avoit appris qu'un officier Améri cain venoit de partir pour Montréal afin d'obtenir du renfort, voyant bien que l'objet des Américains n'étoit que d'obtenir du tems,fit faire une seconde sommation, avec l'observation — "que les sauvages lui étoient alors bien soumis,mais que si en s'obstinant à défendre leur fort il leur arrivoit de tuer un de leurs gens, il ne pouvoit point répondre des conséquences." — Le Commande Américain répondit qu'il se rendroit si on lui permettoit de se retirer à Montréal avec sa garnison. Le Capt. Foster ne voulant point consentir à cette condition fit faire une Le 19. redoute à l'entrée du bois, à 500 pas du fort. Le 19 au matin, s'avança à 150 pas du fort et fit un feu de mousqueterie si bien soutenu jusqu'à midi, que le Commande Butlerfield se rendit à condition que les vainqueurs accorderoient aux assiégés la vie et leurs bagages. Le lendemain, le Capt Foster étant informé que le Major She borne venoit de