‹ Invasion du CanadaChapitre 42 sur 47 · J. DUCHESNAY · texte numérisé non relu

J. DUCHESNAY

L"noN'''« F. Baby .\ M'' TiTOMAS P^scnoLiEU de Londuks.

Québec, l'i May 17 TU.

Monsieuf, *

Je prolitte du départ du la frégate Ir pour

vous annonc(u- que je suis encore du Iloyaume des vivants. Les journaux publics vous donneront, j'espère, le détail de notre situation pendant l'hiver. Nous étions si outrés contrôles rebelles que le jour do l'arrivée de trois vaisseaux de Sa Majesté dans notre rade avec 150

326 LETTRES ECRITES PIÎNDANT

hommes de troupes qui débarquèrent, nous sortîmes 800 hommes de nos murs et marchâmes contre les rebelles qui prirent la fuite, abandonnant leurs artillerie, munitions et baggages. Nous avons donc la clef des champs. Ces vagabonds se sont un peu rassurés et tienrent une avant garde à 13 heures d'icy. On attend encore l'arrivée de quelques troupes pour marcher contre les Bastonais et les chasser tous de cette Province.

Ma santé a beaucoup souffert par les fatigues que j'ai endurées depuis six mois. Gomme notre service est maintenant beaucoup allégi, j'espère me rétablir un peu. Je vous souhaite prospérité et suis avec une parfaite considération.

Monsieur,

Votre &^c.

F. BABY

De iP Ciis. Sa.nguinet a l'IIo.nWo Frs. Baby.

Montréal, le 21 Juillet 177G.

Monsieur,

Je m'étais toujours flatté de vous voir à Montréal mais j'ai appris que vos occupations nous priveraient de ce plaisir. Ma femme et Mademoiselle Marguerite vous assurent de leurs civilités ; pour la vieille Mouette, elle a été plus dérangée avec les rebelles qu'elle n'a jamais été avec les Royalistes. Nous vous attendons pour la corriger. Au plaisir de nous voir.

Je suis avec tout respect

Monsieur Votre très-humble Serviteur

dis. SAXGUINET.

M™» Vkuve Benoist au même.

Montréal, le 12 Aoust 177G.

Mon cher frci-e,

Jo suis bien flattée de te voir en charp;e

pour les affaires les plus délicates et les plus difficiles de la Province: ce qui est une preuve delà confiance que M" le général a dans tes talents. Je suis bien satisfaite que les événements te les aient fait mettre en évidence. Il ne me reste que l'inquiétude de ta santé que je crains estre altérée par tant de fatigues. Jo prie tous les jours le Seigneur de te la conserver.

Comme les Dames Royalistes ont fait bande à part tout rhyver, cela nous a donné occasion de faire une connaissance particulière de Mde Dufy. Elle me charge de te faire, de sa part, bien des compliments et de te* dire qu'elle a appris avec bien du plaisir que iu dxais profit lé des conseils qu'elle le donna l'automne dernier et qu'elle t'engage à venir faire un tour icy pour te raffermir dans tes bonnes dispositions

Ton affectionnée sœur

Ve BENOIST.

Jacques Tuibalt Cai>' au même.

A S' Thomas, ce 24 7tro 1776.

Monsieur^

Je vous envoie par le nommé Jean Bte. Gosselin les fusils que vous m'aviex ordonné de retirer des rebelles. Je vous en envoie vingt sept, tant bons que mauvois. Les olflciers en ont fait prendre cinq par leurs soldats pour aller à la chasse. Je ne connois que le Colonel qui en fit prendre un à son chasseur qui me dit qu'il le feroit remettre a son retour à Québec. Les autres officiers, je ne srais pas leurs noms.

J'ai l'honneur d'Estre avec respect,

Monsieur, Votre

.lAGQUES THIBAUT, Cap'

De Messire Maiso.nbasse au même.

A St. Thomas, le 14 Qi^re 1776.

Monsieur^

J'ai l'honneur de vous écrire ces ligaes qui vous assureront de rechef de mon sincère et respectueux attachement. Le porteur de la présente me prie de vous écrire pour vous informer qu'en conséquence des ordres que vous aviez donnés au Capitaine de retirer les armes des habitants, le nommé Bernesche, sergent, faute d'autre, à été retirer les armes de ceux qui sont dans le village. Il a pris celuy du porteur qui n'a jamais été pour les Bastonais, au contraire. Le Capitaine, présent lorsque je vous écris, me charge de vous marquer qu'il a toujours exécuté les ordres lorsqu'il a été commandé pour le Roy; Luy ayant oté son fusil, au lieu de le remettre au capitaine comme les autres, l'a gardé pour donner à son frère qui n'a pas été meilleur sujet que luy et a remis un mauvais fusil qui était à son frère. Et il y a quelque jours que ce Bernesche dit au porteur qu'il avait gardé son fusil : il a porte des plaintes au Capitaine pour qu'il luy fit rendre son fusil ; que l'intention du roy n'était point de désarmer les bons sujets; le Capitaine ne veut rien faire de son chef sans vous en informer. C'est pourquoy le porteur va vous trouver pour vous prier de luy faire rendre sou fusil.

J'ai l'honneur d'estre avec respect,

Monsieur,

Votre très humble et très

obéissant serviteur

MAISONBASSE, Curé.

De M""^ Benoisï au même.

Montréal, le II X^re 1776.

Mon cher frère^

Je n'ai reçu qu'une de tes lettres depuis ce printemps ; je rattril)ue à tes grandes occupations. Je crois que c'est

LLW'ASION AMÉItICAhNi:. 309

mi grand ouvrage que de ramener des uuitins à leur devoir; ceux de nostre costé ont été moins difficiles ou au moins plus poli tiques

Ton affectionnée sœur

Ve BENOIST.

De li. B. Lernoult, Adj. Gé.n' a L'IIo.Ni-ie Fks. Bauv.

.S o'cloclc, S.itiirday evening. (Pas de date.) Muii cher Monsieur^

Vous verrez par l'inclus que trois ou quatre des officiers qui étaient sous parole, ont échappés cette nuit de ITle d'Orléans. L'homme qui vous présentera cette lettre est venu exprès pour me l'annoncer.

Je vous prie de le questionner un peu là dessus et (si) vous croyex qu'il sera appropos d'informer les officiers de Milice du côté qu'ils ont pris, vous aurez la boutez de le laire.

Je suis mon cher Mons.

Votre ikc.

n. B. LKIÎNOULT, Adg" Gén'

A. Mh. • • *, de New-York.

Montréal, 9 octobre 1774.

Je demande la permission de vous troubler pov.r fair^ imprimer l'écrit ciinclns dans le Journal de M. HoU. Cet écrit contient les résolutions passées par tons les habitants anglais de Montréal dans une assemblée, où ils ont montré leur horreur de. VActe de Québec, qui établit les lois françaises dans cette province et qui met la vie et les biens des yjarticuliers aux mains du Gouverneur, lequel aura, quand la loi sera eu force, plus de pouvoir qu'un Vice-Roi Espagnol.

Les Canadiens, en général, sont effrayés de se voir ramenés à leurs anciennes lois, dont ils ont tristement ressenti les mauvais effets pendant longtemps, quoique les nobles et les gentilshommes français goûtent beaucoup cet Acte qui rétablit Taiicien état de clmses: ils espèrent encore le faire prévaloir aux dépens du marchand, du fermier industrieux, et vivre à leurs dé[>ens, comme avant la conquête. Ces derniers, quoique mécontents et alarmés de cet Acte, n'osent se plaindre, de crainte de déplaire à leurs prêtres, lesquels dominent et gouvernent ce pays à leur gré. Quoiqu'il eu soit, tous les Anglais dans cette Province, à l'exception de quelques créatures sous la

1 Los lellics ([iii suivent sont extraites et Iraduiles des American Archives. Nous uvons cru inutile d'en donner le texte, jiuisfiu'il était déjà publié. Quelques-unes seulement sont signées et elles sont jiresque toutes écrites par des Anglais du Canada à leurs atnis des Colonies ou de l'Anglelene. Lo traducteur a tdcbo de conserver à chaque lettre son caractère particulier, sans chercher à Jaire disparaître les défauts rpii se trouvent purlois dans l'orif^'inal. Li' Ifcleur voudra liii'ii iM' pli- oiihlii-r relie remarque.

33Î LKlTl-iKS KCIilTKS PENDANT

dôfietidaucc rlu Gouverneur, sont unaninienieut déterminés à lutter fortement pour obtenir le rappel de cet Acte abominable, car, s'il était maintenu, il ferait un grand tort au commerce de New-York et des autres Colonies voisines. On a dit que quelques régiments canadiens allaient èli'o levés et envoyés <M)nlrc vous ; mais comptez sur ceci (]iui personne, excepté les oiliciers, ne marchera voloniairemenl. Quant aux autres, il faudra lui régiment de soldats pour faire marcher un régiment de canadiens : en outre, on ne peut tirer deux mille hommes du pays, sans le ruiner.

" A une assemblée générale des liahitauts anglais de la ville de Montréal jjour aviser aux moyens les meilleurs et les plus convenables de i-eprésenter à Sa Majesté et au Parlement le véritable état de celte Province, en faisant connaître la part que nous avons dans le commerce, les propriétés foncières que nous possédons, l'état misérable où nous avons trouvé ce pays et l'état florissant où nous l'avons élevé. La récompense que nous allons recevoir en vertu du dernier Acte du Parlement, sera d'être privés de certains bienfaits de notre constitution, tels que le procès par jury, VJIabcas Corpus^ et d'être soumis aux lois faites par mi Conseil Législatif composé de personnes qui dépendent entièrement du Gouverneur, et favorables aux lois despotiques de la France. Si cet Acte est mis en force, nous n'aurons plus de garanties pour nos biens, ni pour notre religiou (la religion catholique romaine étant par cet Acte établie celle du pays) nous devons èti'e réduits à la triste nécessité de vivre conmie des esclaves, ou d'abandonner ce pays et une partie de nos biens, et la Province devi-a retomber dans le miséi-able état d'autrefois. C'est avec la plus entière unanimité que les Messieurs suivants: Thomas Walkcr, Ecnier, Isddc ToiliJ^ Kcuier, MM. James Price^ John Dlake, Alcxandcr Palcrson., John Porlcons^ ont été choisis pour foi"mer un comité, afin d'aller à Québec s'entendre avec les Anglais de celte ville dans celte circonstance alarmante. Ils ont aussi généreusement souscrit pour défrayer les dépenses que ces démarches nécessiteront."

LINVASION AMKlilCAINE. 333

Mondval, ISjaii\ior, 1770.

Monsieitr,

La traduction fiauraise de l'adrusse aux habitants de ce pays, laquelle devait nous être envoyée par ordre du Congrès, ne nous est pas encore parvenue. Mais une traduction en a été faite à Québec et des copies manuscrites (notre impi'imeur n'ose rien publier de cette nature) ont circulé parmi les bourgeois français. Ils sont si peu accoutumés à penser et à parler sur ces matières, ils craignent tant d'offenser en quoi que ce soit le Gouvernement, qu'ils éviteront de prendre aucune part au mouvement, l.a noblesse entre avec ardeur dans le projet de lover des troupes, mais les prêtres, nous en sommes bien assurés, le désapprouvent. La grande partie de la noblesse réside dans ce district, et au-delà de cinquante d'entre eux sont descendus à Québec présenter leurs hommages au Gouverneur et assister au bal, donné suivant l'usage par le Gouvernement le jour de la fête de la Reine. Ils espèrent revenir avec des commissions dans leurs poches, mais noti'e Gouverneur n'a pas encore reçu ses instructions.

L'avoine, grâce aux ordres nombreux de l'année dernière, est à un prix extravagant, pas moins de trois chelins, neuf deniers (ce qui fait cinq chelins, trois deniers, argenj, de Pennsylvanie) le minot. Nous aimerions à savoir- si on s'en tiendra aux Résolutions du Congrès qui rejette toute relation avec nous à moins que nous n'acceptions ses mesures. Dans ce cas, il faudra faire venir des vaisseaux de l'Angleterre. Nous n'avons jamais exporté plus de dix mille minots de graine de lin par an, à cause du prix peu élevé, lequel n'était qu'à deux chelins, ou deux chelins et demi. Celte année il a monté à cinq chelins et demi, et si avant le printemps nous sommes assurés d'un bon [)rix,on pouira lever dans l;i province cent niilli.' minois, même plus.

A. MAiiAMi on L' (Inloiiel PhiliI' Skkmï.

Wuo.HiclcI. n;iii;i(I;i, ?r, ■•iviil 177'). •l/ou chci- ColoncU

L(; cinf|uant deuxième régiment a été destiné pour l'Aniériijue, ;iu écit de ce (jui s'est passé à Hoslon, et Dieu

334 LETTItES ÉCRITES PENDANT

sait combien de temps il y demeurera, ou quel sera l'issue de toutes ces disputes. Mais ceux qui ont fait quelque séjour en Amérique et qui ont observé la progression que les coloniaux ont mis dans leurs demandes et leurs tendances à l'indépendance, ceux-là pensent généralement que le plus tôt les lois seront mises en force, le mieux ce sera. Les délais ne font qu'encourager les séditions et affaiblir le gouvernement.

Le Colonel Jones agit comme Brigadier à Boston. Le général Gage réclame notre ami Dunbar, et j'ose me flatter que quelque chose sera f a t enfin pour des officiers de mérite.

Le Paquebot de Janvier a apporté la nouvelle commission de M. Carleton : elle ne diffère pas beaucoup de l'autre, excepté pour les limites de la Province, et le pouvoir qui lui est donné de lever la milice sans le consentement du Conseil, de la transporter par terre ou par mer dans les colonies où il y aurait des ennemis, pirates ou rebelles.

Par le dernier Acte du Parlement, les Canadiens sont exemptés du Test et peuvent arriver aux charges. Il y en a sept de nommés au Conseil, et deux, Panet et Rouville, ont été ajoutés au nombre des Juges. Les Conseillers sont six Croix de St. Louis et M. Rigauville qui a agi comme Major dans le corps de Milice canadienne que M. Murray avait envoyé dans les pays d'en haut pendant la dernière guerre indienne. On dit que les officiers seront demi paie. Voici le moment favorable pour le Canada, et je suis content que le Ministère l'ait choisi. Quelque chose que les esprits étroits puissent dire, l'Acte est conforme à une sage politique, à l'humanité et à cette modération qui convient à un peuple éclairé. Faire des conquêtes a souvent été le partage de la nation anglaise, mais se concilier les affections des vaincus a été la bonne fortune réservée au règne de Georges III, et je puis dire que les Canadiens sauront dans l'occasion montrer leur fidélité et leur reconnaissance.

A. MABaNE.

IJ Colonel P. Skene ^

du 69e Kég. !

Aux soins de MM Cox et Mair, f

Agents, à Londres. J

LIXVASIOX AMÉRICAINE. 335

Mr. ■ ■ *, a Mh. 11. 1m.\i..sv, k;ci;vi.n.

Montréal, G mai 1775.

3Io)i cher Finlay,

Depuis votre départ, nous avous eu ici de bien mauvaises affaires, et des nouvelles plus mauvaises encore de Boston, qui m'ont donne beaucoup d'inquiétudes sur votre compte : vous pourriez tomber entre leurs mains et être retenu jusqu'à ce que les affaires soient réglées entre eux et la mère patrie- Cette issue désirable, je le crains, est bien éloignée maintenant que les hostilité? sont commencées. Mais j'espère que vous avez connu ces tristes nouvelles à temps pour éviter tout danger.

Dans la nuit du 30 avril ', une personne ou des personnes mal intentionnées et malfaisantes ont défiguré le buste du Roi, sur la Place d'Armes, b.ii noircissant la l'ace, pendant à son cou un chapelet de patates, avec une croix de bois, et une inscription où on lisait : Le Pape du Canada, ou le sot Anglais ^, pour créer, il n'y a pas de doute, de la jalousie, de l'animosité et du trouble cliez le peuple surtout entre les Anglais et les Canadiens, et j'îi le chagrin de vous dire qu'ils ont bien réussi.

De bonne heure, le matin, quand l'insulte fut découverte, le Commandant envoya deux sergents laver le buste, et enlever chapelet, croix et inscription. Les nouveaux juges et conservateurs de la paix furent alors consultés, mais ils ne prirent d'antre mesure immédiate que d'envoyer au Gouverneur un récit de ce qui était arrivé. Mais les militaires s'emparèrent do l'aHaire, bklmèrent les habitants anglais, faisant des réllexious sur leur compte, sui'tout sur les membres du comité, qui furent complètement accusés, quelques-uns surtout, d'être les auteurs de cet acte, ce qui a causé un grand malaise et aussi, je le crains, de mauvaises conséquences. Les Canadiens, aussi, les désignent comme les auteurs. Ainsi vous pouvez juger. Une souscription do cent louis sterling fut formée par les marchands, au Café, pour donner

1 L'Aclcde Québec ileviiail cii'force lo l" mai 1775.

'>* On avait eu soin d'éciii-e ces mois en Irnnçais, ?ans doute pour i.l'H.\cellentes raisons, niais la nationalité de l'insulleur n'en pnrait que tnieu.x ; l'auteur de cotte lettrn traduit on anvlais pour M. l'inlay : The l'opi' nf Canada (i)id l/irfatil d/' En(ilnnd.

336 LETTRES ECI'.ITES PENDANT

en récompense à celui qui découvrira le coupable. Les Messienrs de l'armée ont aussi souscrit cinquante guinées dans le môme but, et le lendemain des avis furent publiés par les deux partis au son du tambour. 11 y eut deux querelles. M. Belestre se tenait au coin d'une rue avec quelques autres personnes quand l'avis fut lu, et il fit la remarque que l'auteur, quel qu'il fût, méritait d'être pendu. Là-dessus, le jeune Franks dit qu'on ne pendait pas les gens pour si peu et que cela ne valait pas la peine. Belestre, devenu furieux à ces mots, injuria Franks et lui tira le nez ; Franks répondit par un coup de poing qui étendit l'autre par terre et lui coupa le front. Quelqu'un s'interposa et les sépai'a. Ils s'adressèrent chacun aux juges ; mais ni l'un ni l'autre u'eurent satisfaction, Belestre, étant l'agresseur, ne put faire arrêter Franks, ni Franks, Belestre; mais pour quelle raison ? je ne sais. Le lendemain, Franks fut arrêté et jeté en prison, non pour assanlt, mais sur Yaffidavli de Belestre, pour les paroles dont il s'était servi en parlant de l'outrage, et le cautionnement fat refusé. Cependant le jour suivant les Juges lui firent connaître qu'après réflexion, ils étaient convenus de recevoir cautionnement ; mais il refusa d'en donner, et il est encore en prison, attendant la réponse du Gouverneur à l'exposé des faits qu'il a envoyé à son père.

L'autre affaire a eu lieu entre Ezekiel Salomons, le juif, et [Le] Pailleur : ce dernier accusait les Juifs d'avoir défiguré le buste. 11 y eut quelques paroles échangées, Salomon jeta l'auti-e par terre. 11 a été arrêté et a donné caution.

Au PrKSIIiE.NÏ DK l.'.VsSKMin.KK DK Cû.N.\E(:TICt:T.

Now-Yoï'k, '.'3 mai 1775.

Monùem\

Nous sommes arrivés dans cette ville hier soir, et nous avons le plaisir de vous annoncer que le comité de New- York s'est rendu aux désirs du Congrès Cénéral en fouinissant des provisions à nos troupes, à Ticonderoga.

La Convention Provinciale de cette ville siège actuellement

Nous avons eu un(^ conférence personnelle avec M.

LINVASION AMERICAINE. 337

Price, marchand distingué de Montréal, envoyé expressément auprès du Congrès avec des renseignements trèsimportants\ Il nous informe que tous les officiers français du Canada sont actuellement dans le service actif sous le Général Carleton. Que S' Luc La Corne, qui était le Surintendant de tous les Sauvages du Canada pendant la domination française, et qui est le beau-père de M. Campbell, surintendant actuel sous l'autorité de Sa Majesté, a envoyé des présents aux Nations du Nord, jusqu'au Sault S'e Marie et Michilimakinack pour les engager à prendre les armes contre les colonies de la Nouvelle Angleterre, mais lïssue de l'ambassade est encore inconnue. Un pareil effort a été tenté auprès des tribus qui sont plus voisines des établissements anglais, mais avec peu de succès, puisqu'ils ont à peine trouvé une quarantaine de Sauvages qui ont voulu s'engager dans l'entreprise. Le plan, en Canada, serait d'engager les sauvages à s'unir aux canadiens pour attaquer les rebelles de la Nouvelle Angleterre.

Mr Price donne comme son opinion que les Canadiens, c'est à-dire le peuple, ne s'engageront contre nousqu'avec la plus grande résistance ; mais que les nobles sont nos plus cruels ennemis. Jl dit que le Général Carleton était attendu à Montréal un jour ou deux après son départ, qui eût lieu le 11 Mai, et qu'il devait résider là tout le printemps

Nous sommes avec respect, etc., etc.

NATHANIEL WALEB, Jr.

THADDELIS BURR PIERPOINT EDWARDS.

A l'H"" Wm.Williams, Ecuier, ) Président de la Chambre >■ d'Assemblée, Connecticut. j

A Mli. P. V. LlVlNGSTON,

New-York, t9 juin 1773.

Cher Monsieiu-y

J'ai l'intention de continuer promptement mon voyage pour Québec par la voie des lacs Georges et Cliamplain, et

I Cf. Tcinain Oculaire, p. 3!).

d'emmener avec moi Joseph Marie Tonnancoiirt et Louis Perras, deux jeunes canadiens qui retournent dans leurs familles, le premier venant d'Angleterre, le second de cette ville, où ils ont résidé quelque temps pour leur instruction. J'ai aussi avec moi Daniel McKennis, mon serviteur. Ainsi, je vous prie de me procurer les lettres qui pourront faciliter mon voyage, et je prends la liberté de vous assurer, sur mon honneur, que je ne recevrai pas et que je ne permettrai pas que ceux qui m'accompagnent reçoivent d'autres lettres que celles qui sont seulement pour affaires commerciales ou de familles, et je les soumettrai très-volontiers à l'inspection du Congrès Provincial, s'il le juge à propos.

Les seules lettres en ma possession qui peuvent paraître contenir des matières politiques sont adressées, les unes à Lord Pitt, les autres à Lady Carleton. Les premières

sont de Lord Chatam et les secondes sont de la

mère et des sœurs de Lady Maria Carleton et pour des affaires de famille.

Je suis. Monsieur, etc., etc.

P. V. B. Levingston, Ecuier, Président du Congrès Provincial, New-York.

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