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DANS LES ANNÉES 1775 ET

En me proposant de faire le journal de la guerre des But de rau- Bastonnois dans la province de Québec \ mon dessein est môYresV*^^ d'en donner le détail aussy véridique qu'il est possible, et pour cet effet non seulement j'ai été témoin en partie de tout ce qui s'y est passé, mais encore j'ai en soin de m'instruire des personnes les plus capables do nie doniKMdes connoissances sur les différents faits qui sont arrivés pendant cette guerre — et comme je suis impartial, j(> ne veux rien déguiser — au conlrairc^ je me suis ])r()])()sé de

1 Le nom el les limites du Cduada avaient dé cliangés on môme temps, par la proclamation du Hoi d'Angleterre, r|Ui'l(|ucs mois après le traité de paix de 170.3 (voir Notes et pièces Justifiealives, I, à la (in du volume). Il n'y eut plus alors que le '* Gouvernement de Québec," comme on no recoiniut que " les anciens et les nouveaux sujets."

ne dire que la vérité ; — Cependant je suis obligé de parler souvent d'un homme ^ pour qui j'ai beaucoup de respect, et que j'estime à cause de ses belles qualités, mais cependant je blâme nécessairement sa conduite, parce qu'il auroit pu empêcher l'entrée des Bastonnois dans le Canada, s'il avoit voulu ; ce qui luy auroit été d'autant plus facile qu'il avoit des forces plus que suffisantes pour s'y opposer ^ — mais sans doute que des raisons de politique l'en ont empêché — Ce n'est point mon affaire. Causedeiaré- La proviuce dejia baye Massachuset en la Nouvelle rin:!fiîe!^— "^Ef" Angleterre s'étant révoltée contre la mère-patrie, pour un emiainer"'^ les impôt sur le thé, employa différents moyens pour intéres- ( unadiens. g^^. ^^^ autrcs proviuces à se joindre avec elle ; en conséquence ils envoyèrent plusieurs personnes en Canada * pour solliciter les Canadiens à entrer dans leur conjuration,— Mais les Canadiens sourds à leurs propositions, préférant de garder la fidélité qu'ils doivent au Roy de la Grande Bretagne — refusèrent entièrement d'entrer dans leurs (querelles, au contraire ils s'attachèrent plus que jamais à cultiver leurs terres et à augmenter leurs

1 Le Gouvemeur Sir Guy Garleton. (J. V.)

2 Le gouverneur n'avait pas de forces suffisantes pour empêcher lïnvasion des Américains. Le 26^ régiment, le 7« ou Royal Fusileers et quelques cannoniers étaient à peu près tout ce qu'il pouvait leur opposer de troupes régulières. Les milices canadiennes n'avaient point encore été mises sur pied, et le mécontentement des Anglais se manifestait assez ouvertement (J. V.)

Toutefois, l'auteur de ces Mémoires fait voir, que si on avait voulu profiter du premier élan des Canadiens, il aurait été facile de rejeter les Baslonnais au delà des frontières.

3 Ces hommes étaient sans doute les envoyés de ce Comité de correspondance qui exerça une si grande influence sur la révolution américaine, et qui avait été établi à Boston, dans le mois de Novembre 1772, à l'instigation de Samuel Adams. L'historien des Etats-Unis, Bancroft, a pu consulter les papiers, même les plus secrets, de cette espèce de conseil législatif et exécutif : s'ils sont jamais publiés, on y trouvera sans doute des renseignements sur les espérances qu'on avait du côté du Canada et sur le rôle plus ou moins anmxionisle qu'y ont joué certaines i)ersonnes. Quoiqu'il en soit, il ne faut pas oublier, pour apprécier les dispositions des Canadiens en 177.5, qu'on n"avait pas attendu le moment solennel de la crise pour chercher à les entraîner dans la cause commune de l'indépendance.

commerces à Tabii d^un acte dii parlement de la Grande Bretagne qui leur assuroit la paisible possession de leurs biens— le libre exercice de leur religion, la participation aux employs civils et militaires — leurs anciennes loix rendues, exempts de payer aucunes taxes— les limites du Canada fixées, en un mot le titre de citoyen anglois, — Ces faveurs accordées par le Roy et le Parlement de la Grande Bretagne rendoient les Canadiens le plus heureux peuple de l'univers.

La province de la Nouvelle York — ^jalouse de l'étendue des limites données au Canada et de l'obstination où étoient les Canadiens de demeurer fidèles sujets au Roy de la Grande Bretagne — se joignirent avec les marchands anglois résidants en Canada pour faire des représentations au Parlement pour le rappel de l'acte \ mais heureusement elles furent sans effet. Car leurs desseins étoient que les Canadiens fussent traités comme ime nation conquise— sans pouvoir jouir des droits et des privilèges des sujets de la Grande Bretagne. D'ailleurs les habitants de la province de la Nouvelle York se voyoient frustrés — par les limites accordées à la province de Québec par l'acte du Parlement — d'une quantité de terre qu'ils espéroient réunir à la leur afin d'envahir le commerce des pays cVen haul au préjudice des Canadiens. N'ayant plus de ressources après toutes ces démarches — ils cherchi'rent les moyens de tromper impunément les halntants du Canada— ^assurés de leur ignorance et de leur ci-éihilité — Le congrès de Philadelphie leur écrivit une leltre insinuante qui fut adressée avec plus de deux (-ents copii's à divers marchands anglois résidants en C;niada iioiir la distribuer aux Caïuulicus, telle (ju'il suit '•'.

I Voir Noies et pièces Ji(sli/iralinc\ II.

'2 Nmis ropiTidiùsdiis cclli' IciUrc (Tainrs lii Ir.'iiliiclion im|irimiM^ A Pliii.'Kliîliili'Kf |)fir i'dnliv (lu Coiiijn's. Les (>.\(iiii|il.iin's on smil aujuiii'- (Ilmi lii'.'^ l'un-s cl c'est par une ('s|l^(•o de hoiilicur que nous avons pu en roncontror un.

II n'est pas nécessaire de l'aire leiniirquer tous les défunts de cotte

Lettre du Congrès aux Canadiens.

Lettre adressée aux hahilans de la Province de Québec^ cidevant le Canada. De la part du Congrès Général de V Amérique Septentrionale.^ tenu à Philadelphie ^

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