‹ Invasion du Canada [microforme]Chapitre 28 sur 86 · ARTICLE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

ARTICLE NEUVIÈME

‘“ Qu'il ne sera pas permis à aucun habitant des campagnes ou Sauvages d'entrer dans la ville, jusqu’à ce que le commandant ait pris possession de la ville et qu'il ait pourvu à sa sureté.

‘“ À Montréal, 12e novembre, 1775.

(Signé) & JN. PoRTEOUS. PIERRE PANET.

R. Hurry. MALHIOT.

J. BLAKE. L. CARIGNANT.

En. Wu. Gray. MÉziÈRE.

JAMES FINLAY. ST. GEORGE Durré.

JAMES McGiL. Guy.”

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“Je certifie que les articles cy-dessus m'ont été présentés, auxquels j'ai fait la réponse suivante :

La ville de Montréal n'ayant ny munitions, artilleries, troupes, ny provision, et n'étant pas au pouvoir des citoyens de remplir aucun article de traité, ne sauroit prétendre à la moindre capitulation.

“ L'armée du Continent ayant un dédain généreux d'aucun acte d’oppression ou violence, est venue exprès pour accorder la liberté et la sureté,—c’est pourquoi le Général engage son honneur de maintenir les individus et communautés religieuses de la ville de Montréal dans la paisible possession de leurs propriétés, de quélque nature que ce soit.

‘ Les habitants, soit anglois, françois ou autres, seront maintenus dans le libre exercice de leur religion.

‘* La malheureuse division qui règne présentement entre la Grande-Bretagne et ses colonies luy ôte le pouvoir de s’engager pour la liberté du commerce avec la mère-patrie. Il ne peut faire de promesse en général pour accorder des passeports--Autant comme cela pourra se concilier avec le bien des troupes et le bien public, il sera heureux de protéger et augmenter le commerce et pour cet effet il promet d’accorder des passeports pour les pays d’en haut, quand il en sera requis.

‘ Le Général espère qu’une vertueuse convention provinciale entrera avec zèle dans aucunes mesures qui puissent contribuer à assurer et mettre les droits de cette province, et de ses sœurs les colonies, sur-une fondation permanente,—Il promet pour luy-mème qu’il ne forcera point les habitants de la ville de prendre les armes con tre la mère-patrie et de contribuer aux frais de la présente guerre.

‘ L'armée du continent est venue dans cette province pour la protéger: c’est pourquoy il ne peut considérer ceux qui sont opposés comme prenant les armes pour sa défense.

‘€ Il n’est pas au pouvoir du Général de s’engager pour

13 novembre, Montgomery prend possession de Montréal,

le retour des prisonniers ; cependant des motifs d’humanité l’engageront à se servir de ses intérêts ! pour leur retour à leurs familles—pourvu que cela puisse se faire sans exposer la sureté publique.

‘ Les mesures les plus promptes seront employées pour établir les cours de justice sur le plan le plus généreux, ‘conformément aux constitutions britanniques.

‘“ Les habitants ne seront obligés à loger les troupes que dans le cas de nécessité, duquel cas le Général sera juge.

‘ Les habitants des campagnes ainsy que les Sauvages n’entreront point dans la ville que les gardes en soient postées.

‘ Demain matin—à neuf heures—les troupes du Continent prendront possession de la partie ? des Récollets.

‘“ Les officiers se trouveront à neuf heures à la Portedes-Réeollets pour délivrer les clefs des magasins publics au Quartier-Maître général.

‘ ILest entendu et déclaré que le présent engagement sera observé par tous les commandants des troupes du continent qui me succèderont à l'avenir dans ce district.

‘“ Daté à Montréal, le 12e novembre 1775.

(Signé) . ‘ RicHarD MONTGOMERY, ° “ Brigadier Général de l'armée du Continent.”

Le treize Novembre, 1775, les Bastonnois entrèrent dans la ville de Montréal et en prirent possession, —Les gardes furent relevées,—Les canadiens de la ville qui étoient de garde s’en retournèrent chacun chez eux—la bayonnette au bout de leurs fusils —tous consternés,— Et l’on fit loger la plus grande partie de la ville et particulièrement les royalistes qui eurent la préférence.

1 des intérêts. (Ms. Ne 2.),..….use his interest for their return, dc. (Version anglaise.)

2 de la porte. (Version anglaise.) 3 Voir Noles et pièces justificatives, LXXXI.

Les habitants des trois faubourgs de Montréal qui ne s'étoient pas, montrés trop bons sujets écrivirent une lettre à Mr Montgomery conçue en ces termes :

“A Monsieur Ricaarp MonTGouery Brigadier Général des forces du Continent—Les habitants de trois fau- ‘“ bourgs de Montréal.

‘ Monsieur,

‘“ Les ténèbres dans lesquelles nous étions ensevelis “ sont enfin dissipées—le jour nous luit, nos chaînes sont “ brisées, une heureuse liberté nous rend à nous-mêmes,— “ liberté depuis longtemps désirée et dont nous avons au. ‘“jourd’'huy pour témoigner à nos frères des colonies ‘ représentés par vous, Monsieur, la satisfaction réelle ‘* que nous ressentons de notre union.

‘# Quoique les citoyens de la ville de Montréal nous ‘“ayent méprisés, et nous méprisent encore tous les jours, ‘ nous déclarons que nous avons en horreur leur con- ‘“ duite envers nos frères et nos amis—Nous disons que “ Ja capitulation par eux offerte est un traité entre deux ‘“ ennemis, et non un pacte de société et d’une union fra- ‘ ternelle.

‘“ Ces mêmes citoyens nous ont toujours regardés et ‘ nous regardent encore comme rebelles,—Nous ne som- ‘“ mes point offensés de cette dénomination puisqu'elle * nous est commune avec nos frères des colonies, mais en “ dépit d’eux, et suivant notre inclination — nous accep. “tons l’union ainsy que nous l'avons acceptée dans nos ‘“ cœurs dès le moment que l’adresse du 26e Octobre 1774 ‘ nous est parvenue, à laquelle nous aurions pu répondre ‘si nous eussions 086 — Vous n’ignorez pas, Monsieur, “ que depuis cette date le silence même étoit suspect et ‘“ que la récompense de celui qui osoit penser et dire ce “ qu’il pensoit étoit la prison, les fers, et pour le moins le “ mépris et l’indignation des citoyens.

“ Nous regardons aujourd'huy ces mêmes citoyens “comme un peuple conquis — et non comme un peuple

Lettre d’adhésion des faubourgs.

‘uni, —Ils nous traitent d’ignorants, il est vray que nous ‘ avons passé pour tels, le despotisme nous absorboit, “ Nous sommes ignorants — disent-ils — mais comment ‘ peuvent-ils nous connoître et décider ce que nous som- ‘“ mes, puisque le vray mérite, l’homme à talent, n’ap- ‘ procha pas même l’antichambre !,—Il est inutile, nous ‘croyons, monsieur, de faire à Votre Excellence un détail ‘* des oppressions et une énumération des auteurs—il ‘viendra un temps plus favorable.

‘ Tout ignorants et rebelles que l’on nous dit être— ‘ nous déclarons—et prions Votre Excellence de com- ‘ muniquer au Congrès des colonies notre déclaration, ‘“ nous déclarons, disons-nous—que nos cœurs ont tou- ‘ jours désiré l’union—que nous avons regardé et reçu ‘ les troupes de l’union comme les nôtres, —en deux mots ‘* que nous acceptons la société à nous offerte par nos ‘ frères des colonies—que nous n'avons jamais pensé être

‘admis dans une société, et profiter des avantages de

18 novembre.

La flotte de Car leton arrêtée à Sorel,

‘ cette même société sans contribuer à la mise. Si nous “ sommes ignorants—nous sommes raisonnables, mêmes “ loix, mêmes prérogatives, contribution par proportion, ‘“ union sincère, société permanente, voilà nos résolu- “ tions conformes à l'adresse de nos frères.”

Cette lettre fut écrite par un nommé Valentin Jautard, et signée par environ quarante personnes des faubourgs de Montréal ?.

Tous les honnêtes gens à Montréal se flattoient que le général Guy Carleton se rendroit à Québec avec les onze navires dans lesquels il y avoit environ trois cents hommes—compris les officiers—les troupes du Roy—et l'équipage des onze bâtiments—Tout le contraire arriva, car ils se rendirent à une demy-lieue au-dessus de Sorelle dix-huit novembre 1775, à quatre heures après midy— Au lieu de passer tout droit—il arrêta, — Il y avoit

1 leur antichambre (?).

2 Voir Noles el pièces justificatives, LXXXII.

envir de v Géné sauvè quelq Quan avec £ canon la gr ments firent été co il ya bâtime trente leur t Sorel, voyant quatre nois s’ constar firent f canonvis de les- nav passer Pourqu de lac sil vou dans la petite c rendre À qui rest capitula Î dans 2? Voir 3 Voir

environ deux cents Bastonnois à Sorel qui furent surpris de voir mouilier les bâtiments, —ils crurent que le Général alloit faire une descente, en conséquence ils se sauvèrent dans les champs et dans les bois, et laissèrent quelques personnes pour examiner ce qui se passeroit, — Quand ils virent que le Général restoit à bord des navires avec son monde ils revinrent le soir avec deux pièces de canon qu'ils mirent à la pointe de Sorel—en barbette sur la grêve—et le lendemain au matin—voyant les bâtiments mouillés encore au même endroit—les Rastonnois firent sortir de la rivière de Sorel une berge—qui avoit été construite à S' Jean aux dépens du Roy—sur laquelle il yavoit une pièce de canon—pour aller tirer sur les bâtiments—A l'instant les navires qui avoient environ trente pièces de canon, levèrent l’ancre et se sauvèrent à leur tour jusqu’à LaValtrie—à sept lieues au-dessus de Sorel, où ils restèrent quatre à cinq jours—et la berge voyant fuir les bâtiments——les poursuivit pendant trois à quatre lieues et s'en retourna à Sorel, mais les Bastonnois s’apercevant que le Général Guy Carleton restoit constamment à bord— dans une saison aussy rude— firent faire—pendant ce temps—trois petites batteries de canon—dont il y en avoit une sur ! l’isle St Ignace vis-àvis de Sorel—pour faire en sorte d'empêcher de passer les-navires—Cependant il n'étoit pas difficile de faire passer les navires devant Sorel, l’on ignore la raison pourquoi ils ne passèrent point, —Les Bastonriois fatigués de la constance du Général—luy envoyèrent demander sil vouloit capituler—on n'a pas sçu la réponse, mais Le Général dans la nuit le Général Guy Carleton partit dans une ne: 1e ous petite chaloupe—avec cinq ou six hommes — pour se ‘Pie. rendre à Québec ?, et le lendemain—le brigadier Prescott qui resta à bord envoya un officier à Sorel pour faire la Le capitulation *—Pendant ce temps il fit jeter toutes les

1 dans (Ms. N° 1).

2 Voir Noles el pièces juslificalives, LXXXIIT.

3 Voir Noles el pièces juslificalives, LXXXIV.

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poudres à l’eau, ensuite les Bastonnois prirent possession des onze navires, avec tous les vivres, artillerie, munitions, ustensiles de guerre etc., après quoy ils profitèrent d’un vent de nord-est pour revenir à Montréal où ils arrivèrent le 22e de novembre, —Aussitôt le Brigadier Prescott envoya un officier à M' Montgommery qui étoit dans la ville pour le prévenir de son arrivée, —Alors M' Montgommery luy écrivit de se rendre le lendemain à dix heures du matin sur la grève devant la porte du marché —avec sa troupe pour mettre bas les armes—et donna ordre que Mr St Luc Lacorne qui étoit à bord resteroit jusqu’à ce qu'il eût décidé de son sort—parcequ'il l’avoit trahy après avoir fait la paix avec lug,— Il l’envoya quelques jours après prisonnier à Boucherville sans l'avoir voulu laisser entrer en ville '—Effectivement le Prescout mel Jendemain—le Brigadier Prescott avec les troupes du

bas les armes de-

nes aovPes Roy qui étoient à bord descendirent à terre et mirent les Montréal, armes bas devant soixante Bastonnois dont la plus grande partie étoit des enfants de quatorze à quinze ans. Thomas Walker qui avoit été pris dans les bâtiments—que le Général Carleton emmenoit aux fers à Québec—vint là pour être témoin de la confusion des troupes, et même il fit plusieurs gestes insolentes auprès du Brigadier Prescott pour l’humilier davantage.— Les troupes du Roy embarquèrent incontinent pour aller à Chambly avec le Brigadier Prescott et les officiers, à l'exception de quelques-uns qui restèrent à Montréal et d’autres à Boucherville.

Montgomery Mr Montgomery profita des bâtiments qui avoient été descend à Qué- À + 3 £ bec sur les væs- pris pour descendre à Québec avec quatre ou cinq cents eaux Se Vi mmes ainsy que tout ce qui étoit dedans appartenant au Roy—qui luy fournirent un grand secours de- toutes les espèces, —Il trouva dans sa route—au pied du Richelieu deux frégates pour le Roy. , Aussitôt qu’elles aperçurent cette petite armée—elles levèrent l'ancre et se sauvèrent à Québec, —Il est certain que si les onze navires n’avoient

1 Voir Notes el pièces juslificalives, LXXXV.

point été pris—qu'il n’auroit point pu aller à Québec, parce qu'il auroit manqué de tout, et de toute nécessité il auroit fallu que les Bastonnois s’en fussent retournés chez eux.—il est même surprenant que les deux frégates qui étoient au bas du Richelieu se soient sauvées à Québec sans avoir livré un combat—d’autant plus qu’elles étoient plus fortes—mais tout conspiroit à notre perte. Le Sieur David Wooster qui commandoit les Bastonnois à Montréal après le départ de Mr Montgomery pour Québec fit faire et distribuer plus de trois cents copies de la lettre suivante dans la province de Québec :

Lettre du Général Georges Washington écrite au peuple du Canada.

Par Son ExcxzeNce GEORGES WASHINGTON, Commandant en Chef des Armées des Provinces Unies de l'Amérique Septentrionale.

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