‹ Invasion du Canada [microforme]Chapitre 29 sur 86 · AU PEUPLE DU CANADA · texte numérisé non relu

AU PEUPLE DU CANADA

Amis et Frères,

“ La conteste dénaturée entre la colonie américaine et “ la Grande Bretagne est arrivée au point que les armes ‘“ seules peuvent la décider—Les colonies se fiant à la

Wovwster commande à Montréal,

Il fait distribuer une lettre de Washington,

‘ justice de leur cause et à la pureté de leurs intentions—

‘“ sont obligées de s'adresser à cet Etre qui règle tous les “ évènements humains—Jusques ici, il a béni leurs ver- ‘ tueux efforts, la main de la tyrannie est arrêtée dans le ‘“ cours de ses ravages, et les armes britanniques qui ont “ brillé avec tant d'éclat dans toutes les parties du monde ‘ sont ternies, disgraciées et frustrées, des généraux de “ de la plus haute expérience et qui se sont vantés de ‘ subjuguer ce grand continent se trouvent resserrés en- ‘tre les murailles d’une seule ville et de ses faubourgs, “ souffrent toute la honte et la détresse d’un siége, tandis ‘t que les enfants de l'Amérique animés par l’amour de “ la patrie et le principe de la liberté générale s'unissent ‘‘ de plus en plus chaque jour—se perfectionnent en dis-

‘ cipline, repoussent avec courage les attaques et mépri ‘‘ sent tous les dangers,—Nous nous réjouissons surtout “que nos ennemis [se] sont trompés à votre égard,— “ Ils se sont flattés—ils ont osé dire que les peuples du ‘* Canada ne furent nullement capables de distinguer en- ‘ tre les douceurs de la liberté et les misères de la servi- ‘“ tude,— qu'on n'auroit qu’à flatter la vanité d’un petit ‘“ nombre de votre noblesse pour éblouir les yeux des ‘“ Canadiens. Ils ent cru par cet artifice, vous rendre ‘ faciles à toutes leurs vues.—Mais ils se sont heureuse- “ ment trompés,—Au lieu de trouver en vous cette bas- ‘ sesse d'âme, et pauvreté d'esprit, ils voyent avec un ‘* chagrin égal à notre joie que vous êtes hommes éclai- “ rés, généreux, et vertueux, que vous ne voulez ny re- ‘“ noncer à vos propres droils, ny servir en instrument ‘“ pour en priver les autres.

‘“ Venez donc, mes chers confrères, unissons-nous dans un nœud indissoluble, courons ensemble au même but # — Nous avons pris les armes en défense de nos biens, “ de notre liberté, de nos femmes et de nos enfants— ‘ Nous sommes déterminés de les conserver ou de mou- “ rir—Nous regardons avec plaisir ce jour peu éloigné ‘“ (comme nous l’espérons) quand tous les habitants de “ l'Amérique auront le même sentiment et goûteront les ‘“ douceurs d’un gouvernement libre.

‘ Incité par ce motif et encouragé par l'avis de plu- “ sieurs amis de la liberté chez vous—le grand Congrès ‘ américain à fait entrer dans votre province un corps de ‘‘ troupes sous les ordres du Général Schuyler, non à ‘ piller mais à protéger, pour animeret mettre en action “ les sentiments libéraux que vous avez fait voir et que ‘ les agents du despotisme s'efforcent d’éteindre par tout ‘ le monde-—-Pour aider à ce dessein et pour renverser “ le projet horrible d’ensanglanter nos frontières par le ‘ carnage des femmes et des enfants—-j'ai fait marcher le “ Sieur Arnold Colonel avec un corps de l’armée sous ‘ mes ordres pour le Canada—Il [lui] est enjoint—et je

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DES BASTONNOIS EN CANADA. ot

“ suis certain qu'il se conformera à ses instructions —de ‘se considérer et agir en tout comme dans le pays de ses “ patrons et meilleurs amis. Les nécessaires et muni- “ tions de toutes sortes que vous luy fournirez, il recevra “ avec reconnoissance et en payera la pleine valeur,—Je “ vous supplie donc—comme amis et frères —de pourvoir ‘ à tous ses besoins, et je vous garantis ma foy et mon

.“ honneur pour une bonne et ample récompense—aussy

‘ bien que votre sureté et repos.

“ Que personne n’abandonne sa maison à son approche ‘que personne ne s’enfuye—la cause de la liberté et de “ l'Amérique est la cause de tous vertueux citoyens améri- “ cains—quelle que soit sa religion, quel que soit le sang “ dont il tire son origine, —Les colonies unies ignorent “ ce que c’est que la distinction hors celle-là que corrup- “ tion et l'esclavage peuvent produire.

Allons donc, chers et généreux citoyens—rangez-vous “ sous l’étendard de la liberté générale que toute la force “et l’artifice de la tyrannie ne soient jamais capables “ d'ébranler.

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