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Montréal, et les firent descendre à Québec—joints à ceux qui avoient été pris dans les onze navires—{[ils] formoient une certaine quantité.
Le Sieur Wooster recommençant encore à vouloir troubler les citoyens de Montréal, il donna ordre le dix-huit à M. Hertel de Rouville de se préparer à partir pour les colonies. Les citoyens s'assemblèrent encore de nouveau et furent le trouver pour luy faire des représentations à ce sujet.—Il répondit qu’il regardoit tous ceux qui étoient présents comme des ennemis et des coquins ! et que dans quelque temps les choses iroient autrement.
Les habitants des campagnes commencèrent à porter des plaintes au Sieur Wooster contre leurs curés de ce qu’ils leur refusoient l’absolution parce que quelques-uns d'eux avoient voulu prendre les armes pour les Bastonnois.—[l en fut deux avec James Price qui se trouvoit partout, au Séminaire pour parler à M. Montgolfier, supérieur ecclésiastique du district de Montréal, lequel fut envoyé chercher par le Sieur Wooster qui avoit dessein de l'envoyer prisonnier avec plusieurs prêtres dans la colonie, — Mais l'épouse de James Price fut demander leur grâce, —Il est certain que le clergé du Canada s’est distingué et que les prêtres ont rendu de grands services au Roy de la Grande Bretagne dans cette circonstance— ce qui leur attira beaucoup de persécutions de la part des Bastonnois.—Car plusieurs furent envoyés chercher avec des gardes, et menés au camp des Bastonnois—et au moment d’être envoyés prisonniers dans les colonies, —Il est vray aussy que l’Evêque de la province de Québec avoit envoyé un mandement à tous les curés de la province au commencement des troubles d’exhorter les habitants de prendre les armes pour le Ro, et de se montrer bons et fidèles sujets à Sa Majesté ?,
1 Voir Notes et pièces justificatives, LXXX VI. ? Voir Notes el pièces justificatives, LVXXII.
18 janvier, Wooster conti= nue ses perséuu tions,
Conduite du clergé,
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| { 96 LE TÉMOIN OCULAIRE DE LA GUERRE | : 1} Es Comme les Bastonnois commencèrent à être fatigués con DA tonpois, de faire la guerre dans une saison aussi rude et que le de t: | peu de succès les décourageoit beaucoup—ils commen- Mon € cèrent à déserter. En conséquence, le Sieur Wooster fut l'égl fi obligé d'envoyer une forte garde à St Jean pour arrêter Pric 4 les déserteurs qui se sauvoient de toutes parts. Alors le syr Sieur Wooster qui commandoit à Montréal fit publier ny d une espèce de proclamation pour empêcher le public de D Les o parler de leurs affaires, et de tenir le silence— sous peine s'élex d'être envoyé prisonnier dans les colonies, — Effective- . se sé ment elles étoient si mauvaises qu’il étoit impossible qu’ils les of puissent rester en Canada sans le consentement tacite des chez habitants qui commençoient à revenir de leur erreur, et qu'il : de voir que sept à huit cents hommes bastonnois qui D Ils étoient dans tout le Canada leur faisoient la loi. qu'ils phouxeaux ef Le Sieur Wooster qui ne se trouvoit point en sureté dèren re commença à chercher les moyens de mettre la division l'avoie non | entre les canadiens afin de les faire quereller entre eux, de che l À 1 pour qu’ils fermassent les yeux—comme ils disoient '— qui étc (ii oi sur les affaires des Bastonnoïis,—Il leur ordonna que tous et leur 1! Œ les officiers de milice de la ville luy remettroient leur qu'ils TUE commission, —Ils refusèrent dans le moment en luy disant milice ASS : que s'ils étoient obligés de se retirer du Canada—qu'ils ainsy q | à [A les laisseroient partir avec son monde, sans le poursuivre el préf no 1 ny faire aucune démarche au préjudice des Bastonnois,— Le c ol |! Alors le Sieur Wooster leur répondit qu'il étoit content firent nl | du sentiment pacifique de la ville—que cependant plu- Pour 0 ai {à sieurs officiers des campagnes luy avoient rendu leurs haut dd no |! f commissions, —Ils repliquèrent à cela que c'étoit la ville douze |'l qui donnoit le ton à la campagne. envoyer 1h egsadiens er Quelques jours après, M" Dufy Desaunier, colonel des ab e l des citoyens. milice, Neveu Sevestre—lieutenant colonel, St George e Six f Dupré, major Edward William Gray aussy major des vesire, & D | milices angloises furent arrêtés—avec ordre d'aller pri- P'isonni 4] ! fl sonniers au fort Chambly—Alors plusieurs personnes és on | l'auteur se | 4 1 Il faut lire sans doute: comme il disoit. employé p
convoquèrent une assemblée ponr chercher les moyens de trouver la tranquillité pour les citoyens de la ville de Montréal, —L'assemblée se fit le premier février 1776 dans l'église des Récollets à trois heures après-midy,—James Price qui se trouvoit partout avec plusieurs Bastonnois s'y rendirent—et pour empêcher qu’il n’y fûtrien proposé ny délibéré —il commença à parler, et dit qu’il falloit que les officiers de milice rendirent leurs commissions—Il s'éleva plusieurs disputes à cette occasion et l’assemblée se sépara sans avoir rien fait ny voulu,—Le iendemain les officiers de milice anglois et canadiens s’assemblèrent chez le Sr McGill pour délibérer entre eux sur le parti qu’il y avoit à prendre à l’occasion de leurs commissions, —Ils furent d'avis de les aller rendre au Sr Wooster—ce qu'ils firentincontinent--Mais il y eneut plusieurs qui gardèrent la leur dans leur poche—en disant aux autres qu’ils lavoient rendue, et se trichèrent entre eux—En sortant de chez le Sieur Wooster plusieurs officiers bastonnois qui étoient présents à cette cérémonie se moquèrent d'eux et leur crièrent à la hou! et leur firent huée, confusion qu'ils méritoient d'autant plus que plusieurs officiers de milice de la campagne à qui ils devoient donner le ton— ainsy qu'ils l’avoient dit—avoient refusé de rendre la leur et préféré d’être envoyés prisonniers dans les colonies.
Le cinq de février 1776—les marchands voyageurs firent une autre assemblée dans l’église des Récollets pour obtenir des permis pour monter dans les pays d’en haut de bon printemps—Leur dessein étoit de nommer douze députés moitié anglois et canadiens pour les envoyer au congrès pour cet effet, mais les meilleurs sujets en empêchèrent.
Le sixde février, Messieurs Dufy-Desauniers, Neveu-Sevestre, St George-Dupré, Edward William Gray partirent prisonniers pour Chambly—à qui le Sr. David Wooster
1 C'est sans doute le mot anglais hue, en français huée, comme l'auteur semble le traduire ici même, et non pas le mot français hou employé pour parler aux chiens de chasse.
1 février, à
6 février, qui Assemblée des è commis-voyageurs,
6 février, Citoyens envoyés prisonniers à Chambly
demanda devant leur départ leurs commissions d’officiers de milice, mais qu’ils ne voulurent point donner,— Jusqu’alors les Bastonnois avoient agi avec précaution, et il sembloit qu'ils ne vouloient point s'écarter du traité fait avec M. Montgomery, mais ils commencèrent à violer tout, malgré qu'ils n’avoient pas plus de mille hommes dans tout le Canada—y compris ceux qui étoient devant Québec—sur lesquels il y avoit plus de deux cents malades ;—Quoiqu'il n’y eût qu'environ cinq cents hommes devant Québec, ils tinrent la ville bloquée tout l'hiver jusqu’au six de May—dans laquelle il y avoit près de deux mille hommes ! sous les ordres du Général Guy Carleton, qui y restèrent * renfermés sans oser sortir de la ville.
pafensonges des Dans ce temps, les Bastonnois s’exerçoient à faire courir
mille mensonges, on ne pouvoit plus sçavoir un mot de vérité,—Ils annonçoient qu'il alloitleurarriver vingt mille hommes de renfort ; les royalistes furent obligés de sortir de leurs maisons le moins qu’il leur étoit possible, —ils n’osoient parler.—Les habitants des campagnes étoient commandés—à tour de rôle, pour faire des corvées,—Le Sr, Wooster envoya à Québec plusieurs traînes chargées de vivres, ainsi que les canons qui avoient été pris sur la MM. Papineau Citadelle de Montréal, —-Les Sieurs Lamotte * et Papineau
semoteque. partirent de Montréal pour Québec où ils arrivèrent heu-
bec, reusement #,
28 février, Le vingt-huit de février 1776—Moïse Hazen —qui étoit pes un officier réformé—revint des Colonies avec une comégimenten mission de Colonel pour les Bastonnois,et Edward Antill
—Lieutenant-Colonel—-avec ordre de former un régiment
Lettre aux €n Canada. Ils apportèrent une lettredu Congrès adressée
Canadiens, aux Canadiens ainsy qu'il suit:
Corvées,
1 Notes et pièces justificatives, LXXX VIII.
2 restoient. (Ms. N° 2.)
3 Lamothe.
4 Notes et pièces justificalives, LXXXIX.
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