ORDONNANCE
Qui règle les milices de la province de Québec et qui les rend d'une plus grande utilité pour la conservation et la sureté d’icelle. °
Couue Son Excellence, le Capitaine Général et Gouverneur en chef de cette province, est, en vertu des commis. sions de Sa Majesté, données sous le grand Sceau de la
Grande Bretagne, autorisé à lever, armer, incorporer, com-
mander et employer tous les résidants dans cette pro-
vince, et lorsqu'il en sera besoin, de les faire servir, marcher et transporter d’une place à une autre, à l'effet de résister et s'opposer à tous ennemis pirates et rebelles, tant par terre que par eau, lesquelles commissions en l’ab. sence du Capitaine Général, le Lieutenant-Gouverneur ou
Commandant en chef de la province, est autorisé d'exécu-
ter; et comme le bon ordre et la discipline des dites mili-
ces peuvent être à l'avenir d’un grand service pour pré-
server etsauver la province de tous ennemis usurpateurs : Il est statué par le Capitaine général et Gouverneur en chefde la province, de l'avis et consentement du Conseil
Législatif d’icelle ce qui suit que:
Tous particuliers tant dans les villes que dans les campagnes, depuis l’âge de seize ans jusqu’à soixante, sont obligés de servir dans la milice de la paroisse où ils sont domiciliés ; et du jour et après la publicaticn de cette ordonnance, tous particuliers (excepté ceux cy-après exceptés) qui refuseront de servir ou qui négligeront de venir $’enrôler sous les officiers nommés par Son Excellence le Capitaine-Général et Gouverneur en chef, dans les différentes paroisses, encourront l’amende üe cinq livres—et pour un second refus, ils seront, en outre et par-dessus une pareille amende de cinq livres, privés, pour second refus, du privilége de garder et de porter aucune arme à feu quelconque sous peine de la même
pre cha por au nôg four du F voisi bon moit tout venti inflig missi table dimai lappo tricte par Id chef, comm
Tous verron ordonn milices différe ciens el Comme de s'en
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rernise la omprorvir, effet Iles, lab.
ar où xécumilipréeurs :
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amende de cinq livres ou d’un mois de prison pour chaque fois qu'ils seront convaincus de s'être servi ou d’avoir gardé de telles armes à feu.
Tous les miliciens dont la vie et la conduite seront prouvées indignes et deshonorantes au corps, en seront chassés et également privés du privilége de garder et de porter aucunes armes à feu, sous les peines mentionnées au précédent article, et tant ceux qui auront refusé ou négligé de s’enrôler, que ceux qui en seront chassés, fourniront des traines et autres voitures pour le service du Roy, lorsqu'ils en seront requis, doublement que leurs voisins de leur paroisse qui auront diligemment et de bon cœur fait leur devoir comme miliciens «et pour la moitié du prix, pourvu qu'après l'expiration d’une année, tout homme qui aura commis quelques-unes des contraventions ci-dessus mentionnées, et souffert les peines infligées par cet article et le précédent, et qui fera sa soumission au capitaine de milice, en présente des plus notables habitants de la paroisse à la porte de l’église un dimanche ou quelques autres jours de fête, sera, après le rapport qui en aura été fait au coloneldes milices du dis trictet approuvé par le Capitaine Général ou en son absence par le Lieutenant-gouverneur ou le Commandant en chef, rétabli au corps, en aura les priviléges et agira comme s’il n’avoit pas commis telle contravention.
ARTICLE à.
Tous capitaines de milice dans chaque paroisse, enverront—vingt jours après la publication de la présente ordonnance,ou plus tôt s’il est possible—aux colonels des milices ou inspecteurs, lorsqu'ils seront nommés pour les différents districts, un rôle du nombre d'officiers et miliciens en état de servir dans leurs différentes compagnies, comme aussy un état de ceux qui pourront avoir refusé de s'enrôler ou qui auront désobéi aux ordres 5 leurs
officiers supérieurs et à l'avenir tels rôles avec les changements qui auront pu arriver dans le dernier douzième mois, seront envoyés par les capitaines aux colonels des milices ou inspecteurs, lorsqu'ils seront nommés, dans le dixième ou quinzième jour du mois de mars au plus tard of
dans chaque année. le da:
ARTICLE 4. pi
qui
Tous particuliers appartenant à une compagnie de } con milice à laquelle ils sont attachés, ne pourront quitter Ma, leurs domiciles ordinaires sans en avertir leur capitaine plai ou officier commandant ainsy que du lieu où ils entendent età s'établir, et tous ceux qui iront ainsy s'établir dans une ordi autre paroisse en avertiront le capitaine ou officier com- qu'i mandant de la paroisse où ils s’établiront, sous peine refu d’une amende de quarante chelins pour la première ne p . contravention et d’une pareille somme en cas de récidive del
et d’un mois de prison.
Les capitaines ou les officiers commandant les milices, assembleront les deux derniers dimanchesdu mois de juin et les deux premiers dimanches du mois de juillet leurs compagnies dans le lieu le plus commode dans leurs différentes paroisses, pour visiter leurs armes, les faire tirer au blanc et les instruire de leurs devoirs, et ceux qui
désobéiront ou qui ne paraitront point dans ces jours
| d'exercices ou dans les autres temps, que les colonels des
milices, les inspecteurs ou autres autorisés à faire la
| revue ou à les exercer, par ordre exprès du Capitaine Tou
général ou en son absence, du Lieutenant Gouverneur ou domes 1! Commandant en chef, l’ordonneront, encourront la- etqui | | mende de dix schellings pour chaque faute, à moins qu'ils niront
n’ayent premièrement demandé et obtenu la permission et à la
de s’absenter sur quelques bonnes raisons,
an- ARTICLE 6.
ot En temps de guerre, de rébellion, ou en autres cas de urgents, suivant que les circonstances l’exigeront, des Fe officiers, des sergents et miliciens ainsy que l’ordonnera le Gouverneur, le Lieutenant-Gouverneur ou le Commandant en chef, seront tirés des différentes compagnies pour marcher de leurs différentes paroisses à l'endroit, qui leur sera commandé et serviront—quoique toujours dé comme milice, conjointement avec les troupes de Sa iitor Majesté, sous la conduite et inspection des officiers qu’il Are plaira au Commandant en chef de nommer à cet effet ; dont et à la fin de la campagne ou du service qui leur aura été de ordonné, ils retourneront chez eux ; mais non pas avant ai qu'ils en ayent été dûment congédiés. Tous ceux qui peine refuseront d’obéir à tels ordres, qui se cacheront ou qui Libre ne paraîtront pas au lieu ordonné, encourront le double fat de l'amende infligée par le premier article de cette ordon- . nance, et quiconque quittera le service, lorsqu'il aura été incorporé, sera en outre chassé du corps, et il ne luy sera jamais permis d'y entrer, et quiconque achètera des armes, munitions, ou équipements, délivrés des magasins de Sa Majesté, aux milices incorporées, ou quelques mulices, nitions sorties des dits magasins, pour exercer la dite , e juin milice, encourra l'amende d’une somme de cinq livres leurs pour chaque contravention, qui sera prélevée sur le serdiffé- ment d'un témoin digne de foi, pardevant un des comtirer missaires de la paix dans le district où telle contravention x a aura été commise.
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itaine ur ou nt J’aqu'ils ission
Tous habitants au-dessus de soixante ans qui aurontun domestique ainsy que tous autres tenant terre en roture etqui n’en sont point exempts par cette ordonnance, fourniront chacun à leur tour sur les ordres du gouvernement et à la requisition des capitaines de milice, des charettes,
RESTE FOTRRS ESS En ss +
traîines, ou autres voitures pour le service du Roy, qui seront payées par jour au prix qu’en fixera le Commandant en chef, et si quelqu'un d'eux néglige ou refuse de les fournir, déserte ou quitte le service sans en avoir été dûment déchargé, il encourra pareillement les amendes ordonnées par le premier article.
ARTICLE à.
Les capitaines et autres officiers de milice qui n'obéiront point à leurs supérieurs ou qui seront convaincus d’avoir agi avec partialité , d’avoir exempté quelqu'un, sans y avoir été pleinement autorisé ou qui en commanderont d’autres hors de leur tour soit par pique ou ressentiment, seront privés de leurs commissions ct obligés de servir comme simple milicien.
Les capitaines et autres officiers de milice arrèteront tous déserteurs, soit soldats ou matelots, tous vagabonds ou tous autres voyageurs dans leurs différentes paroisses, soupçonnés d'être espions des Colonies rebelles, de leur porter des nouvelles ou d'entretenir correspondance avec
elles. Tous hommes semant de faux rapports au pré- :
judice du gouvernement, où quittant la province sans un passe-port du Capitaine Général, ou en son absence du Lieutenant-Gouverneur ou du Commandant en chef, et qui que ce soit dans les villes ou dans les campagnes, qui logera ou cachera des déserteurs, vagabonds ou autres gens suspects tels que dessus, ou qui aidera et assistera quelqu'un quittant la province sans un passeport, sans en donner immédiatement connoissance aux capitaines de leurs différentes compagnies dans les campagnes et dans les villes de Québec, de Montréal et des Trois- Rivières, aux colonels ou officiers commandants ou autres officiers nommés à cet effet, encourra pour la première fois, si c'est un domicilié dans les villes, l'amende de dix
inf lors qua pec ven paix sche le cc dits étan mise trict, mai et d’e mises peine leurs provi applic Majes dera d la pri chassé son ab en che (except donné une co déterm
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nt les té les
béius un, \anresigés
ront onds sses, leur avec présans edu f, et , qui tres stera sans ines s et r'oisitres ière dix
livres et un mois de prison, et si c'est un habitant des ||] campagnes, celle de cinq livres et le même temps de 114 prison, et en cas de récidive—le double de la somme et de Î
la prison—ainsy pour chaque autre contravention de telle nature.
Dans tous les cas où la façon de poursuivre les amendes infligées par cette ordonnance n’a point été ordonnée, lorsque l'amende imposée n’excédera point la somme de quarante schellings, un officier-major des milices ou l'inspecteur quand il sera nommé, du district où la contravention aura été commise, qui sera commissaire de la paix, et lorsque l'amende excédera la somme de quarante schellings et qu’il y aura peine d'emprisonnement contre le contrevenant, deux officiers de l'état-major ou un des dits officiers ou l'inspecteur comme il est dit cy-dessus, étant du district dans lequel la contravention aura été commise, ou deux autres commissaires de la paix du dit district, est et sont par ces présentes autorisés sur une information faite pardevant eux, d'en prendre connoissance, et d'entendre sommairement toutes contraventions commises contre le sens de cette ordonnance pour infliger les peines et prélever les amendes par un ordre sous son ou leurs seings et sceaux, et de remettre tout l'argent que proviendra au Receveur-Général de la province, qui sera appliqué ainsy qu'autre argent public au profit de Sa Majesté, sujet néanmoins, dans le cas où l'amende excédera dix livres, et où le contrevenant seroit condamné à la prison pour plus de temps qu'un mois ou qu'il soit chassé de la milice, à un appel devant le Gouverneur ou en son absence, le Lieutenant-Gouverneur ou Commandant en chef, et cinq des Membres du conseil de Sa Majesté (excepté les commissaires de la paix qui auront entendu et donné la sentence) qui sont par ces présentes constitués une cour d'appel à cet effet et autorisés à l'entendre et déterminer définitivement.
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= =» — RES - ES — 2x
Les membres du conseil de Sa Majesté, les juges et autres officiers du gouvernement civil, les seigneurs qui sont ici nommés seigneurs primitifs, la noblesse qui étoit comme sous l’ancien gouvernement du pays, les officiers à demi payés ou réformés, le clergé, les étudiants des Séminaires de Québec et de Montréal, et les particuliers employés dans les offices utiles au public, sont exempts de servir dans les milices ou de fournir des voitures pourvu toujours que rien dans cette ordonnance ne puisse s’étendre à exempter les seigneurs ou la noblesse de rendre les services personnels suivant l’ancien usage et ceux auxquels ils sont tenus par la tenure de leurs terres, toutefois et quand le Gouverneur, ou en son absence, le Lieutenant-Gouverneur ou le Commandant en chef jugera nécessaire de les en requérir.
Cette ordonnance sera en force pendant deux années et en outre jusqu'à la fin de la séance du Conseil Législatif de cette province qui se tiendra dans l’année mil sept cent soixante dix-neuf.
(Signé) GuY CARLETON.
Statué et ordonné par la susdite autorisation et passé en Conseil sous le grand sceau de la province au Château St Louis en la ville de Québec, le vingt-neuvième jour du mois de mars dans la dix-septième année du règne de notre Souverain Seigneur Georges III, par la grâce de Dieu, Roy de la Grande Bretagne, de France et d'Irlande, defenseur de la foy, &e., &c., &c., et de l’année mil sept cent soixante et dix-sept.
Par ordre de Son Excellence, (Signé)
J. Wizuriaws, C. L. C.
Traduit par ordre de Son Excellence, F. S. Cucner, $. F.
pa.
sai,
Mont et les Mont:
s'ils e naire Casior qu'ils
2 Eri
En vertu de cette ordonnance, les habitants ont payé des sommes considérables au gouvernement, surtoutceux
Par suite de cette ordonnance, des excations
se . , . z te ises.
qui étoient commandés pour faire les corvées dans l'au- "7"
tomne—pour transporter les vivres et autres effets en bateaux—à l'Isle aux Chevreuils !située dans le lac Kirié ?, à plus de cent lieues de Montréal—parce que dans cette saison—surtout dans le mois de Novembre—où ils se formoient beaucoup de glaces et tomboit beaucoup de neige, ils abandonnoiïent les bateaux pour s’en revenir chez eux,—Aussitôt ils étoient poursuivis chacun pour payer la somme de cinq livres d'amende, quoiqu'il parût souvent impossible de continuer la route à cause dé la saison trop rigoureuse.
Dans le cours de l'hiver, il fut construit plusieurs navires à St Jean pour former une marine respectable dans le lac Champlain, — Chacun se flattoit de voir entrer dès le mois d'avril 1777, l’armée en campagne, mais il fallut attendre des nouvelles de Londres. le général Bourgoyne arriva à Québec le six de may—on apprit alors qu'il commandoit l’armée,—Il fallut commencer à faire les préparatifs pour la campagne qui dura jusqu'aux environs du vingt de juin.
A la fin de may, il arriva à Québec tous les prisonniers qui avoient été faits en Gariada par les Bastonnois—dans lesquels il y avoit plusieurs personnes de distinction.
Le général Guy Carleton donna ordre de former trois compagnies de Canadiens de cent hommes chacune— M. Samuel MacKaye—qui étoit un des capitaines—recevoit à Montréal les miliciens à fur et à mesure qu'ils arrivoient et les faisoient mettre dans le couvent des Récollets—à Montréal avec défense d’en sortir sans permission—comme s'ils eussent été prisonniers—Cette conduite si extraordinaire déplut si fort aux Canadiens qu'ils cherchoient l’occasion de s'évader, avec ce qu’on leur, faisoit entendre qu'ils étoient engagés comme soldats,—Le général donna 1 Noles el pièces justificatives, CIV,
? Erié,
La campagne ue commence pas au printemps,
6 mai. Bourgoyne est chargé des opérations militaires,
Prisonniers rendus par les rebelles.
Compagnies €e Canadiens formées.
EIRE DE SEE ESC SRE
M, S. McKay,
20 juin, Bourgoyne se met en
marche, — St Léger chargé d’une expédition,
ordre de commander deux hommes mariés à la place de chaque garçon qui avoit déserté. Les trois compagnies furent bien vites complètes—Deux passèrent avec l’armée par le lac Champlain et la troisième par Chouagatsy ! avec le colonel St Léger.
M: Samuel MacKaye qui étoit un des capitaines, laissa sa Compagnie pour aller volontaire dans l’armée du gé. néral Bourgoyne parce que le général Guy Carleton ne voulut point luy donner de commission, ce qui luy causa beaucoup de désagrément, car il n’eut plus d'emploi ?, Cependant, c'étoit un très-brave officier—qui avoit été fait prisonnier dans les retranchements de StJean par les Bastonnois—et qui se sauva d'avec eux après avoir été maltrailé—Le général Guy Carleton l’avoit envoyé dans le mois de février dernier avec vingt-cinq Canadiens et Sauvages dans les Colonies—pour y faire des prisonniers avec toujours ordre de ne point tirer, —Ils attaquèrent, quand ils furent rendus près d’Albanie, vingt-huit à trente Bastonnois—dont ils en firent vingt-deux prisonniers— qu’ils amenèrent à Montréal après s'être battus avec eux à coup de crosse de fusil et de sabre,—ils en tuèrent sept à huit—pour exécuter les ordres du général, car il n’y a jamais eu d'exemple de faire la guerre sans tirer des coups de fusil ; on ignore encore pourquoi cet ordre de ne point tirer sur les Bastonnois a été donné ; on ne peut penser que ce [n’Jétoit que pour épargner le sang.
Le général Bourgoygne étant parti le vingt de juin pour
st. commander l’armée et entrer dans les Colonies, le géné-
ral Guy Carleton fut jusqu’à St Jean ou lIsle-aux-Noix pour luy livrer le commandement des troupes du Roy—et se séparèrent pas trop contents l’un de l’autre.
Le Colonel St Léger fut nommé commandant d'une petite armée d'environ huit cents hommes de troupes, une compagnie de cent hommes canadiens et environ
1 Noles el pièces juslificalives, OV.
2 Noles el pièces juslificalives, GVI,
doi vis
gué dep vèr suit eux tou diste jusq les n actio cents tinua une I les B ver à Le ; ment.
tit que les Ca nada à les cor
L Star ? Mot à Mole
usa loi ?.
, été r les r été dans ns eL niers rent, rente ers— c eux t sept n'y à r des re de peut
pour éné- Noix y—et
‘une upes, iron
cinq cents Sauvages pour passer par la Galette et Chaougatsy pour prendre le fort Stanix !.
Il sera [ne] parlé que peu et légèrement dans ce journal des armées du général Bourgoyne et du Colonel St Léger parce que les faits les plus remarquables se sont passés hors la province de Québec,—Il ne sera rapporté seulementce que l’on en disoit en Canada.
Le général Bourgoyne se rendit à Carillon sans trouver aucun ennemi à sa rencontre. Sitôt que les Bastonnois le virent arriver devant Carillon avec son armée, ils abandonnèrent les forts et les retranchements remplis de provisions, d’artilleries, de munitions et d’ustensiles de guerre—et laissèrent un grand pont qui communiquoit depuis la terre du sud jusqu'à Carillon par où ils se sauvèrent—qui facilita beaucoup les troupes du Roy à poursuivre les Bastonnois,—Le major Grant futenvoyé après eux pour les poursuivre avec cinq à six compagnies de thoupes légères et grenadiers : il les rattrapa à une petite distance et les attaqua, et soutint le feu des Bastonnois jusqu’à ce que les troupes allemandes furent arrivées, qui les mirent en fuite? Le major Grant fut tué dans cette action avec quelques officiers, et il y eut environ trois cents Bastonnois faits prisonniers. L'armée du Roy continua sa route jusqu’au fort la Reine où il y eut encore une petite action—ensuite jusqu’au fort de Edward que les Bastonnois abandonnèrent et brülèrent pour se sauver à Albanie®.
Le général Carleton, après avoir livré le commandement au général Bourgoygne, revint à Montréal, et repartit quelques jours après pour Québec.—Dès le printemps, t les Canadiens, depuis l'extrémité de la province du Canada à l’autre, ne cessèrent point d'ètre commandés pour les corvées—tant avec leurs voitures à deux chevaux que
1 Stanwix.
? Noles el pièces juslificalives, CVII.
à Noles et pièces juslificalives, CVTIII.
Carleton ervient à Québec.
—Manière injuste dont on traite les Cana-
diens,
pour conduire les bateaux, pour transporter les troupes, vivres, munitions, bagages, eic., aux deux armées, sans être payés,—On les transportoit quelquefois jusqu’à soixante et quatre-vingts lieues de leur famille, et ceux qui | refusoient de marcher—on les faisoit mettre en prison. | On envoyoit mème des troupes à discrétion dans leurs maisons, qui tuoient les moutons, vaux, volailles, et même souvent voloient leurs hardes —tout cela étoit comme autorisé, et le général Guy Carleton à qui l’on portoit des plaintes, souffroit tout cela sans y mettre aucunes oppositions. Si les Canadiens ont montré de la mauvaise disposition à prendre les armes contre les Bastonnois en 1775, ils l’ont bien payé par les mauvais traitements qu'ils ont reçus depuis!—Il est à observer que les Anglois résidants en Canada n’ont jamais fait aucune corvée—Pour quelles raisons ? C'est ce que j'ignore. il Cependant il ne devoit point avoir de distinction sans in- A I justice, —Nonobstant toute la peine que les Canadiens
avoient pour les corvées qu'ils faisoient gratis, ils lo-
geoient encore les troupes chez eux—où il se commit | plusieurs viols,—[1 falloit encore que les Canadiens vins-
sent à fournir aux officiers qui étoient en garnison dans les
campagnes, plusieurs voitures et chevaux de selle tous les
jours d'ordonnance—soit pour les promener—ou à au- S tres services, et tout cela gratis.
| t4aoû, A. Le quatorze août 1777, le général Bourgoyne envoya Metons "un détachement de troupes, Canadiens, Sauvages et Royalistes des Colonies, qui formoit environ sept à huit cents hommes—à Bennington pour prendre tous les bœufs et chevaux qu’ils pourroient amener au camp. En arrivant dans cet endroit—ils s'emparèrent d'un magasin rempli de vivres et de toutes sortes d'outils — avec quarante ou cinquante hommes bastonnois qui y étoient de garde. Ce détachement resta trois jours à ramasser les bœufs et chevaux—Pendant ce temps, les Bastonnois s’assemblèrent
1 Le JS. N° ? porte Deplus : il faudrait alors changer la ponctuation,
Bot dot
Lég Star dan:
jour mon pren St Lé bloq capit conti ordre laissa que Li y eut à leu:
l'arm.
beauc les Sa:
es, ins Oiqui on.
urs , et toit l'on ale la Bastraique cune nore.
js indiens s loimmit É vinsns les us les à au-
voyà Royacents ufs et ivant empli ite ou de. Ce st chelerent
uation,
au nombre d'environ trois ou quatre mille hommes, et le seize cernèrent le détachementet l’attaquèrent si vivement 16 mai. à l'heure qu’ils y pensoient le moins, qu’ils furent presque
tous tués et faits prisonniers avec deux pièces de canon
de quatre qu'ils avoient. Quelques heures après, ilarriva
un renfort des troupes du Roy d'environ neuf cents hom-
mes avec deux pièces de canon de six —que le général Bourgoyne avoit envoyé pour secourir le premier détachement,—Mais les Bastonnois les attaquèrent inconti-
nent, les mirent en déroute avec une perte considérable,
et furent obligés, pour se sauver, de laisser leurs deux pièces de canon, quoique les troupes se fussent bien défen-
dues, —Il y avoit de l’imprudence d'envoyer si loin, dans le centre des habitations, si peu de troupes—qui étoient tou-
jours exposées, par le grand nombre des Bastonnois—à être défaites. Cette défaite découragea l’armée du général Bourgoyne qui donna ordre de reculer deux lieues, etsans
doute encouragea beaucoup les Bastonnois.
L'on fit courir le bruit à Montréal que le Colonel St Afaire du fort Léger avoit eu une action avec les Bastonnois au fort °""#* Stanix où il y avoit eu quatre cents Bastonnois de tués dans le combat, et que le fort se rendit après quelques jours de siége —Le bruit de cette victoire réjouit tout le monde. Mais la joie ne fut pas de longue durée, car le premier septembre 1777, nous apprimes que le Colonel 1 septembre. St Léger, au lieu d’avoir pris le fort Stanix, qu'il avoit $° dora bloqué effectivement avec sa petite armée, espérant qu'il Réne slaer 7 capituleroit, eut avis qu’il venoit un renfort considérable contre luy.—L'épouvante se mit dans son armée--et donna ordre de lever le siége pour se sauver avec confusion—et laissa Les canons, les vivres, tentes, bagages, etc., pendant que les Sauvages étoient allés au devant du renfort où il y eut un petit combat, et les Sauvages furent très-surpris à leur retour au camp devant le fort Stanix de trouver l'armée avoir levé le siége, donnèrent après et dirent beaucoup d’injures au Colonel St Léger de sa déroute, car les Sauvages craignoient les Bastonnois qui étoient voi-
. Muuvaise tace tique de Bour goyne,
sins de leur village--Pour se dédommager, ils furent à un hangard où étoit une partie du bagage de l’armée et le pillèrent, conséquemment emportèrent les hardes des officiers et soldats, et se chargèrent de tout ce qu’ils purent emporter.
Le Colonel St Léger avec son armée, revint jusqu’à Chouagatsy chargé de honte et de confusion,—Les Sauvages retournèrent au bout de sept jours au camp du Colonel St Léger devant le fort Stanix, ils y trouvèrent encore les tentes tendues et tous les effets dans le camp,—Les Bastonnois du fort Stanix n’avoient pas osé sortir de leur fort, craignant que ce ne fut une feinte, les Souvages pillèrent et enlevèrent tout ce qu'ils purent !,
Le général Bourgoyne qui avoit fait reculer son armée de deux lieues, prouva par cette démarche aux Bastonnois qu'il n'étoit pas à son aise, —D'ailleurs les habitants des Colonies ayant fini leurs récoltes s’assembloient en grand nombre auprès de l’armée du général Bourgoyne—Comme ils le tenoient bloqué dans les retranchements, les Bastonnois envoyèrent à la fin du mois de septembre un détachement de cinq à six cents hommes au fort Georges ; ils prirent deux compagnies de troupes qui gardoient les effets que le général Bourgoyne avoit laissés, avec une quantité de bateaux, —Delà ils vinrent à Carillon, ils prirent une redoute et deux autres compagnies de troupes, quelques Canadiens et plusieurs marchands qui suivoient l'armée avec une quantité de marchandises, et s’en retournèrent chargés d’effets,—Ils attaquèrent, en s’en retournant, une isle dans le lac George où il y avoit une compagnie de troupes avec plusieurs marchands— mais ils ne purent la prendre et mêmeils eurent plusieurs blessés. Quand cette nouvelle parvint à Montréal, l’on craignit beaucoup pour le fort Carillon,—Le général Guy Carleton partit de Québec et se rendit incontinent à St
1 Noles el pièces juslificatives, CIX,
se]
gél du cha eut d'a pou légè leur obli du f dans Le dans ralB trou Al pour batea verse) Mais ] parère l'armé d'avan ral Bo le gén.
il capi la plus
1 Mot, 2 Note
Jean ; il fit partir le brigadier MeClene avec environ deux cents homes pour se rendre à Carillon.
, ‘ ; us “miva à Goctobre, Car.
Le cinq octobre, le général Guy Carleton arriva à ,,foctobre. ca
Montréal, revenant de St Jean et repartit pour Québec le ft: Jean à Quésept du même mois.
Nous apprîimes à Montréal que le dix-neuf septembre, le A9 septembre. général Philipps qui commandoit l'artillerie dans l'armée néral Philippar=— du général Bourgoyne, avoit voulu aller avec un détachement de troupes près le camp des Bastonnois—Il y eut une action très-vive où les troupes du Roy eurent peu d'avantage, et que le sept octobre—le général Fraser fut pour reconnoître le camp des Bastonnoïis avec les troupes légères et grenadiers, mais les Bastonnoiïis sortirent de leur camp et les cernèrent,—Les troupes du Roy furent obligées de se faire uh passage, la bayonnette au bout
st A , , * d'ôtr 4 Toctobre, du fusil, —Le général Fraser eut le malheur d’être tué otre dans ce combat!
Les Bastonnois poursuivirent les troupes du Roy jusque dans un retranchement qui étoit près de l’armée du général Bourgoyne, qu'ils emportèrent d'assault malgré les troupes qui le défendoient, et y mirent leur pavillon.
Alors le général Bourgoyne résolut de faire sa retraite Bourgoyne pour le Canada—en conséquence il envoya environ cent ci pi dé bateaux chargés de vivres pour faciliter son armée à traverser la rivière de Sarasto ? qui arrivèrent le soir même.
Mais le lendemain, de grand matin, les Bastonnois s’em-
parèrent des bateaux et des vivres, et bloquèrent si bien
l'armée du général Bourgoyne qu’il ne fut pas possible
d'avancer ny reculer, —Dès le douze d’octobre—le général Bourgoyne commença à entrer en composition avec
le général Gates qui commandoit les Bastonnois, etenfin 1 3 rendu
Il se rend au il capitula le seize octobre, ce qui procura aux Bastonnois #2! Gates.
la plus belle artillerie que l'Amérique n’avoit jamais vue.
1 Noles el pièces juslificalives, OX.
2 Noles el pièces justificalives, CXI.
Impression que produit cette nouvelle en Cas nada,
Novembre, Butin enlevé par les Bastonnois,
Décembre.
Députés Américains en Canada,
Le général Bourgoyne fut envoyé prisonnier à Boston avec sa troupe qui se montoit environ à trois mille six cents hommes, sans y comprendre les matelots, ouvriers, chartiers, femmes etenfants qui étoient en grand nombre.
Aussitôt que l’on eut appris cette nouvelle en Canada, la tristesse se répandit parmi tout le peuple, et l’on craignoit que les Bastonnois—enflés de leurs victoires—voulussent faire quelques tentatives sur le Canada—En conséquence, le général Carleton donna ordre au brigadier McClene—qui étoit à Carillon—de faire brûler le fort du mont de l'Indépendance, le fort de Carillon et toutes les maisons qui étoient aux environs, ainsy que toutes les maisons qu'ils trouveroient le long du lac Champlain des deux côtés, et de se reployer avec la troupe à l’Isle-aux- Noix et à St Jean, de manière que depuis Albanie jusqu’à StJean—qui est à neuf lieues de Montréal,il ne resta plus de forts ny maisons, à l'exception de l’Isle-aux-Noix—qu'il est à souhaiter qui nous serve de barrière pour empêcher l'invasion des Bastonnois dans le Canada—et que la conduite soit meilleure qu’elle n’a été précédemment pour la gloire et l'intérêt du Roy.
Après la prise de l’armée du général Bourgoyne—l'on fit ramasser à Carillon les bœufs et chevaux pour les ramener en Canada--L’on les fit partir de ce poste au commencement du mois de novembre—sous une escorte d’environ soixante hommes, pour les conduire par le nord du lac Champlain ; mais quand ils furent rendus vis-à-vis de la Rivière à la Loutre !, un party de Bastonnois traversa au nord, firent prisonniers les soixante hommes et s’emparèrent de tous les animaux—Cependant il n’auroit pas été difficile de les reprendre—mais le brigadier Mcülene ne donna point d'ordre pour cet effet—c'étoit sans doute la suite de la mauvaise conduite d'alors.
Dans le mois de décembre 1777, le S' Singleton, lieutenant dans le régiment de Mr Jamson—qui avoit été fait
1 Noles el pièces juslificalives, CXII.
Gi tit l'h Gi toi et pl nie par vas pas dor Moi mie avo pias pou:
don:
cun( laire aux
Mess J'a lence chef comp
)ston > six riers, nbre. nada, crai- -vOU- 1 CONadier rt du es les es les in des e-AUX- 1squ’à a plus qu'il ècher a conpour
—l'on ramemen- ’enviu lac de la sa au n mpaas été ne ne ite la
lieué fait
DES BASlONNOIS EN CANADA. 151
prisonnier au fort Stamix, revint des Colonies—avec deux députés qui avoient des lettres pour le général Guy Carleton—ils furent envoyés à Québec pour luy remettre— Plusieurs pensoient que ces deux députés se servoient de ce prétexte pour voir ce qui se passoit en Canada, Quelque temps après—on apprit à Montréal—par deux hommes qui y arrivèrent des Colonies—que le général Gates avoit resté à Albanie et qu'il faisoit faire une quantité de traîines et de grands préparatifs pour venir, dans l'hiver, attaquer le Canada--En conséquence, le général Guy Carleton—dans le mois de janvier 1778, fit passer toutes les troupes—du costé du sud du fleuve StLaurent et cantonner depuis Sorel jusqu’à StJean,--Il fut envoyé plusieurs détachements à la découverte du costé d'Albanie, et il fut fait quelques prisonniers qui ne voulurent pas parler—Cependant l’on craignoit toujours quelques invasions des Bastonnois dans le Canada--ce qui n’arriva pas,—Dans le mois de février, le général Guy Carleton donna ordre à Mr Neveu Sevestre, colonel des milices à Montréal—de faire tenir les milices prètes à partir au premier ordre, et de payer les corvées que les Canadiens avoient faites en 1776 et 1777, ainsy que de donner quatre piastres à ceux qui avoientété volontaires ou commandés pour servir dans l'armée du général Bourgoyne—et de donner aux veuves de ceux qui avoient été tués—à chacune quarante piastres—en conformité de la lettre circulaire écrite par Mr H. T. Cramahé, lieutenant-gouverneur aux capitaines de milices—ainsy qu'il suit :
À Québec, le 31e Janvier 1778.
Messieurs,
J'ai l'honneur d’être chargé de la part de Son Excellence, monsieur le Gouverneur-Général Commandant en chef les troupes de Sa Majesté—-de vous assurer qu'il compte beaucoup sur votre zèle à servir votre province et votre patrie en cas que les rebelles vinssent à tenter une
1778. Onse prépare pour une nouvelle campae gne,
Février,
On songe à payer les primes accordées aux Canadiens.
nouvelle invasion de cette province—et qu'il est très persuadé que ceux qui se sont les plus écartés de leurs devoirs, seroient les premiers à s'opposer qu'elle subit le joug des rebelles—et qui ne pourroit être pour tous ses habitants qu’une ruine totale et irréparable.
En conséquence vous vous tiendrez prêts à marcherau premier ordre que vous en recevrez de la part du général.
Monsieur le Gouverneur Général prend cette occasion
d’exhorter les capitaines, officiers et autres à remplir exactement ce qui leur est commandé et enjoint par les ordonnances de la province, de saisir et arrêter toutes les gens inconnus ou sans aveu, toutes les personnes venant ou passant aux Colonies sans être munies de passeports de Son Excellence—et en général tous ceux qui parlent ou agissent contre les intérêts de Sa Majesté et de son gouvernement--Les officiers auront attention que les chemins et ponts publics soient bien entretenus et que les bois nécessaires pour la réparation de ces derniers, soient tirés des bois avant la fonte des neiges—Vous verrez aussy à ce que les habitants fassent réparer et entretenir en bon ordre les voitures d'hiver et d’esté en cas qu’on en aye besoin pour le service.
Comme Son Excellence a trouvé à propos de gratifier ceux qui ont servi à l’'armée—les compagnies de 1776 et 1777, de la manière qui suit à sçavoir :
Pour ceux qui ont servi en qualité de sergent, seize piastres ; |
Pour ceux qui ont été blessés, douze piastres ;
Pour ceux qui ont porté les armes, huit piastres ;
Pour ceux qui ont été en corvées, quatre piastres ;
Pour les veuves de ceux qui ont été tués. quarante piastres ; ”
Pour les femmes de ceux qui ont été faits prisonniers et qui n’ont pas été renvoyés, seize piastres et un équipement consistant en une couverte, une paire de souliers françois, une paire de mitaines, une verge de drap, trois verges et demie de toile.
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er - Et les dépôts d'équipement et caisses étant à Montréal urs et Québec, les capitaines qui auront dans leur compagnie t le des personnes qui ont suivi comn.# de l’autre part menses tionnée, et n’ont pas encore reçu cette gratification et l'habillement en question, s’adresseront à Mr le colonel Lau Sevestre à Montréal, autorisé à les donner pour les ral. paroisses d'en haut, depuis les Trois-Rivières au Nord et son Bécancourt au Sud inclusivement, et depuis le Cap la Magplir deleine au Nord et St. Pierre les Becquets au Sud, les jusqu'aux paroisses d'en bas—à Mr le major Baby aussy s les dûment autorisé à cet effet.
nant Persuadé que vous exécuterez les ordres de Son Excelts de lence avec toute l'exactitude possible, je suis avec consit ou dération, gou- Messieurs, mins Votre très-humble et très-obéissant serviteur, bois H. T. CRAMAHÉ, HRSs A M. le Capitaine, les officiers et | y. milices de la paroisse de...
à bon Laye Monsieur, Je vous adresse la présente suivant qu’il m'est ordonné tifier —J'ai l'honneur d’être votre très-humble et très-obéissant 1776 serviteur, NEVEU SEVESTRE, eize Colonel.
A Montréal, le 15 Février 1778.
Le deux de mars—les Sauvages amenèrent à Montréal 2 mars. Noue deux prisonniers qu’ils avoient été faire près d’Albanie, yells fausse de lesquels rapportoient que les Bastonnois étoient en marche °"nemis. pour le Canada,—En conséquence, le lieutenant-colonel
Campbell! fut faire des présents aux Sauvages des diffé. | rentes nations pour aller en guerre sitôt qu’ils en seroient requis—Dans ce temps, les Canadiens paraissoient bien °
disposés à prendre les armes contre les Bastonnois, s'ils
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L Notes el pièces justificatives, CXIIT. 20
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5 mars, Carleton accourt à St- Jean,
6 mars,
8 mars. Carleton à Montréal,
19 mars. Carleton retourne à Québec.
Affaire de Mascouche.
eussent voulu faire une invasion dans le Canada—Le brigadier Powell qui commandoit à Montréal, sur cette nouvelle, fit partir dans le moment un courrier pour avertir le général Guy Carleton qui étoit à Québec, qui partit Aix minutes après son arrivée et se rendit à St Jean le cinq de mars au soir—Il envoya,en passant à Berthier, un ordre au colonel Neveu Sevestre de faire commander un tiers de toutes les compagnies de milices pour partir au premier commandement.
Mais les Sauvages firent deux autres prisonniers qui arrivèrent à Montréal le six de mars—qui rapportèrent que les Bastonnois avoient reläché chez eux, ne s'étant pas trouvés assez de monde pour entreprendre une invasion dans le Canada—et qu'ils s’en étoient retournés du fort de Carillon après avoir ramassé les ferrailles qui avoient resté après que le fort fût brûlé dans l’automne par le brigadier McClene.
Le huit—le général Guy Carleton après avoir donné ses ordres dans les postes avancés, revint à Montréal où tous les citoyens furent l’assurer de leurs respects et combien ils étoient déterminés à s'opposer aux Bastonnois.
Le général Guy Carleton qui [?] avoit envoyé plusieurs découvertes du côté de Carillon—Un détachement de quarante-cinq hommes que conduisoit un officier de la garnison de la Pointe-au-Fer, fut attaquer une redoute dans la Rivière-à-la-Loutre, dans laquelle il y avoit environ soixante hommes Bastonnois. Il y eut deux officiers tués avec le S° Lorimier, Canadien, un Sauvage, dans l’action, et en tout dix-neuf hommes tant tués que blessés —sans pouvoir forcer les Bastonnoïs,—Cet officier fut attaquer cette redoute sans ordre et fut tué dans l’action.
Le dix-neuf mars, le général Guy Carleton, voyant que la saison étoit trop avancée pour que les Bastonnois pussent venir en Canada, repartit pour Québec de grand matin— où il se rendit le vingt au soir.
Dans le même mois de mars—plusieurs habitants de la Mascouche,derrière Terrebonne-—qui refusèrent d’obéir à
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leur capitaine, furent mis en prison au nombre de trentedeux-par une difficulté qu’ilseurentavecleur capitaine de milice qui étoit un yvrogne, et qui étoit taxé d'avoir fait quelques injustices dans sa compagnie, lequel vint porter ses plaintes au commandant de Montréal, qui y envoya un détachement de troupes qui pillèrent presque toutes les maisons et violèrent plusieurs filles et femmes, —Quelque temps après, l’on renvoya les habitants chez eux—qui trouvèrent leurs femmes et filles déshonorées, châtiment terrible qui ne se fait pas parmi les Barbares, et le général Guy Carleton ne fit aucun exemple—Cependant, il n’est pas croyable que cela se fit par ses ordres, connaissant son humanité—Comment veut-on que les Canadiens après un traitement si rigoureux soiënt disposés à prendre les armes[?] Au contraire, ne devoit-on pas supposer et se persuader même qu’une telle conduite envers les Canadiens ne pouvoit que les indisposer [?] Cependant il y en avoit beaucoup qui avoient les armes à la main, et qui étoient tous les jours en corvées pour le service du Roy, pendant que les habitants et artisans anglois — qui sont en assez grande nombre dans le Canada—n'’ont jamais faitaucunes corvées. Il semble que c’étoit à eux à donner l'exemple aux Canadiens,—Pourquoi cette distinction ? N'étoient-ils pas les uns et les autres sujets anglois et obligés de porter les armes pour le service du Roy de la
Grande Bretagne [?] Quoiqu'il en soit, ce système subsiste
encore avec la même injustice; personne n’ignore que
les Anglois résidants en Canada ont été les auteurs de la
mauvaise disposition des Canadiens, par leurs discours
empoisonnés, et qu’ils ont agi de tout leur pouvoir pour
empêcher les Canadiens de prendre les armes pour le
service du Roy, et ont fait tout leur possible pour exciter
les Canadiens à la révolte—Mais heureusement que les
Canadiens, qui est un peuple grossier et ignorant, qui conservent encore la valeur de leurs pères, prirent le
parti de la neutralité—toujours dans la confiance qu'ils
avoient fait serment—lors de la conquête du Canada—
de ne point prendre les armes contre les Anglois—ainsy que les mauvais sujets avoient eu soin de leurinsinuer!. ét Divir Dans le mois d'avril 1778, la division s’est mise jusque seil Législatir dans le Conseil Législatif de la province de Québec, dans lequel il y eut beaucoup de débats. Le docteur Pierre Levius, Ecuyer, Juge en chef et conseiller, fut interdit de ses emplois par le général Guy Carleton et partit dans l’esté pour Londres ?.
L'auteur ex- S'il se trouvoit quelques personnes offensées dans ce LL ‘da igé journal, elles ne doivent s’en prendre qu’à elles-mêmes et à leur conduite—L’intention de l’auteur n’a point été d’offenser, ny insulter qui que ce soit, mais de [ne] dire seulement que la vérité sans partialité.
L'auteur ne put avoir la capitulation des retranchements de St Jean, ny celle de la prise des onze navires au-dessus de Sorel.