DE RES PEAR SR RE
Il m'approuva—et je fis venir l’habit et l’accoutrement du major—et moi en uniforme américain—nous nous avançames sur la Pointe après avoir bien recommandé anx Canadiens et sauvages de ne pas se montrer—Le Major Cherben cria à sa réserve d'emmener les bateaux en les nommant-—ils lui demandèrent : ‘‘Quellenouvelle ?”’ il répondit : ‘ Nous avons reculé l'ennemi,” mais ce qui a eu de plus singulier c’est que tous les Américains à qui le major avoit communiqué le moyen que j'avois trouvé pour leur sauver la vie, crièrent—Hourra—par trois fois—or on peut croire que les dix hommes s'empressèrent de venir à nous—mais il fut impossible de tenir tous les curieux indiscrets—les uns avançoient la tête au coin des bâtiments, et à l’envi des uns aux autres, don-
e clô-
; derinière ajor à \8 vous ous de çu vos at pour nn vous er tous e à percouché er —[Le ne troue affaire 1 pouvoit ajor, j'en e. rendre utrement
de vos
ns sur la mant, el eZ.
butrement ous nous ommandé ntrer—Le sg bateaux ouvelle ?” j,” mais méricains que j'avois purra—par mes s'emle de tenir bnt la tête utres, don-
MÉMOIRE DE LORIMIEN, 81
nèrent de l'inquiétude aux rameurs, au point que les uns ramoient en avant et les autres en arrière—je fis le cri de décision—mes sauvages prévenus se lancèrent à leurs armes faisant les cris effrayants—se rendirent aux bateaux au moment de perdre pied et nous les amenèrent sans qu'ils se défendirent.
Le lendemain, le Capt. Foster, sur la nouvelle qu'un move Deere sauvage lui rapporta, que nous étions tous défaits sans Foster, Il est exception, se décida de retraiter—Nous apprîimes cette pq fâcheuse nouvelle assez à temps pour que Mr. le missionnaire Terlait ‘ et Mr. Lacomble se rendirent aux Cèdres — qui amenèrent le Capt. Foster nous rejoindre avec les 214 prisonniers et nos deux pièces de canon que nous avions prises à l’ennemi— Ne sachant que faire avec ce nombre de prisonniers, nous primes le parti de mettre toutes les troupes dans l’Ile-aux-tourtes, et les offciers qui étoient dans le presbytère, chez le curé Beaumont—et tous leurs miliciens dans des granges—Pour le moment nous convinmes de mettre les officiers snr leur parole chez Mrs les Prêtres au Lac des Deux-Montagnes, si ils vouloient nous le permettre, ce qui nous fut accordé.’
A mon retour à environ trente arpents de notre camp, j'entendis une fusillade—je pris course n’ayant que mon sabre à la main—-Arrivant dans le désert je vis huit bateaux chargés de monde de toutes nations commandés par le général Arnold—et le Capt. Foster s’'étoit emparé du bois pour s'opposer à leur Aebarquement—Un Capt. des milices, Pitre de Boucherville ® chargea nos deux canons &t les tira si bien qu’il coula un bateau à fond—ce qui fit que les sept autres drivèrent plus bas que notre camp—dJe n’eus que le temps de prendre mon fusil et de dire aux
1 De Terlaye, Prêtre de St. Sulpice, Missionnaire au Lac. Voir Noles et Pièces Juslificalives, GXXNII.
2 Il ya ici une lacune, M. de Lorimier était probablement allé au Lac pour ohtenir la permission d'y loger des prisonniers.
3 Notes el Pièces Juslificalives, CXX VII, de
Echange des prisonniers,
M, de Lorimier s’avance contre l’ennemi
[En
INPUT" COR T PTS L'ONU PT OI
officiers de ne pas mettre le pied hors de la maison, car ils seroient tous tués—j'en dis autant aux soldats qui étoient dans les granges—et moi et mes sauvages, nous commençâries une fusillade bien suivie —côtoyant les sept bateau: que le courant entraînoit à la Pointe du marquis de Lotbinière—L’'ennemi suivant les apparences perdit beaucoup de monde, car cinq jours après toutes les battures étoient bordées de corps morts.
Alors nous envoyâmes un parlementaire avec un Capt. américain pour proposer au général Arnold de recevoir nos prisonniers er échange, nombre pour nombre—et nous gardâmes quatre de leurs officiers en ôtage, pour sûreté du traité—et le même soir un convoi de bateaux vinrent embarquer tous les prisonniers, excepté le Lieut......! que je ne voulus pas comprendre dans la capitulation, vu qu'il étoit canadien.
Le général Arnold brûla la maison du Fort Seneville, appartenant à Mr. Montigny”. Nous reçûmes les nouvelles par le Capt. Lamothe et Mr. Papineau qui avoient laissé l’armée en outre des Trois-Rivières après avoir battu les Américains—Assurés de la vérité nous décidâmes à marcher pour Lachine pour attaquer l’ennemi qui étoit retranché au hangar de Mr Ainé—Étant arrivés dans la grande Anse chez un nommé Portelance,’ nous rencontrâmes Mr Dumillion et Mr Fereasonne ‘ marchands de Montréal qui venoient, disoient-ils, pour nous avertir qu’il se rendoit dès le mème soir 3,000 hommes à Lachine, pour nous livrer bataille le lendemain au petit jour—Pour moi je n’eus pas le moindre doute de la
8 Blanc dans le manuscrit.
+ Notes el Pièces Justificalives, LXX VI.
3 Père de M. Portelance, ancien marchand de Montréal.
4 Dumunyon et Carcasonne. J. V —La première lettre de ce dernier nom peut se prendre pour C; mais elle ressemble plus à F. D'un autre côté, dans la liste des angluis qui faisaient le commerce à Montréal à cette époque, je u’ai trouvé aucun nom qui pôût offrir quelque ressemblance avec ceux-ci,
isoti, )idats
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| Capt.
Dir nos | nous sûreté inrent que at! qu'il
. Señemes les au qui ss après é nous er l’en- Étant elance.
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vérité, connoissant ces deux messieurs incapables de nous tromper—Je fus le premier à proposer au Capt. Foster de retraiter jusqu’au bout de l'ile de Montréai avec les deux pièces de canon, et que j'allois prendre le bois avec trois sauvages et me rendre. à Lachine en découverte.
Étant arrivés à la terre de Ignace Chenier—à présent de Sir John Johnson, nous vinmes ressoudre dans le chemin du Roi—étant protégés d'un verger — où en arrivant nous fimes trois prisonniers que j'interrogeai sur le nombre d'hommes qu'il avoit au hangar de Lachine—Ils m’assurèrent qu’ils n’y avoient pas plus de 250 hommes et qu’ils n’en attendoient pas nn seul de plus—qu'au contraire sachant notre approche—plusieurs des officiers en conseil avoient proposé la retraite— mais qu’il avoit grande apparence qu'ils abandonneroient la place sous peu de temps.
J’arrivai au bout de l’île croyant trouver le Capt. Foster —Ooù j'appris qu'il s’étoit rendu au pied des Cascades et qu’il retraitoit avec grande diligence—pour retourner à son poste—Je ne pus le rejoindre qu’au Côteau du Lac —où M' Papineau étoit rendu—et dans la conversation, Mr Papineau reprocha au Cap‘ Foster sa retraite si précipitée et sans raison—surtout après les dépositions des trois prisonniers—Il s'ensuivit une dispute bien forte —en ce que le Cap‘ Foster rejetoit sa défense—disoit-il sur le peu de loyauté des Canadiens ?—ce qui fit que tous les Blancs volontaires nous abandonnèrent —Pour moi et mes sauvages—nous le suivimes jusqu’à S' Régis.
Et je vins à Lachine quelques jours après et arrivai de nuit à la ferme de ma mère—qu'elle avoit abandonnée à la discrétion de l'ennemi — qui tuèrent tous nos animaux sans réserve —surtout la basse-cour — après avoir mis tout le verger en bois de chauffage — ils s’en prirent pour
1 Noles el Pièces Juslifioalives, CXXIX.
? Noles el Pièces justifivalives, GXXX,.
Foster retraite
M. de Lorimier vient de nuit à Lachine.
m6. brûler les cloisons — Ce fut un nommé Donnelly qui fut porter plainte au commandant — disant que ma mère étoit une vieille dame — veuve qui n’avoit aucune part à A eg à la conduite que je tenois.
Je retournai à StRégis où quelque temps[après]Sir John Johnson arriva à nous avec un parti de son endroit assez considérable qui avoit terriblement souffert—-ayant été réduit à vivre qu’avecles feuilles des bois—où étant un peu remis de ses fatigues—-il se décida de descendre à Montréal —ayant reçu la nouvelle que l’armée devoit arriver sous
Ii va rejoindre, à peu et je le suivis le lendemain de son départ —
Losqui em. Arrivé à Montréal, j'appris que le général Carleton étoit à
pe, de Mu Longueuil et lui demandai ses ordres et à qui javois à répondre-—Il me dit que pour le moment je ne recevrois mes ordres que de lui et de me rendre à Laprairie où mes Sauvages étoient rendus. Le lendemain je me mis en marche pour StJean—Etant en dehors de la Commune— je fis halte pour rassembler tout mon monde; pendaat ce temps le général Philip’de l'artillerie et le brigadierFraser® me firent appeler avec un portevoix. Je me rendis, et Mr Charles Lanaudière aide-de-camp, m'annonça ‘aux deux généraux, qui me dirent qu’il leur étoit enjoint de la part du général Carleton, de se consulter avec moi de la façon d'investir S' Jean en tâchant de couper la retraite. Je fus confus de leur confiance et je pris la liberté de leur dire que je me chargeois de couper la communication de l’ennemi—qu'’il avoit à un mille plus outre que le Fort StJean deux pointes vis-à-vis l’une de l'autre, qui rétrécissoient la rivière, au point qu'avec des pistolets l’on pouvoit toucher un homme au milieu, et que j'allois prendre poste des deux côtés de la rivière—la nuit—avant que nos
troupes se présentassent à l'ennemi.
1 M. Viger a lu comme suit: ‘et je le suivis. Le lendemain de son “ départ—arrivé à Montréal, &c.”
2 Notes el Pièces Juslificalives. CXXXI.
3 Noles el Pièces Juslificatives, CX.
ii fut Mon plan fut approuvé—Alors M. Lanaudière me ditde 17%, mère me rendre en avant de l'avant garde—Etant rendu où il art à m'avoit dit, il annonça avec un porte-voix, que par ordre | du général Carleton, que Mr leChevalier de Lorimier John éloit nommé pour commander et conduire les Sauvages, assez où il n’avoit que rendre compte de ses missions qu’au nt été général Philip et Fraser ; après quoi, mon grand Chef de in peu guerre, par mon ordre, chanta sa chanson de mort. Quand ntréal nous fûmes rendus à la Savane, nous apprîimes que l’enner SOUS mi étoit retiré et avoit mis les feux au fort S'Jean et . tout fut arrêté.
étoit à Je revins à Montréal où le général me donna ordre de vois à congédier mes ! sous huit jours—Après je reçus ordre evrois d'accompagner le Capt. Boucherville avec un parti canarie où dien etsauvage pour engager les habitants? de la rivière à mis en a Loutre * et iesenvirons, à garder la neutralité ; mais nous l | une— trouvâmes tous les maisons d’un bout à l'autre [vides] tout EN jant ce monde de cette partie s’étoit sauvé. Nous mimes des affi- RE || Fraser* | ches engageant tout les continents de revenir dans leurs LR , et Mr habitations. il tal x deux De retour à Montréal, le géncral m'ordonna d'aller au sueton par- | | | la part î Sault S' Louis pour leur accorder un pardon général de We 4 gautt | 1 hi | a façon leur mauvaise conduite, car le major Carleton ‘ qui aimoit St: Lous. 4 Doll Je fus bien les Sauvages, envoya des gens du Sault à l'Ile-aux- qd ur dire Noix, à l'insu du général, disoit-il, pour faire quelques de | RE de l’en- prisonniers--à quoi ils avoient réussi à détruire un bateau 4. | PI Qt Jean d’'Américains tués et pris—ce qui les remit dans les bonnes ER à ssoient grâces de Son Excellence qui m'envoya donc leur pardon- LR 2 | it tou- ner-—etle major prit la conduite des Sauvages pour la cam- EL | e poste pagne proposée—et après toutes mesures prises—je reçus UE | ue nos il I
1 Blanc dans le manuscrit. Mes Sauvages ?
j 2 Habitants américains. J. V. ; à de don | 3 Noles el Pièces Juslificatives, CXII. j
4 On désignait l'armée américaine, sous le nom d'armée continen-
tale. Le peuple appelait probablement continents les habitants nés intl dans les anciennes colonies anglaises. | M
5 Notes el Pièces Juslificalives, CXXXIL.
ordre de rassembler tous les Sauvages de St Régis et du Lac des Deux-Montagnes,où [nous] nous rassemblâmes à St Jean avec les gens du Sault St Louis et ce ne fut pas sans peine que nous pûmes préserver les Sauvages du Sault St Louis des insultes des antres nations, quoiqu'ils fussent venus au-devant de nous à Quinze-Chiens —où j’obtins de mes Sauvages leur grâce—car ils étoient décidés à regar-
der la nation du Sault comme ennemie du Roi.
Campagne de Carleton sur le lac Champlain.
Les troupes après un espace de temps s'embarquèrent à S* Jean sous les ordres de Son Excellence Carleton et nous reçümesordre d’escorter la flotte et? canots d’écorce.
Le général donna le signal qu’il découvroit la flotte à l'ile Valcourt. Nous forçâmss de nage pour gagner la terre ferme, et M" Charles Lanaudière débarqua dans l’île —où il arrêta le feu d’un petit bâtiment—que ses volon. taires firent un feu si suivi que pas un seul ennemi n'osoit paroître sur le pont. Nous—de notre côté—nous avions affaire au bâtiment que commandoit le général Arnold —que nous serrâmes de si près, que tout son monde se jeta à fond de cale et le laissa seul sur le pont, ce qui le rendit si furieux’ que l’on assure que les blessés qui se plaignoient de leur douleur, qu’il en jeta trois à l’ean ; ce que je n'ai pas vu. Mais il prit un porte-voix et hèla un vaisseau et leur dit de faire feu sur ces damnés Sauvages, ce qui fut exécuté à la lettre— et un coup de canon culbuta une cheminée de pierre, et du mortier de terre qui écroula sur le Lieut. de Bleury qui causa une espèce de réjouissance par les éclats de rire, voyant cet homme courir comme si il eût toute la cheminée sur le dos.
L'affaire ne put se terminer—la nuit étant venue nous arrêter, mais la flotte Américaine étoit bien endommagéeayant perdu leur plus beau de leurs vaisseaux, qui se nommoit Royal Sauvage ” qu'ils nous avoient pris à la capi-
1 Voir p. 277, ? En. J. V,
tdu à St sans sault ssent 18 de egar-
it à St nous
tte à 1er la 18 l’île volonnnemi Nous énéral ut son e pont, ue les en jeta brit un eu sur ettre— pierre, Bleury lats de ute la
e nous agéese noMa Capi-
tulation de St Jean. La nuit étant très obscure, l'ennemi retraita par devant le camp sauvage—sans que personne s’en aperçût—quoique je prévins le major Carleton qu'il seroit à propos de meitre un de nos petits canots en observation au milieu de la rivière; c’est-à-dire entre l'ile et terre; mais il erut que cela n’étoit pas nécessaire. Pour moi je n'avois plus rien à faire que d'obéir ; le lendemain. l'ennemi fut poursuivi mais sans action, leurs vaisseaux se jetère.t en côle sitôt qu'ils aperçurent notre flotte — Ainsi finit la campagne de 1776.
Dans l'hiver de 1777, le général Philip me dit en présence de M. Macline et M. McKay ! qu’il désireroit d’avoir
des nouvelles de Carillon et du Fort George, qu’il y avoit ce
entre les deux Lacs un nommé Adams, royaliste—c’est de cet homme que l’on pourroit tirer des informations vraies. Je lui dis que je connaissois cet homme et que je pouvois entreprendre le voyage. M. McKay dit qu’il se joindroit à moi avec un parti de blancs. Nous primes la résolution de nous échapper de Montréal secrètement pour nous rendre à St. Régis, pour avoir des sauvages de l’endroit, ne voulant pas nous fier aux Sauvages du Sault St. Louis. J’emmenaiavec moi les Lieuts. Sonmandre et La Ronde, tous deux du Départment sauvage avec douze sauvages de St. Régis et 10 Courtes-oreilles.
Nous traversâmes toutes les montagnes pour nous rendre à l’entrée du Lac George où nous arrivâmes le 20 de mars—et peut-être une heure après, ce nommé Adams passa près de nous avec deux suldats Américains qui conduisoient de jeunes chevaux à la Pointe-de Sable pour chercher leur nourriture—Nous primes les trois hommes que je préservai des insultes des Sauvages—-ce qui occasionna qu’un me dit que j'étois un cœur lâche, que je craignois l’ennemi—A l'instant j'aperçus sept hommes sur la glace mais bien au large. Alors je mis la main sur l'épaule du Sauvage je lui dis : “ Voici l’occa-
L M, Viger a lu, M. Samuel McKay. Voir Nole CVI,
Le général Philipps envoie de Lorimier vers le lac Georges.
20 mars.
288 INVASION DU GANADA “ sion où il faut que tu prouves que je suis un peureux”etlui montrai les sept hommes sur la glace—“Choisis cinq ‘braves, et toies moi—et allons les attaquer” —IL s'excusa, maisnéanmoins il forma le nombre de sept,nous compris, et nous nous avançâmes par le bois-jusqu’à une pointe où l'ennemi passeroit près de terre—où nous vimes au lien de 7 hommes, c'étoit17—tous carabiniers. Je trouvai !: danger évident et alors je leur dis: “Qui est celui qui veut se “ mettre chef du parti pour que vous ayez rien à me repro- “cher ; mais si un met le pied sur la glace je serai le , deuxième”’— Un dit—“Moi je me mets chef, je connois cet “endroit : l'ennemi que nous voyons va camper à la Pointede Sable et nous irons les surprendre cette nuil—mais
[La suite de cette narration est malheureusement perdue. Dès 1827, les efforts do M. Viger pour la retrouver ont été inutiles]
En 1777, j'ai fait la campagne du général Burgoyne ‘étant sous les ordres du Col. Campbell, et ordonné de marcher en avant de l’armée jusqu’à Carillon, où trois jours après notre arrivée—-le brigadier Fraser m'ordonna d’aller découvrir l’entrée du lac George, où n’ayant rien vu de conséquence, je me décidai—avec cinq sauvages affidés—d’aller découvrir le Mont Dépendance ! où je trouvai un endroit par des petits détours d’où je crus qu’il seroit possible d'y mener quelques pièces de canon sans grandes difficultés —
J’arrivai donc à la vue de Carillon où je trouvai une place avantageuse pour y placer une batterie où l’on pouvoit jeter des pierres dans le fort—et en m'’en revenant, moi et mes sauvages nous plaquâmes les arbres où nous jugions que l’on pouvoit y faire un chemin — A mon retour, je rendis compte de ma découverte au brigadier Fraser, qui, le lendemain, me renvoya avec un parti de sapeurs et des sauvages pour découvrir les petits bois——ce que nous fimes en deux jours—Mais nos gens
1 us: age Ce n’est pas le Mont Indépendance, mais Sugar Hill, —d, .
Xe cinq cusa, 1pris, iie OÙ eu de dansut se reprorai le ois cel Pointeis
e, Dès ] goyne né de ù trois donna nt rien uvages je trous qu'il on sans
ai une où l’on bn r'eve-
arbres bmin — rerte au avec un ès petits os gens
ais Sugar
ne pouvoient pas faire leur plate-forme sans être aperçus —ce qui occasionna que l'ennemi abandonna la place dès la nuit suivante—et le Brigadier se mit à leur poursuite si promptement que je ne reçus aucun ordre ni de lui ni du général Burgoyne.—Je suivis le gros de l’armée sans savoir où nous allions.—Nous arrivâmes à la baie Dashine! où je commandois tous les sauvages — Le Col. Campbell n’avoit pas encore rejoint—
Alors je reçus ordre du général Burgoyne en personne, de marcher pour protéger la retraite du brigadier Fraser et ses blessés qui étoient en grand nombre—dJe partis pour exécuter l’ordre, mais à peine fûmes-nous à deux lieues, qu’un courrier vint m'apporter ordre de revenir sur mes pas pour aller du côté du fort Anne—au secours du vingtneuvue régiment qui, pour bien dire étoit abimé—et nous ne pûmes le servir que pour protéger leur retraite—d’où je m’avançai sans pouvoir les rejoindre, tant que les cris de mes sauvages les avoient effrayés — et la mème nuit, ils abandonnèrent leurs fortifications —
J’envoyai le Capt. Lamothe rendre compte de l'affaire et je reçus ordre de revenir rejoindre l’armée —et nous nous mimes en marche le lendemain pour Sarosteau; où je reçus ordre d’aller sous le commandement du Col. Boun ? du côté de Bellencton *, qui avoit ordre d’avancer jusqu’à ce qu’il fût repoussé — ce que nous fimes avec succès, repoussant toutes les ambuscades — Mais en arrivant aux côies de Bellencton, je trouvai une opposition d’un nombre considérable d’ennemis, —ce qui me décida de faire halte et j'écrivis au respectable Col. de faire diligence — ce qu'il exécuta, fesant marcher sa troupe toute la nuit, —et arriva à nous au petit jour — et jugeant par lui-même du grand nombre d’ennemis, il résolut de
1 d'Alskine, J. V. de Skene? Voir Notes, etc. XIV. ? Beaume, J. V.
3 Bennington, J. V.
ee -mueens mani
RS
mander du renfort à l’armée, et pendant ce temps, nos troupes se fortifioient à la hate et placèrent deux pièces de canon en batterie -— Le deuxième jour nous reçûmes réponse qui nous annonçait le major Barnair !, à la tête de 500 hommes de renfort—
Sur cettenouvelle—les sauvages me prièrentde proposer au Col. de se replier sur le renfort dans la nuit, qui étoit très obscure, répondant de couvrir sa retraite — Je fis ia commission — et le Col. me répondit que lessauvages pensoient très bien, et qu’il en étoit très reconnaissant, mais que ses ordres étoient si strictes qu’il ne pouvoit reculer qu'il ne fut mis hors d'état de défense— Je n’en dis rien à personne, car tous nous auroient abandonné, volontaires etsauvages — Le lendemain à huit heures du matin, nous aperçumes un grand mouvement, et vimes que l’ennemise préparoit pour nous attaquer —Je m'emparai d’une hauteur, où étant avec mes sauvages, j'entendis quatre coups de fusilsur notre [droite], autant sur la gauche etquatreen arrière de nous — Ne doutant pas que ce ne fût le signal d'attaque, je fus trouver notre Col. et lui proposai d’aller en avant sur la colonne de la gauche, avec mes sauvages — que peut-être aurions-nous la réussite de les mettre en déroute — Le Col. approuva mon plan—
Je me reudis à mes sauvages et nous marchâmes environ dix arpents, que nos sentinelles perdues furent tuées à peu de distance de nous — Mes sauvages se replièrent sur notre camp—il n’y eutque le nommé Jakonowe [?], sauvage du Sault St. Louis, qui me suivit—où étant aperçu de l’ennemi, nous [reçumes] une fusillade assez considérable— mon sanvage, à la course, et moi, je me jetai bas pour laisser passer la décharge — et je me sauvai sans mal, où je rejoins mon parti que je trou vai en désordre—Le Col. étant sérieusement attaqué, je ne pus faire marcher qu'environ 150 hommes — J'envoyai Martin Hasaregoua qui revint—
1 Breyman, d, V,
1PS, n0S x pièces eçûmes a tête de
'oposer qui étoit Je fis ia ges pennt, mais { reculer dis rien lontaires tin,nous nnetnise une hautre COUbS quatre en le signal sai d'aller sauvages mettre en
mes enviint tuées à jerent sur |, sauvage
çu de l'en-
idérable— our laisser mal, où je » Col. étant wenviron 1 revint—
me disant que le nombre étoit trop considérable pour tenter une attaque—
Je me retirai sur la gauche et Martin prit les devants pour découvrir, me disait-il— je ne l’ai revu qu’à Sarasteau—Je continuai ma route, me flattant que je pourrois les surprendre par derrière — et pour cette effet, je franchis une clôture où je tombai dans une vallée assez creuse, où je rencontrai l'ennemi de la colonne de la gauche —- Je fis le cri de guerre accompagné d'une décharge ; mais nous en reçûmes une de la colonne de l'arrière qui rejoignoit celle de la gauche. Heureusement pour (nous) que l’ennemi se méprit, se tirant l'un à l’autre, se méconnoissant — et tous les coups se passoient audessus de nos têtes, de facon qu'étant serrés de tous côtés, nous ne pouvions pas rentrer dans nos camp.
. J'ai oublié de dire que le major Campbell m'avoit accompagné comme volontaire —Je n'eus que le temps de lui dire: ‘ Gagnons le renfort” — ce que nous fimes à toute course, — Hors de danger, je m’aperçus que j'avois un homme de moins, et mon pauvre major tombé en pamoison — ce qui nous retarda, ayant été obligés d'arrêter pour ramasser à la hâte des bluets et d’en faire manger au major — ce qui le mit en état de continuer sa route — Et à très peu de distance nous rencontrâmes le major Barnem! qui fit mettre paquets bas, à sa troupe — qui fit marcher à pas redoublés; mais à peine eûmes-nous fait six arpents le long d’un rocher très haut, que nous reçumes une décharge de mousqueterie terrible par des traîtres qui, deux heures avant, étoient dans nos retranchements conme amis, sur la recommandation du major Askinne ? — Ces misérables firent un feu terrible sur nos troupes, sans pouvoir nous défendre, la côte étant trop à pic pour leur faire le moindre mal —
1 Breyman.—J. V.
2 Skeen. Cf, Témoin Oculaire, p. 23.
RE
Alors le major me pria de monter sur la montagne—ce
‘que je fis avec mon petit parti, où en arrivant près de ces
scélérats,que je pris pour amis, ayantdes cocardes de papier à leurs chapeaux, que nous leur avions mises pour les reconnoître dans l’action — Alors je leur criai: Qui va là ? Ils me répondirent : Amis — Et firent feu sur nous — Les sauvages firentle cri de guerre et sans que je pusse toujours les persuader que c'étoit une méprise, mes sauvages s’éloignèrent de moi, se serpentant ici et delà — que je me trouvai seul —J’avançai du côté où l'ennemi s’étoit retiré — et je vis un hamme qui venoit à moi— Je lui criai: Qui va-là ?— 11 me répondit: “ Ami” — en continuant sa route — et moi de mon côté, j'avançois sur lui; mais me méfiant de trahison, je préparai secrètement mon fusil et récidivai le mot : “ Who is there ? °° — décidé de le tirer s’il avançoit davantage, mais il me prévint— disant : “ Congress” — il lâche son coup de fusil sans le mettre à son épaule —et dirigea si mal son coup qu'il mit sa balle dans ma jambe — Je le tirai à mon tour et lui plantai ma balle dans l'estomac — et me mettant un genou en terre pour visiter ma blessure — et me disposai de me rendre à mon homme pour voir si il étoit mort ou vivant—que je visenviron 60 hommesqui venoientsur moi —dJe pris la fuite en boitaut, mais voyant que ma jambe résistoit, je dégradai l'ennemi en peu de temps — Alors ils tirèrent plusieurs coups de fusil sans succès — En arrivant à la réserve, je retrouvai le major Campbell et le major Barnain blessé à l'épaule, et son parti entièrement défait — Je retrouvai aussi mes sauvages qui m’amenè:rent un cheval pour me rendre à Sarastoga —
Et comme l'os de ma jambe était fendu, les docteurs décidèrent de me renvoyer à Montréal—d’où quatre jours après, le brigadier McLean vint me trouver à mon logis, et m'assura que quatre jours après mon départ deSarastoga, les sauvages m'avoient suivi etétoient rendusau Sault St. Louis—Il me pria de tâcher de me rendre à leur village et de faire mon possible pour envoyer un parti sauvage au
> Ce e ces apier es r'ea Là ?
— Les jours >s s'éje me retiré criai :
nmuant ; Mais t mon idé de vint — ans le p qu'il tour et ant un lisposai ort ou sur moi jambe
Alors narrillet le rement amenè-
octeurs re jours ogis, et rastoga, Sault St.
village vage au
Général Burgoyne — Et pour le voyage il me fit mettre dans une charrette sur un lit—
Rendu au village, je fis rassembler le Conseil— Et pendant ce temps je fus parler à mes hommes de confiance qui étoient Taiaiak et Teheoserarenion! —-etleur fis voirla nécessité d’avoir des découvreurs à l’armée—Ils me promirent de faire leur possible — Le Conseil rassemblé je leur [fis] voir en peu de mots, la nécessité d'envoyer des découvreurs dans l’armée, leur disant: “ Vous voyez ma situation, il “ m'est impossible de vous accompagner comme j'ai tou- “ jours fait”, mais pour leur prouver mon estime, je leur donnai mon frère Chamilly, pour les conduire, espérant qu'il agiroitenverseux aussi bien que moi pour lesconduire — Ils consentirent aux conditions que j'accompagnerois le parti jusqu’à St.Jean — Sur cette proposition, de dessus mon s'îge, je chantai la guerre, leur assurant que je les accompagnerois où ils jugeroient nécessaire — et ne les
laisserois toujours quéavec peine —de finis ma chanson
—Mon frère chanta la sienne, et mes deux sauvages affidés qui furent suivis de soixante autres — et le lendemain uous nous rendimes à St. Jean, moi sur un cheval avec des cordes passées dans le col, un bout de planche et des oreillers sûr quoi reposait ma jambe — Le tout conduit par Le nommé Martin, qui me ramena de la même façon, à Laprairie —et un canot me ramena à Montréal — Malgré toutes ces précautions, ma jambe se trouva si euflée jusqu’à la hanche que (je) fus deux jours sans pouvoir urine» — et sur la recommandation du brigadier McLean une assemblée de docteurs fut ordonnée — qui me donnèrent force saignées et tisanes émollientes — ce qui me débarrassa du principal mal — car la jambe resta toujours enflée et très noire, au point que les docteurs pour dernier essai, avant de la couper, jugèrent à propos de faire une incision à ma jambe, c’est-à-dire, de la fendre en quatre vis-à-vis de ma blessure, environ un
1 Teho‘enarenion? y. 2:6.
RS
$ * a vous Liaasoe A de OS de
1780, Nouvelle mission confiée à M. de Lorimier.
pouce et demi et de gratter l'os, où ils ne trouvèrent rien de gâté — et retirèrent tous les petits morceaux d’os qui s'étoient détachés — et après huit jours de grands soins des docteurs, ils m'annoncèrent que je garderois ma jambe, m'’assurant qu’en peu de temps, ils me guéri: roient.
En 1780, le 10 juillet, je reçus ordre du Col. Campbell de me rendre à la Rivière La Colle—sur rapport qu'un parti ennemi étoit passé la veille—Ce que j'exécutai bien promptement sans rien voir qui me parut aucune trace
de l'ennemi.
A mon retour le Col. Campbell m'ordonna de me rendre au Sault St. Louis et de lever un parti d'environ 60 guerriers et leur communiquer mes ordres—que je les commanderois--et je n’eus pas fini mon discours qu’au moment de mon départil{y]avoit cent volontaire de prets à partir, de fus rendre compte au Col. Campbell que raon parti se montoit à 100 hommes-—que s’il jugeoit me donner ordre de faire rentrer une partie des volontaires—-je les arrêterois pour cause—[l me répondit de ne pas refuser aucun qui voudroit m'accompagner -— Alors je me rendis au Sault et j'assemblai le village et j'annonçai mon départ en chantant ma chanson de guerre—ayant un collier de porcelaine de 2000 grains, et leur dis dans ma chanson que je risquois ma vie pour remplacer mon défunt oncle Hossorogothon et leur dissuivant leur usage : Que ceux qui m'aiment me suivent.—Le lendemain je me (mis) en marche avec vingt hommes dans deux canots et fus coucher aux Cascades — mais quelle fut ma surprise de rencontrer tous les sauvages des trois nations du Lac des Deux Montagnes qui m'attendoient et tous les sauvages du Sault qui vinrent me rejoindre, dans la nuit—Le lendemain je partis pour me rendre à St. Régis où je couchai le deuxième jour—à la demande de mon parti—mais les sauvages de l'endroit se proposoient de me suivre et le Lieut. Johnson du 29°--qui commandoit ce village--voulut
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retenir cessauvages—Jleur disant que mon parti étoit déjà trop fort—
Le lendemain je partis, et j'arrivai à la Galette le deuxième jour—où je fus reçus assez froidement de la part des officiers de notre département—excepté du Capt. Ro. binson — Le lendemain j'aperçus des canots qui venoient en chantant la guerre, c'étoient les sauvages de St. Régis qui me rejoiguoient—mais la jalousie ne pouvant plus se cacher au point que l’on refusa à mes sauvages l'entrée du Fort-——que je fus obligé d'aller camper avec—sur la Pointe —n'ayant reçu aucune invitation de ces Messieurs. Le lendemain matin—le Capt. Robinson vint me trouver et me ditqu'ilavoit été au m5 ent d’avoir une affaire d'honneur avec le Capt. Fraser— «ui i1:0"toit la conduite du Col. Campbell de m'avoir Couneé ur: commandement si considérable, et qu’en conséq. ence, il me conseilloit de partir le plus tôt possible—qu'il ne doutoit pas que le Capt. Fraser feroit tous ses efforts pour détourner mon parti—au moins des trois quarts—pour les envoyer du côté de la Rivière Noire sous les ordres du Capt. Crawforth—Sur cette intelligence — à l'instant même— je fis mettre mon canot à l’eau et m'embarquai sans rien dire à personne et poussai au large debout dans mon canot—avec force nage
—je chantai ma chanson de mort, mais nous ne fûmes pas
à demi traversée—que je vis tout mon parti à ma suite— avec des cris de joie et de grands éclats de rire et de huées pour seule réponse au Capt. Frazer—qui étoit sur le bord, les appelant en conseil pour les retenir—et nous—après être tous rassemblés nous nous mîimes en route—
Vers midi—un moyen canot vint passer près de nous dans lequel étoient le Capt. Crawforth, Léonce—interprète —sept canadiens voyageurs qui nous dépassèrent—en nous saluant avec une bouteille à la main—mais je pris cette manœuvre pour plaisanterie —pensant qu’ils alloient m'attendre un peu plus loin et me donner quelque ordre
ou lettre pour l’île Carleton ! mais le canot continua sa
1 Noles el Pièces Justificalives, GXXXITIT,
Difficultés qu’il relicontre,
L'entreprise contre Corlner est ubandonnée.
296 INVASION DU GANADA
route. J'arrivai à l'ile Carleton sans voir personne du ‘anot,
J'avois un Mohawk dans mon parti qui promettoitl de nous conduire dans une contrée très avantageuse—et comme j'avois carte blanche je ne doutois pas d’une grande réussite mais le lendemain tous mes projets furent anéantis—Mon sauvage vint à ma tente bien soûl et me dit que le Capt. Crawforth étoit venu à notre poursuite, pour le ramener à la Galette—pour guider un gros parti par la Rivière Noire jusqu'à Corlaer—et qu'il lui promettoit une grosse récompense pour ce service. Mon homme laissa sur le champ—que n'ai pas revu ni Craw forth—ni entendu parler.
Pour moi je m'empressai de partir—crainte de quelque autre supercherie ou trahison. Je me rendis à Sacketts Bey, où je mis mes canots en cache. Je rassemblai mes chefs et leur montrai un papier—leur disant que c'étoient mes ordres—qui étoient d'aller à Corlaer pour détruire toute cette contrée Mes chefs me dirent que c’étoit impossible d'entreprendre cette route faute de chaussures —mais que nous irions au fort Stanike !
Cette annonce me déconforta, quoique ce qu’ils me disoient étoit très juste—mais néanmoins, je me voyois à la tète de 300 hommes peut-être—pour surprendre deux ou trois pauvres misérables—et les faire prisonniers—
Pour consolation, je communiquai mon chagrin à ma tribu en leur faisant voir que ce seroit une honte pour eux et pour moi de reparoiîlre devant nos supérieurs avec un si triste succès. Mon chef me dit de me reposer sur le zèle de mes guerriers ‘ qui seront toujours préts à te suivre “ partout où tu iras ” au moins ceux de ta tribn—que si je n'élois pas content du succès que le maître de la vie nous préparoit, que nous continuerions notre campagne—au moins notre tribu — Je les remerciai de leur bonne volonté—
1 Stanwix. Vo l'oles el Pièces Juslificalives, GXXXIV.
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Etantarrivé près du fort Stanike je pris quelques jeunes gens pour aller découvrir la place--Mais en route nous trouvâmes des pistes fraîchesdansles places humidesqu'alloient et venoient—Mes sauvages me proposèrent d'aller voir où elles aboutissoient—Nous arrivâmes dans une prairie où nous trouvâmes 36 faux accrochées dans les branches, et une perche sur deux fourches pour poser des armes—Je ne doutai pas que le nombre reviendroit le lendemain—De retour à mon camp-—j'ordonnai à mon Lieut. Sommander—homme de confiance—de préparer un parti de soixante hommes, d'aller le lendemain attaquer ces faucheurs et si l'ennemi faisoit quelque sortie sur eux de retraiter sur la Rivière pour les engager à le poursuivre en me donnant le temps de leur couper la retraite et de les mettre entre deux feux.
Le lendemain—les faucheurs et leur garde qui se montoit à 58 hommes—furent attaqués par les nôtres sans trouver la moindre résistance—ne faisant que fuir —Comme l'attaque se fit au moment de la parade—ce qui fit que toute la garnison s'empressa d'aller au secours de leurs gens—la place [ne] se trouva gardée que par dix hommes d'artillerie etquelquessauvagesoneyoutsetsix du SaultSt. Louis et malheureusement sans prévoir leur inconséquence, je me montrai sans le vouloir—pour découvrir leur manœuvre—d’où le Colonel me vitet tira un coup de canon, et chose extraordinaire, je vis le boulet qui venoit sur moi et en le veillant pour le parer--il frappa la terre dix pieds devant moi—je me jetai bas et je fus couvert de terre et tont étourdi—Mon chef Honawiio qui me crut mort en fit le cri et tout mon monde qui étoit ventre à terre se levèrent voyant le coup manqué—nous fonçames sur le gros du renfort où nous leur tuâmes beaucoup de monde sans résistance—Mais nous les poursuivimes de si près qu'un algonquin en prit un sur le pont-levis et l’autre entre la boutique du forgeron—ce dernier fut blessé à l'épaule —Notre réussite se termina par 38 prisonniers et dix chevelures—J’eus quatre hommes e cel
1780, Ilse di.
rige vers le fort Stanwix,
et si j'euscrusque toute la garnison étoit [sortie ?] je pou: - vois entrer dans leur fort avant eux.
M, de Lorimier De retour à Montréal, le col. Campbell me fit partir dès
est envoyé
Québec, où ï le même soir pour Québec—pour rendre compte au géné-
tomt'e malade.
ral Haldimand de ma mission qui me retint deux jours auprès de lui—Etant de retour à Montréal, je fus encore ordonné de repartir pour Québec avec des Chefs des six nations—où étant en conseil chez le général Haldimand avec ces six nations—je me trouvai si exténué que je fus obligé de demander un siége—me trouvant bien mal— Le général Haldimand eut la complaisance de me faire conduire à mon logis, et d'ordonner un: assemblée de docteurs qui jugèrent à propos de me saigner ce qui me mit si foible, que si les saignées eussent continué j'aurois été en peu de temps dans l’autre monde—Le docteur Kennedy me renvoya à Montréal m'ordonnant le lait de jument et d'aller tous les jours à cheval—ce que je n’ai pas-pu endurer par les douleurs que cela me causoit—Les docteurs de Montréal recommencèrent les saignées pour me tuer—si le docteur Black n’eût pas fait cesser—et mis les mouches entre les deux épaules—m'assurant que c’étoit une inflammation causée pour avoir porté mes vivres sur mon dos—dans ma couverte—dans les grandes chaleurs de l’été—et c’est le seul qui ait pu me réchapper avec de l’eau de rizet le vin de Madère. Ainsi finirent mes services militaires dans la gucrre de 1775 à venir à l’année 1780.
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Le L'INVASION AMERICAINE
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