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A Mn. * * *, NEw-Yonk.
Ile-aux-Noix, 17 septembre 1775,
Je n'ai que le temps de vous dire que demain nous frapperons un coup décisif contre St. Jean. Nous avons déjà eu deux escarmouches. Dans les premières nous avons perdu sept hommes, outre six ou sept blessés. L’ennemi a eu neuf sauvages tués sur le champ avec deux fois autant de blessés, à ce qu'on nous dit. Les sauvages se montrent barbares au dernier degré. Non contents de scalper, ils déterrent nos morts et les traitent de la plus horrible manière. J’ai eu le plaisir d'en voir deux scalpés, juste vengeance de leur barbarie. Ceci est arrivé après la dernière action où personne des nôtres n'a été blessé. Un bâtiment, qui nous lançait force boulets et mitraille, sans cependant nous faire mal, a été heureusement coupé en deux par le salut tiré avec une pièce de douze par une de nos gondoles. 11 contenait, dit-on, trente soldats qui ont péri sous le coup ou dans le lac. Le principal obstacle que nous rencontrerons demain sera un fort schooner que nous sommes déterminés d'aborder. H porte dix-huit canons de neuf et a été lancé deux
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jours seulement avant ; 4e nous ayons pris possession de l'île. Jusqu'à quel point cette entreprise réussira-t-elle, Dieu seul le sait ; mais j'espère encore vous voir une fois de plus à New-York.
Québec, 17 septembre 1775.
Nous apprenons de St. Jean, où les troupes du roi sont en garnison, que celles du continent y ont mis le siége. La confusion que cette nouvelle a produite est difficile à exprimer. Ceux qu’on croyait les plus propres à cela furent employés pour réunir tout ce qu’on pourrait de Canadiens pour leur faire prendre les armes. J'ai le plaisir de vous assurer qu’ils n’ont eu que peu ou pas de succès. Un effort vigoureux de votre côté, et le pays serait à vous. Les instruments du gouvernement sont en pleine opération, les uns pour observer la conduite des Canadiens et les autres pour guetter les mouvements et les actions des Américains, qui ne peuvent ni parler ni remuer sans que cela soit connu.