‹ Invasion du Canada [microforme]Chapitre 77 sur 86 · A M. ***"* À PHILADELPHIE · texte numérisé non relu

A M. ***"* À PHILADELPHIE

Québec, 18 septembre 1775.

Le 17 du présent, à la demande du Lieutenant-Gouverneur, les Anglais et les Canadiens se sont réunis sur la Parade. Les derniers ont été formés en onze compagnies, et les autres en six. Les Milices de cette ville peuvent former, Anglais et Canadiens, onze cents hommes ; mais plusieurs négligent le devoir militaire ; d’autres le trouvent dur, et l: plas grand nombre sont mécontents de la conduite d'' Gouvernement, chaque jour les convaincant qu'ils sont ,rompés. Le Senau Fell de Whitbay est pris au service du Gouvernement, pour être commandé pa: le Capitaine Napier : on dit qu'il recevra dix-huit pièces de x et de neuf, Le navire Charlotte, appartenant à Roach, de Rhode Island, de même : une chaloupe et une goëlette d'ici Je ne puis dire quelle force ils porteront. On a aussi un pelit bâtiment envoyé directement à Boston.

Notre milice monte la garde de neuf heures du soir à neuf beures du matin. Jusqu'à présent ils n’ont pas reçu de munitions, excepté quatre tours de cartouches, le soir :

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ce qui leur fait croire que le. Gouvernement craint de leur en confier une plus grande quantité. Le public en général est mécontens contre le Gouvernement parce qu'il ne fait pas connaître l'état de la Province, qui peut être supposé piie qu'il n’est réellement, en voyant le Gouverneur envoyer sa femme en Angleterre ; elle a pris passage sur le navire Lydia, capitaine Deane, qui partira vendredi proclyain. Il y a plusieurs autres dames qui se préparent à quitter la province, aussi des hommes qui sont convaincus que leur conduite ne leur mérite pas un traitement très-civil des Provinciaux, s'ils venaient dans cette province. Le bruit court ici que M. Levingston et Jerry Dugan ont levé cent cinquante Canadiens, le premier avec le titre de Lieutenant Colonelet le second avec celui de Major, qu'ils ont été sur le point de prendre Lord Pitt et le Général Carleton sur la Rivière Chambly. Le Gouvernement rapporte qu’à la publication du pardon accordé par Carleton à ceux qui se soumettraient dans un certain temps, le plus grand nombre auraient abandonné leurs officiers.

Ticonderoga, 24 septembre 1775.

Les députés des Six Nations, envoyés au Canada, sont aujourd’hui de retour et rapportent ce qui suit.

Par l'ignorance de leur pilote, ils perdirent leur route en quittant l'Ile-aux-Noix et tombèrent auprès de St. Jean: d'où ils se retirèrent sans être découverts. Le second jour ils arrivèrent à huit milles de Caughnawaga, et là rencontrèrent une centaine de Sauvages de différentes nations qui allaient à St. Jean. Mhuis il fut décidé, dans une conférence avec eux. qu'ils s’en retourneraient à Caughnawaga pour écouter ce que les léputés des Six Nations avaient à leur dire. Deux du parti qu’ils avaient rencontré allèrent trouver les Sauvages qui étaient avec Johnson et qui le quittèrent à cette nouvelle pour se rendre à Caughnawaga. Là ils rencontrèrent un émissaire du Colonel Johnson, qui prit le parti de se déguiser et de se retirer à Montréal, voyant que les sauvages ne se battraient pas contre nous. A cette nouvelle Johnson envoya le Colonel Claus et Bradt, un Mohawk, pour les inviter à venir le trouver, et Claus donna une branche de porcelaine à un des députés. Ceux de Caughnawaga dissuadèrent les députés de ce. voyage s'ils

ne voulaient pas être traités comme ceux de Shoekbridge et être faits prisonniers. TLà-decsus, ils rendirent la porcelaine,déclarant qu'ils n'étaient pasenvoyésversJohnson, mais vers les Caughnawagas, réponse qui plut à ceux-ci. Lorsqu'on leur eût délivré mon message qui les invitait à me venir trouver à l'Ile-aux-Noix ou à St. Jean, le Mohawk qui accompagnait Claus, s'écria : ‘ C'est fini de Johnson, les Sauvages vont le quitter.” Les Caughnawagas on été flattés du message des Six Nations et de mon invitation, et ont promis d'y accéder. Les députés ont passé une nuit avec eux le lendemain, les Caughnawagas se retirèrent avec eux dans une maison éloignée, où ils s'arrètèrent une nuit, crainte d'accidents, et sept des

rincipaux d’entre eux les accompagnèrent jusqu'à St.

ean auprès du Général Montgomery à qui ils déclarèrent : ‘“ Que le Général pouvait compter sur eux; qu'ils ne prendraient pas un fusil contre nous, qu'ils ne feraient pas la moindre attention à Guy Johnson et demeureraient neutres.”

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Mr.'‘* À SON PÈRE, EN AYSHIRE, ECOSSE,

Québec, 30 septembre 1775.

Comme cette colonie est détachée en quelque sorte des autres, nous nous imaginions hors du danger d'être enveloppés dans les querelles alarmantes qui existent sur tout le continent. Je suis chagrin d’avoir à vous informer du contraire.

Vers le commencement de Mai, comme vous le verrez par vos JOUeA AE les rebelles se sont rendus maîtres de tous les Îorts sur les lacs George et Champlain, qui nous séparent des colonies du sud, aussi des vaisseaux et des bateaux du Roi qui étaient sur ces lacs. Depuis lors, ils ont essayé à plusieurs reprises d’envahir, c'est-à-dire de piler cette province, heureusement que jusqu’à présent ils ont été empêchée par les troupes et la milice anglaise! de mettre leur projet à exécution. Il y a eu, dans le cours du printemps, plusieurs légers engagements où les rebol. les ont toujours été défaits avec très peu de perte pour les troupes de Sa Majesté.

1 British Mililia. L'auteur de cette lettre parait trop bien infopmé des faits pour que nous puissions croire qu'il soit ici de bonne foi,

L'INVASION AMÉRICAINE. 349 | bridge La dernière malle de Montréal nous apprend que lundi ! la por- dernier deux ou trois cents rebelles, y compris quelques hnson, Canadiens, ont débarqué à une lieue de cette ville, et eux-Ci. dans l'espérance d’être rejoints par un grand nombre f vitait à de Canadiens pour leur aider, ils voulaient surprendre la j an, le ville et la piller. Les habitants cependant donnèrent | fini de l'alarme aussitôt le débarquement des rebelles, et les j AaWagas tambours commencèrent à appeler aux armes. Läà-dessus e mon trois cents gentils hommes, marchands et autres habitants, tés ont avec quarante soldats, sortirent sous les ordres du Major awagas Campbell. Aussitôt ils attaquèrent les rebelles, lesquels ée, où après un feu bien nourri pendant une heure, furent obliept des gés de plier et de prendre le chemin de leurs canots, ce At! u'à St. qui leur permit de s'échapper sur le fleuve, mais avec une | rèrent : perte considérable de tués et de blessés, outre trenteils ne quatre faits prisonniers, parmi lesquels se trouve un eraient nommé Ethan Allen, commandant en chef du parti. eraient Trois hommes seulement de tués du côté du roi, avec

trois ou quatre blessés. Mon oncle, qui est maintenant r* à Montréal a été à l'engagement et en est revenu sain et

sauf, Quelques prisonniers rebelles, qui sont Canadiens, nous disent que Allen les avait loués sur le prix detrente sous par jour, qu’en outre, il leur avait promis leur part dans le pillage de Québec et de Montréal.

e 1775. A raison du peu de crainte que nous avions d’être compris dans cette querelle, nous nous trouvons presque rte des absolument sans défense, nos troupes ayant été envoyées ré enve- à Roston, à l'exception seulement de deux régiments qui ent sur demeurent dans le pays. Les choses étant ainsi, nous s infor- sommes forcés de laisser de côté la transaction des affaires, et nous avons dû prendre les armes et de former une milice verrez ‘ pour la protection de nos personnes el de nos biens. Nous tres de sommes aussi très-occupés à mettre notre garnison dans 1 nous , le meilleur état possible de défense, et nous sommes dédes 5a- terminés à tenir jusqu’au bout, si nous sommes attaqués. | ils ont La saison toutefois obligera les rebelles à quitter le le pil er pays, et nous pouvons espérer, pour le printemps, d'être ils ont . assistés par la Grande Bretagne, ou d’ailleurs, en sorte ise” de que le danger n’est pas aussi grand que nous le pensions e cours. d'abord. | s rebol- re pour les | infopmé

e foi,

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UN Orricien DE L'ARMÉE CONTINENTALE, St Jean, 1 octobre 1775,

Je vais vous donner un courtapereu desdifférentes escarmouches de l’armée du Nord. Apres notre arrivée à l'Ileaux-Noix, le Colouel Walerbury s'avança avec son régiment au pied du lac et commença à se retrancher, à un mille et demi de S*Jeau, d'où il envoya un léger parti dans les bois, lequel fut attaqué par un certain nombre de réguliers et de sauvages. Dans cet engagement, l£ Colonel Waterbury eut huit hommes tués et six blessés. Du côté de l'ennemi, douze tués et plusieurs blessés, surtout des sauvages : le Major Hobby a été blessé.! Après cela, les nôtres retournèrent à l'Ile-aux-Noix. Là, un parti de cinq cents hommes partirent de nuit pour Chambly par St Jean, Nous nous avançames jusqu’au retranchement précédent où nous fûmes attaqués par l'ennemi: le feu fut assez chaud pendant six à huit minutes : à la fin, l’ennemi prit la fuite, et nous nous emparâmes de ses retranchements où nous demeurâmes jusqu’au matin, etcomme le Fort était alarmé nous ne crümes pas prudent d’avancer, et ainsi nous nous retirâmes à nos anciens retranchements de l’Ile-aux-Noix. Nous n’eûmes dans cet engagement ni blessés ni tués : nous sommes informés d’une manière assez probable que l'ennemi a eu onze tués et trois blessés.

Le 16 Septembre, nous quittâmes encore l’Ile-aux-Noix pour mettre le siège devant S' Jean. Nous avions auparavant envoyé à Chambly un parti de cent hommes qui, sur la nouvelle que les réguliers transportaient des provisions à S' Jean, les atlaquèrent, firent deux prisonniers et un butiu considérable, et commencèrent à se fortifier à deux milles de S‘Jean pour couper les communications, attendant d'être bientôt renforcés par notre armée. Mais découverte par l’ennemi, un parti de deux cents réguliers

‘sortit du fort avec des pièces de campagne ; les nôtres qui

n'étaient que la moitié de ce nombre et misérablement fortifiés "furent obligés de retraiter vers le bois. Dans l'action, le Colonel John Watson, du Régiment du Colonel Hinman a été dangereusement blessé, mais il parait se rétablir. Nous marchions alors à travers les bois, pour les secourir, mais trop tard. En arrivant sur le champ

1 Cf. Témoin Oculaire, pp .47, 43.

de bataille, nous trouvâmes les ennemis maitres de nos ouvrages de défense : ils nous recurent avec uu feu très vif et retrailèrent ensuite vers le Fort,

d Le Colonel Allen avec son parti a eu un malheureux ae engagement près de Montréal et a été fait prisonnier l'Ile- avec quatorze hommes. Nous avons environné S' Jean, EE et nous espérons en être bientôt maitres. Nous faisons hr ‘ jouer continuellement nos canons et nos bombes. Les ne ei canadiens sont la plus part de notre côté. Les sauvages rs sont pour nous. Ve) Colo- . Du irtout cela, A UN Ami A Lonpnes.

ri de Québec, 1 octobre 1775.

y par ment Le Gouverneur et le Conseil Législatif de cette prole feu vince e se sont réunis, mais après plusieurs séances, ils n’ont , l'en- pu s’accorder sur aucune ordonnance. M" S* Luc Lacorne etran- et d’autres conseillers ne voulaient plus entendre parler )mme de jury, mais insistaient pour qu'on suivit la lettre de 'avan- l’'Acte de Québec. Le Gouverneur a dissout le Conseil nche- brusquement etest parti pour Montréal. Sur sa route, Igage- on a fait tous les efforts pour engager les Canadiens à se e Ma- joindre à lui. On a envoyé par terre des armes pour b trois deux mille hommes, des munitions à proportion, pour donner aux Canadiens qui s’uniraient à lui sur la route, -Noix et la nouvelle est venue qu’il n’y a pas assez d'armes pour au pa- tous ceux qui ont accepté. Mais tout cela ne remuera s qui, pas les Canadiens des environs de Québec. pro- On a dit d’abord que S‘ Jean avait été investi par cinq niers mille Provinciaux ; ensuite, qu’ils s'étaient retirés ; ensuite ‘tifier que la Rivière Chambly, (ou Richelieu, ou Sorel) en tions, était remplie et qu'ils envoyaient des circulaires dans Mais tout le pays ; ensuite que Montréal en avait été investie : uliers pas un rapport sur lequel on pôt se fier. Cependant, à la Ps qui fin nous avoss appris que Jérémie Duggan et nn jeune ment Levingston qui sont établis sur la Rivière Chamblv, Dans avaient été les rejoindre avec cent cinquante Canadiens! onel et qu'ils avaient failli fare prisonnier le Gouverneur, ait se ainsi que Lord Pitt. Bientôt après, inopinément et tont- ; pour à coup, on a retenu sur un des vaisseaux qui sont au port LA 1 namp le passage de Lady Maria Carleton, qui doit partir sous

1 Cf. Témoin Oculaire p. 41.

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