‹ Invasion du Canada [microforme]Chapitre 82 sur 86 · LEE · texte numérisé non relu

LEE

Au Mayor SHIRRErF, BOSTON.

Montréal, 19 octobre 1775.

Cher Monsieur,

Je sais que votre bonté me pardonnera le trouble que je vous donne, ou“vais vous donner, mais la nécessité du temps m'excusera. Voudrez-vous prendre le trouble de faire parvenir les lettres ci-incluses ? Elles sont importantes pour moi et pour ceux à qui elles sont adressées.

Je prendrai la liberté de vous informer que Jean Oreillat!, monsieur français de cette ville, pour qui j'ai beaucoup d'estime et avec qui j'ai des intérêts commerciaux assez étendus, est maintenant prisonnier chez les rebelles, malheur qui affecte sa famille et ses intérêts. Veuillez bien, cher Monsieur, le faire échanger, si c’est possible, pourvoir à ses besoins et le rendre à sa famille, et vous obligerez considérablement, Cher Monsieur,

Votre dévoué et humble serviteur,

BROOK WATSON

P. S.—La dernière lettre de M. Oreillat était datée de Ticonderoga, 24 septembre 1775. J'espère faire voile pour Londres dans peu de jours.

1 Cf. Témoin Oculaire, pp. 44, 45

A BENgaAMIN Faneuir, Junior, EGuiER, BosrTon. Montréal, 19 octobre 1779.

Cher Monsieur,

J'ai enfin eu la satisfaction que je désirais depuis longtemps d'avoir de vos nouvelles. Le 7 du présent jai eu la vôtre du 14 août et aussitôt j'ai fait chercher M Bliss par un de mes amis à Québec pour avoir de lui votre lettre du 13 août que je viens de recevoir le 14 du présent, avec les excuses de M. Bliss : il l'avait laissée avec son bagage à bord, Quant à votre lettre en réponse à la mienne du 6 avril, je ne l’ai pas reçue. Vous comprenez combien j'avais d'inquiétudes pour vous et pour Madame Faneuil,mais j'en suis débarrassé maintenant en apprenant

ue vous avez l'intention d'aller hiverner à la Nouvelle- Écosse, où vous serez certainement en sûreté. L’Amiral ne peut souffrir que les Coloniaux traversent la Baïe de Fundy pour s'emparer de cette Province, et les affaires publiques ne peuvent continuer à être administrées comme elles l’ont été jusqu’à présent. D’après le peu de connaissances que j'ai de l'Amérique et des opérations militaires, je crois que le Général Gage ne peut hiverner à Boston, et qu'avant ce temps il aura pris la résolution de s'éloigner. Car s’il y demeure plus longtemps sans prendre un parti, en quittant Boston, il lui faudra quitter l'Amérique, Je veux dire qu'il ne peut hiverner toutes ses troupes à Halifax, par conséquent une partie duit venir à Ouébec, et il faut pour cela qu'elles soient embar-

uées à cette heure ou elles ne pourront remonter le fleuve. Le sloop de guerre le Hunter est arrivé à Québec. Il nous apporte peut-être là-dessus quelques nouvelles.

Quant à votre intention de quitter l'Amérique au printemps prochain, et d'acheter, avec les restes de votre fortune, une annuité pour votre vie et celle de Madame Faneuil, au cas que les affaires Let ce ne changeraient pas pour le mieux, je l’approuve beaucoupret j'espère en même temps Que vous ne serez pas forcé de la mettre à exécution. Evidemment, le royaume de la Grande Bretagne ne saurait être gouverné plus longtemps encore par des conseils aussi faibles et des efforts si peu énergiques. Il n’a guère qu’une province d’assurée en Amérique et encore a-t-elle été sur le point de tomber entre les mains des plus misérables bandits. Si les habi-

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tants de cette ville n'étaient point sortis, au-devant d’Allen lundi, le 25 du mois dernier, la ville et une partie de la Province auraient été à eux, et cet individu serait probablement le Gouverneur de Montréal. Grâce à Dieu, cette action a changé l'esprit des Canadiens, et j'ai lieu de croire celte province hors de danger, du moins pour cette aunée,et il n’y a pas de doute qu'elle sera amplement protégée l’année prochaine.

Quant aux affaires de W. et R!., j'ai la grande satisfaction de vous informer que je leur ai envoyé, depuis mon arrivée,quarante mille louis sterling,dont trente-deux mille en fourrures, par le navire la Pomone, capitaine Green, qui

a fait voile de Québec le deux du présent. Si ce n'avait

été des malheureux troubles qui règnent cette année, j'aurais envoyé dix mille louis de plus. Mais j'ai lieu d’être content et heureux d’avoir fait un voyage en Amérique en 1779.

La, Province de la Nouvelle-Ecosse se trouve trèsendeltée envers W. et R., et je serais heureux si je pouvais, comme c'est mon désir, la visiler avant de retourner eu Angleterre, mais je vois que les affaires de cette province aussi bien que de celle-ci, demandent ma présence à Londres aussitôt que possible. C’est pour cela que j'ai intention de quitter Québec dans le navire Adamant vers le dix du mois prochain, espérant arriver le, ou vers le 15 décembre, avant que le Parlement soit ajourné. Si ma présence était absolument nécessaire à la Nouvelle- Ecosse, je m’acquitterais de ce devoir le printemps prochain, En mème temps, j'espère que Dieu me fera la grâce que cela ne sera pas nécessaire, car je soupire ardemnent après la paix et mon retour.

Vos amis, MM. Jonathan et Isaac Clarke auraient fait de bonnes affaires, si les troubles ne les avaient pas suivis ici. Ils ont longtemps tenu leurs effets empaquetés, prêts à être embarqués. Mais j'espère qu'ils ne seront pas obligés de les expédier, Notre ami Butler m'écrit qu’il est décidé à se rendre à Londres avec sa femme, dans le Canadien, capitaine Abbott. Si cela arrivait, j'espère que vous serez à Halifax avant son départ et que vous vous chargerez d’être le procureur de W. et R.

Faites, je vous prie, mes compliments et mes respects affectionnés à Madame Faneuil, et soyez assuré que je suis, cher Monsieur, votre ami affectionué et fidèle.

BRUOK WATSON.

1 Watson et Raleigh.

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P.S.—Mon ami, Mr Jean Oreillat de cette ville, est maintenant prisonnier des coloniaux. Je l'estime beaucoup, et W. et R. ont de grands intérêts engagés avec lui et son associé M. Foretier. Aux dernières nouvelles que j'ai reçues de lui, il était à Ticonderoga. Maintenant, cher Monsieur, usez de votre influence auprès de M. Gage pour le faire échanger. Tachez qu’il soit relaché et rendu à sa famille : pourvoyez à ses besoins et par là vous rendrez un très-agréable service à votre ami.

BROOK WATSON

À Joux Burrer, Ecuier.

Montréal, 19 octobre 1775.

Cher Monsieur,

Je vous ai écrit de Québec, le 18 ultimo, par le Cellery, capitaine Hardie, pour accuser réception de la favour de la vôtre en date du 19 août, et je vous ai fait connaître le triste état de cette Province. Je vous parlais au long des affaires de Kavanagh et je vous priais de louer un vaisseau pour envoyer en Angleterre les huiles ct les fourrures de Kavanagh, si quelque accident empêchaïit le Canadien d'arriver, ou s'il était Pet à de poisson pour l’Europe. L’Adamant est arrivé à Québec après que Jj'eus loué un autre vaisseau pour transporter la charge que je lui destinais. Pendant que je l’attendais, j'avais pour trentedeux mille livres sterling chargé sur deux bâtiments du pays, au moment où l’on s'attendait d'heure en heure à voir les Bostonais maîtres du pays. J'ai cru que c'était mou devoir, j'ai loué la Pomons, Capitaine Green, trois cents soixante-dix louis pour transporter les pelleteries à Londres, et il a mis à la voile le deux du présent. (C'était mon intention d'y prendre passage pour m'en retourner : j'avais tout préparé pour cela. ais j'ai changé de dessein et je suis parti pour Montréal le jour où il a fait voile pour Londres. Je vous assure que toute autre détermination que jaurais prise ne me donnerait pas la moitié de la satisfaction que j'éprouve. Cette ville et la plus grande partie de la Province seraient tombées aux mains des coloniaux le 25 du mois passé, si les habitants n'étaient pas sortis lewr livrer bataille. ls se sont battus, ont remporté la victoire et sauvé le pays, au moins pour un temps.

le, est beaus avec ivelles enant, de M.

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