ON DIT QUE JE SUIS UN GAGA
On (lit que je suis un gaga.
C'est Moréas qui m' envoi' ça.
Doncques suis un gaga < n*hélas ! >
C'est ce ({uo ni'cuvui' Muréus.
Moi i[u\ suis un chaiiiianf, iiairon, y dis à persoun' qu'il est quel...
Ët si J'avais T verbe superbe
(Et rassonuLce !) je dirais...
A RAOUL PONCIIUxX
(conseils dans sa manière)
Ponchon, vous n'êtes pas raisonnable non plus.
Ecoutez ma semonce :
£li quoi ! vous vous rangez dans les gens^dissoli
Dont rougirait Alphonse,
Qui font la honte, ayant de Tesprit à gogo»
De toute noire époque.
Notre époque n*est plus celle du père Hugo,
— Encore un bon loufoque I
Ni même celle de Voltaire (Arouet), ni Celle du grand Monarque,
Et TOUS Yoicî parmi le nombre indéAni Des criminels de marque.
Quinze jours de prison pour outrages à la
Sainte Magistrature...
Mais je me trompe... à la morale, et me voilà
Tout prêt à la rature.
Car je ne suis pas, moi, comme vous, bon Raoul,
De Fopposante race.
Et que me fait d'ailleurs que tel juge maboul
Soit un doux pédérasse.
Tous les chasseurs à pied, tous les garçons baigneurs,
Tous les télégraphistes Peuvent bien défiler devant ses yeux sans mœurs
Et l'avoir sur leurs listes.
Je m'en fous et je suis un trop bon citoyen Pour crier comme on beugle...
Règle : voi^ si l'on veut, si l'on peut, c'est très bien, v Mais être d'un aveugle 11
£t libre à tout un tribunal, s'il décida.
Pour que rien ne se perde,
£u place de biftecks, au lieu de tel rata, Démanger de la m***.
Qu'il mange de la m*** ou non, dites un peu
Si cela vous regarde I Allons, faites vos quinze jours, et, nom de Dieu I
Dieu vous ait en sa garde.
16 novembre 1891.
LU