DÉCEPTION
c Satan de sort, Diable d'argent ! »
Parut le Diable Qui me dit : c L*homme intelligent
Et raisonnable
Que te voici, que me veux-Lu 1
Car tu m'évoques Et je crois, riiomme tout vei Lu,
Que tu m'invoques.
Or je me mets, suis-j«' i;entil?
A ton service :
Dis ton vœu naïf ou sublil ;
Bêtise ou vice ?
Que dois-je pour faire plaisir
A ta sagesse ?
L^impuissance ou bien le désir
Groissaut sans cesse ?
L'indifférence ou bien l'abus ?
Parle, que puis-je 1 »
Je répondis : c Tous vins sont bus,
Plus de prestige,
La femme trompe et Thomme aussi,
Je suis malade.
Je veux mourir. » Le Diable : < Si
Cest là Taubade
Que tu m'offres, je rentie. Eu Bas.
Tuer m'offusque. Bon pour ton Dieu. Je ne suis pas
A ce point brusque. >
Diable d'arp^ent et pas la mort I
Partit le Diable, Me laissant en proie à ce sort
Irrémédiable.
GUIEFS
On me dit vieux, qui ça ? Les jeunes d'aujourd'hui ! Homère est vieux aussi, je réclame de lui, Non dans des termes équivu [ucs ni baroques, Mou esprit qui u'a pas besoin de leurs breloques Pour tinter et briller au vrai soleil d*été.
Cinquante ans, non sonnés, n'ont pas trop hébété, Que je sache, l'esprit dont Dieu fit mou partage.
On me dit vieux, qui ça? Les amants de cet âge. Ci, mannequins transis, de Gomorrhe venus.
Or je suis tout plein vert, j'en atteste Vénus £t les dames. On me dit vieux, qui ça ? Ce maître Es-Anarchie (un mot suranné), petit traître^
A la pairie eu deuil, nu pauvre qu'il voudrait Faire méchant au lieu des soins qu il lui faudrait, Couseils doux, JJiru moulré, ])aiii, viu, huuaiu tendue Et la bonne mort patiemment attendue Gomme la délivrance eu une vie eutîn Heureuse !
Ou me dil vieux, (jui ra? Gel aiirrellu Imberbe, mais pécheur émérite en eau trouble. Qui me plaint de mon indigr-uce li iple et double, Unique ! sans songer un instant, le pauvret, Que je suis riche, élan! honnête. Apre secref. Recette pas drôle, être riche puisque honnête 1 Ou me dit vieux encore. l:]iirore qui d<' htMe? Ah oui, parfois moi-mr^me, alors surtout que J'ai Mal ai:i, nuil paih'', garrulé comme un ircai, Trottiné comme un àne à travers telle et telle Préoccui>ation, S(»i(h ur ou hagalcHc Mais j*ai tôt reverdi d'entre ces détritus Et je me It-iiid*' on jucsque enfanlincs vertus. En efforts bien adolescents, en très viriles Actions contre mes propres propos futiles I
Je demande pardon pour leur peu haute voix Et le ton vif, — mais on n'est jeune qu'une fois.