A FÉLICIEN CHAMPSAUR
Ghampsaur, n'ètes-vous pas, dites, de mon avis Et ne trouvez-vous pas ce inonde bien immonde t Je crois qu'oui, n'en voulant pour preuve sans seconde Que le poivre et le sel où vous tenez conûts,
Pour nos esprits charmés à qui c'est tous profits, Vos vei's d'âpre ironie et Tamère faconde De cette prose où sous Tallure franche et ronde Si souvent un sarcasme exquis nous a ravis.
Ët VOUS ave£ raison, poêle que vous êtes !
Marinons nos chagrins cl saurons nos dégoûts
£t servons-les bien froids : c'est rendre coups pour coups
A Tétrange société qui de nos têtes
Voulut faire son jeu de massacre et son but... — Petit bonhomme vit encore et lui dit : Zutl
A CATULLE MENDËS
Banquet du 16 janvier 1895*
Vous avez magnifiquement vengé la Muse D'un blasphème Irop bêle en son impiété :
€ Baudelaire, grand cœur douloureux a dicté Votre vers châtiant tel pédant qui s'amuse.
< Notre cher Baudelaire ! » ah, qu'il fut bien jeté Ce cri de noire cœur à la face camuse, D'une ignorance qui s'en croit, mais qui s'abuse, Et d*un muflisme aggravément prémédité.
Oui, faisons respecter de la foule et du cuistre Nos ùXnés au tombeau qu iusulte un cri sinistre, Corbeaux au lourd vol noir, belettes au corps tors.
Et consolons d*un beau courroux qui berce et flatte
D'un bruit encor de gloire en cette fosse ingrate
Qui ne sait plus leur nom, les morts, les pauvres morts.
A F.-A. CAZALS
Ils avaient escompté ma mort Qui n'arrivait pas assez vite, Pour quel vil et quel sale effort Avaient-ils escompté ma mort ?
Ils voulaient te salir, toi, fort De]|mon>mitié, point en fuite.
Ils avaient escompte ma mort Qui n^arrivait pas assez vite.
MêmeTelle a fait faux-bond ma morf
A tel type et telle tliôlesse Près de mon lit, rués au bord,
Elle a fait quel laux-Loud ma mort.
J'allais de tribord à bâbord.
Mais je vis, c^est le point qui blesse.
Même elle a fait faux-boud» ma mort  tel type et telle drôlesse.
Mon Gazais, tu sais qu^en dépit
De tout je t'aime mieux qu'un frère.
Cette amitié-là, sans ri'pit,
Kl trêve, eu crédit ou débit,
Elle est au cœur qui la fourbit,
S'il le faut, eu arme de guerre.
Mon Gazais, tu sais qu*en dépit
De tout je t'aime mieux qu'un frère.