CHANSON A MANGER
Nos repas fureut sommaiies Cette semaine : enfoncés Les Mai'guerys et les Maires Aux menus par trop foncés.
Fi de la sole normande, Fi de renti^ecôLe uu jus, Puisque tous ces jours-ci j*eus La salisfacliou grande
D'être uu végétarien A rinstar de ce poète Bouchor, ou de cet esthète, Sarcey, critique ancien.
Nous mangeâmes de la soupe Où lentilles et poireaux Mêlaient leurs parfums farauds
A celui du pain qu*on coupe.
I/oau coulait dans le cristal Plus pure que loi, plus claire, Meilleure que vin ou bière, Boire idéal et fatal I
C'est dommage que le ventre
Soit un ventre laéléiant Encore un bon restaurant
A, Polyphème, ton antre !
 MON ÂMIE EUGÉNIE
POUK SA FÈÏE
Contrariante comme on Test peu, nom de Dieu !
Tu n'en fais qu'à La tète, — et moi rien qu'à la mienne Non plus — et je suis tel que je suis, quelque peu Que je sois, et j'y reste en dépit de la tienne
De, téte et, nom de Dieu, j'adorerais ce jeu S*il ne me tuait pas en manière de tienne Plaisanterie et de ta part et de la mienne.
Je dis un peu ce qu'il faut dire, nom de Dieu.
Je ne suis pas ni comme il faut, ni de génie, Mais je me souviens qu'on te prénomme Eugénie Et je me rappelle aussi que c'est aujourd'hui
Ta f(He, et qu'il faut encore que je la souhaite £n dépit de nos torts de femme et de poète,
Et je t'envoie, ô, ce sonnet fait aujourd'hui.
14 novembre 189i.