‹ Inventaire chronologique et analytique des chartes de la maison de Baux, accompagné ... cinq tableaux généalogiques ... relatif à la branche des Baux d'ArboreéChapitre 2 sur 243 · XX · texte numérisé non relu

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et de chevalier, qae nous ne pouvons non plus rattacher à notre lainille. Il apparaît une seule fois dans les chartes avec d'autres seigneurs de la contrée , réglant avec Raymond-Béranger V, ses droits de juridiction et la perception des droits régaliens dus aux comtes de Provence dans le bailliage de Sisteron. Nous voyons de plus que ses descendants Allemand, Bertrand, Guillaume, Hugues, Pierre, Raymond et les dames Iluguette et Sibylle de Baux régularisent de concert avec les autres coseigneurs d'Knlrepierres, le 27 avril 1320, leurs droits respectifs sur les pâturages et revenus seigneuriaux dans le territoire de cette localité Csupplément n" 81). L'absence de tout document entre les dates extrêmes de 1237 et 1320 ne nous permet pas de préciser le degré de parenté de ces divers personnages, ni de leur donner une place dans notre grande famille de Baux.

3° Il est un autre membre de la noble maison de Baux dont aucun historien ne peut nous indiquer la naissance ; nous voulons parler de frère Bernardin de Baux, chevalier de Saint-Jean. Pithon-Curt cite deux personnages de ce nom, issus de la branche des comtes d'Alessano, descendant eux mêmes de celle de Marignane. Suivant cet auteur, le premier, lils de Raymond de Baux, baron de Rulino, aurait épousé, en 1491, Aitabella de Gesualdo, morte sans enfants; le deuxième , fds de Jean François de Baux , comte d'Alessano , aurait eu pour femme Isabelle d'Acquaviva d'Aragon qui ne lui donna aucune postérité. Ni l'un ni l'autre de ces Bernardin n'étant connus de Pithon-Curt comme chevaliers de Saint-Jean , nous restons dans l'ignorance sur le degré de parenté de ce Bernardin avec les diverses branches de la famille de Baux.

Nous le voyons apparaître pour la première fois dans nos chartes, en 1509 comme capitaine-armateur de navires, et en 1512 comme capitaine des galères , conseiller et maitre d'hùiel de Louis XII, pendant la guerre faite parce Roi à la république de Gênes. Le 4 mai 1513, le Roi, voulant le récompenser des services rendus à son royaume, lui donne à viager la seigneurie des Baux ; il en prit possession le 5 juillet suivant. François I, successeur de Louis XII, conserva les titres de conseiller et maitre d'hôtel à Bernardin de Baux et le combla de faveurs. Ce dernier seigneur de Baux, chevalier de Saint-Jean, commandeur de Saint-Vincent, capitaine des galères royales , conseiller, chambellan et maitre d'hôtel de deux Rois, mourut en décembre 1527 en emportant dans sa tombe le secret de sa naissance. Elle ne nous est révélée que par l'acte de

(loualion, l'aile ii;ii' l'iTiiiruis I, en mars ir)-J.S, à Anne du Mniiliiiol'ency, maréchal de France, de tous les meubles et immeubles de frère Bernardin de Baux, auxquels l'ordre de Saint-Jean avait renoncé, et dont il s'est saisi par droit d'aubaine, parce que Bernardin était estrangier alhahi, ni: horx du royaume^ illégitime et incestueux. (B. 28. F. 203).

4° Divers auteurs ont parlé d'une prétendue bi'anche de la famille de Baux qui aurait régné en Albanie pendant une centaine d'années, sous le nom de Balselia, Balsa et Balza. M. François I.enormant, à propos d'un mémoire publié dans la Revue de Numismatique en 18(U, snr les monnaies de Balscha III, prince de Monténégro et de Zenta, s'est fait le propagateur de cette oi)inion, presque adoptée avant lui par Dncange dans son Histoire de V empire latin de Constant inople (T. 2, p. 285, collection Buclion.)

« Il est très-probable , dit Ducange d'après certains auteurs « slaves et divers chroniqueurs latins et italiens, que les premiers « princes indépendants de la Zenta étaient originaires de la maici son de Baux, qui s'habitua dans l'Albanie au temps que Charles, « premier de nom, roi de Sicile, le roi Charles son fils, et Philippe, w prince de Tarente, hls du dernier, possédèrent la ville de Duras « et une bonne partie de l'Albanie.... Le nom de Balsa ou Balza a conth'me ceci, étant celui dont les Italiens se servent pour « exprimer l'illustre famille de Baux qui s'habitua au royaume de « Naples, d'oi^i les Sclavons ont foinné celui de Baoscia (lisez « Balscha) ; joint que l'étoile à plusieurs raies qu'Orbini donne « aux Balsa pour armes, lève toute difficulté qu'on pourrait for- « mer sur cette origine, étant celles que porte la maison de « Baux. »

M. Lenormantest plus explicite ; pour lui l'origine <les Balscha, dont il donne la généalogie, n'est pas douteuse, u La première « mention, dit-il, que l'histoire fasse des descendants de la maison « des Baux au milieu des Schkypétars ne remonte qu'à l'année « 1356 ; ils possédaient alors simplement quelques châteaux dans « la Guégarie ou Albanie septentrionale, et ils avaient même (V donné à un de ces châteaux le nom de la ville provençale d'où « ils tiraient leur origine, nom qui s'est conservé dans le village « de Balsch, près de Scutari. »

L'opinion de ces auteurs ne repose que sur des probabilités démenties par l'histoire. Après la mort sans enfants de Philippe III, jirince d'Achaïeet de Tarente, dernier elnpereur de ConstantinoplCj

sa sœur Mari^iieriie, veuve d'Edouard, roi d'Ecosse, hérita de ses LiLi'es et biens, et les transmit en mourant à son fils unique Jacques, né de son deuxième mariage avec François de Baux, duc d'Andrie. Or, ce Jacques de Baux s'éLant révolté contre la reine Jeanne fut privé de ses domaines, et se retira en Grèce où il possédait quelques terres du chef de sa mère et de son oncle. Il eut plus tard l'ile de Corfou, donnée en dot à sa femme Agnès de Duras par Charles III le 16 septembre 1382. Il mourut l'année suivante, après avoir déclaré dans son testament, fait au château de Tarente le 15 Juillet 1383, que n'ayant point d'enfant légitime et ne voulant pas laisser son héritage à son père François de Baux, il lègue son empire, son despotat et ses principautés à Louis d'Anjou, duc de Calabre, son cousin au troisième degré par la ligne maternelle, et lui recommande d'entretenir et de marier ses fdles naturelles Magdeleine et Catherine (Reg. P. 1354, n° 87^/. — Arch. nation.).

En présence d'une déclaration aussi formelle et en l'absence de documents contraires, il nous parait difficile d'adopter l'opinion fies savants auteurs que nous venons de citer, quelque spécieuse qu'elle suit. Nous ne saurions non plus nous contenter d'une simple analogie de noms pour admettre, sans preuves, l'implantation dans ces contrées d'un membre de la famille de Baux, alors surtout que toutes les données historiques semblent s'opposer à cette possibilité.

Les auteurs slaves et les chroni([ueurs latins et italiens qui ont les premiers soulevé cette question auront été trompés par le souvenir d'un prince de la famille de Baux qui a régné en Rumanie et en Servie. N'en connaissant pas la descendance, ils l'auront identifié avec Georges Balsa, comte de Zante, pauvre gentilhomme de celle province, qui assiégea les Français à Duras, où il fut défait, d'après Orbini. Ducange admet bien l'existence de ce Georges Balsa, mais il a de la peine à le croire originaire du pays, et déclare (p. 283j que très probajjlement il est d'origine française. Jusqu'à plus ample informé, nous considérons l'opiniun de Ducange, adoptée par M. Lenormant, comme erronée; nous ne pouvons pareillement admettre un deuxième Jacques de Baux, despote de Servie, indiqué dans l'ouvrage de Pithon-Curt, comme tils illégitime du despote de Romanie, parce qu'il n'en est pas parlé dans le testament de son prétendu père.

5° Pendant le cours de nos recherches, nous avons trouvé dans le

cartulaire de Sénanqiie farch. de Vauclusej, dans cekn des évèques de Carpentras fBiblioth. de la ville), et dans les registres du notaire Urbain André, de Barbentanne , des actes concernant deux familles qui vivaient du XIIP au XV° siècle dans les départements des Bouches-du-Rliône et de Vaucluse, etportaient le nom de Baux, sans la qualification de miles et nobilis précédant leur nom. Ces deux familles, établies à Avignon et à Carpentras, avaientelles une même origine? Avaient-elles donné naissance à la branche vivant au XV' siècle à Barbentanne ? Ce sont là des problèmes que nous ne saurions résoudre. Toujours est-il que nous n'avons trouvé aucun indice qui puisse nous faire croire que ces familles de notaires et de marchands descendaient des princes de Baux ; néanmoins nous devons ajouter qu'elles possédaient des biens assez considérables dans les localités où elles avaient leur résidence , et qu'elles s'alliaient à des familles très influentes du pays.

G° Une autre famille portant le même nom vivait à Aix vers la fin du XIIP siècle. Elle y est représentée , le il janvier 1-285 , par un Raymond de Baux, qui fait héritière sa femme Douce de Baux (Baucenca). Cette famille s'est peri)étuée jusques au milieu du XV' siècle, sans que nous puissions relier ses membres à la maison de Baux. Les deux derniers dont parlent les chartes du Chapitre de Saint-Sauveur d'Aix sont Jacques et Pierre de Baux , père et fils, notaires d'Aix. Le premier fut consul de cette ville en 1417 d'après l'historien Pithon (Hist. d'Aix, p. 142).

En terminant ce court exposé de notre travail sur Turigine de la maison de Baux et sur les hommes illustres qu'elle a produits, qu'il nous soit permis, comme conclusion, d'indiquer les résultats auxquels nous sommes parvenus en suivant, pendant une période de 400 ans, les divers membres de cette famille à travers la Provence, le Dauphiné, le Comtat et jusques en Italie.

Nos laborieuses recherches nous ont permis de refaire une généalogie que nos devanciers, et particulièrement Pithoii-Curt, le plus complet de tous, avaient entièrement dénaturée. Nous n'eussions pas été nous-mème plus heureux, sans le secours des documents consignés dans les registres angevins de Naples.

C'est grâce aux chartes trouvées dans ce riche dépôt et à leur rcîpprochement avec celles qui existent en France que nous avons

pu composer cette nouvelle généalo^ïie , malgré la répt'tiliou des mômes noms de personnes, sans cfualités, ni indice de filiation. Désormais, avec le secours de nos tableaux , il ne sera plus possiJjle de confondre les princes d'Orange avec les comtes d'Avellin, et ceux-ci avec des membres d'une autre branche , ainsi que l'ont fait trop souvent beaucoup d'écrivains, d'ailleurs très-sérieux.

Nous avons analysé dans notre .ouvrage une foule d'actes complètement inconnus jusqu'à ce jour , en indiquant soigneusement les sources où nous les avons retrouvés. Plusieurs de ces actes sont d'une importance capitale, ils éclairent d'un jour nouveau les relations des comtes de Provence avec les seigneurs des Baux , ceux de Berre et les princes d'Orange. Ils expliquent la cause des débats de ces derniers avec les Dauphins Viennois. D'autres non moins importants nous révèlent les efforts faits par les populations pour .se soustraire aujoug de leurs seigneurs ou en obtenir diverses libertés communales.

Nous avons condensé dans une carte géographique , et noté par un point ronge toutes les localités sur lesquelles les seigneurs de Baux ont exercés une juridiction quelconque à quelque titre que ce soit. Il sera facile de voir, en inspectant cette carte, de combien nous avons dépassé le chiffre des 79 fiefs connus sous le nom de terres Bauceiiques, attribués en propriété aux divers membres de l'illustre famille des Baux.

Nous donnons comme complément de notre inventaire la sigillographie des Baux , dont personne avant nous ne s'était spécialement occupé. M' L. Blancard est le seul auteur qui ait publié une série de sceaux dans sa précieuse Iconographie du département des Bouches-du-Rhône. Ils sont au nombre de 15, y compris le sceau d'Eudiarde, femme de Bertrand de Baux de Meyrargues, et celui de Galburge , femme de Guillaume III, coprince d'Orange. Nous les avons réédités en y ajoutant 31 sceaux nouveaux, ou des variétés, entièrement inconnus.

Cet ouvrage, dont les savants habitués à faire des recherches comprendront la difficulté, ne contiendra-t-il pas d'erreurs sensibles? Nous avons cherché à les éviter en utilisant de préférence pour nos analyses les chartes originales; à défaut de celles-ci, nous avons eu recours aux copies les plus anciennes, et enfin à celles des siècles derniers, transcrites quelquefois par des scribes peu attentifs. En l'absence des originaux et des copies, nous n'avons même pas hésité à mettre à contribution les indications de chartes

fournies par divors inventaires, lorsffu'elles nous offraient un certain clej?ré de certitude.

Sera-t-il complet? Les ouvrages de cette nature ne le deviendront quii lorsque les archives départenientales et communales seront inventoriées, et lorsque l'on aiu'a réuni dans les dépôts publics, ou dans les chambres syndicales les anciens registres des notaires. Ces registres si précieux se perdent tous les jours par négligence ou vétusté sans aucun profit pour l'histoire générale des provinces, des communes et des familles.

A ceux qui trouveraient que certaines cliarles analysées dans notre inventaire sont d'une très-mince utilité pour l'histoire , nous répondrons qu'elles nous ont paru indispensables sous le rapport généalogique, ou pour indiquer certains droits féodaux possédés par la famille de Baux dans diverses localités, quoique ces dernières fussent sous la domination d'autres seigneurs.

En terminant cette introduction, nous croyons devoir prévenir le lecteur que les chiffres placés dans nos tableaux généalogiques au dessus des noms de personnes, n'indiquent nullement le moment de leur naissance ou de leur mort, mais seulement les dates extrêmes où ils apparaissent et disparaissent dans nos chartes. En conséquence, ces chiffres ne sont pas définitifs ; ils pourront être corrigés par ceux qui, plus lieureux que nous, auront trouvé des actes qui permettront de les modifier.

Dans ces mêmes tableaux nous avons inscrit entre crochets, et fait suivre des lettres L..(Louvet), R. de B. (Robert de Briançon)et P.C. (Pithon-Curtj, certahis noms et alliances que les chartes ne nous ont point fait connaître, mais que nous avons admis sur la foi de ces auteurs comme détail généalogique ; en conséquence , s'il y a erreur, nous en déclinons la responsabilité.

Une dernière remarque relative à nos tableaux et à l'analyse des chartes porte sur la branche cadette des princes d'Orange. Depuis le partage de la principauté fait en 1218 entre Bertrand II, Guillaume II, et Raymond I, fils de Guillaume I, prince d'Orange , plusieurs princes régnèrent en même temps, et possédèi-ent à des degrés divers une part de juridiction, et des droits féodaux sur cette principauté. Bertrand III, seigneur de Courtheson, fut le dernier prince de la branche cadette qui porta ce titre, comme nous l'avons déjà indiqué. La simultanéité de la coexistence et la similitude des noms qui reviennent souvent ont produit une grande confusion dans les récits de ceux qui se sont

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occupés des Baux. Pour éviter à l'avenir cette cause d'erreur résultant du règne simultané de deux ou trois princes qui ont porté le môme nom, nous avons cru qu'il était indispensable de faire suivre du mot coprince le nom de ceux qui appartiennent à la branche cadette. Bien que le mot ne soit pas tout-à-fait inconnu > l'application qui en est faite de notre part aux princes d'Orange est toute nouvelle. Nous pensons que l'on nous pardonnera ce néologisme en faveur du motif qui l'a dicté. Sans cette innovation , il nous paraît impossible de bien connaître le rùle joué dans l'histoire par chacun des princes régnant en même temps, ou portant le même nom, et de fixer leurs droits respectifs.

Nous plaçons ici l'analyse de quelques chartes trouvées après l'impression de la table, et qui ne sont pas sans intérêt.

Alasacie et Etiennette de Baux, religieuses du Nazareth d'Aix , approuvent, ainsi que les autres soeurs, l'acte d'abandon fait par leur prieure, Oria de Castellane, en faveur des Prêcheurs de Marseille, de tous les biens qui leur furent donnés par Raymonde de Saint-Saturnin, béguine de Roubaud. Cette cession est faite pour éviter un procès, et sous la condition que le couvent du Nazareth conservera la haute seigneurie sur les biens cédés et percevra les droits de lods et de trézain — Acte à Aix,

C/iarte du fonds des Prêcheurs de Marseille. — B.-du.-Rh.

1350 — 2 septembre.

Lettre d'Antoine de Baux, Prévôt de la Major de Marseille, ordonnant à son Viguier général Bertrand Rostaing, chanoine de Marseille, de hâter la perception des revenus de sa prévôté, et d'envoyer le plus d'argent qu'il pourra à Blacas Câpre, son clavaire des Baux, parce qu'il en a le plus pressant besoin pouila réussite d'une affaire qui exige de fortes dépenses. — Donné au château des Baux.

Protoc. de .Tac. Aj/mrd, n". — Etude de M" Decor7yiis.

1351 — -2 juillet.

l'ji vertu des iustiuctions reçues de Robert, évèque de Marseille, Bertrand de Baux, soiis-viguier des terres de l'Evêché depuis le 10 novembre 1350, commande à Pierre Cliaudoin, crieur public de Signes, de se transporter au château d'Aurovènes, d'y dt-truire et brûler les fourches patibulaires dressées au mépris des droits de l'évcque et de son église, et de proclamer (fu'il est défendu à toute personne. d'arborer un signe quelconque indiquant un pouvoir seigneurial d;ins cette localité. —Acte à Signes.

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