‹ Inventaire chronologique et analytique des chartes de la maison de BauxChapitre 1 sur 207 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

S'il est vrai que Thistoire générale d'un État n'est que le résumé des histoires particulières des provinces qui le composent et des hommes illustres qui y sont nés, ou les ont gouvernées; nous aurons rendu service aux sciences historiques en analysant les chartes de la plus puissante famille de Provence qui a disputé, avec des chances diverses et pendant plus d'un siècle, cette province aux Comtes des maisons de Barcelone et d'Anjou. Elle fut puissamment aidée dans ses guerres incessantes par une partie de la noblesse Provençale, et plus lard par les républiques d'Arles, d'Avignon et de Marseille qu'elle sut entraîner dans son alliance.

On trouverait difiicilement chez les généalogistes et les historiens anciens et modernes une famille aussi mal connue que celle des Baux dont nous allons esquisser l'histoire. L'abbé Robert de Brian, çon (l'État et le nobiliait^ de la Provence) n'en donne guère que Tindication des diverses branches. Avteîeuïl (Hiittoire de la noblesse de Provence) l'a passée sous silence, sous prétexté qu'elle était éteinte de son temps. Lachesnaye des Bo[s{Dict. herald, de France) fait son histoire dans quelques lignes ; elle commence pour lui à Guillaume-Hugues, petit-fils de Pons le jeune, et finit à Bernardin de Baux en 1527.

Pithon-Curt (Histoire de la noblesse du Comtat-Vénatssin) est le seul auteur qui ait donné , à la fin du dernier siècle , la généalogie complète de la maison de Baux, d'après les documents manuscrits et imprimés qu'il put se procurer. Cet ouvrage, qui a fait autorité jusqu'à ce jour et que l'on trouve cité par tous les écrivains modernes, fourmille d'erreurs sous le rapport généalogique. Si P. Curt a vu, ce qui est fort douteux, les nombreuses chartes qu'il cite, il en a fait assurément une fausse application. Ses inductions personnelles et celles des auteurs français et italiens qu'il a consultés, l'ont trompé dans le classement par branches des divers personnages dont il est question dans les chartes ; en con-

séquence, son tableau généalogique doil être considéré comme très fautif et ne mérite qu'une confiance très limitée.

Pour éviter toute cause d'erreur el arriver b la connaissance plus exacte de l'histoire des Baux, nous avons dû faire abstraction complète de l'opinion de nos devanciers, recourir seulement aux chartes publiées dans divers cartulaires et ouvrages français, italiens et allemands, et dépouiller les nombreuses pièces qui existent dans les dépôts publics.

Notre inventaire des chartes de la maison de Baux, portant avec lui son certificat d'origine, c'est-à-dire l'indication des lieux où les actes sont pas.iés et seront retrouvés, formera la justification de notre travail, 11 fournira aux savants qui voudront étudier plus complètement, et dans ses moindres détails, l'histoire trop négligée des diverses villes et localités de la Provence, du Comtat et du Dauphiné, la facilité de recourir aux chartes citées sans faire aucune recherche. Cet ouvrage est le résultat du dépouillement en France des fonds civils et ecclésiastiques des départements des Bouches-du-Rhône, de l'Isère, de la Drame et de Vaucluse, des chartes et des diverses collections des archives et de la bibliothèque nationales, et à l'étranger des archives du Vatican et de celles de Naples oti se trouvent les nombreux registres angevins de nos Comtes de Provence, Rois de Sicile. Nous avons mis à contribution les archives municipales de plusieurs villes, dont les plus importantes sont: Marseille, Arles, Orange, Avignon et Carpentras, celles d'Aubagne, notre ville natale, de Toulon et de La Cadtère, et nous avons poursuivi nos recherches jusque dans de nombreux registres des notaires de Courtheson, d'Orange et de Marseille.

Lorsque les chartes nous ont fait défaut, nous avons utilisé l'histoire manuscrite de Montmajour par Chantelou, et divers inventaires qui méritent créance, tels que celui des Dauphins Viennois, publié par M. l'abbé Ulysse Chevalier, ceux de Montmajour, du Chapitre de Marseille, et principalement un manuscrit du XVIII* siècle, sans nom d'auteur, ayant appartenu ii notre excellent et regretté ami le docteur Martial Millet, d'Orange, qui contient une analyse étendue de divers actes concernant les Baux, et porte encore l'ancienne cote des chartes de la ville d'Orange.

Nous ne saurions passer sous silence, en terminant celte aride énumération, im manuscrit intitulé Noblesse de Provence, nouvellement acquis par notre ami le savant bibliophile M. Paul Arbaud,

viiice, tirées des registres des notaires d'Arles, et la copie intégrale de quelques actes passés dans cette ville par divers membres de la famille dont nous allons tracer brièvement Thistoire.

Sans nous arrêter à la fable qui fait descendre les Baux de lun des trois Mages qui allèrent à Bethléem, sous le guide de Tétoile , pour adorer le Sauveur du monde , ni au dire des écrivains qui leur donnent pour origine les Balthes , Tune des plus puissantes et illustres familles des Goths et Visigoths, nous essayerons de fixer Torigine de cette illustre maison sur les documents que nous fournit le cartulaire de Saint-Victor, documents dont personne ne s'est servi jusqu'à aujourd'hui pour éclairer cette question.

Robert de Briançon est le premier auteur qui ait soulevé le voile qui cachait l'origine des Baux, en les disant issus d'une noble famille de Provence, sans fournir cependant aucune preuve à l'appui de son opinion. Feu notre savant confrère le docteur Damase Arbaud, à la perspicacité duquel nous nous plaisons à rendre hommage, a fait faire un pas de plus à la science, en nous donnant connaissance, par le rapprochement des chartes du cartulaire de Saint-Victor, de la grande étendue des domaines de cette famille dans le Var et les Bouches-du-Rhône, et de la filiation de Geoffroy de Rians ix Pons-le-Jeune. La charte 267, datée du 16 octobre 1059, ne laisse aucun doute à cet égard. Elle contient une donation de l'église de Sainte-Marie et Saint-Jean dans le territoire d'Esparron-de-Pallières, faite au monastère de Saint-Victor par Geoffroy et Hugues, fils et héritiers de Pons-le-Jeune (1).

Or, ce Geoffroy et son frère Hugues possédaient en commun des biens héréditaires dans la vallée du Rhône, dans l'Argence, à Gignac et à Marignane, localités dépendantes du comté d'Arles , en qualité d'héritiers de leur père Pons-le-Jeunei

Ce même Hugues, mari d'Enaurs, fut le fondateur de la dynastie des Baux; Geoffroy par son mariage avec Scocia, fille de Guigo et de Gualdrada, posséda des biens considérables dans les environs de Brignoles, comme on peut le voir par les nombreuses donations faites au monastère de Saint- Victor. Il fut seigneur d'une vallée dont la circonscription franchissait la Durance et s'étendait jusqu a

(1) Nos omnes coheredes, Gausfreduê et Vfjo et vxores nostre, scilicet Scocia cum /iliis nostris Vtiillelmo et Pontio, et Inauris cum nui;^ fUii» Vull- Iclmo et Vyone et Poniio concedinius et donamus... (cari. îSl-Victur. cli. 267)*

PertuLs ; son fils Pons fut la souche de la famille de Rians dont il prît le nom.

M. Blancard, archiviste des Bouches-du-Rhône, va plus loin que ses devanciers; ses études, encore inédiles, sur les comtes de Provence font remonter de trois degrés la Allât on de Pons-Ie-Jeune. Ce dernier et Lambert-Ie-Juge, père d'Odille, femme de Foulque, vicomte de Marseille, sont les fils du Pondus, qualiQé de Vicecorner au mois de mars 965 (ch. 29 du cart. Saint- Victor), et que nous retrouvons à Arles le 20 août 967 (ch. 290) avec la qualification de Major, immédiatement après le nom du Juge Bérenger, qui est le premier nommé de tous les grands seigneurs cités dans l'acte.

D'après l'authentique d'Arles et le même cartulaire de Saint- Victor, cePonciua mo/or, mari de Bellitrude(ch. 169), et Lambert Judex avaient un troisième frère appelé Raiarabert, propriétaire aussi en Argence. Leur père Ison et leur oncle paternel Humbert, évoque de Vaison, descendaient à leur tour d'un /^o/iciu*, pareillement propriétaireen Argence, qui vivait vers le milieu duneuvièrae siècle.

Les documents nous faisant défaut pour poursuivre l'origine de la famille de Baux au-delà du neuvième siècle, nous concluons en disant que ces titres de Vicecomea et /udex, portés par Pons Major et Laroberl, ne sont que la désignation de fonctions peu connues, exercées par divers seigneurs de la cour des Comtes de Provence ; que ces fonctionnaires, riches propriétaires du Comté, toujours nommés au premier rang dans les chartes précitées, doivent être considérés commede hauts personnages et les premiers feudataires de ce Comté. Nous croyons qu'ils descendent directement par leur père Ison et leur aïeul Poncîus du comte Leibulfe, vivant vers la Un du huitième siècle, qui possédait comme eux, d'après les chartes, de vastes propriétés en Argence.

Quelle que soit la valeur que l'on voudra donner à notre opinion sm' l'origine de la famille des Baux, qu'elle soit comtale ou non, les critiques les plus exigeants ne nous refuseront pas de la placer au premier rang des familles nobles, originaires de Provence. Quant au nom patronymique adopté par Hugues, fils de Pons-le-Jeune, il sera facile de reconnaître sa provenance dans la donation faite en 9ftl par Silvius aux moines de Montmajour d'une terre démembrée des domaines de Pons, située dans le comté d'Arles, secus castrum qui vocaiur Balcius.

Jeune, avec Etiennelte, fille du comte Gilbert, vint donner une nouvelle illustration à cette famille en la rapprochant du trône des comtes de Provence ; mais il fut en même temps la cause des guerres civiles qui ensanglantèrent cette province depuis le milieu du douzième siècle jusqu'à la fin de la républicjue marseillaise, et se terminèrent par la soumission définitive de Barrai de Baux à Charles I d'Anjou, beau-fils de Raymond-Bérenger V.

Les historiens de Provence nous paraissent s'être gravement trompés en traitant de factieux Raymond de Baux, et en attribuant exclusivement la guerre civile suscitée par lui, après la mort de Raymond Bérenger I", au partage inégal des domaines de leur beau-père Gilbert, et à la revendication d une part plus grande d'héritage.

Jusqu'à ce jour, aucun écrivain n'a prouvé, les documents à la main, cette prétendue revendication. Lorsque le Comte eut la faiblesse, par nécessité politicjue, de donner sa fille Douce en mariage à un prince étranger, et lorsque sa femme Gerberge aggrava cette première faute en donnant, contrairement à la loi féodale, tous ses domaines à sa fille aînée, qui les rétrocéda à son mari, il ne fut nullement question de partage. Raymond, seigneur de Berre, resta possesseur des seuls biens de sa famille, augmentés de la dot de sa femme Etiennette, dont on ignore Timportance et la nature ; s'il obtint en 1116 de son beau-frère Raymond Bérenger la souveraineté de Berre et de son territoire, d'une portion de la Crau et des domaines au-delà de la Durance confisqués sur les meurtriers du comte Gilbert, ce fut en dédommagement des dépenses faites à la poursuite des assassins, et comme indemnité des onze mille sous qui lui étaient dus. (B. 1069, fol. 230. v. arch. B.-du-Rj.

La cause déterminante de cette première guerre et de celles qui l'ont suivie jusqu'à la soumission définitive de Barrai de Baux à Charles d'Anjou, doit être recherchée dans un mobile plus élevé que la revendication d'une part d'héritage, et la satisfaction d'une ambition exagérée souvent reprochée à la famille de Baux ; cette ambition serait d'ailleurs doublement légitimée par la naissance de Raymond et par son mariage avec Etiennette, fille du dernier Comte. Le mobile qui le poussait à cette guerre, ne fut autre qu'un ardent patriotisme et le désir de soustraire la Provence au pouvoir d'un prince étranger, sous lequel elle devint vassale de la Catalogne, non par conquête, mais par la volonté de deux femmes et l'assistance d'une partie de la noblesse trop oublieuse de l'honneur national.

Les chartes noas manquent pour donner à notre opinion l'autorité d'une démonstration ; mais si l'on admet, avec les bistorieas, que la donation de la Provence à Raymond-Bérengerpar sa femme Douce était conforme à la constitution féodale, que l'on nous dise alors pourquoi la moitié de notre noblesse, au risque d'y perdre son patrimoine, se rangea sous la bannière du premier feudataire du Comté ? A coup sur ce ne fut pas pour satisfaire l'ambition personnelle de Raymond de Bnux et se créer un nouveau maître. Voyons plutAt dans ce soulèvement la formation d'un parti national qui, malgré ses revers, ne s'est jamais démenti pendant une période de cent ans, et a fini par entraîner dans ses élans patriotiques les \-ilIes d'Arles, Avignon et Marseille, qui s'étaient déjà constituées en républiques, et voulaient maintenir leur indépendance.

Nous ne connaissons aucun des incidents de cette première guerre, nous savons seulement qu'elle fut désastreuse pour le parti des Baux, et que Raymond vaincu mourut en 1150 à Barcelone oii il était allé implorer la clémence de son vainqueur. Le prince Catalan fut implacable ; il mit provisoirement sous séquestre les biens du vaincu, et obligea Hugues de Baux, fils aîné de Raymond, h se constituer prisonnier. S'il suspendit plus tard ces mesures de rigueur, ce ne fut qu'après avoir obtenu d'Eliennette et de ses quatre fils une soumission complète à ses exigences. A ce prix, les domaines furent rendus ix la famille, mais sous condition expresse qu'eux et leurs descendants reconnaîtraient la suzeraineté du prince et de ses successeurs, et leur prêteraient hommage et serment de fidélité comme tous les feudataires du Comté.

Hugues de Baux ne pouvant supporter cet état de vassalité, tenta de nouveau le sort des armes en s'alliant au Comte de Toulouse. Il eut même la faiblesse de se rapprocher de l'empereur Frédéric Barberousse, dont il espérait un secours matériel : mais il n'en obtint que la confirmation de l'invcstiLure des terres possédées par son père Raymond, Guillaume-Hugues, et le comte Gilbert, son aïeul maternel. Assiégé en mars 1 162 dans son château des Baux par les comtes Bérenger-Raymond et Raymond-Bérenger, en personne (B, 278, B.-du-R.), il lui fallut de nouveau fairesa soumission aux princes Catalans. Quelques mois après, il eut la douleur de voir l'Empereur céder aux sollicitations des ennemis de sa famille et annuler sous divers prétextes la charte d'investiture du comté de Provence accordée à Raymond son père, en 1U5, par

l'Empereur Conrad son prédécesseur, et confirmée en sa faveur en 1160 par Frédéric lui-même, pour la donner à Raymond- Bérenger III auquel il accorda sa nièce Richilde en mariage. Hugues, ne pouvant consentir à rester le vassal des Comtes de Barcelone, s'exila volontairement en Sardaigne, où nous le retrouverons plus tard fondant une nouvelle dynastie dont les princes prirent le titre de Juges d'Arborée.

Après la mort de Raymond, fils de Hugues de Baux, son oncle Bertrand, quatrième fils de Raymond de Baux, seigneur de Berre, devint prince d'Orange par son mariage avec Tiburge, fille de Raimbaud III ; il obtint pour prix de sa soumission à Raymond- Bérenger et & la politique de l'Empereur, la confirmation des biens de sa maison dont il était seul héritier.

Par la mort de son beau-frère Raimbaud IV, Bertrand hérita de Cûurtheson et d'une nouvelle partie de la principauté d'Orange. Son règne fut de courte durée, il n'est guère connu que par son alliance avec le roi d'Aragon, ses démêlés avec l'ordre de Saint-Jean-de- Jérusalem, ses donations à divers couvents et ses largesses à Tabbaye de Silvacane. Les historiens prétendent qu'il fut assassiné, mais le rouleau des morts de ce prince édité par M. Léopold Delisle, directeur de la Bibliothèque nationale, rectifie cette assertion et nous apprend qu'il mourut de mort naturelle vers 1181.11 laissa quatre fils, dont l'un Guillaume-Hugues devint chanoine d'Arles, et les trois autres Hugues, Bertrand et Guillaume furent la souche des trois branches principales dont nous allons parler. Leurs descendants devinrent maîtres d'une grande partie de la Provence, du Dauphiné et du Comtat par successions, contrats et conquêtes.

Dans le partage des biens paternels de Bertrand, Hugues reçut les châteaux des Baux, Trinquetaille, etc.; Bertrand ceux de Berre, Istres, Miramas, Marignane, Meyrargues, Puyricard, et Guillaume hérita, du chef de sa mère, d'une partie de la principauté d'Orange.

Branche des seigneurs des Baux, vicomtes de Marseille,

et plus tard comtes d'Avellin.

Hugues, que nous croyons Talné des enfants de Bertrand de Baux, prince d'Orange, passe un traité d'alliance offensive et défensive en 1206 avec Udefonse, comte et marquis de Provence , et

reçoit en don de ce dernier le Bourg-Neuf d'Arles, les cli&teaux deMouriès et Maussane. Udevint vicomte de Marseille par son mariage avec Barrale, fille de Barrai, et par le partage de la vicomte de Marseille fait en 12t2 entre le vicomte Ronceiin et ses nièces Barrale et Mabile, cette dernière, fdle de Guillaume-le- Gros, et femme de Giraud Adiiemar de Monteil, il reçut en partage une portion de la ville vicomtale de Marseille, les chdteaux du Castellet, La Cadière, Ceireste, et un tiers d'Aubagne et de son territoire.

Héritier de la haine de ses aïeux rontre la maison de Barcelone, il entraîna dans sa révolte quelques membres de sa famille, vendit, pour supporter les frais de la guerre, ses droits sur la ville vicomtale à la commune de Marseille, qui cherchait à s ériger en Répablique, et diverses terres et châteaux dans la Cran. Cette seconde guerre ne fut pas plus heureuse que la première ; lingues devir.t, avec son fils Gilbert, prisonnier de Raymond Bérenger V et survécut peu d'années à sa défaite. Il avait eu deux fils, Gilbert st Barrai ; le premier mourut sans enfant en 1243, de sa femme Sibylle, fdle de Geoffroy de Trets, vicomte de Marseille, peu de mois après avoir fait donation au comte Raymond de ses domaines d'Aubagne, Saint-Marcel, La Cadière, Ceireste, CugeselRoqueforl.

Barrai de Baux, l'homme le plus remarquable de sa race, prit part à la guerre suscitée par son père et les princes de sa maison à Raymond Bérenger V; homme de guerre d'une incontestable valeur, doué d'une activité h toute épreuve et ne reculant devant aucune mesure pour arriver à son but, il fut le plus fidèle allié du comte de Toulouse, Raymond VII, dont il avait épousé la nièce. Il envahit une grande partie du Comtat comme Sénéchal [lour le Comte de Toulouse, et reçut de lui la donation de diverses lerres qui devinrent plus tard l'apanage de la branche cadette de sa famille.

Cette guerre désastreuse s'étant terminée par la réconciliation du Pape avec le Comte de Toulouse et par le mariage de la fille de Raymond VII avec Alphonse, comte de Poitiei-s, fils de Louis VIII. roi de France, Barrai se liàta de faire la paix avec la commune d'Arles qui s'était emparée de ses biens, et de prêter hommage et serment de fidélité k la comtesse Béatrix que son père, en mourant, avait nommée seule héritière du comté de Provence.

Comme témoignage de satisfaction, la Comtesse rendit â Barrai les terres de Roquefort, de la Cadière et du Castellet, etc., données par Gilbert de Baux à Raymond Bérenger V ; mais la soumission

XIU

(le Barrai ne fut pas durable ; le nouveau corate de Provence, Charles d'Anjou, venait à peine de partir pour la croisade, que Barrai, espérant relever l'éclat de sa maison, terni par la défaite récente de son père, tenta d'enlever la Provence à la maison d'Anjou. Il profita habilement des difficultés qu'entraînent toujours un changement de dynastie, et de Tesprit d'indépendance et de liberté dont les populations du Midi étaient affolées, pour soulever la Provence entière ; il l'avait enchaînée à son entreprise par un traité d'alliance précédemment conclu en 1247 avec les villes d'Arles, Avignon et Marseille.

Ce grand agitateur, maître alors de la situation, et reconnu partout comme chef incontesté de la révolte, ne recula devant aucune mesure politique, quelque grave qu'elle fût, pour satisfaire son ambition et sa haine personnelle contre le nouveau Comte que les populations et lui-môme considéraient comme prince étranger. Podestat d'Arles et d'Avignon, il fit chasser de leurs palais l'Archevêque et l'Evêque de ces deux villes qui s'opposaient à ses desseins, et autorisa, par sa présence et ses conseils, les ordonnances arbitraires et iniques lancées contre ces deux prélats et leurs partisans.

Lorsque la réaction leva la tête contre ces excès démagogicjues, il ne fut plus possible à Barrai de la réprimer parce qu'il était entouré de mécontents. Oublieux du traité qui le liait aux républiques provençales, il écrivit secrètement à la reine Blanche, le f mars 1249, pour lui promettre la soumission des villes d'Arles et d'Avignon aux comtes de Provence et de Toulouse, leur vie durant, à la condition que ces villes reprendraient le gouvernement de leur choix à la mort des princes. Il était trop tard, Charles d'Anjou prévenu de la rébellion de ses vassaux accourait en toute hâte pour châtier les rebelles. Les villes d'Arles et d'Avignon se rendirent sans combat, et Barrai, réduit à l'impuissance, accepta à son tour, après quelques mois de trêve, les conditions imposées par le Comte de Provence; il s'engagea même à faire une vive guerre à Marseille, son ancienne alliée, qui refusait obstinément de reconnaître la suzeraineté de Charles d'Anjou. La soumission de Barrai fut définitive, il suivit son nouveau maître en Italie et y mourut en 1268 après avoir été Podestat de Milan et grand Justicier du royaume de Sicile.

Bertrand de Baux, son fils, accompagna le Comte de Provence en Italie ; sa bravoure et sa belle conduite à la bataille de Bénévent

attirèrent sur lui l'attention de Charles d'Aiyou qui lui donna en apanage diverses terres et le comté d'Avellin transmlssible à ses descendants. Seul héritier des domaines de son père, il les aocnit d'une partie de la baronnie de Pertuis que lui légua son cousin germain Bertrand de Baux de Pertuis, mort en Italie en 1375. Revenu en Provence pour soigner ses intérêts fortement compromis par son absence, il vendit ou engagea plusieurs terres el mourut en Provence en l'année 1305.

Il laissa de son premier mariage avec Philippine de Poitiers, fille d'Aymar, comte de Valentinois, Raymond de Baux I", qui fut héritier du titre de comte d'Avellin. De son second mariage avec Agathe de Mévouillon, il eut Barrai II et Agout de Baux, qui formèrent la branche des seigneurs de Caromb.

Comtee d'Avellin. — Raymond de Baux continua la branche des comtes d'Avellin. Il eut pour successeurs Hugues II, Robert, Raymond II et son âls Jean, mort en bas Age ; Alix de Baux, fille de Raymond, tat la dernière comtesse d'Avellin, elle mourut le 7 octobre 1428 sans héritier direct de ses deux maris, Odon de Villars, et Conrad, comte de Frîbourg, A partir de Bertrand de Baux, tous ces princes prirent le titre de seigneurs d'Aubagne.

Seigneurs de Caromb, — Agout de Baux, sénéchal de Beaucaire et de Nimes en 1340, de Toulouse et d'Albi en 1342, fut la tige des seigneurs de Caromb, Brantes et Plaisians. 11 mourut en 1346, laissant de son mariage avec Catherine Artaud de Cbâtillon divers enfants qui n'eurent aucune postérité. L'un d'eux, Amiel, Amelîn ou Amédée de Baux, devint sénéchal de Beaucaire et de Nîmes en 1367. Son frère Bertrand, marié à Catherine de Courthéaon, fut sénéchal de Saintonge en 1346, bailli de Sentis en 13ô5. Il mourut en 1375, en nommant pour son héritière Alix de Baux, comtesse d'Avellin.

Branche des seigneiin de Bsrre, Mayrargnes, Pnyricard et Harlgnano.

Bertrand de Baux I, seigneur de Berre, et fils de Bertrand prince d'Orange (1), est fort peu connu dans l'histoire, si ce n'est

(1) Bertrand de Baux I, prluee d'Orange, devenu chef de la lamtlle par l'exil

volontaire de son frère Hugues et la mort de son neveu RaTmoad, doit Être con-

par des donations faites à divers couvents. Il mourut vers 1201 en laissant deux fils nés de son mariage avec Etiennette de Baux, fille de N. . ., Raymond -Hugues, dont la destinée est inconnue et Raymond II, seigneur de Berre, Meyrargues, Puyricard et Marignane. Ce dernier devint vicomte de Marseille par son mariage avec Alasacie, fille de Hugues Geoffroy III. Il vendit en 1296 sa part de vicomte à la commune de Marseille, et fit la guerre au comte Raymond-Bérenger avec son oncle Hugues de Baux. De son mariage, il eut trois fils, Guillaume, Bertrand et Gilbert ; le premier continua la race et les deux autres formèrent les branches de Meyrargues et de Marignane.

Seigneurs de Berre ^ ducs d'Andrie, — Guillaume I, seigneur de Berre, Istres, VitroUes, Lançon, etc., épousa, d'après Pithon- Curt, Eugaris de Tournel. Bertrand II, son fils, vécut plus souvent en Italie à la suite des comtes d'Anjou, qu'en Provence; il eut de sa femme Bérengère trois fils, Guillaume II, seigneur de Berre, Hugues, chambellan du roi de Sicile, comte de Montfort, morts sans postérité, et Bertrand III. Ce dernier fut doté du comté de Monlescaglioso et du duché d'Andrie par le roi Charles H, qui lui donna sa fille Béatrix en mariage, en 1309. Il n'eut d'elle que la princesse Marie, femme d'Humbert II, dauphin viennois. De son second mariage avec Marguerite d'Aulnay, naquit François de Baux, seigneur de Berre, duc d'Andrie, célèbre par sa révolte contre la reine Jeanne, qui lui confisqua tous ses domaines de Provence. Après avoir fait la paix avec la Reine, il vécut en Italie et mourut en 1422.

François, duc d'Andrie, épousa : 1* Louise de Saint-Sévérin , d'après P. Curt ; 2' Marguerite d'Anjou - Tarente, impératrice de Constantinople, dont il eut Jacques de Baux, prince de Tarente et d'Achaïe, mort sans postérité légitime de son mariage avec Agnès de Duras, ayant légué, en 1383, ses titres et terres à Louis I d'Anjou, roi de Sicile ; 3' Suève des Ursins, qui lui donna Guillaume, duc

sidéré comme seigneur de Berre, bien qu'il n*en t^renne jamais le titre et qu'il n'ait fait aucun acte, à notreconna!ssance,constatant sa seigneurie. Pour éviter Umta confusion avec les personnages du môme nom qui ont existé dans les trois branches de oette famille, nous avons pensé qu'il serait utile de ne les numéroter qu'à dater de la mort du dit Bertrand, et du partage de ses biens entre ses trois iils, Guillaume, Bertrand et Hugues. Nous n'avons fait d'exception que pour Raymond de Baux, mari d'Etiennette, que toutes les chartes appellent seignetur de Berre.

d'Andrie, héritier de la comtesse d'Avellin, et Bianchino de Baux. La descendance de ces deim frères s'est perpétuée en Italie, elle esl représentée aujourd'hui dans la ville de Naples par une famille très honorablement connue sous le nom de Balxo.

Seigneurs de Meyrargues et Puyricard. — Bertrand, deuxième fUs du vicomte Raymond, forma la souche des seigneurs de Meirargues, Puyricard et Eguilles. Son premier mariage avec Eudiarde,SIle deGiraudAdhemar et de Mabile, vicomtesse de Marseille, ajouta à ses domaines les seigneuries de Gardanne, Roquevaire, Gémends, et diverses terres dans le Var et les Basses-Alpes. De ce premier mariage, naquit Hugues de Baux, qui fit alliance avec les Marseillais dans leur guerre contre Charles I d'Anjou, et fut exilé par le Comte après la soumission de Marseille. Il mourut sans héritier en 1305, après avoir vendu ses lerres à Charies II d'Anjou. Bertrand épousa en deuxièmes noces Alix N il eut pour fils et héritier Raymond I, qui continua la postérité. Son petit-fils Raymond H, seigneur de Puyricard et d'Eguilles, mourut sans enfant de sa femme Bronde Adhemar en 1349, et laissa son héritage à Raymond de Baux n, comte d'Avellin.

Seigneurs de Marignane. — Gilbert de Baux, troisième fils de Raymond, eut en partage la seigneurie de Marignane et de Saint- Victoret. De son mariage avec Adalmodis N..., naquirent plusieurs enfants que nous croyons inutile de désigner ici. Il eut pour successeur son fils Raymond, qui donna naissance à Guillaume, seigneur de Marignane, marié à Beliinde Hugolen. Ce dernier fut vice-sénéchal du comté de Provence en 1IÎ70 et mourut en 1381, laissant deux enfants: l'un, François de Baux, marié à Urbaine d'Agout, fut le dernier seigneur de Marignane ; il vendit ses domaines à la reine Yolande, le 27 octobre 1423, pour le prix de six mille florins d'or. Le deuxième , Guillaume , fut viguîer de Marseille en 1419, etcoseigneur de Lambescet La Barben, en sa qualité dTiéritier substitué de son neveu Guillaume de Pontevès, 11 eut pour successeur son fils Guillaume de Baux de l'isle. Celuici, obéré de dettes, vendit tout ce qu'il possédait au roi René, et Jean de Baux, son flls unique, ayant épousé Agnès de Tégrin, continua la postérité dans le Comtat.

Branche d'Orange, de Courtheson, Suze et Camaret.

Guillaume de Baux I , prince d'Orange , troisième fils de Bertrand I et de Tiburge , succéda à son père dans la principauté d'Orange. Ce prince troubadour embrassa le parti du Pape contre les Albigeois et Raymond VI , comte de Toulouse , qui avait fait assassiner son père; tombé entre les mains des partisans du Comte, il fut, dit-on, écorché vif et coupé par morceaux en juin 1218 dans la ville d'Avignon. De son mariage avec Ermengarde de Mévouillon, il eut trois fils, Guillaume H, Bertrand II et Raymond ï, qui régnèrent en même temps avec le titre de princes.

Ce dernier, soit habileté, ambition, ou droit d'aînesse, sut toujours se placer au premier rang dans les transactions concernant la principauté. A la mort de ses frères , il finit même par écarter ses neveux, leurs héritiers directs, de toute initiative et participation sérieuse aux affaires, tout en leur conservant le titre de princes. L'infériorité de ces seigneurs était telle, qu'en 1279 Bertrand in , héritier de son père Raymond II et de son oncle Guillaume III, ne possédait plus qu'un quart de la principauté, se composant des châteaux de Courtheson, Barri, Suze et Solérieux, qui devinrent l'apanage de la branche cadette dont nous parlerons plus tard.

Raymond I, prince d'Orange, mourut en 1282. Il eut deux fils de sa femme Malberjone, fille d'Isoard d'Aix ; Guillaume IV mort avant son père, et Bertrand IV, seul héritier de toute la principauté. Ce dernier épousa Eléonore de Genève , fille du comte Henri , de laquelle naquirent Guillaume mort avant son père , et dont les enfants formèrent la branche des seigneurs de Camaret et Sérignan, et Raymond de Baux IV, qui continua la postérité. Celui-ci , mari d*Anne de Viennois, fille de Guy de Montauban, eut pour fils et successeur Raymond V, dernier prince d'Orange.

De son premier mariage avec Constance , fille du comte de Tallard, Raymond V n'eut point d'enfants. Jeanne de Genève , sa deuxième femme , ne lui donna qu'une fille , la princesse Marie, qui reçut en dot la principauté d'Orange en 1386, et la transmit par testament en 1417 à Jean de Châlons, son mari, et à ses descendants.

Seigneurs de Camaret et de Sérignan. — Par son testament du 21 juillet 1314, Bertrand IV, prince d'Orange^ légua aux deux

enfants de son (ils aîné Guillauine, les seigneuries de Camaret, Sérignan, Travaillaiifi, etc. L'alné, Bertrand, premier seigneur de Camaret, mourut sans alliance en 1342. Son frère el héritier Guillaume épousa Marquise d'Albaron, il mourut en 1361 laissant pour Ois et successeur Jean de Baux, lequel n'eut de son mariage avec Florencie de Saint-Martial que trois filles ; l'une d'elles , Catherine, épousa Raymond de Laudmi, seigneur de Lers et de Rocbefort, dont les descendants fonuëreut la branche des Laudun de Baux.

Seigneurs de Courtheaon, Sute, Barri et Solérieux. • ■■ Le premier prince d'Orange qui ait pris la qualiflcatioa de seigneur de Suze el Courtlieson est Raymond II, héritier de son frère Guillaume m, mari de Galburge de Mévouillon, lequel partagea la principauté d'Orange avec son oncle Raymond I. Ces princes de la branche cadette perdirent peu à peu, comme nous l'avons déjà dit, la plus grande partie de leur principauté à la suite de diverses transactions avec Raymond I et son Sis Bertrand IV, princes d'Orange, et reçurent en apanage les seigneuries de Courthesoo, Barri, Suze et Solérteus, sous la suzeraineté des princes de la branche atnée. Le titre de prince qu'ils portèrent jusqu'à la fin du XIU' siècle ilLiil être considéré comme purement nominatif et ne leur cunféi'ant qu'un pouvoir très secondaire, car Bertrand IH ne possédait plus qu'un quart de la principauté en 1279 ; son fils Raymond III, seigneur de Courtlieson, fut le dernier qui se décora quelques fois de ce titre honorifique.

Les quatre fds de Bertrand III, seigneur de Courtheson , Amiel , Bertrand, Hugues et Raymond, portant leur ambition vers l'ilalie , quittèrent la Provence pour s'enrùler dans les armées des rois de Sicile, comtes de Provence, qui les comblèrent d'honneurs et leur firent donation de terres considérables. Amiel , viguier de Florence , grand justicier du royaume , mourut en Italie. Bertrand , capitaine général en 133T, mourut sans alliance. Hugues devint comte de Solelto et Sénéchal du Piémont et de Sicile, et eut de sa femme Jacqueline délia Marra, Raymond de Baux qui hérita de son litre, fut maréchal de Sicile en 1340 , el mourut sans postérité en 1376. Suève, lune des fdles de Hugues, épousa Robert des Ursins, comte de Nola, dont le fils Raymond ajouta àson nom celui de sa mère et forma la branche des Ursins de Baux.

mont en 1309; il eut de sa deuxième femme, Constance de Montolieu d'Arles , Bertrand de Baux , seigneur de Courtheson , lui aussi sénéchal du Piémont et de la Lombardieen 1340. La ûUe unique de ce dernier, Catherine de Baux, dame de Courtheson et de Gaudissart, mourut en 1393 sans postérité de son mariage avec Bertrand de Baux, seigneur de Brantes.

Seigneurs de Suze, Barri et Solérieux. — Âpres la mort de Raymond de Baux II, seigneur de Suze et de Courtheson, ses fils Bertrand in et Raymond partagèrent les domaines de leur père le 4 décembre 1281. Bertrand conserva les droits seigneuriaux de sa famille sur Orange, et les châteaux de Courtheson, La Garde-Paréol etc. Raymond eut en partage Suze, Barri, et Solérieux. Il épousa en premières noces Catherine de Lagonesse, de laquelle naquit Amiel de Baux. Sa deuxième femme, Marguerite, comtesse d'Ascoli, fille de Théodora de Saint-Sévérin, qu'il épousa en 1331, ne lui donna aucun enfant.

Amiel de Baux épousa, d'après Pithon-Curt, Albaronne d*Agout, qui lui donna pour héritier Raymond, mari de Cécile, ou Filette de Mévouillon, de laquelle naquit Amédée de Baux dont la destinée nous est inconnue.

La succession d' Amédée passa, nous ne savons comment, entre les mains de Raymond V, prince d'Orange, dont les ancêtres avaient toujours conservé la suzeraineté sur les domaines aliénés de leur principauté. Ce dernier prince abandonna à son frère cadet Bertrand, seigneur de Gigondas, la seigneurie de Suze, qui sortit définitivement de la principauté d'Orange par le mariage de Marguerite, fille de Bertrand, avec Hugues de Saluées.

Nous ne saurions terminer cette notice généalogique sans parler de divers personnages issus de cette noble maison de Baux , à laquelle nous ne pouvons cependant les rattacher faute de documents historiques, et de plusieurs familles de Provence et du Comtat portant le môme nom sans avoir la même origine*

1* D'après Robert de Briançon (Art. Castellane , p. 486), Boniface de Castellane IV, qui prête hommage au comte de Provence en 1226, aurait eu d'Agnès de Spata deux fils portant tous deux le même nom. L'un d'eux, appelé Boniface de Riez , aurait épousé : 1* Alix de Baux, fille de Hugues I, vicomte de Marseille ; 2* Sibylle

de Trets, dame de Tuuloii, et veuve de Gilbert de Baux eti 1*243, . dont il n'eut pas de postérité. De sa première femme Alix seraient nés deux enfants: Boniface qui accompagna Charles d'Aryou en Italie et mourut en 1264 : Hugues, son frëre, prit le nom de Baux à cause de son aïeul maternel.

Cette généalogie nous parait un peu fantaisiste: l'parce qu'Alix fille de Hugues n'a jamais existé et qu'on ne la trouve citée dans aucune charte. Il est vrai que le vicomte Hugues eut pour fille Alasacie dont le nom pourrait être confondu avec celui d'Alix ; mais Alasacie, qui n'était point encore mariée en l'243, lorsque son frère Gilbert lui légua 300 marcs d'argent pour dot, épousa avant 1251 Guillaume de Pertuisdela famille desSabran, duquel naquit Bertrand de Baux de Pertuis, mort en Italie en 1375; comment donc aurait-elle épousé en première noce Boniface de Castellane , et en aurait-elle eu Hugues de Baux déjà majeur en 1257 ? 2' parce que, dans une charte de 125^^, ce même Hugues, qualîQé de seigneur d'Allemagne, est dit flls et héritier, ainsi queson frère et ses sœurs, de Boniface de Castellane et d'Agnès de Spata (supplément, n* 75).

Or, si Alix de Baui: n'a pas existé; s'il est impossible, malgré la conformité des noms, qu'Alix et Alasacie soient la même personne, puisque cette dernière était mariée à Guillaume de Pertuis avant 1251; si d'autre part, Hugues et son frère Boniface se disent en 1258 fils et héritiers de Boniface et d'Agnès de Spata, que devient l'opinion de Robert de Briançon ? On peut certainement la considérer comme non avenue.

Ce même Hugues, seigneur d'Allemagne, que nous voyons apparaître pour la première fois en 125" confirmant la vente- d'un pâturage à Aurafrède (supplément n" 7i), et disparaître le 2 novembre 1304, est pour nous un personnage que nous ne pouvons relier d'une manière certaine à notre famille de Baux, quoi qu'il en porte le nom et que nous l'en croyions issu. Nous ne connaissons pas d'avantage le nom de sa femme qui, d'après les tableaux généalogiques de Peyresc(Bibl. de Carpentras), serait Forte d'Esparron, de laquelle seraient nés Boiiiface d'Esparron et Geoffroy de Castellane (Invent. des M" de Peyresc , t. 2 , p. 4G0). Nous ne saurions infirmer ni confirmer cette opinion, mais nous pouvons certifier par une charte du 3 novembre 1339 que son fils Boniface de Castellane était seigneur d'Allemagne et d'Aurafrède (supplément n° 84).

2* Vers la même époque, le 28 novembre 1237, vivait dans les

et de chevalier, que nous ne pouvons non plus rattacher à notre famille. Il apparaît une seule fois dans les chartes avec d'autres seigneurs de la contrée , réglant avec Raymond-Béranger V, ses droits de juridiction et la perception des droits régaliens dus aux comtes de Provence dans le bailliage de Sisteron. Nous voyons de plus que ses descendants Allemand, Bertrand, Guillaume, Hugues, Pierre, Raymond et les dames Huguette et Sibylle de Baux régularisent de concert avec les autres coseigneurs d'Enlrepierres, le 27 avril 1320, leurs droits respectifs sur les pâturages et revenus seigneuriaux dans le territoire de cette localité (supplément n- 81). L'absence de tout document entre les dates extrêmes de 123X et 1320 ne nous permet pas de préciser le degré de parenté de ces divers personnages, ni de leur donner une place dans notre grande famille de Baux.

3' Il est un autre membre de la noble maison de Baux dont aucun historien ne peut nous indiquer la naissance ; nous voulons parler de frère Bernardin de Baux, chevalier de Saint-Jean. Pithon-Curt cite deux personnages de ce nom, issus de la branche des comtes d'Alessano, descendant eux mêmes de celle de Marignane. Suivant cet auteur, le premier, fils de Raymond de Baux, baron de Rutino, aurait épousé, en 1491, Altabella de Gesualdo, morte sans enfants; le deuxième , fils de Jean François de Baux , comte d'Alessano , aurait eu pour femme Isabelle d'Acquaviva d'Aragon qui ne lui donna aucune postérité. Ni Tun ni Tautre de ces Bernardin n'étant connus de Pithon-Curt comme chevaliers de Saint-Jean , nous restons dans l'ignorance sur le degré de parenté de ce Bernardin avec les diverses branches de la famille de Baux.

Nous le voyons apparaître pour la première fois dans nos chartes, en 1509 comme capitaine-armateur de navires, et en 1512 comme capitaine des galères , conseiller et maître d'hùtel de Louis XII, pendant la guerre faite par ce Roi à la république de 43lénes. Le 4 mai 1513, le Roi, voulant le récompenser des services rendus à son royaume, lui donne à viager la seigneurie des Baux ; il en prit possession le 5 juillet suivant. François I, successeur de Louis XII, conserva les titres de conseiller et maître d'hôtel à Bernardin de Baux et le combla de faveurs. Ce dernier seigneur de Baux, chevalier de Saint-Jean, commandeur de Saint-Vincent, capitaine des galères royales, conseiller, chambellan et maître d'hôtel de deux Rois, mourut en décembre 1527 en emportant dans sa tombe le

secret de sa naissance. Elle ne nous est révélée que par l'acte de

donation, faite par FrançoisI, en mars lâ-28, à Aiuie de Motitmorency, iiiaréclial de France, de tous les meubles et immeubles de frère Bernardin de Baux, auxquels l'ordre de Saint-Jean avait renoncé, et dont iî s'est saisi par droit d'aubaine, parce que Bernardin était eairanr/ier albain, né hors du l'Oijaume, illégitime et incestueux. (B. 28. F. 293).

4* Divers auteurs ont parlé d'une prétendue branche de la famille de Baux qui aurait régné en Albanie pendant une centaine d'années, sous le nom de Baischa, Balsa et Balza. M. François Lenormant, ii propos d'un mémoire publié dans la Reçue de Numismatique en 1861, sur les monnaies de Baischa III, prince de Monténégro et de Zenta. s'est fait le propagateur de cette opinion, presque adoptée avant lui par Dncange dans son Histoire de l'empire latin de Constant Inople (T. 3, p. 285, collection Buchon.)

a 11 est très-probable, dit Ducange d'après certains auteurs H slaves et divers chroniqueurs latins et italiens, que les premiers B princes indépendants rie la Zenta étaient originaires de la maie son de Baux, qui s'habitua dans l'Albanie au temps que Charles, « premier de nom, roi de Sicile, le roi Charles son fils, et Philippe, B prince de Tarenle, lils du dernier, possédèrent la ville de Duras tt et une bonne partie de l'Albanie.... Le nom de Balsa ou Balza « confirme ceci, étant celui dont les Italiens se servent pour Il exprimer l'illustre famille de Baux qui s'habitua au royaume de « Naples, d'oii les Sciavons ont formé cehii de Baoscia (lisez ■ Baischa) ; joint que rétoile à plusieurs raies qu'Orbini donne « aux Balsa pour aimes, lève toute difficulté qu'on pourrait for- « mer sur cette origine, étant celles que porte la maison de « Baux. »

M. Lenormantest plusexplicile ; pour lui l'origine des Baischa, dont il donne la géiiéaiogie, n'est pas douteuse. i> I.a première 0 mention, dit-il, que l'histoire fasse des descendants de la maison a des Baux au milieu des Schkypétars ne remonte qu'à l'année « 1356; ils possédaient alors simplement quelques châteaux dans a la ûuégarie ou Albanie septentrionale, et ils avaient même « donné à un de ces châteaux le nom de la ville provençale d'oti a ils tiraient leur origine, nom qui s'est conservé dans le village 8 de Balscb, près deScutari. n

L'opinion de ces auteurs ne repose que sur des probabilités démenties par l'histoire. Apres la mort sans enfants de Philippe III, prince li'Achuieet deTid'ente, dernier empereur de Constaiitinople,

XXIU

sa sœur Marguerite, veuve d'Edouard, roi d'Ecosse, hérita de ses titres et biens, et les transmit en mourant à son fils unique Jacques, né de son deuxième mariage avec François de Baux, duc d'Andrie. Or, ce Jacques de Baux s'étant révolté contre la reine Jeanne fut privé de ses domaines, et se retira en Grèce où il possédait quelques terres du chef de sa mère et de son oncle. Il eut plus tard l'Ile de Corfou, donnée en dot à sa femme Agnès de Duras par Charles III le 16 septembre 1382. Il mourut l'année suivante, après avoir déclaré dans son testament, fait au château de Tarente le 15 juillet 1383, que n'ayant point d'enfant légitime et ne voulant pas laisser son héritage à son père François de Baux, il lègue son empire, son despotat et ses principautés à Louis d'Anjou, duc de Calabre, son cousin au troisième degré par la ligne maternelle, et lui recommande d'entretenir et de marier ses filles naturelles Magdeleine et Catherine (Reg. P. 1354, n* ST/, — Arch. nation,).

En présence d'une déclaration aussi formelle et en l'absence de documents contraires, il nous parait difficile d'adopter l'opinion des savants auteurs que nous venons de citer, quelque spécieuse qu elle soit. Nous ne saurions non plus nous contenter d'une simple analogie de noms pour admettre, sans preuves, l'implantation dans ces contrées d'un membre de la famille de Baux, alors surtout que toutes les données historiques semblent s'opposer à cette possibilité.

Les auteurs slaves et les chroniqueurs latins et italiens qui ont les premiers soulevé cette question auront été trompés par le souvenir d'un prince de la famille de Baux qui a régné en Romanie et en Servie. N'en connaissant pas la descendance, ils l'auront identifié avec Georges Balsa, comte deZante, pauvre gentilhomme de cette province, qui assiégea les Français à Duras, où il fut défait, d'après Orbini. Ducange admet bien l'existence de ce Georges Balsa, mais il a de la peine à le croire originaire du pays, et déclare (p. 283) que très probablement il est d'origine française. Jusqu'à plus ample informé, nous considérons l'opinion de Ducange, adoptée par M. Lenormant, comme erronée; nous ne pouvons pareillement admettre un deuxième Jacques de Baux, despote de Servie, indiqué dans l'ouvrage de Pithon-Curt, comme fils illégitime du despote de Romanie, parce qu'il n'en est pas parlé dans le testament de son prétendu père,

5* Pendant le cours de nos recherches, nous avons trouvé dans le

cartulaire de Séiianque (aich. de Vaucluse), dans celui des évéques de Carpentras {Biblioth. de la ville), et dans les registres du notaire Urbain André, de Barbentanne , des actes concernant deux familles qui vivaient du XIII* au XV siècle dans les départements des Boucties-du-Rlione et de Vaucluse, etportaient le nom de Baux, sans la qualilication de «itVe* et nodiUs précédant leur nom. Ces deux familles, établies à Avignon et à Carpentras, avaientelles une même origine? Avaient-elles donné naissance à la branche vivant au XV' siècle à Barbentanne? Ce sont là des problèmes que nous ne saurions résoudre. Toujours est-il que nous n'avons trouvé aucun indice qui puisse nous faire croire que ces familles de notaires et de marchands descendaient des princes de Baux ; néanmoins nous devons ajouter qu'elles possédaient des biens assez considérables dans les localités od elles avaient leur résidence , et qu'elles s'alliaient à des familles très influentes du pays.

6" Une autre famille portant le même nom vivait à Aix vers la fin du XIII* siècle. Elle y est représentée , le 11 janvier 1285, par un Raymond de Baux, qui fait héritière sa femme Douce de Baux (Baucenca). Cette famille s'est perpétuée jusques au milieu du XV" siècle, sans que nous puissions relier ses membres à la maison de Baux. Les deux derniers dont parlent les chartes du Chapitre de Saint-Sauveur d'Aix sont Jacques el Pierre de Baux , père et lils, notaires d'Aix. Le premier fut consul de celte ville en 1417 d'après l'historien Pithun {Hint. d'Air, p. 1 i2j.

En terminant ce court exposé de notre travail sur l'origine de La maison de Baux et sur les liommes illustres qu'elle a produits, qu'il nous soit permis, connne conclusiuu, d'indiquer les résultais aux- (juels nous sommes parvenus en suivant, pendant une période de 400 ans, les divei-s membres de cette famille k travers la Provence, le Dauphiiié, leComtal et jusques en Italie.

\os laborieuses recherches nous ont permis de refaire une généalogie que nos devauciei's, et particulièrement Pithon-Curt, le plus complet de tous, avaient entièrement dénaturée. Nous n'eussions pas été nous-mèine plus heureux, sans le secours des documents consignés dans les registres angevins de Naples.

C'est f^ràfo aux cliarles ti'ouvées ihuis ce riclie dépùl et à lour émeut avec celles qui existent eu France que nous avons

pu compospr cette nouvelle fçénéalogie , malgré la répétition des mêmes noms de personnes, sans qualités, ni indice de fdiation. Désormais, avec le secoui's de nos tableaux , il ne sera plus possible de confondre les princes d'Orange avec les comtes d*Avellin, et ceux-ci avec des membres d'une autre branche , ainsi que l'ont fait trop souvent beaucoup d'écrivains, d'ailleurs très-sérieux.

Nous avons analysé dans notre ouvrage une foule d'actes complètement inconnus jusqu'à ce jour , en indiquant soigneusement les sources où nous les avons retrouvés. Plusieurs de ces actes sont d'une importance capitale, ils éclairent d'un jour nouveau les relations des comtes de Provence avec les seigneurs des Baux , ceux de Berre et les princes d'Orange. Ils expliquent la cause des débats de ces derniers avec les Dauphins Viennois. D'autres non moins importants nous révèlent les efforts faits par les populations pour se soustraire au joug de leurs seigneurs ou en obtenir diverses libertés communales.

Nous avons condensé dans une carte géographique , et noté par un point rouge toutes les localités sur lesquelles les seigneurs de Baux ont exercés une juridiction quelconque à quelque titre que ce soit. Il sera facile de voir, en inspectant cette carte , de combien nous avons dépassé le chiffre des 79 fiefs connus sous le nom de terres Baucenques, attribués en propriété aux divers membres de l'illustre famille des Baux.

Nous donnons comrrie complément de notre inventaire la sigillographie des Baux , dont personne avant nous ne s'était spécialement occupé. M' li. Blancard est le seul auteur qui ait publié une série de sceaux dans sa précieuse Iconographie du département des Bouches-du-Rhône. Ils sont au nombre de 15, y compris le sceau d'Eudiarde, femme de Bertrand de Baux de Meyrargues, et celui de Galburge , femme de Guillaume lïl, coprince d'Orange. Nous les avons réédités en y ajoutant 31 sceaux nouveaux, ou des variétés, entièrement inconnus.

Cet ouvrage , dont les savants habitués à faire des recherches comprendront la difficulté, ne contiendra-t-il pas d'erreurs sensibles? Nous avons cherché à les éviter en utilisant de préférence pour nos analyses les chartes originales; à défaut de celles-ci, nous avons eu recours aux copies les plus anciennes, et enfin k celles des siècles derniers , transcrites quelquefois par des scribes peu attentifs. En l'absence des originaux et des copies, nous n'avons même pas hésité i\ mettre à contribution les indications de chartes

fournies par divers inventaires, lorsqu'elles nous offraient un certain degré de certitude.

Sera-t-il complet? Les ouvrages de celte nature ne le deviendront quo lorsque les archives départementales et communales seront inventoriées, et lorsque l'on aura réuni dans les dépôts publics, ou dans les chambres syndicales les anciens registres des notaires. Ces registres si précieux se perdent tous les jours par négligence ou vétusté sans aucun profit pour l'histoire générale des provinces, des communes et des familles.

A ceux qui trouveraient que certaines chartes analysées dans notre inventaire sont d'une très-mince utilité pour l'histoire , nous répondrons qu'elles nous ont paru indispensables sous le rapport généalogique, ou pour indiquer certains droits féodaux possédés par la famille de Baux dans diverses localités, quoique ces dernières fussent sous la domination d'autres seigneurs.

Kn terminant cette introduction, nous croyons devoir prévenir le lecteur que les chiffres placés dans nos tableaux généalogiques au dessus des noms de personnes, n'indiquent nullement le moment de leur naissance ou de leur mort, mais seulement les dates extrêmes où ils apparaissent et disparaissent dans nos chartes. En conséquence, ces chiffres ne sont pas définitifs ; ils pourront être corrigés par ceux qui, plus heureux que nous, auront trouvé des actes qui permettront de les modifier.

Dans ces mômes tableaux nous avons inscrit entre crochets, et fait suivre des lettres L. (Louvet), R. de B. (Robert de Brianron)et P.C. (Pithon-Curt), certains noms et alliances que les chartes ne nous ontpoint fait connaître, mais que nous avons admis sur la foi de ces auteurs comme détail généalogique ; en conséquence , s'il y a erreur, nous en déclinons la responsabilité.

Une dernière remarque relative h nos tableaux et à l'analyse des chartes porte sur la branche cadette des princes d'Orange. Depuis ie partage de la principauté fait en 1218 entre Bertrand n, Guillaume II, et Raymond I, fils de Guillaume I, prince d'Orange , plusieurs princes régnèrent en même temps, et possédèrent à des degrés divers une part de juridiction, et des droits féodaux sur cette principauté. Bertrand III, seigneur de Courtheson, fut le dernier prince de la branche cadette qui porta ce titre, comme nous l'avons déjà indiqué. La simultanéité de la coexistence et la similitude des noms qui reviennent souvent ont

occupés des Baux. Pour éviter à Tavenir cette cause d'erreur résultant du règne simultané de deux ou trois princes qui ont porté le même nom, nous avons cru qu'il était indispensable de faire suivre du mot coprince le nom de ceux qui appartiennent à la branche cadette. Bien que le mot ne soit pas tout-à-fait inconnu > l'application qui en est faite de notre part aux princes d'Orange est toute nouvelle. Nous pensons que Ton nous pardonnera ce néologisme en faveur du motif qui Ta dicté. Sans cette innovation , il nous paraît impossible de bien connaître le rôle joué dans l'histoire par chacun des princes régnant en môme temps, ou portant le même nom, et de fixer leurs droits respectifs.

Nous plaçons ici l'analyse de quelques chartes trouvées après l'impression de la table, et qui ne sont pas sans intérêt.

Alasacie et Etiennette de Baux, religieuses du Nazareth d'Aix , approuvent, ainsi que les autres sœurs, l'acte d'abandon fait par leur prieure, Oria de Castellane, en faveur des Prêcheurs de Marseille, de tous les biens qui leur furent donnés par Raymonde de Saint-Saturnin, béguine de Roubaud. Cette cession est faite pour éviter un procès, et sous la condition que le couvent du Nazareth conservera la haute seigneurie sur les biens cédés et percevra les droits de lods et de trézain — Acte à Aix.

Charte du fonda des Prêcheurs de Marseille. — B.-du.-Rh.

1350 — 2 septembre.

Lettre d'Antoine de Baux, Prévôt de la Major de Marseille, ordonnant à son Viguier général Bertrand Rostaing, chanoine de Marseille, de hâter la perception des revenus de sa prévôté, et d'envoyer le plus d'argent qu'il pourra à Blacas Câpre, son clavaire des Baux, parce qu'il en a le plus pressant besoin pour la réussite d'une affaire qui exige de fortes dépenses. — Donné au château des Baux.

Protoc.Je Jac, Ayrard, n*. — Etude de M* Decormis,

U5\ — 3juillet.

En vertu des inslnictîons reçues de Robert, êvèqno de Marseille, Bertrand de Baux, sous-viguier des terres de l'Evéché depuis le 10 novembre 1350, commande à Pierre Chaudoin, crieur public de Signes, de se transporter au château d'Aurovènes, d'y détruire et brûler les fourches patibulaires dressées au mépris des droits de l'évéque et de son église, et de proclamer qu'il est défendu à toute personne d'arborer un signe quelconque indiquant un pouvoir fîeîgneuriat dans cette localité. — Acte à Signes. Livre sert île l'éi:M.ê. f 87. — B.-dii.-Hh.

■ -29 aoiU.

En vertu d'une procuration donnée .'i Naples par François de Baux, duc d'Andrie, baron de Berre et de Téano , Roger de Reillane, sous-viguier, et Ange de Villana, de Naples, trésorier du duc en Provence, nomment M'Primarc Mirepoix.de Marseille, à l'effet d'exiger toutes les sommes qui lui sont dues par ses vassaux. — Acte à Marseille.

ProlOC. de Jar.. A'/canl «'.— Ktiitle de M' Di-cormif.

- 2 mai.

Bulle du pape Innocent VI ordonnant i l'archevêque d'Arles d'inlliger toutes peines qu'il croira nécessaires, et d'excommunier Robert de Duras et ses complices, chevaliers ou non, qui après s'être emparés du cliàteau des Baux, y détiennent prisonnier Antoine de Baux, prévAt de Marseille, au mépris des libertés de i'ftglise, et malgré les exhortations faites au nom du Pape pour la délivrance du Prévôt. — Donné à Villeneuve-les-Avignon.

HpK. 228. — nyl-.'lii Vnlicaii.

KtTO — 2 janvier.

Avant la signature du traité de paix passé au nom de la reine Jeanne par Raymond d'Agoul, sénéchal de Provence, et au nom du roi de France et du duc d'Anjou par Amédée de Baux, sénéchal de Beaucaire, en présence du Cnrdinal-Kvéque de Palestrina , Raymond d'Agout se réserve la faculté de punir divers prisonniers faits à Tarnsconqui sont rebelles à la Reine; !c Sénéchal

■ Reniicairc nrnlrstc >

clauses du traité doivent être égales pour tous. — Acte à Avignon dans la maison du cardinal.

Reg. bï,Arc/iev. d'Aix, — B.-du.-Rh.

Par suite d'une récente convention passée entre Raymond de Baux II, comte d'Avellin, et ses frères, pour le partage des biens de leur père et mère, les châteaux et territoires de la vallée d*Aubagne échurent à François et à Antoine de Baux, prévôt de Marseille, sous l'obligation de prêter hommage-lige et serment de fidélité à la Cour ainsi que l'avaient fait leurs prédécesseurs. Geoffroy de Sellions, procureur du prévôt et de son frère François, déclare à Guillaume de Baux, seigneur de Marignane, vice-sénéchal de Provence, qu'il ne prêtera hommage et reconnaissance que s il y est contraint par le droit. — Acte à Aix dans la salle du Conseil.

Reg. 54, Archi'v, tr.M.c. — B.-du.-Rh,

1370. — 8 août.

Noble Antoine Flotte, coseigneur de Cuébris (Cobris), déclare à Guillaume de Baux , seigneur de Marignane et lieutenant du sénéchal Raymond d'Agout, qu'il reconnaît tenir sous la suzerai- 'neté de la reine Jeanne, les châteaux et territoires de la Croix Saint-Léger (CrocisJ, de Ssi'mi-Anion'm (Antliollitio) et de Touet (Tohet), qu'il a achetés le 2G juillet 1369 des frères Jacques et Geoffroy de Chàteauneuf, — Acte à Nice.

Reg. 54, Archec, d'Aiv. —- R.-du,-Rh.

1370 — 20 août.

Guillaume de Baux, seigneur de Marignane , Louis Marquisan, Juge-mage, divers maîtres rationaux, et le Trésorier de Provence, se portent cautions de la sonnne de 2000 florins d or empruntés à Giraud de Villeneuve, seigneur de Vence. Ils promettent de rendre cette somme à la Toussaint, et la payeront des revenus de la Cour dont ils s'engagent à ne point disposer avant complet remboursement. — Acte à Nice.

Reg. 5i, A7'chev,d\\ix. —^ B.-du*Rh.

1370 — 30 septembre.

Guillaume de Baux , seigneur de Marignane , trésorier des Trois-États et lieutenant du Sénéchal de Provence, donne quittance

à François Laydet de Barcelonnetle d« la somme de UO florins, re<;us par Antoine Giitramand, notaire d'Aix et trésorier des comtés, et payés par diverses communautés du bailliage de Sîsteron, qu'il affraucliit des poursuites encourues pour défaut de payement. — Acte à Nice.

Heg, S4, Arclier. d'Aix. — R-du.-Rli.

1408 — 25 octobre.

Odon de Villars, comte d'Avellin et baron d'Aubagne, approuve le compromis passé entre ses officiers et Bertrand Candole ; ce dernier se reconnaît tenu au payement de 20 florins d'or pour avoir changé le lit de l'Huveaune et dérivé ses eaux, k l'effet de faciliter l'arrosage de ses prés nouveaux du quartier de Camp- Major et de ceux de Creissac, touchant le pré du prieuré de Saint- Mitre. Odon pardonne au coupable d"avoir enfreint l'ordonnance défendant à quelque personne que ce soit de détourner le cours ordinaire des eaux, et déclare qu'en considération de son amitié pour Bertrand Candole, les travaux faits par lui resteront en l'état où ils se trouvent. — Acte dans le fort d"Aubague. Reg. (Itt J. tiuraïul, n' — Etuila <le Af de Ldijet

1433 - 6 avril.

Bertrand Roubaud, ministre provincial des frères mineurs de Marseille, donne à acnpte et à eniphitéose h "Urbaine d'Agoul, femme de François de Baux, présent et acceptant, une maison rurale avec terres cultes et incultes au territoire de Saint-Marcel, confrontant les terres de la Bastide de La Sale et le clieniin royal allant à Aubagne.

Le 23 octobre 1433, François (le Baux et sa femme Urbaine d'Agout prêtent 130 llorins il divers juifs de Marseille.— Acte ii Marseille.

Protur.ilu Murqiw^ijRwjiiaiHl. — Etude ilc ^f• ÙL-coi-mU.

Page 1