‹ Inventaire chronologique [microforme] (volume 2)Chapitre 2 sur 40 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

La cartographie de la Nouvelle-France antérieure à l'époque où les découvertes de Jacques Cartier et de Jean Verrazzano furent connues, est très infor Plusieurs écrivains nous parlent d'une carte de la Nouvelle-France, dressée en 1508 par Jehan Denys, L'ont-ils vue, cette carte? Des recherches minutieuses faites à Paris et à Honfleur n'ont abouti à aucun résultat satisfaisant, Il en existe des copics—il y en a une à Ottawa-—mais d'où viennens ces copies? Il est done permis d'entretenir des doutes très sérieux sur l'authenticité de la carte de Denys. Du reste elle est certainement postérieure à l’année 1508, à raison des données qu’elle renferme, tels que des noms de lieux désignés par Cartier en 1534 ou 1535, 11] est certain, toutefois, que Denys a fait un voyage dans le golfe Saint-Laurent, accompagné du pilote Gamart, de Rouen. Ramusio, écrivain véridique, mentionne ce voyage ns l'édition de 1573 de ses Raccolta.

Pour arriver à une carte mentionnant la Nou France, et encore d’une manière imparfaite, il nous faut examiner la carte de Maggiolo, dressée en 1527. Nous y retraçons les terres neuves et une terre désignée sous le nom de Francesca. Puis vient la carte de Verrazzano, datée de 1529, beaucoup plus complète que celle de Maggiolo. Les mots Vouvelle France y sont très visiblement écrits. Murphy, cans Voyage of Verrazzano, et l’abbé Faillon, dans son Histoire de la Colonie française, tombent tous deux dans l'erreur en attribuant à Jacques Cartier l’honneur d’avoir le premier donné au Canada le nom de Nouvelle-France, car il paraît établi que cet honreur revient de plein droit au navigateur florentin, du moins si l’on s’en rapporte à son œuvre cartographique.

Dans sa traduction du grand ouvrage du Père Charlevoix sur la Nouvelle-France, John Gilmary Shea fait remonter le nom de Nova Gallia à l’époque de l'apparition de la mappemonde d'Ulpius, en 1542. Charlevoix lui-même à cru que le Canada ne commença à être connu sous le nom de Nouvelle-France que du t:inps de Lescarbot, en 1609.

De son côté, le Père Biard, jésuite, qui écrivait en 1614-1616, est d’opinion que Verrazzano est bien l’anteur de cette appellation.

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Pierre Crignon, auteur supposé du Discours d’un grand Capitaine, ouvrage anonyme où l’on trouve le récit de voyage des frères Parmentier, et qui, en 1539, lorsqu'il écrivait son livre, n’avait probablement pas vu la carte de Verrazzano, dit que les navigateurs français, et même portugais, appelaient le Canada la T'erre Française.

Dans son Routier, Jehan Alfonce dit que les terres du Canada étaient appelées Nouvelle-France.

La carte de Verrazzano, disparue vers la fin du XVIe siècle, fut enfin retrouvée à Rome, en 1852, par M. Thomassy.

Il sous faut remonter jusqu’à l’année 1540 pour retracer sur des cartes les découvertes de Jacques Cartier dans le golfe et dans le fleuve Saint-Laurent. Faut-il donc croire que les récits de l’illustre navigateur malouin n’avaient pas encore franchi ni les Alpes, ni les Pyrénées, ni la Manche? Les idées de l’époque semblaient plutôt attirées vers les régions arctiques, et l’on croyait à l’existence d’une ceinture de terre circonscrivant la limite du monde, On s’imaginait que l’Europe était reliée au Groënland par une bande terrestre, et que le chemin par terre ferme se continuait ainsi jusqu’au continent américain, qui n’était qu’un prolongement du continent asiatique. Cette théorie, restée chère aux Italiens, même après qu’elle eût été abandonnée par les autres nations de l'Europe, fut mise en évidence par l’apparition de deux mappemondes : l’une en 1544, que le Dr Kohl attribue à Ruscelli, géographe italien, et l’autre à Gastaldi, qui fit insérer la sienne dans le Ptolémée de 1548.

La carte de Mercator, de 1538, et sa mappemonde de 1541, le globe de Nancy en 1541, celui d’Ulpius, en 1542, sont tous des travaux plus ou moins confus, et ne nous apprennent rien du passage de Cartier dans le Saint-Laurent.

Ce n’est qu’à partir de 1540, année qui précéda le troisième voyage de Cartier au Canada, que l’on commence à trouver des traces de découvertes dans les parages du golfe et du fleuve Saint-Laurent, Dans la carte du Ptolémée de Bâle, le Canada est appelé Francisa, et l’on voit . tomber dans le golfe une grande rivière, qui s’enfonce à l’intérieur des terres. Est-ce le Saint-Laurent que l’auteur a voulu indiquer, ou n’est-ce qu'un fleuve imaginaire? Cette dernière conjecture est assez probable, car on n’avait pas encore, à cette époque, de données justes sur le Saint- Laurent, que Cartier, lui-même, n’avait connu que d’une façon bien imparfaite. La géographie en général était pleine d’obscuri. 4: les cartes et les livres du temps sont incomplets et très souvent inexacts.

En 1542, Jean Rotz, un Français portant un nom flamand, dressa une carte, restée manuscrite au musée britannique, des côt«s de l’Amérique Septentrionale où l’on voit se dresser un fleuve inconnu.

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La grande mappemonde de Cabot, publiée en 1544, dont il fut tiré trois ou quatre éditions, bien qu’il n’existe qu’une seule copie de l’unique édition connue indique de manière à ne pas se tromper, que l’on commençait alors à Soupçonner les découvertes de Cartier. Cette mappemonde parut à peu près dans le même temps que les cartes peinturlurées de Jehan Alfonce.

Nicolas Vallard, de Dieppe, donna, vers 1545, une description assez détaillée des lieux visités par Verrazzano et par Cartier. Si cette carte est bien de l’année 1545, elle doit être considérée comme la plus complète de toutes celles qui parurent auparavant. Mais cette date est contestable, quoique Justin Winsor pense qu’elle fut certainement dressée avant 1547.

L'étude de la cartographie de cette époque primitive de notre histoire, nous force à conclure que, vers 1545, la découverte du Saint-Laurent était encore inconnue aux Italiens, aux Anglais, et aux Hollandais. Ainsi, la mappe de Gastaldi, publiée Pour la première fois en 1548, n’indique aucune trace du grand fleuve, Cependant elle laisse apercevoir sur les rivages de l’océan avoisinant les terres neuves, du côté occidental,

une dépression assez profonde, comme une grande baie, à moitié remplie par une île.

se procurer. Cette dernière aurait été dressée pour illustrer les voyages du mystérieux Gran Capitano di mare Francese (Parmentier) et l’autre, ceux de Jacques Cartier.

La carte de Vopellio, de 1556, et celle de Bellero, insérée dans l’ouvrage de Gomara, d'Anvers. en 1554, prouvent que l’on ne savait rien encore, à ces dates, en Italie et en Hollande, des découvertes faites par les Français dans PAmérique Septentrionale, Les Français semblent

Denys jusqu’à Alfonce. Outre Ja carte de Vaïlard déjà citée, 11 en existe une autre, mieux faite, que l’on attribue à un prêtre du nom de Pierre Desceliers, hydrographe remarquable, C’est la fameuse mappe, dite du Dauphin ou mappe de Henri IT. la plus détaillée de Fépoque. Bien qu’incomplète et souvent inexacte, et qu’elle élargisse le cadre des connais-

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sances géographiques, jusqu'alors si restreintes, elle est certainement Ja mieux faite de toutes celles que nous possédons sur l’époque contemporaine de Cartier et de Roberval.

De la France Passons à l’Angleterre, Les cartes anglaises concernant le Canada sont absolument insignifiantes à venir jusqu'en 1558, alors que parut l'Atlas du musée britannique. La cartographie de la Nouvelle-Angleterre même reste informe jusqu'en 1569. La mappemonde de Gerard Mercator de cette année-là, ne fait aucune mention du fleuve Saint-Laurent ni des grands lacs. C’est assez dire que les Anglais ne s’occupaient guère de cette partie du continent américain qui, plus tard, devait leur appartenir. Les navigateurs et explorateurs de cette nation se contentaient de faire de courtes apparitions dans le golfe pour y faire la pêche, et vers les régions arctiques, dans le but de découvrir un Passage aux Indes Orientales, le grand desideratum des Européens.

Les cartes de Gastaldi, de Desceliers, d’Ortelius et de Cabot, ont été la source inspiratrice de presque toutes celles qui ont vu le jour durant la seconde moitié du XVIe siècle. Les cosmographes les ont copiées plus ou moins servilement. Ainsi André Thevet et Corneille de Jode (1593) ont basé leurs travaux sur Ortelius. Ruscelli (1561) a imité la carte de Gastaldi, de 1556. Quadus, en 1600, a tout simplement plagié Mercator, Ortelius et Corneille de Jode. C’est une confusion générale, et demeurée telle jusqu’à Champlain et Lescarbot. M. de Costa exprime cette opinion, lorsqu'il dit: “ Un examen attentif de ces cartes démontre que, depuis la mappemonde du Dauphin, jusqu’au Premier voyage de Champlain au Canada, en 1603, les cartographes de tous les pays n'avaient fait aucun progrès dans Ja description des lieux ouverts aux Français par les entreprises de Cartier et de ses successeurs... (Ce fut à Champlain qu’échut la tâche de débrouiller ce chaos ténébreu x.”

Jamais, dans l’histoire de la cartographie, il n’y eut, croyons-nous, Pareil acharnement pour dresser des planisphères, des mappemondes, des portulans, pour graver sur le cuivre l’indication d’un Pays, aussi imparfaitement connu que Pétait l'Amérique, qu’au premier siècle qui suivit sa découverte, Le Canada, en Particulier, était comme une sorte de contrée mythique, et pourtant ses cartographes furent légion.

La même confusion continua de régner au commencement du XVIIe siècle, jusqu’à lapparition de Champlain, Cet illustre Français joignait éographe, de Ccosmographe et remier, fit connaître à ges comie et des rivages du Saint-Laurent ). Lescarbot partage avec lui cet

à d’autres qualités éminentes celles de g même de bon marin. (Cest lui qui, le p patriotes la configuration de PAcad jusqu’à la Mer Douce (lac Huron honneur.

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Toutes les cartes que l’on retrouve dans lee Œuvres de Champlain, surtout celle de 1632, sont d’une précision étonnante pour l’époque, et leur perfection dénote chez l’auteur des connaissances géographiques

étaient inévitables dans un temps où les instruments Pour calculer les longitudes et les latitudes étaient très imparfaits. En tous cas, Champlain est le premier qui ait dressé une carte plus ou moins fidèle des côtes de la Nouvelle-Angleterre. Quant à Ja Nouvelle-France, il eut certainement des devanciers dans Jacques Cartier et Jehan Alfonce, mais aucun d'eux n’apporta autant de précision et un aussi grand luxe de détails.

L'édition de Champlain de 1603 renferme deux grandes cartes de la Nouvelle-France, et 21 plans de ports, rivières, îles, forts, batailles, habitations.

L'édition de 1613 est accompagnée d’une carte dressée en 1612, d’un grand format. Elle est très curieuse à étudier. On y voit se dessiner des figures d'animaux, de poissons étranges, comme le siguenoc, des sauvages vêtns en guerriers, des cabanes de sauvages, etc. Il y a là toute une étude géographique, zoologique, et même botanique. Il faut croire que le fondateur de Québec était versé dans toutes les branches de l’histoire naturelle.

Mais, la carte la plus remarquable fabriquée par Champlain, est celle qui se trouve dans l'édition de 1632. Son format est beaucoup plus considérable que les autres, et l’on s'aperçoit que l’auteur à mis un soin tout particulier à ga confection. Elle est accompagnée d’une Table explicative très détaillée, destinée, dans le but de l’auteur, à mieux faire connaître, au moyen de renvois lettrés et chiffres, les lieux qu’il mentionne sur sa carte. (C’est une légende intéressante et fort utile,

nadienne nous vient de Jean Bourdon, un Français arrivé au Canada en 1634. Le talent de cet homme embrassait une foule de sujets: il était arpenteur, ingénieur, cartographe, dessinateur, peintre, agriculteur, diplomate, légiste, découvreur. C’est de lui qu’il a été écrit “ qu’on élève aujourd’hui des statues à bien des gens qui n’ont ni sa valeur ni son mérite.” Comme cartographe il a Peu produit; cependant son œuvre restera, ne serait-ce qu’à titre de curiosité. La carte qu’il a dressée, en

fait comme on fait aujourd’hui les plans cadastraux. Il existe en outre plusieurs plans de Québec, levés en 1660, 1663 et 1664 qui doivent être aussi de Bourdon, bien que nous n’ayons aucune Preuve pour l’affirmer.

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Les autres cartographes français et canadiens du XVIIe siècle ne sont pas nombreux. Ce sont Jean-Baptiste-Louis Franquelin, Louis Jolliet, Villeneuve, le jésuite Raffeix, Marlier, le Père Emmanuel Jumeau, récollet.

L'œuvre de Franquelin est considérable ; elle couvre trente années de sa vie en Canada, de 1670 à 1700. Son travail ne s’est pas limité à la Nouvelle-France seule, mais aussi à l'Amérique Septentrionale. Il a dessiné le cours du fleuve Saint-Laurent ; il a dressé des plans de Québec, du fort Saint-Louis, de la basse-ville de Québec. Ses études ont porté jusqu’au pays des grands lacs, le pays des Iroquois et la Louisiane, Son titre d’hydrographe du Roi le mettait en bonne position pour se livrer à des travaux cartographiques avec plus de chances de succès. Aussi devons-nous dire que de tous les cartographes de son temps il est le mieux renseigné et partant le plus sûr et de meilleure consultation.

Franquelin visait à une grande précision cartographique, et, en outre, il possédait des notions assez justes sur l’importance de tirer des lignes exactes sur les limites des terres appartenant à son roi. Ainsi nous lisons dans un mémoire adressé au ministre ces remarques, qui auraient pu être écoutées, mai« qui, malheureusement, tombèrent dans le vide.

“Il semblerait, dit-il, qu’il serait assez nécessaire de diviser ce grand terrain »n provinces auxquèlles on donneroit des limites et des noms françois, stables et Permanans aussy bien qu’aux rivières et aux lieux Particuliers, en abolissant tous les noms sauvages qui ne font que de la confusion, parce qu’ils changent très souvent et que chaque nation nomme les lieux et les rivières en sa langue, ce qui fait qu’une mesme chose a toujours divers noms. Ce travail, non seulement rendrait les cartes plus intelligibles, mais confirmeroit encore la possession des pais qui y seroient contenus. On Pourrait faire des cartes particulières de ces provinces, en grand point, bien justes et bien fidelles avec des avertissemens qui marqueroient la qualité des terres, leur climat et leurs autres proprietez.”

Le marquis de Denonville et M. de Champigny s'étaient assurés du concours de Franquelin, avant son départ pour la France: il préparerait ces cartes telles qu’il en avait formulé l’idée, mais il continuerait de recevoir ses émoluments, les mêmes que le roi accordait aux ingénieurs canadiens. Chaque année Franquelin ferait un rapport de ses travaux. Comme les appointements d’un hydrographe à Québec ne dépassaient pas 400 livres, il nous semble que la cour eût pu facilement se rendre au désir de Franquelin, désir exprimé non seulement par des mémoires particuliers, mais aussi de vive voix, lorsqu’en 1688, il traversa Pocéan, em-

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[pionr:] INVENTAIRE CHRONOLOGIQUE DES CARYES, ETC, 7

portant avec soi une grande carte de la Nouvelle-France tout entière, dont il avait fait hommage à M. de Seignelay.

Le Père Jésuite Aubery devait, quelques années plus tard, suivre la même ligne de conduite. Ce Père avait vécu longtemps à Pentagoët et à Norridgewock. Il dressa une carte du pays et en envoya une copie à la cour, dans le but de démontrer que le traité d’Utretch ayant mal déterminé les limites qui devaient séparer les possessions anglaises des possessions françaises, il importait de bien définir ce qu’on devait entendre par pays de l’Acadie, Puis Je Père proposait la nomination de commissaires pour régler Ja question. “Si le Gouvernement de Paris eût écouté ses sages couselis, écrit Garneau, il eût évité, peut-être, la guerre qui lui enleva la Nouvelle-France.”

Cette carte du P. Aubery, qui est autographe, désigne l’endroit précis où étaient situées les anciennes missions de la Compagnie & Jésus au sud du Saint-Laurent. Le P. de Rochemonteix l’a utilisée pour la sienne relative à la situation des missions des Jésuites au XVII: siècle,

Un autre missionnaire jésuite, le Père Pierre Raffeix, se livra à des travaux du même genre, mais du côté occidental de la Nouvelle-France. Nous citons de lui deux cartes, l’une en 1676 et l’autre en 1688. Il en existe, paraît-il, une troisième à la bibliothèque du ministère de la marine, à Paris, laquelle représente la Nouvelle-France de l’océan atlantique au lac Erié, se limitant vers le sud à la Nouvelle-Angleterre. Cette carte est citée par le Père Sommervogel. Le Père Raffeix avait vécu pendant neuf ans chez les Cayugas, puis il vint résider à Québec, en 1680, pour y mourir en 1724.

Louis Jolliet est le premier Canadien-français de naissance qui se soit livré à des travaux cartographiques quelque peu importants. Nous croyons qu’il existe au moins huit cartes de sa composition.

Trois sont de l’année 1674. Elles servent à illustrer le voyage du célèbre découvreur de Québec au Mississipi via les grands lacs. Toutes trois se ressemblent ; la différence en est uniquement dans le format.

Deux autres remontent à l’année 1679. J olliet a voulu faire connaître le chemin qu'il a suivi pour se rendre à la baie d'Hudson, en partant de Tadoussac. Elles se ressemblent en tous points ; l’un: est plus étendue que l’autre, voilà tout.

Une sixième carte, aussi de 1679, et divisée en quatre sections, nous fait connaître le fleuve Saint-Laurent avec les lacs Ontario, Huron et Supérieur.

La septième carte, attribuée aussi à Jolliet, est la carte d’Anticosti. L'auteur nous fait connaître cette île. ainsi que l'entrée du fleuve et le golfe Saint-Laurent.

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Il en existe une autre de l’année 1684, mentionnée par M. G. Marcel. Elle est restée manuscrite, et se conserve au dépôt des cartes de la marine, à Paris. C’est probablement à cette carte que Jolliet fait allusion, lorsqu’il écrivait du Canada, en 1685, au Marquis de Seignelay : “ L’expérience que j’ay depuis dix huict ans que j’ay employez après mes études de philosophie et mathématiques dans les voyages que j’ay faicts..... me donne la hardiesse, Monseigneur, de vous presenter cette carte qui est de mon travail seul depuis six années. Vous y verrez toutes les ances, isles et islets, costes et bastures depuis Québec jusqu’à Terre Neuve... + Je peux dire qu’elle est parfaite puisque je ne V’ay achevée qu'après les connaissances et les remaroues que j'y y ai faites quarante six fois en barque et trois en canot. . .”

Jolliet avait été nommé professeur d’hydrographie au Collège des Jésuites à Québec le 30 avril 1697, après la mort de Franquelin. Luimême mourut au cours de l’année 1700, car on voit que son successeur est nommé le 18 mai 1701 professeur d’hydrographie. A partir de ce moment les jésuites occupèrent la chaire d’hydrographie, et l’on cite parmi les plus marquants le Père François Le Brun, qui fut professeur de 1709 à 1721. Les Annales du Collège des Jésuites mentionnent après lui les noms des Pères Deslandes, Allioux, Messaïger et Bonnécamp. Comme on le voit, l'éducation des jeunes gens était fortement dirigée vers les sciences mathématiques et géographiques. Il importait davantage, à cette époque, de tirer des lignes, de lever des plans, que de faire des avocats et des médecins ou des lettrés.

Robert de Villeneuve vint de F rance au Canada en 1685, non pas en qualité d’hydrographe, mais d'ingénieur, ainsi que plusieurs avant lui, et dont l’histoire nous a conservé les noms: Deshaies, Pasquine et Raudin. Tous s’intéressèrent à la cartographie de la Nouvelle-France.

Deshaies, correspondant de l'Académie Royale des Sciences de Paris, traça une carte des côtes du fleuve Saint-Laurent dans sa région colonisée, depuis Kamouraska jusqu’au lac des Deux-Montagnes. Il crut devoir aussi exhiber sa science générale en fixant la longitude de Québec à 72° 13’ de Paris.

Raudin dressa une carte de l’Améri e Septentrionale.

Fasquine a laissé des plans de Port-Royal.

Villeneuve fit davantage, et déploya une réelle habileté dans Part de la cartographie. Nous lui devons plusieurs plans de Québec et de ses environs, de l’île d'Orléans, un plan de Québec l’année du siège par Phips, en 1690; ce plan fut réédité en 1694.

Villeneuve dut repasser en France, en 1693, pour ne plus revenir au Canada.

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