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Inventaire de la collection des ouvrages et documents réunis

Après trois siècles, la gloire de Montaigne conserve encore un assez vif éclat pour rejaillir sur ceux-là mêmes, amis, disciples ou admirateurs, qui viennent se grouper auprès d'elle. L'amitié de l'auteur des Essais n'a pas moins fait pour la • renommée de La Boëtie que le Traité du Contre un; le titre de filk d'alliance de Montaigne illustra plus M"^ de Gournay que les Advis et présents ou que Le Proiimenoir ; citerait-on aussi souvent le traité De la Sagesse si Charron n'avait abrité son œuvre sous le patronage de Montaigne? De notre temps, M. Payen pensa sans doute que son admiration enthousiaste pour le moraliste périgourdin lui devait mériter une place dans ce cycle Montagnesqiie (le mot n'est pas de nous). Il ne se trompa pas; si l'on ne peut se figurer M. Payen sans Montaigne, il faut reconnaître qu'on apprécie et qu'on aime mieux Montaigne après avoir lu les publications de M. Payen.

Il NOTICE

Ce n'est pas ici le lieu d'expliquer ce culte de quarante ans voué par le disciple à son maitre. L'inventaire de la Collection Payen s'adresse surtout aux admirateurs de Montaigne, et ceux-ci n'ont nul besoin qu'on leur rappelle le mérite des Essais. La verve toute gasconne de Montaigne, s'élevant parfois jusqu'à l'éloquence, son style pittoresque, d'un piquant contraste avec la langue simple et naïve d'Amiot, son satyrique mais immuable bon sens et jusqu'à l'allure de hasard qu'affecte son livre et qui en rend la lecture plus vive et plus facile, ne l'ont-ils pas placé dès longtemps au premier rang des moralistes et des écrivains ?

« J'ai mis au service de Montaigne autant de désintéressement que d'amour », écrivait le docteur, et ces mots résument toute sa vie. Né à Paris le 24 juillet 1800, depuis ses derniers examens, brillament passés en 1828, M. Payen ne cessa de consacrer ses loisirs à Montaigne; nous n'avons pas à dire par quels travaux professionnels il s'acquit l'estime de ses confrères et un certain renom médical, nous ne nous occupons ici que du Monfaignophile.

C'est en 1837 que M. Payen fit paraître son premier travail : Notice bibliographique sur Montaigne (i). Il y ajouta depuis deux suppléments. M. Templeman préparait la belle édition des Œuvres de Montaigne

(i) Cette Notice parut en tète de l'édition des Œuvres de Montaigne publiée par M. Buchon dans le Panthéon littéraire. Paris, Duverger, 1837, in-So.

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