‹ Inventaire de la collection des ouvrages et documents réunisChapitre 2 sur 169 · SUR LA COLLECTION PAYEX III · texte numérisé non relu

SUR LA COLLECTION PAYEX III

qu'il a donnée à Londres en 1842; il la lit précéder de la Notice du docteur, traduite en anglais. Seize ans plus tard, M. Payen, qui ne s'occupait pas seulement de Montaigne, mais aussi des amis et des proches de l'auteur des Essais, publia un pendant à sa Notice sur Montaigne, sous ce titre : Notice biobibliographique sur La Boetie, l'ami de Montaigne, suivie de la Servitude volontaire, donnée pour la première fois selon le vrai texte de l'auteur (i). Dans rintervalle, M. Payen avait publié une série de Documcnts inédits en brochures (2) peu volumineuses, il est vrai, mais riches en renseignements nouveaux et remarquables par la sagacité critique dont l'auteur y fliit preuve. La dernière partie parut en 1856 sous le titre de Recherches.

Il est regrettable que ces travaux- n'aient jamais été mis dans le commerce; M. Payen les faisait tirer à très-petit nombre, et seulement pour les érudits ou les délicats, auxquels il se faisait un plaisir de les offrir. Quiand l'une de ces publications figure dans une vente^ elle est fort recherchée des amateurs, et le docteur, si modeste qu'il fût, notait avec satisfaction, sur un de ses volumes, que son Appel aux érudits, une plaquette de 24 pages, était monté jusqu'à 37 fr. 50 c. (3). L'amour-propre de l'auteur

(i) Paris, Didot, 1853, i"-8°.

(2) Voy. plus loin dans la section V.

(3) Appel aux érudits, pour retrouver les citations, allusions, allégations... qui se trouvent dans les Essais. — Paris, Giraudet et Jouaust, 1857, in-80.

iV XOTICE

a pu être agréablement flatté de cette constatation, mais le public et Montaigne lui-même ont souffert de la rareté qui produit ce renchérissement. En effet, si le résultat des études du docteur eût été accessible à tous, on ne réimprimerait pas aussi souvent mainte sottise et mainte calomnie contre Montaigne, telles que ce reproche de lâcheté que M. Payen a victorieusement réfuté et qu'il ne pouvait entendre sans protester avec indignation.

Quoi qu'il en soit, dans ces Docnmenls, M. Pa3'en a reproduit toutes les lettres autographes qu'il a pu connaître : il a établi l'authenticité des unes et contesté celle des autres, avec bonnes preuves à l'appui; il a édité les annotations de Montaime et de sa fille Eléonore sur un exemplaire des Ephémérides de Beuîher ; il a aussi pubhé une page entièrement écrite de la main de Montaigne sur un exemplaire des Commentaires de César, appartenant à M. Parison, acheté depuis, à la vente de ce dernier, par M. le duc d'Aumale. M. Payen a, de plus, réfuté quelques erreurs et comblé quelques lacunes de la Vie publique de Montaigne, ouvrage justement estimé de M. Alphonse Griin, ancien rédacteur en chef du Moniteur; dans cette critique parfois un peu âpre, M. Payen donne d'intéressants détails sur la généalogie des Eyquem, ancêtres de notre auteur; sur leur noblesse, la fortune personnelle de Michel, la résignation de son office de conseiller au Parlement de Bordeaux en faveur de Florimond de Raemond ; il y donne aussi la date du voyage de Montaigne à

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