‹ Inventaire de la collection des ouvrages et documents réunisChapitre 5 sur 169 · VIII NOTICE · texte numérisé non relu

VIII NOTICE

rateur, dans cette œuvre importante, M. Reinhold Dezeimeris, connu par son édition de Pierre de Brach, poète bordelais, contemporain de Montaigne. Aux propositions de M. Payen, M. Dezeimeris répondit : « Tout ce que vous me dites sur Montaigne est trop flatteur pour moi. Vous devez le publier et le publier seul; tout autre que vous le ferait d'une manière imparfaite, et c'est de vous qu'on l'attend (i). »

Il accepta cependant; mais l'année suivante, quelques divergences s'élevèrent entre les collaborateurs, la susceptibilité s'en mêla, et l'édition projetée fut encore ajournée (2).

M. Payen se remit à l'œuvre et s'associa M. Burgaud des Marets ; il comptait reprendre le texte de 1595, publié par M"'^ de Gournay, d'après les notes qu'avait laissées Montaigne, et le compléter à l'aide d'un exemplaire de 1588, date de la dernière édition de son livre imprimée durant sa vie, conservé à la Bibliothèque de la ville de Bordeaux. Il était trop tard. La mort surprit M. Payen le 7 février 1870, et son collaborateur ne lui survécut guère. Comme nous le disions plus haut, l'édition optima de Montaigne reste encore à faire. Du moins, les matériaux sont

(i) Lettre du 22 mai 1862.

(2) M. Dezeimeris n'abandonna pas tout à fait ce travail. En 1870, l'année même de la mort du docteur, il réédita, avec M. Barckhausen, pour la Société des Bibliophiles de la Guyenne, le texte original de l'édition de 1580 avec les variantes des éditions de 1583 et 1587.

SUR LA COLLECTION PAYEX ix

réunis; le Montaignophile qui tentera de relever l'héritage de M. Payen trouvera les voies préparées ; il n'aura qu'à mettre en œuvre et coordonner les notes éparses dans les manuscrits qui font partie de la précieuse collection du docteur, achetée par la Bibliothèque nationale.

Il est temps de dire quelques mots de cette collection.

Depuis longtemps, on savait que M. Payen avait rassemblé dans sa bibliothèque, à grand'peine et à grands frais, tout ce qui, de près ou de loin, se rattachait à Montaigne. Sur la fin de sa vie, le docteur avait exprimé le désir que cette collection, si péniblement formée, ne fût point dispersée dans une vente aux enchères, mais cédée à une bibliothèque publique. M. Jules Taschereau, alors" administrateur de la Bibliothèque nationale, s'empressa de faire des ouvertures aux héritières de M. Payen, et, après une double estimation par MM. P. Jannet et Louis Potier, au nom des parties respectives, il acquit la collection sur Montaigne moyennant une somme de 31,000 fr. Une clause expresse du contrat de vente portait que cette collection, au lieu d'être versée dans d'autres fonds, serait maintenue dans son intégrité et déposée en un cabinet spécial sous le titrd de Collection Payen. Ajoutons que M"" Payen ont très-gracieusement fait don à la Biblothèque nationale des manuscrits et des notes du docteur qui forment une des plus intéressantes catégories du catalogue qui suit.

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