‹ Inventaire de la Duchesse de Valentinois, Charlotte d'AlbretChapitre 4 sur 8 · INVENTAIRES ARTISTIQUES A L'ÉTRANGER · texte numérisé non relu

INVENTAIRES ARTISTIQUES A L'ÉTRANGER

On peut compter en effet dix-sept pays d'Europe ayant déjà publié ou ayant en cours des inventaires de cet ordre : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la Hongrie, la Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord, l'Italie, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la Suède, la Suisse, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie. Dans tous ces pays ont été entrepris :

1° Un fichier systématique;

2° Une publication ou, le plus souvent, une double publication. Pour le reste, la conception, le degré d'avancement et le mode de financement sont très différents.

Quelques exemples :

En Autriche : Institut spécialement créé en 1907 : Forschungsinstitut des Denkmalamtes. Publication officielle : 40 volumes environ prévus, 26 grand in-4o abondamment illustrés, parus.

En Tchécoslovaquie : travaux commencés en 1846,terminés en 1935,24 volumes. Des corpus systématiques par catégories d'œuvres sont prévus.

En Grande-Bretagne : depuis 1904, publications des Royal Commissions of Monuments, très complètes et très solides, 20 volumes environ. Un « guide » populaire est conçu sur une vaste échelle dans la série The Buildings of England, 20 volumes parus en 1956.

En Hollande : le Rijksbureau voor de Monumentenzorg, créé en 1908, a publié un inventaire « abrégé » complet, 11 volumes 1908-1933, tout en élaborant une série développée; 28 volumes parus de 1952 à 1960 sur 60 prévus. Grande réussite; forte organisation.

En Suisse : l'organisation des Kunstdenkmàler der Schweiz est animée par une Société (10 000 adhérents environ) et publie des volumes en souscription. Plus de 40 volumes depuis 1923 sur 70 prévus. Caractère historique très poussé.

En Allemagne : Initiatives souvent disparates des Lànder depuis les années 1860- 1890. Il a fallu, à partir de 1910, organiser des Tagungen annuelles de normalisation. La collection est très vaste : plus de 500 volumes. Tantôt responsabilité de l'état régional, tantôt d'une association subventionnée, tantôt de l'Etat. 90 % du territoire actuellement couvert, 70 % des séries postérieures à 1918. Haute valeur scientifique de

ces recueils. Sur cette base ont été réalisées des éditions de poche : Handhuch der deutschen Kunstdenkmàler, 5 volumes 1905-1912, souvent refondu et réédité.

Il est remarquable que la plupart de ces entreprises ont été conduites au moment où, faute d'une orientation précise, l'effort de la « statistique monumentale « s'interrompait en France. Dans la plupart des pays, il a fallu non seulement séparer l'élaboration du fichier général de la publication, mais distinguer deux séries de recueils : l'une succincte, l'autre détaillée; la première réalisée plus vite, comme une sorte de description préliminaire, l'autre dotée de tout l'appareil documentaire, graphique et critique possible et d'une réalisation plus lente.

On peut observer aussi que la formule des organisations varie de l'office national (Autriche, Pologne), au comité régional (Grande-Bretagne), à la société privée (Suisse). Les petits pays soucieux de leur passé historique ont réalisé vite leur répertoire. En Allemagne, qui est le pays le plus avancé, les raisons de cette situation sont de deux ordres : c'est un pays de Lànder où chaque province a la gestion du patrimoine culturel, avec un bureau responsable de r« inventorisation » et de la publication. Dans chacun de ces bureaux (qui n'ont rien à voir avec les agences d'architecture des Monuments historiques), se rencontrent archéologues, historiens, archivistes, architectes, urbanistes, en colloques périodiques (1). D'où des campagnes de photographies et de relevés, qui ont l'avantage d'être dirigées en fonction des besoins scientifiques. Telles sont apparemment les conditions d'une réussite. Entreprises de longue haleine, fruits de la méthode et de la continuité, ces répertoires ont démontré toute leur valeur bienfaisante dans les domaines du tourisme (qu'ils canalisent), de la protection des monuments historiques (qu'ils éclairent), de la culture historique (qu'ils dotent d'instruments sérieux) .

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