‹ Inventaire de Marie-Josèphe de Saxe, dauphine de FranceChapitre 15 sur 88 · Dussieux, Versailles · texte numérisé non relu

Dussieux, Versailles

3. Varin, probablement le petit-fils du graveur et le lils du fondeur du même nom. Nous n’avons rien trouvé d’autre sur lui.

Les cadres des glaces, les gorges du plafond, les sculptures des lambris et la décoration des fenêtres en étaient fort élégants.

Dans le grand cabinet et la chambre à coucher cette décoration est à peu près absolument détruite. Dans le cabinet en niche elle subsiste encore en partie; les boutons de portes, les volets sculptés, les garnitures de fenêtres en cuivre ciselé et doré, quelques balcons en fer forgé, voilà ce qui a échappé à la dévastation et qui atteste combien de choses ont disparu

Xous n'avons rien trouvé de l'ameublement de ce grand cabinet et de la chambre que le passage du duc de Luynes où il raconte qu’en juin 1747 on avait entièrement meublé les deux pièces de Madame la Dauplnue avec du gros de Tours*.

1. Tous ces détails sont signalés par M. L. Dussieux, dans son ouvrage sur le château de Versailles.

2. Le gros de Tours est un taffetas gros grain uni ou servant de fond à un dessin broché, fleurs ou ornements de diverses couleurs. Ce tissu a eu sa grande vogue comme fond d’étoffes brochées sous Louis XV et Louis XVI ; c’est de la ville de Tours que ce gros grain tire son nom ; il y a eu des fabriques

7o MARIE-JOSÈPHE DE SAXE

C’était M. de Fontanieu qui avait fait exécuter ce travail, il avait coûté 5oooo livres. Il y était entré 800 aunes à 33 livres pièce.

C’est également dans les mémoires du duc de Luynes que nous trouvons la décoration du petit cabinet :

« 11 est très agréablement peint avec des petits cartouches et des dessins de Bérain, des fleurs, des oiseaux en miniature. On y a fait une niche dans le fond avec une grande glace où il y a beaucoup de dorures. »

« La promptitude, ajoute-t-il en note1, avec laquelle cet ouvrage avoit été fait, n’ayant permis de laisser sécher les toiles autant qu’il auroit été nécessaire, elles s’étoient grippées, ce qui faisoit un effet désagréable quoique les des-

d'étoffes de soie presque en même temps qu’à Lyon. Elles ont été très favorisées par nos rois. Leur fortune a eu des phases diverses. Il en existe plusieurs encore aujourd’hui assez prospères. Cette étoffe a 0,84 cent, de largeur; c’était la largeur ordinaire des anciens gros de Tours façonnés; cette largeur varie toutefois à l’infini surtout en uni. On trouve des gros de Tours anciens pour rideaux en 1 10 et 120 cent., et on en fait assez souvent aujourd’hui même en 160. Lyon et Tours en ont fabriqué et en fabriquent encore beaucoup.

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