T. VIII, p
sins fussent charmants. On a tout ôté, et à la place on a mis de la menuiserie avec de la sculpture, et de fort bon goût; tous les fonds sont en blanc et la sculpture est peinte eu vert avec un vernis par dessus. » 11 s’agit ici des peintures en vernis Martin ', car les registres des
1 . Ils étaient quatre frères Martin : Guillaume, Simon- Etienne, Julien, Robert, qui exploitaient une composition imitant les laques de la Chine et du Japon. Divers arrêts du Conseil du 27 novembre 1730 et du 18 février 17^4 avaient permis « aux sieurs Guillaume Martin et Simon-Etienne Martin le cadet, exclusivement à tous autres, de fabriquer pendant vingt ans toutes sortes d’ouvrages en relief et dans le goût du Japon et de la Chine, » et en 1748 leur fabrique de vernis était déclarée établissement national. Les fabriques des Martin étaient au nombre de trois : faubourg Saint-Martin, faubourg Saint-Denis et rue Saint-Magloire. Robert portait le titre de vernisseur du roi de Prusse, ainsi que son fils Jean- Alexandre. Leurs premiers travaux eurent pour résultat de faire toutes les laques dont le dix-huitième siècle fut inondé et que Mme de Pompadour mit à la mode; malgré les efforts de la jolie marquise, ces laques sont restées peu estimées des amateurs. Tout en travaillant à des imitations de laques, les Martin arrivèrent à découvrir un vernis qui devint un des procédés les plus remarquables de l industrie française. Tout d’abord ce fut sur les voitures et les chaises à porteurs qu’ils appliquèrent cette découverte, puis, peu à peu, ils l’étendirent aux meubles, aux objets plus délicats, boîtes, étuis, tabatières, éventails. Aujourd’hui le vernis Martin est perdu et chaque œuvre des artistes de ce nom extrêmement recherchée. — Nous avons trouvé dans les registres de la pa-
Bâtiments du Roy nous en donnent l’indication. En i 7/49, « payé a Martin, vernisseur, 2000, à compte sur les ouvrages de vernis qu’il a faits pour le cabinet de Madame la Dauphine au château de Versailles. »
« En 1766, au meme, 4ooo.
« En 1768, au même, 7600 l. »
Si les Martin décoraient ce petit cabinet, Lazare Duvaux le meublait en partie; son journal nous l’apprend à l’article suivant.
« Posé à la cheminée de son cabinet à Versailles une paire de bras à trois branches composées de branchages vernis imitant la nature, avec les fleurs de Vincennes2 assorties à cha-
roisse Saint-Nicolas des Champs, à la date du 27 novembre 1731, l’acte de mariage de « Guillaume-Jean Martin, maître peintre, vernisseur du Roi, âgé de 18 ans, fils de Guillaume Martin, maître peintre, vernisseur du Roi, demeurant avec son père, faubourg Saint-Denis, paroisse Saint-Laurent. » Les Martin n’ont pas été seuls à fabriquer du vernis. Avant eux, les frères Audran avaient reçu de Louis XIV l’autorisation de fonder une manufacture de ce produit, et vers la fin du règne de Louis XV, la famille Samousseau avait reçu le même privilège. (Arch. nat., Registre du Secrétariat du Roy.)