‹ Inventaire de Marie-Josèphe de Saxe, dauphine de FranceChapitre 19 sur 88 · M. Courajod a signalé ce fait dans le Journal de Lazare · texte numérisé non relu

M. Courajod a signalé ce fait dans le Journal de Lazare

Duvaux.

2. Voir aussi dans de Luynes (t. XII, p. 1 53) le détail des tapisseries exécutées aux Gobelins pour le roi de Pologne.

MARIE- JO SEP HE DE SAXE

culièremeut sur des œuvres moins importantes, mais surtout d’un prix moins élevé. La modicité des sommes d’argent dont elle disposait ne lui permettait pas d’amasser des richesses artistiques dans son appartement.

Car il n’est pas inutile de noter ici que tandis que Louis XV dépensait les sommes les plus fabuleuses avec ses maîtresses, le Canada était perdu faute d’argent, et que la valeur d’une seule des parures de Mme de Pompadour, convertie en poudre à canon, aurait peut-être suffi aux soldats de Montcalm pour conserver cette colonie à la France.

Le Dauphin et la Dauphine, de peur d’augmenter les charges de l’Etat et d’être préjudiciables aux intérêts de la France, restreignaient leurs dépenses.

Le Dauphin refusa toute sa vie de voyager parce que cela eût augmenté les impositions, et au moment de son mariage il fit employer en secours pour les pauvres l’argent qui était destiné aux réjouissances publiques1; quant à

i . Le Dauphin était sans cesse clans la gène la plus complète ; il fut obligé de contracter un emprunt considérable avec M. Paris

SG MARIE-JOSÈPIIE DE SAXE

la Dauphine, elle ne tenait pas à jouir elle-même de l’argent qu’elle pouvait avoir, mais préférait en faire profiter les autres; témoin cette lettre que nous reproduisons en entier :

« Je ne puis vous cacher que je suis sensiblement touchée des malheurs du comte de Brühl* 1. Dieu seul sait s’il les a mérités, mais je ne puis m’empêcher de le plaindre, puisse-t-il faire quelques réflexions sur tout ce qui lui arrive. Dieu soit loué que le comte soit à Vienne. Je suis charmée que mon père approuve que je distribue les topazes. Je 11e demandois point et 11e m’attendois nullement à la grâce qu’il vouloit me faire, je les regarderai plutôt comme des reliques que comme des bijoux. Je suis peu en

de Montmartel ; au moment de sa mort, il n’avait point éteint cette dette et Louis XV consentit à la payer pour lui. Les lettres de la Dauphine à Mgr l’évêque de Verdun (Papiers de Nicolaï communiqués par M. de Boislisle) parlent aussi d’un autre emprunt avec le sieur de la Borde, destiné à subvenir aux besoins de la Dauphine.

1. Henri, comte de Brühl, premier ministre et favori d’Auguste 111, électeur de Saxe et roi de Pologne, né vers 1700 dans la Thuringe. Administrateur et ministre fort médiocre, il se rendit célèbre par le grand essor qu’il rendit aux arts en Saxe et par le développement considérable qu’il donna aux musées.

DAUPIIIXE DE FRANCE.

état d’acheter des diamans qu’on m’offre, et si j’avois de l’argent je le donnerois de bien bon cœur et les diamans avec. Ah bon Dieu combien de fois j'ai déjà regretté de n’avoir pas le sol, mais je tâcherai de les faire acheter à d autres »

Les tableaux que possédait la princesse étaient principalement des copies de tableaux religieux qu’elle faisait faire elle-même.

Dans ses lettres1 2 3 * on trouve souvent le désir qu elle exprime de posséder la reproduction de tel ou tel tableau auquel se rattachait un souvenir ou une dévotion quelconque5.

A côté de ces toiles religieuses se trouvaient

1 . Dans les lettres de la Dauphine à Fontenay, précédant celle que nous venons de citer, elle raconte avoir reçu des topazes de son père et déclare que si elles viennent de sa mère, elle les conservera comme des reliques, et que si, au contraire, elles n’ont pas ce caractère de souvenir, elle les distribuera. Papiers de Xavier de Saxe, Archives de Troyes.)

2. Lettre de Madame la Dauphine à Mlle de Sylvestre, du 22 octobre i-îo, insistant pour qu’on lui envoie la Nuit du Corrège. Communiqué par M. de Boislisle.)

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