‹ Inventaire de Marie-Josèphe de Saxe, dauphine de FranceChapitre 18 sur 88 · Voir plus haut et consulter les Mémoires de Mme Campan · texte numérisé non relu

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2. L’appartement occupé par la Dauphine après la mort de son mari est diversement désigné dans les mémoires de l'époque. L’Espion dévalisé' et Soulavie désignent celui de Mme du Barry et racontent une fable à laquelle aurait été mêlé l’architecte Gabriel ; les travaux qu’ils signalent auraient certainement laissé des traces dans les comptes des Bâtiments royaux, et nulle part il n’en est question. La Vie privée de Louis XV et Lacretelle dans Y Histoire de France au dix-huitième siècle sont d’un avis opposé : ils désignent l’appartement de Aime de Pompadour. AI. Dussieux, dans ses travaux sur Versailles, n’a point parlé de ce détail, mais son avis personnel, qu'il a Lien voulu nous faire connaître, vient corroborer le dire des deux derniers ouvrages. Il existe encore une pièce plus importante, qui tranche entièrement la difficulté : c’est une lettre de la princesse Christine à son frère Xavier, du 12 janvier 1766. «... Je ne saurois assez vous dire combien il (le Roi) s’occupe et a soin de notre chère Pepa, il n’y a pas roole de bonté qu’il

Versailles de M. L. Dussieux1 la description de cet appartement, qui, après avoir appartenu à Mme de Montespan, fut depuis à la comtesse de Toulouse et à M. de Penthièvre ; il se composait des salles des maréchaux 56, 5y, 58 et 5p.

La salle 56 était sous Louis XIV, connue aujourd hui, un grand vestibule décoré de huit colonnes en marbre ronge de Flandre. Sons Louis X\ on en fit, à l’aide de cloisons établies entre les colonnes, 3 pièces : l’nne du côté de la salle 55 et celle du milieu furent données à la comtesse de Toulouse; la troisième, qui est adjacente à la salle 5j, commençait l’appartement de Mme de Pompadour. Toutes ces cloisons ont été abattues par Louis-Philippe, qui a rétabli l’ancien vestibule. Les volets et les espagnolettes sont encore du temps de Louis X\ . La salle 5 7 était la chambre à coucher de la marquise. C’est là que Louis X5

n’ave pour elle, vous savez déjà quelle occupe V appartement de Mme de Pompadour , ce qui donne encore beaucoup de facilité au Roy d’aller chez elle, aussi y vient-il au moins trois ou quatre fois par jour, et y reste assez longtemps... »

î. L. Dussieux. le Château de Versailles , t. I, p. ; 8 > et suiv.

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faillit mourir d une indigestion. Il faut lire dans les mémoires de Mme du Hausset1, femme de chambre de Mme de Pompadour, le récit des terreurs de sa maîtresse à cette occasion. La gorge du plafond, les volets, les espagnolettes, quelques boiseries dans les encoignures sont du temps de la marquise. Les lambris sculptés ont été malheureusement détruits sous Louis-Philippe pour placer des portraits. Les serrures sont encore celles de Cucci2. La salle 58 était le cabinet de Mme de Pompadour. La gorge du plafond, décorée d’amours tenant des guirlandes, les volets sculptés, les fermetures des

1. Mme du Hausset était la veuve d’un pauvre gentilhomme. La misère la força d’accepter la place que Mme de Pompadour lui lit offrir, de sa première femme de chambre. Après la mort de la marquise, elle se retira dans sa province avec un peu d’aisance. [Mémoires de Mme du Hausset , Paris, 1824.)

2. Domenico Cucci, né vers i638 ou 1689, était Romain; il quitta l’Italie pour venir travailler à Paris vers 1662 ou i663. Il épousa, le 4 mai 1664, Jeanne Gougeon, fille de Paul Gougeon, peintre. Parmi les témoins, on rencontre Francesco Cucci, son oncle, et Jacinto Cucci, son frère, qui plus tard retournèrent à Rome; il eut plusieurs enfants, perdit sa femme en 1677 et se remaria le 20 février 1678 à Catherine Augier, fille de Guillaume Augier, peintre du Roi. En 1699, il vivait encore, comme il résulte de l’acte de mariage de l’une de ses filles;

fenêtres sont du temps de Louis XV. Une serrure Louis XV et deux boutons de porte de Cucci sont les seuls restes de l’ancienne décoration. Les lambris sculptés ont également disparu, sous Louis-Philippe, pour faire place à de médiocres portraits. La salle 5q était alors coupée en deux et formait deux antichambres* 1. » L’auteur de la vie privée de Louis XV raconte que lorsque la Dauphine occupa cet appartement, le Roi voulant lui éviter, à cause de sa mauvaise santé, de descendre le petit escalier secret construit pour Mme de Montespan, avait fait placer une sonnette pour qu’il put monter chez elle chaque fois qu’elle désirait sa présence.

mais, à partir de cette époque, on perd sa trace, et il est probable qu il mourut dans un village des environs de Paris, où il avait une maison de campagne. Cet habile fondeur est souvent mentionné dans les registres des Bâtiments du Roi pour les garnitures de fenêtres et de portes en bronze doré qu'il exécuta pour les châteaux royaux.

i. L. Dussieux, le Château de Versailles , t. I, p. 338.

Mais les murs n’étaient pas seulement décorés par tontes ces moulures, et les nombreux tableaux cpie nous voyons signalés dans l’Inventaire ornaient aussi l’appartement.

Les différents catalogues des ventes annotés par les experts, qui sont actuellement conservés au cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, démontrent que bien des tableaux de grand prix Turent achetés par les soins de la Dauphine 1 . Mais ces tableaux acquis pour le compte de l’Electeur de Saxe étaient destinés à aller augmenter la galerie de Dresde2. Le goût de la Dauphine se portait plus parti-

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