Archives de Dresde
ses armes sur le chant, la danse, et quelques livres d'histoire. Un petit livre de prières des plus curieux lui ayant appartenu est encore conservé à la Bibliothèque Nationale; il est relié en mosaïque avec son chiffre et la reliure porte la signature de Monnier1. Cependant les volumes du Dauphin et de la Dauphine, tout en étant fort soignés, 11e furent jamais cités comme formant une collection supérieure.
1. La famille Monnier ou Le Monnier fournit à la corporation des relieurs un nombre considérable de membres; cinq furent gardes de la communauté et trois l’étaient encore au moment qui nous occupe. François- Laurent, en 1744; André, en 1732: et Pierre, en 1738. Le premier était relieur du duc d’Orléans, au dire de M. Marius Michel. La reliure citée de ce texte doit être attribuée à 1 un des deux autres ou bien au quatrième, Charles-Henri, qui devint garde en 1769; il est aussi qualifié de relieur du duc d’Orléans. Ce fut lui qui probablement fit avec succès ces mosaïques bizarres si recherchées aujourd’hui. Voir la collection de M. Rouquette.)
A ce moment la porcelaine récemment découverte était fort à la mode et celle de Saxe surtout avait une renommée universelle. En 1748, le roy Auguste envoya à sa fille un grand trumeau et plusieurs appliques de porcelaine blanche fort réussis. La Dauphine, de son côté, n’était pas étrangère aux produits de la manufacture de Vincennes — plus tard de Sèvres — que l’on venait de fonder. Dès 1747, cette fabrique offrait à Marie Leczinska un vase de porcelaine blanche, accompagné de trois figurines, surmonté d’un bouquet de quatre cent quatre-vingts fleurs de porcelaine.
Ce vase, dont le blanc était parfait, et dont les fleurs surpassaient les fleurs de Saxe1, était
1. Madame de Pompadour, par MM. de Concourt, p. 179; de Luynes, t. IX, p. 9 et I28.
io3
envoyé en janvier i y4q par la Dauphine à son père.
Les lettres de cette princesse portent aussi le témoignage constant de l’intérêt qu’elle attachait aux porcelaines. Peu de temps avant sa mort, le Dauphin lui avait offert un magnifique plateau de Sèvres qu’elle avait remarqué et beaucoup admiré', et le Roy lui avait également donné, en janvier 1704, « un cabaret sur lequel il y avoit un pot à sucre et un très-petit pot au lait: ces deux seuls morceaux coûtoient 28 louis1 2. »
1. Lettre à Mgr de Verdun, 11 septembre 1766. (Archives de Xicolaï.)