Pour donner une idée de l’enfantillage du Dauphin et de
ses sœurs, un jour que l’on avait tendu de noir chez Madame la Dauphine pour la mort de la reine de Pologne, il envoya qué-
rir Mesdames, et avec elles Madame la Dauphine ; ils se mirent sous le dais noir, firent tirer les rideaux et y jouèrent à quadrille, éclairés avec des bougies jaunes. (DeLuynes, t. VIII, p. 368.) M. Soury, dans ses Portraits de femmes [les filles de Louis XF),
Sandoz et Fischbacher, Paris, 1875, raconte le même fait, mais y donne un rôle particulier à la Dauphine; elle n’aurait pas pris part à ces enfantillages et y aurait assisté sans y rien comprendre, tant une pareille folie l’étonnait.
DAUPHINE DE FRANCE. a3
ne cachait pas à Marie-Josèphe l'indifférence qu’il ressentait pour elle. Celle-ci, au contraire, ne négligea rien « pour se plier sans cesse à l’humeur du Dauphin » et parvint à se glisser « insensiblement dans ce cœur blasé avant l’âge, en combattant de son angélique douceur l’égoïsme qui allait engourdir son époux1. »
Le duc de Luvnes, qui vient de nous le dépeindre sous de si vilains aspects, écrivait de lui dans un tout autre sens, le 29 septembre 1750, trois ans après : «... O11 peut dire, sans flatterie, qu’il a le cœur bon, l’humeur gaie, l’esprit vif et orné, la repartie prompte, beaucoup d imagination, les manières agréables, un désir de plaire naturel et simple et beaucoup de piété2. »
Marie-Josèphe avait accompli ce changement ; mais cette grâce et ce charme, qui avaient subjugué le Dauphin et en avaient fait un autre lui-même, n’avaient pas seulement obtenu un succès complet sur lui. Dès qu’elle arriva en France, sa délicatesse à l’égard de la Heine lui
t . Maurice , comte de Saxe , etc.